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A double tranchant

Romantique · 43 chapitres · 1 plumes · écrite du 16 octobre 2007 au 21 janvier 2009 à 14h32 · 1955 lectures à l'époque

Ligne de conduite

Amour toujours, Amitié éternité. Fiançailles à tout jamais...?

Les 43 chapitres, dans l'ordre
  1. Harmony
  2. Harmony
  3. Harmony
  4. Harmony
  5. Harmony
  6. Harmony
  7. Harmony
  8. Harmony
  9. Harmony
  10. Harmony
  11. Harmony
  12. Harmony
  13. Harmony
  14. Harmony
  15. Harmony
  16. Harmony
  17. Harmony
  18. Harmony
  19. Harmony
  20. Harmony
  21. Harmony
  22. Harmony
  23. Harmony
  24. Harmony
  25. Harmony
  26. Harmony
  27. Harmony
  28. Harmony
  29. Harmony
  30. Harmony
  31. Harmony
  32. Harmony
  33. Harmony
  34. Harmony
  35. Harmony
  36. Harmony
  37. Harmony
  38. Harmony
  39. Harmony
  40. Harmony
  41. Harmony
  42. Harmony
  43. Harmony
Harmony 16 octobre 2007 · 1

Julianne vit un dilemme depuis de nombreuses années maintenant. Elle a pris conscience que l'Amour et l'Amitié étaient deux sentiments si proches, que son esprit erre, mais pas en paix.
Son mariage a pris fin après de longues années, très longues années aux côtés d'un homme parfait, ou presque. Le gendre rêvé de toutes les belles-mères.
Julianne a refait sa vie, avec un homme charmant, que infidèle, elle fréquentait déjà, tandis que son officielle union, vivait ses derniers instants. Sa vie aurait tout pour être merveilleuse, mais elle revoit sa vie passée, son mariage dissout, son nouvel Amour, et l'ancien, qui s'est transformé en une fidèle et solide Amitié. Quelle confusion dans son esprit torturé !
Souvent, lorsque ses pensées se promènent, elle songe que peut-être, elle n'est pas faite pour être aimée, ni aimer en retour. Simplement, elle ne peut vivre que seule, avec un amant, mais pas vivant sous le même toit. Julianne apprécie l'aspect de la relation amoureuse, comme de longues fiançailles. Les jours et les heures qui la séparent de son Amour, sont comme une étincelle de chaque instant qu'elle n'a pas ou plus de la même manière en vivant avec l'homme de ses rêves.
Alors oui, elle pense à l'Amitié, moins conflictuelle pour elle, que l'Amour. L'indépendance qu'elle n'a pas totalement, en vivant à deux, plutôt qu'en vivant sous son toit, bien à elle.
Seulement, Julianne ne vit plus seule, mais dans une jolie maison avec son compagnon. Son bel et nouvel Amour pense à l'épouser, car en plus, c'est elle qui le souhaite. Maintenant qu'il a fait sa demande, qu'elle a acceptée, elle songe qu'elle risque de perdre son meilleur Ami, son ex mari...
Quel casse-tête, n'est-ce pas ?
Comment va devenir la vie de Julianne ?
Va-t-elle continuer à vivre sous le même toit que son compagnon, l'épouser et couler de longs jours heureux à ses côtés, sans oublier et perdre son meilleur Ami ? Ou alors, cette confusion sonnera-t-elle le glas de cet Amour ?

Harmony 18 octobre 2007 · 2

Julianne voit l'automne s'étendre, tout doucement, balayant l'été et laissant les feuilles mortes des arbres, joncher le sol. "Les feuilles tombent", songe-t-elle et elle déteste cette saison qui file droit vers l'hiver. Brrr !!! Le matin, il commence sérieusement à faire frisquet et le soleil lui manque encore plus pour libérer son esprit, vers de solides pensées.
Lorsque son Amour n'est pas présent, il lui manque, un peu seulement parfois, car elle aime sa solitude aussi ; "son coin-à-elle". Et elle pense à sa vie, celle qui devrait s'unir officiellement à son Aimé (quand, c'est un projet, elle n'en sait rien et lui ?). Chaudement vêtue, d'un long manteau beige et d'une belle écharpe marron, aux couleurs du feuillage, elle se promène, sans but réel. Elle marche, elle marche, sans trop savoir où aller, mais en pensant trouver peut-être, une solution à ses questions. C'est étrange, car elle ne croisera pas beaucoup de promeneurs, c'est certain, mais elle ne se sent pourtant pas seule aux détours des chemins. Un homme, qu'elle n'avait pas vu, l'aborde, cigarette à la main, et lui demandant du feu. Il y a bien longtemps que Julianne ne fume plus, et elle n'avait jamais été une grande fumeuse. Elle répond négativement et continue son chemin, tandis que l'homme reste comme scotché sur place, en la regardant. Elle le sait, car elle s'est retournée et l'a vu immobile. Elle songe alors qu'il a dû la trouver mystérieuse, car elle se dissimule sous ses lunettes de soleil, bien sombres.
Lui aurait-elle plu, ainsi vêtue ? Plaisait-elle encore ?
Ceci ne l'aida guère dans ses pensées ! Le trouble était revenu de plus belle, au lieu de continuer de prolonger l'apaisement de cette solitaire promenade.
Enfin, solitaire... Car Julianne ne l'était pas en pensées et même, elle se surprenait à s'exprimer de vive voix, comme si elle avait son Amour et son Ami à ses côtés, leur parlant, sans qu'ils ne puissent toutefois se voir. Mais aucune réponse en retour sur sa voix.
Il y avait bien trop longtemps maintenant, que cette situation durait pour qu'elle ne "purge" son esprit torturé.
En fait, elle voulait les deux, voilà ce qu'elle voulait !
Elle réalisa alors, qu'elle vivait comme une adolescente à ses premiers émois ! Mais adolescente, elle ne l'était plus ! Elle avait brisé un homme en tant qu'époux et elle voulait réussir Leur Amitié, tout en reconstruisant sa vie.
Maintenant, elle frissonnait légèrement. Le froid, la réflexion, les deux ? Elle allait rentrer car tout cela lui avait donné mal à la tête et le vent était venu l'assaillir. Ce vent qu'elle aimait pourtant, l'emportait dans un tourbillon de tourments à nouveau, même si une idée avait germé dans son esprit. C'en était assez pour aujourd'hui, c'était certain. Il fallait rentrer à la maison, car dire "chez elle", était encore un bien grand mot. Jamais elle n'avait pris possession de cette maison qu'elle partageait avec son nouvel Amour. Et pour cause ! Elle comprit alors qu'elle ne pourrait le faire sans avoir résolu ce conflit qu'animait ces ou "ses" deux hommes. Et dire qu'aucun d'eux ne savaient vraiment qu'ils étaient source de conflit pour elle !
Et pourtant... Car les deux hommes se connaissaient et avaient même été amis avant. Julianne avait donc beaucoup marché et s'était un peu égarée sur les routes et les chemins. Elle ne connait pas bien cette commune où elle réside depuis quelques temps déjà, et elle mit une bonne heure à retrouver sa porte. Quelques gouttes l'avaient accompagnée au retour, mais elle ne détestait ni la pluie ni le vent. Sauf que là, elle était pressée de rentrer et de prendre une aspirine, avec un bon chocolat chaud ou un cappuccino.

Harmony 18 octobre 2007 · 3

Julianne s'est remise de ses interrogations, mais il restait toujours l'émotion. Tout cela lui avait permis de s'aérer, certes, mais rien n'était résolu ni proche de l'être. La question à se poser, était de savoir "qui Julianne aimait" !
Un bon café l'aiderait à passer un moment et puis il a la réputation de favoriser la mémoire ! Dieu sait combien Julianne en avait besoin. Oui, il lui fallait "se souvenir". Se souvenir pour oublier le passé ? Pour aller vers l'avenir ? "Encore" d'autres questions sans réponses, bien sûr ! Les journées étaient longues, sans passion, sans but réel, que celui de "vivre au mieux chaque instant". Lassive, oui, elle l'était. Plaintive, non, mais son coeur lui faisait sans cesse mal. On aurait dit une horloge qui tournait à l'envers, pour remonter le temps et retourner dans le passé. Un passé à décomposer très certainement, mis ensuite à l'imparfait, avant le temps "présent". Alors le futur... Pourtant indispensable de retourner dans le passé, pour avancer vers le futur. Mais les tables de conjugaison l'attendaient, par étape, très certainement, comme l'écolier franchit les niveaux scolaires, et la grammaire. Difficile parcours... et Julianne ne savait pas si elle serait capable de franchir les dites étapes. Ses journées pouvaient être une demie-joie, comme un enfer au coeur de l'ennui.

Harmony 19 octobre 2007 · 4

Ce matin, Julianne s'éveilla pleine d'entrain. Encore au lit elle pensait à tout ce qu'elle avait envie de faire. Superbe journée en perspective ! Déjà, une douche chaude, presque brûlante, viendrait l'extraire définitivement de son sommeil. Zut, étourdie, elle n'avait pas mis le radiateur en marche et il faisait un peu frisquet... Le premier grain de sable dans l'engrenage ? Allez, un petit déjeuner solide pour changer et la salle de bains serait à température ensuite. Deux oeufs mollet, des mouillettes, un café ; indispensable celui-là, avec un nuage de lait et ce serait un bon début. Julianne n'ouvrit pas les volets, préférant se réserver la surprise du temps, en sortant. Car elle avait pensé renouveler sa promenade d'hier. Pas un bruit à la maison, le parfait silence régnait et créait une ambiance feutrée. Finalement, elle se sentait très seule dans cette maison, bien trop grande à son goût. Pour une fois, elle ne regarda pas l'heure, chose bien anormale pour elle qui ne pouvait se passer de sa montre. D'ailleurs, un réveil se reflétait en permanence, au plafond, du soir jusqu'au matin. Il égrainait ses heures sans sommeil. Son Amour était parti depuis un certain temps, bien longtemps sans doute, tandis qu'elle flânerait devant son petit déjeuner. L'eau venait de cesser de frémir, le minuteur d'afficher le temps de cuisson. Il était temps de prendre ce petit déjeuner, "sans horaire". L'idéal eut été de le prendre confortablement installée au lit, ce qu'elle fit. Le téléviseur la regardait, comme s'il l'appelait, mais elle ne céda pas au "clic" de la télécommande pourtant à ses côtés. Déjeuner en paix ! Elle prit son temps, celui qu'elle ne regarda pas au plafond où l'heure s'affichait toujours cependant. Lentement, elle se leva ensuite. Telle un chat, elle marcha d'un pas aérien et cette fois, se dirigea vers la douche. Il faisait suffisamment chaud. Les aiguilles du temps semblaient loin. Après la douche, elle pensa aux vêtements qu'elle allait revêtir ce jour. D'un coup, elle sentit l'envie de regarder l'heure, mais s'en empêcha. Nous étions en automne, n'est-ce pas ? Alors elle allait jouer un tour au temps et inverser la saison ? Pour elle, ce serait l'été, ou presque... Pas de couleurs foncées, mais du clair, néanmoins chaud, douillet. Le bleu, sa couleur favorite. Il serait marine et clair. Un pull en maille chenille aux tons de bleus mélangés, dégradés et un pantalon confortable, bleu marine. Un coup de crayon bleu ourlerait ses yeux noisettes qui pouvaient légèrement virer au vert, selon les jours, l'humeur, du jour !
Une crème hydratante pour affronter la saison, toujours sans avoir ouvert les volets. Un peu de brillant hydratant sur les lèvres, le plateau du petit déjeuner à descendre, et elle serait prête à sortir... comme hier. La promenade de la veille lui avait paru profitable, car pleine de questions en rentrant, mais de réflexion en marchant. Puis elle s'offrait deux surprises : elle ne connaissait ni l'heure, ni la nature du temps pour l'instant ! Elle choisit son manteau, bleu, marine, bien qu'elle eut aimé du clair, mais la saison était là et elle avait écouté la météo hier soir... Elle opta pour des mocassins, bleus aussi. Elle ouvrit la porte avant de regarder l'heure dont elle avait pourtant privé le plafond de la chambre avant de descendre au rez-de chaussée. Elle avait les yeux fermés, pour avoir la surprise, et prendre une bouffée d'air, toujours sans rien voir. Elle entendit une personne lui dire bonjour, il s'agissait d'une du proche voisinage, qu'elle ne fréquentait pas. Elle répondit, les yeux fermés, ce qui a dû surprendre cette voisine, mais peu lui importait. Il y avait très peu de soleil ; quelques lueurs ténues. Maintenant, elle pouvait regarder l'heure. Il était 10h40 ! Incroyable ! Durant tout ce temps, elle avait "laissé le temps au temps", sans intervenir en le regardant, en le maîtrisant ! Il ne lui manquait plus que ses lunettes... de soleil, toujours sombres à souhait, pour entreprendre sa promenade. Cette fois, elle avait emporté son téléphone, si toutefois son Amour, ou son Meilleur Ami, l'appelait. Elle n'avait pas prévu cela au départ, mais ce fut une impulsion qu'elle accepta. Elle laissa les volets clos, comme pour signaler qu'il était inutile de venir sonner à la porte. Pareil, son téléphone l'accompagnait, mais elle espérait ne pas avoir à répondre, et pouvoir se contraindre à ne pas le faire, si la sonnerie retentissait. Car hier après-midi, il s'était passé quelque chose.

Harmony 19 octobre 2007 · 5

En faisant quelques rangements, elle trouva quelques lignes, rimes, qu'elle couchait parfois sur le papier. Parmi celles-ci, il y avait une lettre de son Meilleur Ami, son ex-mari, à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle fut toute émue en lisant cette lettre. En fin de journée, elle eut besoin de téléphoner à son Meilleur Ami pour lui faire lecture de cet écrit. Il n'a dit mot, juste écouté dans un premier temps. Julianne maitrisait mal son émotion, au point que seuls ses cils inférieurs retenaient tout juste les larmes, prêtes à perler sur ses joues. Son Meilleur Ami et elle discutèrent, assez longuement finalement, sans que Julianne soit cependant satisfaite, à l'issue de cette conversation. A ce moment-là, elle se rendit compte que "remords et regrets se conjuguaient admirablement, en attendant l'aboutissement". Etaient-ce "les fameux 7 ans" avec son Nouvel Amour, qui venaient interroger Julianne ?
Que choisirait-elle entre "remords et regrets", puisque la question se posait aussi, désormais ? Sa promenade le lui dirait-elle ?

Harmony 20 octobre 2007 · 6

Sans choix précis, ses pas la guidèrent vers le même chemin que la veille. Au travers de ses verres de lunettes sombres, elle pouvait entrevoir et imaginer, les couleurs de l'automne. Les feuilles vertes devenues rousses, puis marrons, donnaient une certaine chaleur à cette saison annonciatrice de l'hiver et du froid. Julianne trichait de temps en temps pour apercevoir les coloris mordorés : elle regardait par-dessus ses lunettes ! Elle aurait tout aussi bien pu les retirer, mais elle privilégiait un certain confort sécurisant derrière ces écrans foncés. Elle se sentait rassurée pour vivre ses questions, ses interrogations en suspend, bref, son introspection.
Le vent vint alors lui rappeler qu'elle avait oublié d'entourer son cou et ses fins cheveux mi-longs, d'une écharpe. Quelques mèches volèrent ça et là, se plaquant parfois, sur son visage. Ses pensées se mirent à errer, comme ses pas. "Tout ou presque", venait balayer son esprit. 7 ans de sa seconde vie, avaient en effet sonné. "Sonné ou déjà sonné" ? Elle ne le savait pas. C'était comme de longues fiançailles, sans bague cependant, car précédemment, il y avait eu l'infidélité, l'adultère. Ensuite, la vie à deux avait pris forme, et maintenant, la récente demande en mariage, toujours sans bague. Pour Julianne, ce n'était pas un problème, car elle appréciait aussi ce côté anti-conventionnel, et, en général, elle choisissait et s'offrait ses bijoux elle-même. Des bijoux au-dessus de ses moyens bien souvent, et qu'elle revendait, s'en lassant rapidement. Parmi eux, il y avait toujours un anneau formant une alliance, sans signification pensait-elle, mais était-ce le cas ? Une de ces alliances, d'ailleurs, serait celle de son second mariage : intéressant n'est-ce pas ? Elle ne pensa plus beaucoup à l'éventualité de cette union officialisée, mais plutôt à l'émotion générée par "la lettre oubliée", puis "remords et regrets" vinrent alors lui vriller les tempes.
Finalement, elle ne ferait sans doute pas les choses auxquelles elle avait songé à son réveil, c'était certain, car cette réflexion emplissait son esprit confus, et elle errait, marchant toujours et encore, vers une destination inconnue. Elle pensait à sa vie "de tous les jours et d'un jour" ; celle de son passé, bien plus qu'à celle de son avenir. Le futur lui semblait encore trop loin pour être envisagé, et certainement la raison pour laquelle elle ne pouvait croire à un second mariage. Elle avait trop de comptes à régler encore, avec son passé décomposé.
Le clocher du village lui rappela l'heure en sonnant les 12 coups de midi.
Julianne n'avait pas faim et s'aperçut alors qu'elle marchait depuis bien longtemps ! Maintenant, il fallait faire demi-tour, mais choisir et s'expliquer avec "remords et regrets". Car c'est son nouvel Amour qui à l'époque, lui avait posé cette question, sans qu'elle n'en jugea pleinement l'ampleur. Elle lui avait paru assez simple, mais aujourd'hui, il en était tout autrement !
Si elle avait choisi de refouler ses sentiments , elle aurait eu des "regrets pour toujours", face à ce nouvel Amour qui s'offrait à elle. Puis les "remords" venaient la frapper, car elle regrettait sa trahison, le mal qu'elle avait pu faire en blessant cet homme idéal... Mais encore, les "remords et regrets" de sa vie passée. Il lui fallait l'admettre ! Elle "regrettait tout cela" et toujours le même constat : elle voulait les deux hommes de sa vie, sauf que c'était impossible, puisque désormais, elle avait "Un Meilleur Ami".
Comment admettre une telle situation sans pouvoir l'évoquer avec une tierce personne ? Il s'agissait d'un vrai "casse-tête", au sens propre comme au figuré, et les maux de tête étaient encore au rendez-vous.
Il était un peu plus de 13 h lorsque Julianne rentra à la maison. Cette fois, elle n'avait plus envie de rien. Elle se sentait "creuse et fade", terne comme un ciel d'orage avant la pluie. Elle était mal dans sa peau, triste et perturbée. Les larmes n'étaient pas au rendez-vous, mais tout de même, la limite était proche d'être franchie.
Puis toujours et encore, pourquoi se torturer avec ce qui appartenait désormais au passé, se dit-elle, pour essayer de ranimer la flamme de son coeur assombri ? Seulement, elle aimait les deux hommes de sa vie, nul doute n'était permis.
Subitement, elle se mit à penser à ce "futur mariage". Cette jolie demande faite surtout pour lui faire plaisir, devant la "fontaine des mariages", durant une romantique promenade en calèche, à Vienne, ville du château de l'impératrice Sissi. Elle n'avait aucune idée de la date possible, et c'était aussi bien pour elle. Ce "projet" ? Elle ne l'imaginait pas réel. Aussi, elle n'en parlait plus vraiment et son nouvel Amour, non plus. Elle avait juste émis le souhait qu'il n'y ait personne, car elle ne se sentait pas à l'aise lors des cérémonies, tout en sachant que ce serait impossible pour son nouvel Amour. D'autant qu'il serait très embarrassé pour annoncer cela à sa famille. Julianne n'était pas très appréciée dans "ce clan familial" ; elle n'y avait absolument pas sa place, car elle était trop différente et incomprise. Pour Julianne, la situation était simple, elle n'avait plus de contact avec son frère, suite à beaucoup de malentendus, et il était sa seule famille directe. De même, elle avait peu d'Amies mais un Meilleur Ami !
Un bon café viendrait encore à son secours, puis il lui remplirait son estomac vide et douloureux, que cette situation insoluble, maltraitait.
Elle ôta ses souliers, son manteau, et mis cette écharpe oubliée pour sortir, histoire de conserver un peu de chaleur.

Harmony 20 octobre 2007 · 7

Julianne venait de « se battre » avec « remords et regrets ». Certes, elle vivait les deux, elle le savait depuis un certain temps déjà, il fallait "juste l'admettre" ! Mais elle n'avait rien appris de nouveau non plus. Elle regarda ses mains, récemment manucurées et les anneaux, qui entouraient chaque annulaire. A droite, un jonc massé en or jaune, serti de cinq diamants, alignés un sur deux. A la main gauche, trois anneaux d'or jaune, rose et gris, entrelacés, ornaient son doigt. Elle ne portait pas l'alliance demi-tour diamant qui « devrait être » celle de sa seconde union. Elle ne la portait que pour sortir, et encore, pas à chaque fois. Son Amour trouvait normal que ce bijou qu'elle s'était elle-même offert, il y avait désormais plus d'un an, devinsse son alliance lors de « leur mariage futur ». Pour lui, ainsi il n'y avait pas d'erreur sur le choix du modèle, car il savait combien Julianne était difficile concernant les bijoux. Son raisonnement se tenait ; et puis cadrait bien avec le côté « hors norme, anti-conventionnel » que prônait Julianne. Cependant, elle n'avait toujours pas trouvé la ou les raisons, qui l'attiraient invariablement vers les alliances à chaque fois qu'elle passait devant une vitrine ! Lorsqu'elle était seule, elle s'y attardait. Sinon, elle faisait mine de ne pas les regarder, tout en prêtant un œil malgré tout. Son nouvel Amour lui avait récemment dit qu'il ne fallait peut-être pas qu'il tarde trop à l'épouser, car à la vitesse où elle se lassait des bijoux et les revendaient, elle n'aurait bientôt plus cette alliance pour le jour J ! Il n'avait pas tout à fait tort... Autrefois, Julianne aimait porter ses bijoux tous les jours. Plus maintenant. Elle aimait les posséder, bien rangés dans leurs écrins, savoir qu'ils étaient là, puis dans un des tiroirs de sa coiffeuse bois de rose installée dans la chambre. C'était également une énigme à résoudre un jour, c'était certain ! En tout cas, les heures s'étaient écoulées à une vitesse hallucinante ! C'était plutôt bien pour Julianne, car d'habitude, ses journées étaient souvent longues et ennuyeuses. Elle s'était faite une raison ; enfin, c'est ce qu'elle se disait... A vrai dire, au fond d'elle-même, elle savait que c'était important de n'avoir pas été prisonnière de sa montre aujourd'hui ! Et oui, comme elle n'avait pas de but, regarder l'heure, les minutes parfois même, faisait parti de son quotidien. Elle aurait du téléphoner à une des ses Amies, mais ne l'avait pas fait et maintenant, l'heure était passée. Samedi et dimanche, elle éviterait, et lundi, peut-être... Décidément, sa défunte mère avait raison, lorsqu'elle lui disait, qu'enfant, elle ne savait pas s'occuper. Elle disait vrai et cela n'avait pas changé. Elle n'était ni une ménagère accomplie, pas plus qu'elle ne possédait un don ou une « facilité » quelle qu'elle soit. Elle avait essayé à maintes reprises d'être cette femme-qui-ne-travaille-pas, mais ses efforts ne se couronnèrent pas de succès ! Et Dieu sait qu'elle y avait mis tout son cœur ! Mais cette maison était assurément trop grande et elle lui faisait peur aussi, logée dans cette voie sans issue. Alors elle était comme Pénélope, mais sans tisser sa toile, en attendant que son Ulysse soit de retour, chaque soir. Elle l'avait cependant choisie, cette maison, certaine et bien convaincue de s'y plaire. Elle serait le nouveau départ de sa nouvelle vie, avec son nouvel Amour. Et puis non, finalement, elle regrettait d'être éloignée de ses centres d'intérêts passés.
Elle avait même voulu mourir pour ça.
L'addition était bien plus lourde moralement surtout, et financièrement aussi, car elle ne lui permettait plus d'espoir de solitude, d'un « chez-elle », au cas où sa seconde vie n'y survivait pas. Elle luttait pourtant de toutes ses forces, mais rien à faire, cette maison ne l'accueillait pas... La porte laissait comme un souffle d'outre-tombe derrière elle, lorsqu'elle la refermait. Une sorte de prison fermait ses grilles, et elle se sentait partagée entre l'envie de l'aimer, pour y rester sans sortir et, le désir de sortir, pour s'en échapper. Les rues, les chemins aussi, lui faisaient peur. Elle ne voulait plus apprendre à les connaître, les apprivoiser, et pourtant, elle s'y forçait. C'est pourquoi elle portait ses lunettes sombres, pour ne voir que l'essentiel, et allait au hasard. Au moins, ses pas la ramenaient toujours à « la maison ». D'ailleurs, la jolie cheminée n'avait jamais abrité un feu, car Julianne n'avait pas fait le nécessaire non plus, pour que cela soit possible. Et encore « le passé » qui revenait, toujours le passé ! Et dire qu'elle en avait épluché des annonces immobilières, lasse, chaque jour qui passait, de n'avoir rien trouvé. Cette maison lui avait cependant plu au point de vouloir y vivre avec son Amour, mais aujourd'hui, elle la trouve terrifiante, étouffante, et toujours... trop grande, bien trop grande.
Il commençait à faire sombre, et elle réalisa seulement, par la fenêtre de la cuisine dont on ne fermait jamais les volets, que la nuit était presque tombée ! Bien sûr, elle n'avait pas ouvert les autres volets aujourd'hui, et cela ne lui avait pas manqué. Il lui arrivait de ne pas ouvrir les volets donnant sur « l'impasse », où elle faisait toujours et encore, la sienne. Car chaque jour passait, et ces maudites questions sur sa vie d'avant et actuelle, la harcelaient de manière harassante. Alors elle aussi, était au fond d'une impasse, d'une voie sans issue, et c'était terrible de se coucher et se lever en y pensant !

Harmony 22 octobre 2007 · 8

Il était bientôt l'heure de préparer à dîner, ou un en-cas. Julianne faisait attention à sa silhouette, car malgré son âge, qu'elle ne paraissait apparemment pas, les années s'affichaient au compteur de la vie. Elle venait d'atteindre 46 ans, et désormais, la cinquantaine lui souriait encore d'avantage. Ce n'était pas un soucis majeur pour Julianne. Mais, malgré tout, elle se plongea quelques 25 années en arrière. Elle avait très mal vécu son 25ème anniversaire d'ailleurs, et avait alors pensé qu'à 40 ans, sa vie n'aurait plus aucun sens. Tout cela lui revint en mémoire, car elle aurait sous peu "2 fois 25 ans". Le temps passait, en effet ! Puis c'est également à l'approche de ses 40 ans, que sa première vie s'était étiolée, pour laisser place à la seconde. Comme quoi, parfois, les idées que l'on peut avoir, tout comme les rêves, ne restent pas forcément dans le néant. Un autre hasard...?

Harmony 22 octobre 2007 · 9

Julianne ne croyait plus tellement au hasard, mais plutôt à "la destinée". Elle l'avait d'ailleurs dit, à son Meilleur Ami, son mari à l'époque, : "je ne désirerai plus rien à 40 ans". Jamais elle n'aurait cru que son mariage puisse prendre fin un jour et que cette phrase puisse être vrai à ce point ! Elle se souvint alors, tandis qu'elle préparait une tranche de colin à l'aneth, qu'elle servirait sur un lit de tomates confites aromatisées au basilic et à l'huile d'olive, qu'elle avait bien failli ne pas signer le jugement de divorce. Son Meilleur Ami maintenant, encore son époux à l'époque, et elle, étaient arrivés en retard au Tribunal. Son coeur cognait si fort au creux de sa poitrine serrée, comme au jour de son mariage, qu'elle se sentait incapable d'accomplir ce geste final. Elle ne le voulait pas, ne le pouvait pas. Sa douleur était trop intense et elle réalisa vraiment alors, qu'une partie de sa vie s'en allait en cendres, comme elle ne le souhaitait pas. Son mariage était consumé, il ne restait rien. Rien que ses yeux pour pleurer... auprès d'un Meilleur Ami désormais... et... son Nouvel Amour. Il fallait signer, les dés étaient jetés ! Voici la manière dont elle n'aurait jamais imaginé "ses 40 ans, c'était certain !
Son Nouvel Amour venait de franchir le seuil de la porte ; elle s'avança doucement, et lui demanda si sa journée n'avait pas été trop difficile. Elle annonçait le week-end. Ensuite, il fut temps de s'approcher du dîner, dont elle ne prit rien. Manger devenait compliqué pour Julianne. Elle "vomissait" une partie de sa vie et de ses erreurs, alors s'alimenter... Et encore, s'agissait-il d'erreurs ? Elle ne le savait toujours pas et le saurait-elle un jour seulement ? Toutes ces questions embrumaient sérieusement son esprit, au point qu'elle en venait à craindre pour sa santé mentale parfois. Pour une réponse, une autre question s'annonçait et laissait Julianne à chaque fois suspendue à ce point d'interrogation qui la rongeait. Sur l'instant, elle ne pensa qu'à une chose : aller s'allonger et guetter le sommeil de la nuit, si tant est qu'il puisse être paisible. Elle pria pour qu'il arriva vite. Cette journée avait finalement été longue, même si les aiguilles du temps, l'avait laissé passer vite. Il fallait dormir en espérant ne pas rêver, ni faire de cauchemars. Tout était toujours tourné vers son passé, car elle ne faisait pas le deuil de cette partie de sa vie. Avait-elle réellement envie de se tourner vers le futur, l'avenir ? Elle pensait et disais souvent que son "avenir" était "un passé", car elle pensait à son âge, bien sur. Et pourtant, elle prenait soin de son apparence, afin de préserver les quelques années de moins, qu'elle paraissait. Demain serait un jour un peu différent, car il s'agissait du week-end. Julianne ne serait pas seule.

Harmony 24 octobre 2007 · 10

Julianne avait vu s'écouler un week-end sans surprise. Son Amour l'avait pourtant invité à regarder si un spectacle, une pièce de théâtre, pouvait lui plaire, sachant qu'elle aimait le théâtre. D'ailleurs, elle se rappela alors que dans la période de son adolescence, il y avait "au théâtre ce soir", qu'elle ne manquait jamais. Et encore un retour vers le passé !
Julianne s'était habituée à ses promenades solitaires. Décision était prise d'affronter les frimas de l'automne. Deux degrés ce matin, c'était fort peu ! Elle était fin prête à sortir malgré tout, et à continuer d'entretenir le côté mystérieux de cette femme chaudement vêtue, et au nez toujours chaussé de lunettes sombres, peu importait qu'il y eut du soleil ou pas. Le soleil était là, c'était parfait !
Les toits des maisons affichaient de la gelée blanche ; les voitures avaient leur pare-brise glacé. Ce temps était beau, et triste à la fois. Il représentait le coeur de Julianne.
Elle croisa deux femmes, très courageuses ; elles faisaient leur jogging. Plus loin, un couple un peu âgé, qui main dans la main, donnait à manger aux 3 seuls et uniques canards présents. Ces deux personnes faisaient plaisir à voir ; si unies, elle le ressentait, si proches. Elle aimerait bien connaitre ce même bonheur, à leur âge. Puis chemin faisant, elle croisa des jeunes gens, très certainement en route pour le collège.
Elle glissait sur le sol, d'un pas aérien, frôlant les feuilles mortes à terre, comme si elle était en lévitation. Toujours sans trajet précis, elle emprunterait les chemins s'offrant à elle, et ils ne manquaient pas. Elle regarda l'heure cette fois-ci, sur son téléphone mobile, qui ne sonnerait pas ; comme d'habitude d'ailleurs. Jamais plus il ne sonnait. Il était 09h37, ce que sa montre, or et acier, avec un saphir cabochon sur le remontoir, confirma. Elle n'avait toujours pas d'horaire, pas de but, personne ne l'attendait. Il était loin, le temps ou son téléphone sonnait et épuisait parfois son forfait mensuel, tandis qu'elle, s'épuisait à attendre l'appel tant désiré ! Son forfait ? Il ne servait qu'à deux numéros désormais, et surtout un d'ailleurs, qu'elle appelait. Celui de son Amour et de son Meilleur Ami. Son Amour l'appelait plutôt "à la maison" , où elle était recluse... Enfin, recluse... Tandis qu'elle lui téléphonait avec, histoire d'utiliser l'appareil.
Elle constata alors, que ne plus recevoir d'appels, la peinait beaucoup. Elle se sentait d'avantage coupée du monde ; ce monde qu'elle évitait pourtant.
Son moment privilégié avec l'extérieur, restait désormais ses longues promenades. Elle devenait une autre personne. "Enfin" un être vivant en tant que tel !
Ses doigts cherchèrent les poches de son manteau, pour s'y réchauffer. Elle y trouva une paire de gants oubliés, qu'elle enfila délicatement, après avoir essuyé deux larmes. Des larmes ? Mais pourquoi ? Le froid sans doute. Chemin faisant, elle pensa combien elle aimerait à nouveau se sentir bien un jour et pour toujours ! Puis surprise :
Le téléphone sonna !
Deux personnes pouvaient l'appeler : Son Amour ou son Meilleur Ami.
Et non, une banale erreur de numéro, mais une voix si suave, si agréable que la conversation avec cet inconnu, dura un peu. Il s'excusa ; elle répondit qu'il n'y avait pas de mal et il lui parla du temps qu'il faisait... à Monaco ! Julianne rêvait de Monaco, mais il ne le savait pas. L'inconnu se présenta comme architecte, cherchant à joindre une société immobilière pour laquelle il était prestataire de service. La conversation prit fin et Julianne était ravie, que la sonnerie ait retenti ! Il y avait si longtemps ! Son téléphone avait sonné au-jour-d'hui et on lui avait dit aussi, que sa voix était mélodieuse, jeune... Elle existait donc encore ?

Harmony 25 octobre 2007 · 11

Elle parla encore à haute voix, toujours comme si son Amour et son Meilleur Ami étaient à ses côtés. Julianne avait terriblement besoin d'aide et espéraient « leur » réponse. Les larmes se mirent à couler et elle ôta ses gants pour saisir un mouchoir. Elle regarda ensuite ses doigts, parés des deux alliances et resta le regard fixe et vide à la fois, devant ses annulaires. Il fallait qu'elle trouve un banc pour s'assoir, car elle se sentait comme ivre et titubante. Enfin assise, elle repensa à son inexplicable attirance vers les alliances. Elle eut l'impression qu'aucun de ses anneaux, si prestigieux soit-il, ne pourrait trouver « sa représentation exacte ». Jamais elle ne serait donc heureuse et son bonheur dépendait-il d'un anneau ? Et son Amour qui ne semblait pas pressé de l'épouser... Il ne devait pas comprendre que pourtant, c'était crucial, afin qu'elle puisse changer sa vie au plus profond d'elle-même, en passant enfin à « la leur ». C'est ce qu'elle pensait sincèrement, mais êtes-ce vrai pour autant ?
Julianne n'était pas faite, décidément, pour vivre en couple ? Un lumineux mi-temps lui conviendrait mieux, peut-être, mais elle ne pouvait plus faire marche arrière. Son Amour et elle, ne pourraient trouver à se loger. La dure réalité de la vie et celle du marché de l'immobilier, la firent redescendre sur terre. Elle ne se sentait pas bien du tout et totalement incapable de rebrousser chemin. Elle avait froid maintenant, elle était transie, mais resterait assise, le temps que son malaise daigne la quitter. Tout ça parce qu'elle avait regardé deux alliances ! Hallucinant, n'est-ce pas ? Beaucoup d'épisodes, de flashes de sa première vie, lui revinrent en mémoire. Sa mère lui avait dit un jour, que l'alliance de son mariage, remplacée par un anneau de diamants, risquait de ne pas lui porter chance ; elle n'était pas bénie. Elle eut raison, même si depuis, elle s'était séparée des deux bijoux. Il ne lui restait plus rien de son mariage, pas même une photo. Le ciel était devenu gris, petit à petit, et quelques promeneurs regardaient cette femme assise. Elle se sentait toujours aussi mal, car son esprit était en ébullition. Ses idées allaient tout azimut ; tout se mélangeait.
Julianne pleurait maintenant. Elle se retenait pour ne pas laisser venir de gros sanglots, et pourtant, elle aurait voulu pouvoir crier sa douleur. Elle se sentait comme une bête blessée. Malgré cela, elle eut la force de se lever et de fuir vers cette maison qui lui semblait hostile. Mais où pouvait-elle aller, si ce n'est là, « chez-eux » ?
Malgré ses larmes, Julianne n'ôta pas ses lunettes. Il ne fallait surtout pas que l'on puisse la voir pleurer. Elle était seule et souhaitait le rester plus que jamais. Elle rentra en toute hâte, même si un vent contraire semblait la retenir. Elle était à bout de force, épuisée, usée par son psychisme torturé et la fatigue morale qui allait avec.
Jamais elle n'avait été comme tout le monde, sans pour autant cultiver sa différence. Des années durant, elle avait su contenir tout ce mal qui la rongeait. Ses démons appartenaient à sa petite enfance, puis avaient évolué avec le temps, dans sa vie de jeune-fille, puis de femme.
Elle n'en sortirait jamais alors ?
Pourtant, elle avait existé, hier, au téléphone avec cet inconnu. Ce moment lui avait paru doux et chaleureux. Conserver ses lunettes noires en toutes saisons, était important, car c'est ainsi qu'elle voyait sa vie en marchant, en pensant. Comment pouvait-elle la voir d'une autre couleur ?
Julianne ne sortait plus, ou très peu, et souvent, par obligation, devoir. Elle avait lamentablement fui les centres commerciaux, lorsqu'elle avait tenté de s'y rendre seule. Elle avait eu honte de ne pouvoir franchir cette étape. Alors à quoi bon ? Un de ses deux rêves de petite fille s'était pourtant réalisé : conduire une voiture de sport, ou rapide. Maintenant, elle avait peur. Non pas pour elle, mais pour les autres. Si ce n'était qu'elle... Oui, elle souffrait et faisait souffrir aussi son Amour et son Meilleur Ami.
Sa vie était assez creuse, sans réel intérêt autre que se lever le matin, respirer, enfin « être » tout simplement.
Son Amour lui disait souvent qu'elle femme séduisante elle était toujours. Julianne n'était pas d'accord, et même si elle faisait attention à sa silhouette, elle se trouvait fade et sans lumière. Elle n'aimait absolument plus le reflet du miroir. Aussi, le plus souvent possible, elle passait vite devant lui, pour « s'éviter ».
Julianne n'avait plus fait de lèche-vitrine, seule, depuis un peu plus de trois ans maintenant. C'était anormal. Et lorsqu'elle se trouvait en balade avec son Amour, elle sentait la pression étreindre sa poitrine. Elle aurait tant aimé retrouver au moins, cette période de sa vie, celle où elle pouvait être autonome, avant que les années ne l'en empêche. Son courage n'y suffisait pas et son thérapeute, non plus.

Harmony 26 octobre 2007 · 12

Tout se compliquait tellement, alors ses jours pouvaient être un véritable enfer. Sa thérapie, durait depuis 10 ans et n'avait pas su sauver son couple, au contraire. Ce divorce fut long sans hargne, mais si douloureux. Puis maintenant, elle était comme « La dentelière », dans le film de François Truffaut. Tout devenait si difficile pour Julianne, et elle se souvint alors, qu'elle avait voulu mourir il y a bientôt un an. Combien de fois d'ailleurs, avait-elle voulu mourir vraiment ? Trois fois, très certainement.
Un jour, elle appela son Meilleur Ami au secours. Cela faisait des jours, qu'elle lui téléphonait se sentant arrivée au bout du chemin, vers l'inconnu. Elle était à bout de forces. Elle aurait tout fait pour qu'il lui demande de revenir, et « repartir à zéro ». Mais il ne le fit pas. Il lui apporta son aide, ce qui était déjà beaucoup. Il l'avait alors conduite à l'hôpital, passant de longues heures avec elle, à attendre que quelqu'un la prenne en charge et il était très tard. Julianne devait être transférée vers un établissement public de santé. Ce fut un « emprisonnement volontaire » et une autre épreuve. Rapidement elle partit vers une clinique plus adaptée à sa personnalité et y séjourna un peu plus d'un mois. Elle s'y sentait bien, en sécurité. Puis au tout début, il était clair pour elle, qu'elle ne retournerait pas à « la maison ». Sa vie sentimentale changerait aussi, mais sa santé passait avant. Les jours eurent raison de quelques tourments, et elle comprit qu'elle aimait toujours son Amour. Il avait accouru dès que les visites furent autorisées... et son Meilleur Ami était venu aussi.
Cet épisode de sa vie, resterait à jamais ancré dans sa mémoire, même si celle-ci avait effacé le numéro de la chambre qu'elle avait occupé là-bas. Elle revoyait cet immense séquoia dont les branches se balançaient au gré du vent. Le lit, la télévision, le téléphone à sa gauche, puis la salle de bain sur le côté. Le parc où elle s'était promenée ; l'atelier de coloriage qu'elle avait fréquenté ; la salle de restaurant où elle prenait ses repas, n'avaient pas quitté sa mémoire. Ce qu'elle n'oublierait jamais, était les premiers jours de son hospitalisation, ailleurs, et la promiscuité parfois plus difficile que blessante, qu'elle avait pu côtoyer. Elle s'était crue en détention, volontaire, certes, mais en détention tout de même.
Elle aimait aussi sa solitude, mais pas cette maison dont elle ne prenait pas possession. Il lui faudrait certainement bien plus de temps qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Si tant est qu'elle y arriva un jour, à se sentir chez-elle, dans cette région surtout, qu'elle trouvait hostile. Elle n'avait pas le choix ; il le fallait ! Son Meilleur Ami lui avait téléphoné, sur son mobile, car elle lui avait fait remarquer que son téléphone ne sonnait plus jamais. C'est sa présence qu'elle aurait aimée, mais il avait sa vie, sans Amour, pas comme elle.
Julianne ne parvenait vraiment pas à mettre sa première vie entre parenthèse. Au point qu'un jour, revenant d'une des villes qu'elle aimait toujours autant, elle avait tourné au feu vert, par le pont, vers ce lieu où elle avait été si bien. Faire demi-tour fut un cauchemar qui lui brisa le cœur, une fois de plus, mais ce n'était plus chez-elle. Elle fut alors pressée, paradoxalement, de revenir à « la maison », et de s'y enfermer.
Sa journée était gâchée par ses tourments qui virevoltaient telle les feuilles tombant des arbres. Elle tira les fins rideaux, pour empêcher la lumière du temps, de baigner les pièces. Elle se demanda même si elle n'allait pas refermer les volets. Sa tête explosait de douleur et de confusion. Elle prit place dans le canapé, celui de son bureau, et resta ainsi, interdite, durant plusieurs heures. Elle se balançait d'avant en arrière, pensive, triste, désemparée. Ses yeux étaient rougis par les larmes, et elle voulut bien accepter la réalité. Ses yeux ne pleuraient pas souvent, mais c'était son âme, qui sanglotait. Sans force, elle se leva malgré tout pour aller chercher un peu de réconfort, dans une tasse de café décaféiné. La maison aussi, l'attendait, avec quelques occupations. Qui était Julianne ?

Harmony 26 octobre 2007 · 13

Une femme résignée, un doute vivant, voilà qui était Julianne. Elle eut envie de regarder sa jolie petite auto, qu'elle s'était offerte il y avait quelque mois. Juste la voir, puisque la conduire était une rude épreuve désormais. Son toit et ses rétroviseurs étaient noirs, et la carrosserie blanc cassé. Un problème de plus pour Julianne, celui de sortir et rentrer dans ce garage exigu. C'est elle qui avait voulu que l'on puisse y ranger sa voiture, car jamais de sa vie, elle n'avait eu à gratter un pare-brise lorsqu'il gelait. Puis elle sortait si peu...

Harmony 28 octobre 2007 · 14

Elle aurait tant voulu "être autrement" et vivre comme tout le monde. Chaque jour de sa vie était un combat à mener. parfois, tout comme Don Quichotte, elle se battait contre les moulins à vent. Mais pourquoi s'était-elle décidée pour vivre ici que diable ? Elle aurait du et pu dire non ! Car là aussi, Julianne avait hésité à signer l'acte d'achat. Ce jour-là, elle eut conscience de commettre une erreur. C'était la seconde fois. Comme au Tribunal, où forcée, elle avait signé son divorce. Quand aurait lieu la troisième fois, si le dicton "jamais deux sans trois", se vérifiait ? Elle n'avait pas osé insister auprès de son Amour en lui disant qu'elle ne voulait pas quitter cette commune où elle aimait tant vivre. Il avait été si content d'en partir, en laissant derrière lui, le bruit des avions. Julianne était très inquiète pour sa vie future. Elle se demandait vraiment si elle survivrait à cet épineux problème de situation géographique. C'était plus fort qu'elle. Personne ne pouvait comprendre l'ampleur de sa douleur. Sa souffrance était très forte, si intense, que parfois, l'idée de mettre fin à ses jours, lui traversait encore l'esprit, sauf qu'elle n'était pas seule. Même son Amour ne percevait pas le degré de son mal-être. Son Meilleur Ami ? Elle n'en savait rien. Ou alors, aucun d'eux ne pouvait réaliser et comprendre.
Julianne savait que sa vie se jouait à la roulette chaque jour désormais. Il eut été facile de déménager ; "en rêve" seulement ! Son Amour et elle, n'avait pas gagné au loto ! Et des rêves, Julianne en faisait, tout autant que des cauchemars.
Comment pouvait-elle faire le deuil de sa vie passée, alors que les nuits l'y ramenait chaque fois ? Elle revoyait alors son Meilleur Ami et l'habitation qu'elle aimait toujours autant. Cette nuit en plus, une chanson était venue accompagner l'ensemble : "cassé", était le titre et toute la matinée, son esprit en fut occupé.
Son Amour ne voyait pas qu'elle plongeait dans l'abime et s'enfonçait dans un puits aux parois lisses. Un goulot d'étranglement l'attendait, comme celui qui serrait sa gorge et ses mâchoires, et elle descendait, petit à petit.
Son thérapeute n'était pas dupe. il connaissait parfaitement son travail ainsi que les rouages de l'esprit de Julianne ; depuis le temps. il voulut de nouveau la voir en consultation chaque semaine. D'une part, elle sortirait, par obligation, certes, puis il contrôlerait ce qu'elle ne maitrisait presque plus. Comment parvenait-elle, une fois de plus, à dissimuler une partie de ses états d'âme ?
La première fois, ce fut différent, elle avait cru avoir perdu son Amour. Les choses avaient été plus faciles. Elle avait progressivement cessé de s'alimenter et son Amour n'avait pas noté ce changement. Julianne se nourrissait peu, afin d'éviter les prises de poids, alors... Là, elle versait vers "le sucré", mais c'était toujours ainsi avant la grande descente vers la route de la faim, qu'elle choisissait volontairement.
Mais cette fois, il lui disait fréquemment combien il l'aimait et puis il souhaitait l'épouser, même si elle ne savait pas quand, car il avait fait officiellement fait sa demande.
Julianne priait Dieu chaque jour désormais, pour que l'on transporta cette maison ailleurs, et pour cela, elle accepterait même que l'on amputa celle-ci de son bureau. Elle se disait qu'elle finirait bien par être entendue, il ne pouvait en être autrement. Entendue, elle le serait certainement, même si la mort devait venir la cueillir pour cela.
Voilà une journée de plus qui tirait sa révérence. Et le malaise était le même ; rien n'était changé ou proche de l'être. Demain, elle tenterait de ré-apprendre à vivre, en sortant, en conduisant, pour aller à l'une de ses consultations. Mais le tout, toujours par obligation. Son thérapeute serait parvenu à l'extraire, au moins un moment, de cet endroit qu'elle jugeait hostile.

Harmony 28 octobre 2007 · 15

Il importait tant à Julianne de se sentir bien dans cette maison, qu'elle priait aussi, pour que cela soit. A se demander si Dieu ne s'y perdrait pas lui-même un jour, lorsqu'il entendrait ses prières ! C'était si horrible de vivre dans un tel désastre moral, tout ça pour quelques murs et des kilomètres la séparant d'un lieu qu'elle aimait ! Etait-ce si déraisonnable que cela ?
Julianne n'avait même plus le plaisir infini, de promener ses superbes chiennes collies, que tout le monde regardait. De sublimes dames, disaient-on d'elles, tant elles étaient belles... et si mal brossées désormais, pensait Julianne ! Elle avait honte, mais la balade était devenue un devoir, une autre obligation, voir une corvée, plus qu'un réel plaisir. Autrefois, il y a quelques années seulement, tout était bien différent. Elle revit alors les rives de l'Yvette, où, tôt le matin, vers 6 h, elle promenait ses
« deux belles », en liberté. Paper et Scarlett étaient alors libres, en effet. Scarlett fonçaient sur les canards, afin qu'ils aillent à l'eau, tandis que Paper flânait, toujours un peu en retard. Il y avait bien un chat de temps à autre, mais pas de risque, la rue était loin. Désormais, depuis presque 3 ans, Paper et Scarlett se promenaient en laisse, car il y avait beaucoup de chats, et les routes étaient trop proches. Julianne ne loupait aucune des promenades matinales cependant, même s'il lui coûtait de sortir. Le temps ne l'en empêchait pas, car Paper et Scarlett, avait besoin de se dégourdir les pattes, qu'il pleuve ou qu'il neige.
Heureusement, les collies avaient le jardin, qu'elles délaissaient pourtant, lorsqu'il commençait à faire plus froid, pour aller s'installer sur le canapé du bureau de Julianne. Ce canapé, elle l'avait acheté rien que pour elles. Lorsqu'elles étaient toutes deux couchées, il ne restait pas une seule place. Ce bureau était leur refuge, leur antre. En fait, elles n'avaient pas tant besoin de place, pour trois. Juste de quoi bouger, de s'ébattre un peu à l'intérieur. Julianne se rendait compte qu'elle aurait pu habiter seule, mais était-ce vraiment ce qu'elle aurait voulu ? Et son Amour alors ?
La confusion refit surface de plus belle, après une nuit de repos, peuplée tout de même, de quelques cauchemars et réveils nocturnes. Elle n'aimait pas être à nouveau réveillée, cela lui rappelait de trop anciens souvenirs.
Etait-il possible qu'aucun homme ne puisse la garder durablement à ses côtés ?
Son Amour préfèrerait sans doute avoir mal de suite, plutôt que de laisser le temps et les années passer, pour aller vers une fin de leur histoire de toute façon. C'était un raisonnement logique. Ses propres réflexions faisaient peur à Julianne. Qu'allait-il advenir de leur vie, si elle continuait à survivre dans ces lieux ?
La matinée commençait bien mal, pensa-t-elle. Pourquoi fallait-il qu'elle se posa toutes ses questions ? Le médecin de l'âme ne parvenait pas jusqu'à présent, à lui faire trouver les réponses. Elle se souvint, qu'une fois en consultation, ils avaient parlé d'une personne ne se plaisant pas où elle résidait. Julianne avait marqué son étonnement, car le lieu en question, elle le connaissait. Maintenant qu'elle était confrontée à cela, oui, elle « comprenait ». Qu'allait-elle faire aujourd'hui pour éviter le désarroi et l'ennui ?
Avant, elle aurait systématiquement joué de la télécommande pour allumer la télévision. Elle lui procurait un fond sonore, même si elle ne la regardait presque pas. Maintenant, elle visionnait à peine les enregistrements de la veille, ou de l'avant-veille. Le fond sonore ne lui était plus indispensable. Elle se sentait comme dans un sanctuaire, où le moindre bruit, venait heurter les murs silencieux. Ses collies aboyaient, un peu trop à son goût, et elle se fâchait après elles. Il fallait même crier, sans trop de succès, pour les faire taire. Julianne voulait du calme, de la paix. Jamais plus elle n'allumait la chaîne Hi-Fi pour écouter un de ses CD préférés. Tout cela était bien trop loin, dans le temps, et distant de son bureau, qui ne l'était pourtant pas.
Il lui arrivait de confier Paper et Scarlett à son Meilleur Ami, leur vrai maître. Là, elle pouvait se lever plus tard, et surtout « dormir pour ne pas penser ».Maintenant, elle avait repris Paper et Scarlett avec elle. Leur maître pourrait se lever plus tard à son tour, car lui, allait au travail ensuite.
Julianne était une sinistrée de la vie, car elle n'était pas comme tout le monde. Sa différence l'avait contrainte à cela.
Elle aurait aimé être vivante à l'intérieur, et elle ne l'était pas. Le temps passait, les années s'écoulaient et de moins en moins, elle avait envie d'être féminine.
Lors de ses promenade solitaires, c'était différent. Sa vie était alors changée, car elle n'avait pas Paper et Scarlett. Elle prenait alors soins d'elle, s'habillant élégamment, se maquillant en terminant par un léger voile de parfum capiteux. Avec « ses belles », c'était autrement. Paper et Scarlett devenaient sa priorité et elle s'éclipsait dans un pantalon de jogging informe, un vieux sweat avachi décoloré par les multiples lavages, et le léger maquillage de ses yeux, n'existait plus, tout comme le parfum restait dans le flacon.

Harmony 31 octobre 2007 · 16

Julianne avait laissé passer un peu de temps dans son esprit. Tout du moins, elle avait tenté que cela soit ainsi, en ne pensant à rien. Des efforts, elle en faisait, c'était certain, mais comme c'était difficile !
Maintenant, elle rêvait à un gain hypothétique au jeu de hasard ! Alors elle faisait des calculs dans sa tête, et à chaque fois, rajoutait un peu au montant du gain, car il ne suffisait pas à l'achat d'un autre bien immobilier, où elle aimerait vivre comme avant. Elle était dans une vraie spirale, aspirée par un tourbillon désespéré. Tantôt elle pensait vraiment qu'elle pourrait parvenir à s'habituer dans cette ville où elle n'avait aucun lien, aucun repère, puis les nuits venaient chambouler tout cela. Et oui, les moments de rêve la conduisaient vers le passé. Pourtant, il devait bien y avoir une solution. Son estomac se serrait de plus en plus et Julianne redoutait les « lendemains ». Il s'agissait d'autres matins, rarement différents. Ils seraient tristes à mourir, comme les journées.
Paper et Scarlett venaient la voir, car elles aussi, ressentaient la détresse de Julianne et elles étaient un peu tristes. Alors Julianne s'occupait d'elles, en les serrant très fort dans ses bras.
« Les belles » étaient son refuge, son havre de paix.
Comment faire face à ce second volet de sa vie ?

Harmony 3 novembre 2007 · 17

Julianne « harcelait » son ego, sans cesse, sans finir jamais. Elle pouvait être douce, comme acariâtre, dure, blessante.
Elle était rarement la même personne. Cet état nuisait terriblement à son équilibre, et ses relations avec les autres. Son agoraphobie et sa phobie sociale, la brisaient chaque jour d'avantage. Elle voulait qu'il en soit autrement, mais il ne s'agissait que de « mots », allant vers d'autres « maux ». Tout cela était bien plus facile à dire, qu'à faire.
Longtemps, Julianne avait toujours réussi à « paraître » ce que l'on attendait d'elle. Depuis des années, même si elle continuait à le faire, elle n'était plus certaine que la magie opérait encore. Alors des crises de méchanceté où elle pouvait devenir hermétique, venaient briser un moment harmonieux, sans réelles raisons. Certes, elle pouvait s'excuser, mais cela ne suffisait pas et elle aurait aimé pouvoir stopper ces périodes.
Avant qu'elle ne s'enferme dans ce tourbillon de tourments, elle avait donc su paraître avec un certain brio. Personne ne semblait percevoir son mal-être, car elle jouait un rôle. Seulement, contrairement à un brillant acteur, le sien ne cessait jamais. C'était éprouvrant, et Julianne n'en avait pris réellement conscience que vers trente ans. Julianne ne jouait pas uniquement le rôle de sa vie, mais « sa vie », tout simplement. En y réfléchissant, elle s'aperçut alors, qu'elle savait depuis toujours finalement, qu'elle n'était pas « elle-même ». Enfant déjà, elle souffrait d'une certaine différence, vécue au sein d'une famille désunie.
Son refuge, au moment de ses crises, était son Meilleur Ami, car son Amour, lui, ne comprenait pas toujours, ou il ne le montrait pas. D'ailleurs, qui pouvait réellement comprendre ?
Son Meilleur Ami n'était pas toujours disponible, mais au moins, elle avait entendu le son de sa voix. Puis il avait partagé sa vie plus de 20 années avant aussi, en temps que mari.
C'est dans ses moments parfois, qu'elle aurait aimé n'avoir personne autour d'elle. Pas même Paper et Scarlett, afin de pouvoir s'isoler et dormir, artificiellement, bien sur. Car comment aurait-elle pu trouver le sommeil dans cet état ?
Julianne était dépendante d'un traitement médical, qu'elle observait plus ou moins bien à nouveau, oubliant ses médications du matin. « Oublier », alors que Julianne avait une bonne mémoire ! Un signe d'orage, peut-être ? Elle ne le souhaitait pas, mais intérieurement, qu'en était-il ?

Harmony 5 novembre 2007 · 18

L'automne filait vers l'hiver et ces saisons n'étaient guère les amies de Julianne. L'été avait été triste et pluvieux comme jamais.

Harmony 7 novembre 2007 · 19

Sa vie s'étirait chaque jour, avec une empreinte de lassitude. Chaque soir elle s'endormait sur son passé et chaque matin, elle s'éveillait avec des bleus à l'âme, avant même avoir commencé la journée. Les tâches ménagères occuperaient une partie de son temps, puis elle errerait dans cette maison impersonnelle. Julianne avait l'impression de ne pas être chez-elle, c'était évident. Mais le pire n'était pas là. Un jour, tandis qu'elle repartait d'une consultation médicale, elle en avait oublié sa voiture, commençant à rentrer à pieds, vers cette habitation qu'elle avait tant aimée ! Tout cela devenait grave, car Julianne n'habitait plus là depuis deux années maintenant. Elle fit demi-tour, une fois de plus, comme elle l'avait fait en voiture précédemment, lorsqu'elle avait tourné à droite, au lieu de continuer droit devant. Elle marchait d'un pas lourd, las, épuisé, égaré dans une vie qui ne ressemblait pas à la sienne. Son esprit n'était plus avec elle ; il s'égarait aussi. La panique la gagna, car elle ne savait plus où elle avait garé sa voiture, sauf qu'il n'y avait pas tant de possibilités et elle la retrouva vite.
Elle tomba le nez sur le volant, comme abattue par un coup derrière la nuque et les forces la laissèrent un bref instant. Il lui était impossible alors, de mettre le contact et de penser à partir.
Julianne était perdue, car elle ne savait plus, à l'instant même, où elle devait aller !
Puis elle vit l'heure, et pensa à Paper et Scarlett qui l'attendaient. Alors le brouillard s'est éclaircit et elle savait quel chemin prendre. Elle ne versa aucune larme, elle était blasée, endurcie pensait-elle, sans l'être en réalité. Avec précaution, elle prit la route. 15 kilomètres lui semblaient un long trajet, car jamais plus elle ne se sentait à l'aise en voiture.
En plus, il faudrait parvenir à stationner sans heurt, sa jolie petite auto dans le garage. Comme elle aurait aimé alors, pouvoir être au moins, comme les deux années passées et sortir sans ressentir une enclume au pied, l'en empêchant ! Tout se mélangeait d'avantage, car elle ne se sentait pas bien dans ses murs, mais elle n'en sortait pas. Si elle n'avait pas eu Paper et Scarlett, elle serait recluse, c'était certain. Les belles dames la contraignaient à la promenade matinale. Ces jours-ci pourtant, elle était sortie. Son Meilleur Ami était venu déjeuner rapidement chez-elle, et ils étaient allés au cinéma. La journée fut agréable, mais Julianne ne voulut pas même prêter ses yeux aux boutiques de cet immense centre commercial. Rien ne l'intéressait vraiment, et depuis quelques temps, elle songeait plutôt à faire des économies proportionnelles à son budget, plutôt que dépenser. Elle avait bien trop maladroitement écorné son épargne et jamais plus elle ne parviendrait à la reconstituer, ce qui la chagrinait beaucoup.
Son Amour ne comprenait pas pourquoi épargner lui tenait tant à cœur. Il s'imaginait le pire ; le départ de Julianne, sans lui, vers cet horizon qui lui semblait dégagé, pas comme ici, où il était obscur, brumeux, bouché. Il n'avait pas tort d'y songer, car Julianne y avait pensé, en effet. L'âge était là, et plus elle attendrait si son couple n'y survivait pas, moins elle aurait de capacité d'emprunt, si tant est qu'elle en eut la possibilité dans sa situation particulière. Puis elle regardait les annonces, mais pour son Amour et elle, sauf qu'elle retournait invariablement vers les villes où elle aurait aimé continuer de vivre.
Comment se pouvait-il qu'un logement puisse poser autant de problèmes ? Julianne avait beau retourner la question dans tous les sens, elle ne se l'expliquait pas.
Maintenant, le seul fait de penser à se rendre dans une grande surface, la tétanisait d'angoisse. Comme si sa vie se dégradait au fil des jours. Elle voulait à la fois accomplir ce qu'elle faisait autrefois, et s'enfermer. Tout cela était incohérent au possible, et rendait logique, le fait que Julianne n'y comprenne plus rien ! Qui pourrait l'aider ?
« Aide-toi le Ciel t'aidera » ! Elle y pensait car un refuge était nécessaire pour continuer de vivre. La paix... était une autre affaire.
Julianne regardait le temps maussade au travers des vitres, et les feuilles des arbres, volaient au vent. Le jardin était en décrépitude et elle n'y allait presque jamais. Parfois, l'été, elle s'étendait au soleil, mais c'était rare désormais. Elle n'aimait plus tant que cela, le hâle sur son visage et son corps. A quoi bon, d'ailleurs ? La terrasse n'était pas attirante, avec ses herbes qui se faufilaient entre les dalles. Il y avait même quelques orties. Ce jardin n'était plus comme au début, lorsque son Amour et elle, avait emménagé. Il s'agissait alors d'un jardin paysagé, joliment entretenu. Elle n'avait pas la main verte et son Amour était occupé à d'autres choses. Décidemment, rien ne lui plaisait et elle pensait être devenue une personne insatisfaite. Tout cela n'aidait pas Julianne à faire la paix avec elle-même, c'était certain. Elle n'était pas « manuelle », ni une vraie intellectuelle.
Les études lui avaient pourri la vie, l'enfance, en la poursuivant avec des difficultés contre lesquelles déjà, elle luttait. Julianne était alors une enfant et une adolescente travailleuse, tout du moins jusqu'au collège, puisque ensuite, la fin de ce parcours cahotique, arriva vite. Tous ses multiples efforts n'étaient pas entendus ni récompensés. Julianne en était malade à l'époque, et pleurait chaque jour à chaudes larmes. Aujourd'hui, elle ne pleurait pas, ou pas souvent, mais elle se demandait toujours comment allait continuer sa vie.
Elle pensait à son Amour, puis à sa vie, et tous les deux lui semblaient bien souvent incompatibles. Maintenant, elle regrettait carrément la vie à deux. Certes, elle aimait son Amour, mais vivre à deux chaque jour, lui semblait trop difficile. Elle aurait préféré que chacun habitat alors, dans son propre logement. Il était trop tard, désormais, pour changer le cours des choses. Enfin, était-il vraiment trop tard ?
Seulement, Julianne et son Amour étaient complémentaires pour pas mal de choses et le logement en faisait parti. Alors les tourments venaient l'assaillir encore et encore. Pourquoi avait-elle voulu acheter avec son Amour, si l'incertitude et l'inquiétude, dominaient ? Les lois étaient rudes pour les personnes dans sa situation et Julianne n'avait plus de famille, tandis que son Amour, si.

Harmony 8 novembre 2007 · 20

Puis réalités de la vie et sentiments, s'emmêlèrent encore.
Julianne pensa à son Meilleur Ami. Il avait été proche comme avant, lorsqu'ils étaient allés au cinéma. Seule différence, il ne lui avait pas tenu la main durant le film.
Mais ils avaient marché main dans la main en sortant, et s'étaient tenus par le bras, en y allant.
D'ailleurs, son Meilleur Ami n'avait pas été sans le lui faire remarquer, même si tout c'était fait naturellement.
Ils étaient allés au cinéma, comme la première fois où ils étaient sortis ensembles, et il s'agissait du même endroit en plus !
A chaque fois qu'il repartait, il lui adressait un baiser, du creux de sa main et malgré cela, il continuait de prétendre qu'il n'était plus amoureux d'elle depuis 10 ans. Julianne voulait croire le contraire, et surtout, connaître la vérité.
Dans ces moments-là, elle ferait tout et n'importe quoi pour qu'il lui demanda de revenir, elle le savait.
Comment pouvait-elle parvenir à contenir ces secrets, face à son Amour ?
Son Meilleur Ami connaissait sa relation durant leur mariage, et ce n'était cependant pas au début de celle-ci, qu'ils avaient convenu de divorcer. Quand l'avaient-ils décidé, d'ailleurs ?
Elle se souvint qu'il s'agissait d'une fin d'été, au mois d'août.
La conscience de Julianne n'était décidemment pas en repos et ne le serait peut-être jamais.
Pour elle, il s'agissait d'une trahison face à son Nouvel Amour, certes, mais pas seulement. Leur relation reposait toujours sur un lourd mensonge. Puis trahir, ne l'avait-elle pas déjà fait lors de son défunt mariage ? Le mot « défunt » n'était pas suffisamment important pour souligner le désastre de son mariage.
Elle ressentait le besoin de dire la vérité à son Amour, mais tout l'en empêchait. Le mal qu'elle lui ferait, le devenir de leur couple...
De plus en plus, l'étau se resserrait. Elle pouvait continuer à se taire, mais en avait-elle envie et le souhaitait-elle vraiment aujourd'hui ?
Julianne en avait assez de mentir, car cela durait depuis longtemps maintenant. Elle réalisa qu'elle était au cœur des fameuses 7 années dites fatidiques, auxquelles elle avait déjà songé. Maintenant, l'horloge du temps, avait rejoint Julianne et elle verrait si ces années seraient comme leur funeste légende. Ses secrets étaient bien trop lourds à porter sur ses frêles épaules et les forces l'abandonnaient parfois.
Julianne était pourtant sortie facilement, avec son Meilleur Ami. Alors elle ne comprenait pas pourquoi, il était si difficile de le faire, avec son Amour désormais.
Le « rôle des hommes de sa vie », étaient inversés. Julianne refusait de sortir avec son ex-mari à l'époque et aujourd'hui, elle freinait pour le faire avec son nouvel Amour !
L'estomac de Julianne se serrait à nouveau de douleur ; sa tête explosait, car elle avait eut son Amour au téléphone. Il avait été tendre et ferait son possible pour être à l'heure au cocktail auquel ils étaient tous deux conviés. Comment pouvait-elle le trahir à son tour, en pensée ?
Il le lui avait bien dit. Il redoutait toujours qu'un jour, Julianne puisse retourner vers son Meilleur Ami. La dernière fois, lorsqu'ils avaient parlé de sa vie d'antan, qu'elle regrettait peut-être, elle avait éludé la question, répondant de manière évasive, incertaine tout de même. Elle savait combien ses aveux déguisés, pouvaient être redoutablement douloureux pour son Amour.
Mais mentir était-il préférable ?

Harmony 17 novembre 2007 · 21

Pour l'instant, Julianne continuerait de se taire. Son Meilleur Ami l'avait vexée sans le vouloir en ne l'appelant pas durant une bonne semaine. Elle s'était sentie oubliée, et ne comptant assurément plus du tout pour lui, même comme Amie. Elle attendait que son Meilleur Ami s'aperçoive qu'elle lui manquait, mais au fond d'elle-même, elle savait que cela n'arriverait plus jamais. Tout du moins de la manière qu'elle aurait aimé. Elle écumait de nouveau les annonces immobilières. Pour elle, Paper et Scarlett, puis aussi pour son Amour avec elle. Julianne ne savait plus où elle en était et sa tête lui faisait horriblement mal par moment.
Chaque matin annonçait l'arrivée « d'un soir ». Grâce à cela, Julianne parvenait encore à résister à la tentation de s'endormir pour toujours. Pourtant, tout était si clair dans son esprit. Il ne lui restait qu'à laisser des lettres à qui elle le souhaitait. Pour Paper et Scarlett, il y avait son Meilleur Ami. Il faudrait les conduire chez-lui avant qu'elle ne s'assoupisse, puis faire le trajet retour, pour s'endormir à tout jamais.
Julianne disposait de tout ce qu'il fallait pour enfin sombrer dans ce gouffre sans lumière, ni oxygène.
Seulement, elle manquait de courage, et elle constatait alors combien elle était lâche !
Pour l'instant, elle se contentait de s'assoupir, comme avant. C'était en fin de matinée, dans l'après-midi, plus souvent. Combien de temps cela durerait-il ?
Jusqu'à ce qu'elle trouve le courage de mettre un terme à ses journées insatisfaites et tourmentée, très certainement.
Parfois, une embellie faisait son apparition. Julianne ne pensait alors plus à dormir, juste à partir d'ici. « Ici » était le lieu qu'elle détestait. Enfin, qu'elle croyait détester, car finalement, elle n'en savait plus rien !
Elle imaginait un salon d'une autre couleur, aux teintes chaudes, comme un joli jaune d'or tapissant les murs. Un côté un peu méditerranéen, plein de soleil. A la place de cela, les murs étaient beiges, impersonnels, neutres ; ceux de tout le monde.
Jamais à part dans son enfance, elle n'avait haït autant une maison !
Il faisait froid dès que l'on entrait dans cette pièce. Julianne était glacée lorsqu'elle ouvrait la porte, alors que dire le matin en descendant ?
Elle squattait son bureau en permanence. Elle l'avait voulu tout blanc, par soucis d'économie surtout, puis parce qu'il n'était pas très grand. Une couleur foncée aurait rétrécie la surface.
Mais ce blanc donnait l'apparence d'un hôpital, comme celui où elle retournerait au début de l'an prochain, une fois de plus, car elle venait de l'apprendre. Elle avait personnalisé les murs avec quelques tableaux, et photos de Paper et Scarlett.
Chaque pièce manquait de quelque chose, en fait.
Si seulement un peu de décoration intérieure, venait à bout de ce mal-être dans ces murs ??? Comment le savoir ?
Il faisait très froid le matin désormais, mais Julianne sortait toujours, pour Paper et Scarlett. Sinon, elle resterait au fond de son lit, après avoir pris son petit-déjeuner avec son Amour.
Ses journées passaient sans joie la plupart du temps. Et ce temps était bien long ainsi, sauf lorsqu'elle se retrouvait avec sa voisine, la seule qui l'avait apprivoisée. Maintenant, elle occupait une matinée par semaine en se rendant à un cours informatique, connu pourtant, mais effacé de sa mémoire.
Elle avait passé un week-end génial, il y a huit jours, au paradis des collies, chez de nouveaux Amis charmants, que la maladie n'avait pas épargné, hélas. Le retour avait été difficile, car il y avait eu tant d'émotion ces jours-là. Puis Julianne savait qu'elle entrerait à nouveau dans sa prison sans barreaux, voilà où était le problème !

Harmony 2 décembre 2007 · 22

Elle avait délaissé un temps, clavier, écran et souris. Elle voulait "dormir, dormir et dormir plus encore". Ainsi, les journées défilaient et ne s'étalaient pas trop longtemps dans ce temps si long pour Julianne. Elle sentait que son équilibre vacillait de plus en plus, l'engouffrant dans un tourbillon comme une tornade. Le cyclone était proche de sévir et de s'abattre sur son esprit torturé.
Elle s'éloignait à nouveau de son Amour et un malaise planait entre-eux. Julianne s'endormait très tôt le soir et ils ne se voyaient presque plus. Seul le sommeil rendait sa vie possible, même si elle s'éveillait à plusieurs reprises dans la nuit. Elle se rendormait.
Puis les fêtes de fin d'années s'annonçaient et il s'agissait d'un moment difficile et redoutable pour Julianne. Certes, son Amour lui offrait sa famille, mais elle n'en avait plus de son côté, et ce n'était pas pareil. Un autre problème ponctuel, venait s'ajouter à son désarroi dans leurs murs. Et Noël se ferait certainement dans cette maison, tandis que Julianne parvenait à recevoir difficilement, plus de quatre personnes. Elle n'y pouvait rien, même en se raisonnant, c'était un moment difficile, hormis pour un goûter. Tout cela battait ses tempes et son cerveau. Elle se prenait la tête entre les mains, avec l'envie de crier, de hurler, mais elle étouffait ses sons horribles qui auraient effrayé Paper et Scarlett.
Son Amour ne lui avait pas dit ouvertement, que Noël serait « ici ». Julianne était furieuse qu'il ne l'ait pas fait, et de manière laconique, elle le lui fit remarquer. Cette discussion sur le ton sarcastique et ironique de Julianne, dégénéra, et Dieu sait comment, ils en vinrent à la maison. Son Amour lui lança alors qu'elle n'avait qu'à la mettre en vente !
La mémoire de Julianne n'avait retenu que cela : « vendre la maison où elle survivait » !
Son Amour semblait convaincu désormais, qu'il n'y avait que cette issue pour que Julianne ne le quitta pas. Il n'avait pas totalement tort, car elle avait pensé partir où elle aimait vivre autrefois et de manière si sérieuse, que son « médecin de l'âme », était au courant depuis bien des mois, déjà.
Elle n'en pouvait plus et ressentait le même mal de vivre que celui qui l'avait conduite à l'hôpital. Les murs se rapprochaient d'elle et l'étouffement était présent chaque jour.
Julianne avait même demandé à son médecin de l'âme, si elle ne pouvait pas retourner dans ce microcosme protégé, comme à la clinique...
Alors, une première agence immobilière vint pour expertiser la maison et Julianne n'avait pas osé dire qu'il s'agissait d'une vente potentielle, ce qu'elle fit en rappelant l'agent immobilier.
Julianne était finalement impatiente de connaître le potentiel à la vente. La semaine s'était écoulée et malgré la promesse de cette personne, concernant la maison, il avait fallu qu'elle rappelle, n'ayant pas de nouvelles. Pour Julianne, c'était un crève-cœur, car cela signifiait que « cette maison » était un « problème de plus », car invendable, très certainement. Alors elle attendrait une autre agence, celle-là même où la maison avait été achetée.
Julianne se sentait sombrer, même si elle faisait tout pour montrer le contraire, en essayant au mieux, de faire plaisir à son Amour. Mais son âme était en tumulte, comme le temps quasi hivernal. Jusqu'où parviendrait-elle à lutter et rendre, « encore » cette image que l'on attendait d'elle ?
Pendant une journée, une seule journée, elle s'était sentie « bien », car l'idée de partir d'ici, était présente, telle une réalité, et surtout, partagée comme une conviction, par son Amour. Mais maintenant... Ce n'était plus le cas. Et dire qu'elle s'était déjà imaginée ailleurs, recommençant « leur vie », en cuisinant chaque jour, ce qu'elle ne faisait plus. Elle mincirait aussi, comme elle en avait envie, et se vêtirait autrement, de façon plus seyante...
Elle s'occuperait à nouveau d'elle. En s'offrant un masque sur son visage, afin qu'il reste jeune le plus longtemps possible et se vernissant les ongles. Depuis combien de temps, déjà, n'avait-elle plus posé un vernis coloré, ou même, incolore ? Jamais plus elle ne portait ses bijoux comme autrefois. Il restait un soupçon de vernis incolore, qu'elle avait posé il y a deux mois ! Elle n'allait plus chez le coiffeur chaque mois, car même si ses finances l'en empêchaient un peu, elle aurait pu continuer de le faire malgré tout.
Elle pensait à épargner, pour l'avenir, car ici, elle ne se sentait et ne se sentirait jamais chez-elle.
Tout cela recommençait à la faire terriblement souffrir et son estomac n'en pouvait plus d'être serré, tout comme cette boule dans la gorge, qui l'empêchait d'avaler parfois. Elle avait mal, vraiment très mal à nouveau, car elle sentait que se projet ne se réaliserait pas et il faudrait alors qu'elle se résigne ici ou qu'elle meurt.
Il y avait différente façon de mourir pour Julianne ; pas seulement la mort physique. L'âme de Julianne était en réel danger.
Par contre, elle avait définitivement fait « le point » dans son esprit, concernant la confusion qui régnait par rapport à ses sentiments envers son Meilleur Ami.
Julianne savait bien désormais, qu'elle ne pourrait jamais plus être amoureuse de lui et c'était important. Pourtant, une surprise était venue la perturber hier. Son meilleur Ami avait numérisé une photo d'elle, lorsqu'ils étaient amoureux, il y a si longtemps. Il ne l'avait pas adressé, mais laissé dans la boite e-mail et Julianne l'avait trouvé, car il lui avait donné cet ordinateur. Il lui adressait cette photo, si toutefois, elle l'émouvait encore, lui disait-il... Et c'était une photo d'elle, il y a 25 ans ! Elle se souvenait fort bien de l'endroit où elle avait été prise, comme de la robe qu'elle reconnaissait également.
Cette photo, elle y pensait, car elle ne se rappelait plus, sur le moment, si ce mail resté en suspend, était récent ou ancien.
Mais elle savait qu'ils ne pourraient jamais plus vivre ensemble désormais, sauf s'il devait l'accueillir temporairement.
Au moins, un point tiré au clair ! Julianne avait vu son Amour souffrir au point d'écrire de terribles et terrifiantes choses. Elle savait combien il l'aimait. Il le lui avait dit et répété encore, malgré leur querelle concernant « la maison ». Son Amour était « là ». Elle se sentait bien mal d'avoir manqué l'histoire d'Amour avec son meilleur Ami. Cette prise de conscience était difficile, et elle aurait toujours son Meilleur Ami à ses côtés, comme elle resterait présente à vie, pour lui.

Julianne s'était longtemps réfugiée dans le silence. Elle n'avait plus goût à rien. Elle souffrait de cet état mélancolique, et les fêtes qui seraient pour demain, n'arrangeaient pas la situation. Elle n'aurait rien à faire chez-elle, juste « la domestique » qui passera les assiettes ! Une personne inutile, une fois de plus et elle avait attrapé un rhume, le premier de cette année. Mais elle n'avait pas assez de fièvre pour rester alitée et elle priait pour que cela arriva pour demain. Au moins, elle éviterait la corvée d'être à table, comme « une invitée », chez-elle ! Cela lui faisait encore plus détester « cette maison » ! Jamais elle n'y serait chez-elle, c'était évident ! Cette façon de l'évincer était tellement naturelle, qu'elle était déjà toute tremblante, déjà fébrile d'énervement. Pourquoi cette famille qui ne serait jamais la sienne, lui « infligeait ça » ? Et son Compagnon ne pourrait jamais comprendre sans s'énerver, ce qu'elle pouvait ressentir, il s'agissait de « sa famille » ! Il l'avait donc prévenu qu'elle « pourrait se rendre utile » si elle voyait que cela était nécessaire. Après tout, oui, il fallait qu'elle pense qu'elle n'aurait rien à faire, ce qui n'était pas si mal, et oublier le fait qu'elle était encore offensée, rabaissée.
Avec un peu de chance, cet énervement la ferait mincir comme elle en avait envie, qui sait ? Ou cela serait le contraire ! En plus, elle pourra largement limiter son apport nutritionnel, car pas de traditionnelle dinde et c'était parfait.
Donc, tous les ans si elle avait bien compris, Noël se ferait ici ! Et c'était sans compter les autres repas occasionnels, les anniversaires...
Julianne se demandait à cet instant même si elle pourrait continuer de vivre ainsi, ou si il ne serait pas mieux qu'elle vive avec Paper et Scarlett. De là, elle revoyait l'appartement qu'elle aimait tant, où elle avait vécu avec son ex-mari, son Meilleur Ami et la souffrance était à son apogée.
Depuis quelques temps, d'ailleurs, son couple battait de l'aile. Il n'y avait plus de réelle unité, de « fusion » entre son Compagnon et elle. D'ailleurs, elle n'écrivait plus « son Amour », mais sons Compagnon. Le sentiment était moins fort, ou bien il était différent, il le lui avait dit. Ce n'était peut-être pas faux. Il est vrai que Julianne ne ressentait plus ce besoin l'un de l'autre et il venait moins la voir aussi, dans son antre, ou il était différent, moins empressé.
Avant, ils auraient bravé les interdits pour un instant d'intimité même si le moment ne s'y prêtait pas. Là... Il n'y avait plus cette petite flamme, cette petite lumière magique qui illuminait le regard de son Compagnon.
Tous les deux tentaient de se convaincre que l'Amour était aussi fort qu'avant, mais ils savaient que c'était faux. Très dur de reconnaître un autre échec ; le problème était là.
Et puis il faudrait alors reconstruire ailleurs, déménager, chercher où loger... Plein de contraintes. Alors il était mieux, tant que cela « fonctionnait encore », de se dire que l'Amour était intact, même si tous deux savaient que c'était un mensonge.
Julianne savait que cela ne pouvait plus durer bien longtemps et justement, c'était un énorme problème, car seule, elle ne pouvait trouver un logement à louer, et plus elle avançait en âge, plus ce serait difficile d'acheter un bien pour se loger avec Paper et Scarlett.
Pourquoi diable, avait-elle brisé son couple ??? Même si l'Amour avec un grand A, n'y était plus de son côté, son ex-mari était une personne facile et agréable. Puis cet Amour aurait très certainement pu revenir, elle en était convaincue. Elle avait mal à l'estomac lorsqu'elle repensait à tout cela !!! Impossible de décrire un tel malaise... Une sorte d'état général en lutte.
C'est dans ces moments que Julianne pensait à s'endormir pour toujours, car elle ne voyait aucune autre issue pour continuer de vivre ni pourquoi.
Alors demain il faudrait être « illusionniste » ou plutôt, continuer de faire illusion et de paraître.
Se vêtir un peu mieux que tous les jours, se maquiller légèrement, se laver les cheveux, avec un « ru d'eau chaude », car on ne pouvait en attendre d'avantage du circuit d'eau de cette maison. Elle avait déjà froid rien qu'en y pensant. Zut, il fallait qu'elle soit malade, c'est tout ce qu'elle demandait. Demain, lorsqu'elle sortirait pour la balade de Paper et Scarlet, elle se vêtirait moins chaudement, mais si elle avait été plus futée, elle aurait du y penser avant. On ne sait jamais, si la fièvre pouvait venir l'assaillir, comme un coup de massue.
Stupide, elle avait pris un anti-fièvre/anti-douleurs, et cela avait du tuer le plus gros du mal. Ceci parce qu'elle ne pensait pas entendre qu'il faudrait qu'elle soit éclipsée de chez-elle non plus. Ca, Julianne ne le digérait pas, même si elle faisait mine de n'en voir que le bon côté, et elle en parlerait à son Compagnon, au risque qu'il le prenne mal, tant pis. La situation ne pouvait pas être plus explosive entre-eux.
Même Paper et Scarlett s'isolaient, sachant qu'elles n'étaient pas réellement appréciées.
La vie de Julianne sentait le renfermé, autant qu'un vieux placard clos depuis la nuit des temps.
Ca y est, sa tête était à nouveau douloureuse, car elle ne savait plus que penser, que faire pour continuer de vivre. Cela lui semblait impossible, tout juste impossible...

Le moment des fêtes de fin d'année, s'était finalement passé sans trop de soucis. Julianne n'était pas à l'aise avec la famille de son compagnon, hormis sa grand-mère, qu'elle appréciait beaucoup, et elle ne le serait jamais, très certainement. Elle n'était pas faite pour la vie de famille, elle s'en rendait compte. Plus que jamais elle songeait qu'elle aurait du acheter un bien immobilier seule, tant qu'elle le pouvait encore. Seulement l'âge était là désormais et Julianne était de nouveau enfermée dans une situation inextricable. Son meilleur Ami, son ex-mari, menait une vie plus à l'aise, et semblait bien dans sa peau même si la solitude devait lui peser parfois. Son frère, qu'elle ne voyait plus, vivait seul également, mais « chez-lui » aussi. Elle était la seule à n'avoir pas fait le bon choix, et surtout, même s'il n'était peut-être pas aussi dramatique que cela finalement, pas au bon endroit.
Si encore Julianne aimait cette maison, au moins, tout irait mieux. Mais elle ne se sentait pas à l'aise ici et pareil, elle ne s'y sentirait jamais bien désormais, depuis tout ce temps passé.
Son moral n'était pas au beau fixe, mais elle faisait contre mauvaise fortune, bon cœur.
La Saint-Sylvestre s'était passée agréablement, chez des Amis, propriétaires de 6 collies. Son compagnon lui avait proposé de rester les jours qui iraient jusqu'au week-end, et elle avait accueilli cela, comme une délivrance. Même si elle n'avait pas toutes ses affaires, au moins, elle ne serait pas dans cette maison. Puis surtout, elle serait entourée de personnes qu'elle affectionnait et des collies aussi. Paper et Scarlet étaient restées avec elle, bien sur. Elle en avait profité pour dormir le matin, car oui, elle aimerait bien pouvoir le faire de temps en temps. Mais avec Paper et Scarlett, c'était impossible, sauf ici, où il y avait un bien grand jardin.
Son Ami prendrait Paper et Scarlett en vacance, durant une dizaine de jours, fin janvier, afin de lui permettre de se reposer. Il était content également de les avoir. C'était parfait pour tout le monde.
Son compagnon n'était pas au mieux moralement, et tout cela influait beaucoup sur la vie à la maison. Julianne avait eu un vif accès de colère en découvrant une pièce transformée en un gigantesque foutoir. Elle en avait même pleuré, tant ce « bazar » était dense. En fait, elle aurait aimé une chose : retourner en clinique, comme l'an passé, pour se sentir protégée dans un microcosme sécurisant, rassurant. Elle verrait cela avec son médecin, lorsqu'elle le rencontrerait mi-janvier. C'est certain, elle était très fatiguée même si ses journées étaient loin d'être harassantes ! Quelle culpabilité pour elle justement, au regard de cette situation !
Maintenant, il allait falloir faire face à la traditionnelle galette des rois, et oui, Julianne avait bien compris, tout se ferait désormais « ici », car aucune pièce chez les autres membres de la famille de son compagnon, ne pouvait recevoir des personnes : trop de bazar. Ca aussi, elle n'en décolérait pas ! C'était anormal. Il y aurait aussi les anniversaires de janvier et février...
C'était beaucoup pour elle ; bien trop.
Son « mal-être », son mal de vivre ne la quittait donc pas. Pourtant, elle eut aimé que cela fut ainsi, mais son esprit restait toujours en souffrance.

Harmony 2 avril 2008 · 23

Julianne ouvrait les yeux au printemps, et ses quelques rares rayons de soleil. Cette année, la saison était très chamboulée et le climat se chargeait bien de le montrer.
Julianne était au pays des collies, où elle avait assité aux naissances de plusieurs chiots. Elle se sentait utile enfin, et renouait avec ce plaisir. Ces petites boules de poils étaient un ravissement même si leurs débuts dans la vie, avaient été difficiles.
En plus, elle n'habitait pas dans cette maison sensée être sienne et c'était important. Julianne n'était nulle part chez-elle, depuis qu'elle avait quitté son Meilleur Ami. Même au loin, lorsqu'elle pensait à rentrer, son estomac se nouait, car elle ne retournerait pas où elle aimait tant vivre, mais dans cette fichue maison qu'elle détestait plus que tout. Et pourtant, il fallait songer à rentrer bientôt. Les chiots n'auraient plus besoin de son aide, car ils allaient être autonomes sous peu. Ici, Julianne revivait au point de "désirer" posséder des choses et s'en servir. Elle s'était offert plusieurs bijoux et les portait, pas comme chez-elle. Enfin, ce qui "était chez-elle". Certes, elle n'était pas vêtue à la mode, car le contexte ne s'y prêtait pas, mais elle n'avait pas de crises d'angoisses tellement fréquentes qu'elles devenaient insoutenables. Sauf qu'à l'idée de "rentrer", son corps se tordait désormais de douleurs, ses mains, ses membres au complet, se mettaient à trembler et son âme était en lutte pour rester zen. Comment vivre ainsi, ça ne pouvait continuer. Julianne avait été si contente d'avoir la visite surprise de son Amour pourtant, et là, elle se sentait mal à l'idée de rentrer. Il lui avait parlé mariage pour la fin novembre et elle avait été ravie. Sauf que maintenant, tout cela se mélangeait et la mettait dans un désarroi terrible où elle ne contrôlait plus grand chose, pour ne pas dire rien. Il fallait cependant qu'elle conserve le contrôle, car elle avait une mission à continuer d'accomplir ici. Puis il faudrait bien qu'elle soit apte à reprendre le volant et conduire jusqu'à "son domicile".

Harmony 5 avril 2008 · 24

Nous avions eu un temps magnifique ces deux jours passés et ce fut bien agréable. Elle manquait à son Amour, et il lui manquait aussi. Etre séparés rajoutait de l'exaltation, c'était certain. Tous deux avaient encore parler de leur futur mariage, et les choses semblaient se concrétiser. Ce serait toute une organisation encore une fois, avec de nombreux papiers à compléter, des rendez-vous à honorer, mais pendant ce temps, Julianne ne songerait pas à autre chose, sauf si la possibilité de déménager pour habiter dans un lieu qu'elle affectionnait, se profilait.
Il y avait autre chose aussi, qui interpellait Julianne. Avait-elle réellement tiré définitivement un trait sur son précédent mariage avec celui qui était devenu son Meilleur Ami ? La question qu'elle croyait réglée, revenait frapper à la porte de son esprit. Etait-ce l'habitude d'avoir été proches tous les deux pour beaucoup de choses, même si ce ne fut pas comme un couple normal ? Elle n'en savait rien et cela la tourmentait tout de même. Une chose était certaine, son Meilleur Ami souffrirait de cette union, même s'il n'en dirait rien. Elle ne voulait pas le perdre, c'était évident !!! Elle lui avait parlé de tout cela, qu'il avait somme toute, bien accueillit, mais était-ce la vérité ou une façade ? Julianne qui le connaissait bien, ne parvenait pas à savoir. Elle se sentait toute fébrile à cette idée, car elle ne voulait en aucun cas blesser son Meilleur Ami qui avait tout de même été son époux durant 22 ans. Cependant, il fallait qu'elle pense à cela de façon sereine et ce n'était pas forcément facile pour elle. Son Amour n'avait certainement aucune idée du tourment qui se mélangeait dans son esprit, alors que c'était elle qui avait évoqué le mariage. Il ne comprendrait alors pas, si elle devait lui en parler ainsi. Julianne se sentait plus ou moins entre le marteau et l'enclume. Comme toutes les femmes, elle rêvait à cette jolie robe qu'elle porterait, mais Dieu seul sait où elle pourrait trouver la merveille à peu de frais ! Elle ne souhaitait pas une robe longue, non, mais au-dessous ou dessus du genou, comme elle l'aurait voulu pour son premier mariage. Où allait-elle trouver cette création ? Ce modèle était assez précis dans son esprit, sauf qu'il allait avec une forme bustier et son buste n'était pas très généreux, à son grand regret d'ailleurs. Alors elle réfléchissait à une tenue plus sobre, qu'elle pourrait porter de nouveau par la suite, comme une robe-manteau par exemple.
Elle laissait ses cheveux s'allonger ; elle pensait les remonter légèrement pour donner un effet de volume. Elle possédait déjà son alliance, tout en or, et demi-tour diamants forme triangle. Elle la porterait alors chaque jour. Son mariage serait simple, dans la plus stricte intimité. Elle avait convaincu son futur époux. Elle ne voulait pas de famille, juste ses enfants s'il le voulait. Julianne n'avait plus de famille, c'était simple de son côté. Et même, elle aurait préféré qu'il n'y ait que les témoins et que ce mariage soit "très personnel". Son Meilleur Ami lui avait demandé si elle l'inviterait et elle avait dit oui, mais tous deux savaient qu'il ne viendrait pas : il aurait trop mal. Puis dan un sens, ce serait pourtant une façon de tirer un trait définitivement sur cette tranche de vie. Cela ne signifiait pas "oublier", non, mais tourner la page d'une histoire écrite avec les mots usés du temps passé. Ni Julianne ni son Meilleur Ami ne pourront oublier leur union anti-conventionnelle, c'était certain. Chacun de son côté avait espéré voir arriver la solution à leur malaise, mais rien n'était venu. Et pourtant, Dieu sait combien Julianne avait essayé, même si son Meilleur Ami ne saura jamais à quel point, car il ne peut l'imaginer ! Pour elle, ce fut aussi terrible que pour lui, car elle était devenue comme sa propre mère ce qu'elle avait toujours refusé, même lorsqu'elle ne le savait pas encore.
A cet instant précis, elle avait deux images de tenues habillées dans son esprit. Il lui semblait si simple de les dessiner sur un papier, mais ça ne l'était pas. Elle voulait que sa robe paraisse sérieuse, avec un léger parfum de fantaisie qui lui ferait penser qu'elle réussirait ce mariage, non pas comme le précédent. Julianne conservait un esprit romanesque malgré tout. Elle aurait préféré à la naissance de la belle saison, pour avoir les couleurs de printemps. Mais pas en été, car elle s'était mariée pour la première fois à cette période. Ce serait sur la fin de l'automne. Il ne fallait pas que ce soit en début d'année, tout comme ses parents, et surtout pas en tailleur, comme sa défunte mère. Julianne s'était également mariée en tailleur, et elle ne sait pas pourquoi, mais elle a toujours pensé que cela ressemblait trop au mariage de sa mère ! Des épisodes dans son couple, ont été les mêmes justement ! Ceux contre lesquels elle a lutté vivement, et aussi baissé les bras, après un certain temps.
Julianne devait se sentir en sécurité et parfois, même avec son Amour, elle ressentait une certaine forme de gêne qu'elle n'a pas avec son Meilleur Ami. Sans doute parce qu'ils avaient vécu longtemps ensemble justement, et avec un problème que la vie ne les a pas aidé à résoudre.
Julianne redoutait parfois que ce soucis ressurgisse une fois mariée et elle priait très fort pour qu'il n'en soit surtout rien !!!
Lors de son mariage il y a bien des années maintenant, elle avait été confrontée aux réflexions des familles qui attendaient de la voir mettre un enfant au monde. Julianne savait qu'elle ne le souhaitait pas et d'un coup, elle ne vivait plus de tendres moments, mais une vie de couple, "comme tout le monde". Elle refusait que la magie se soit ainsi enfuie, elle la regrettait. Là, il n'y avait plus la question des enfants à avoir, car Julianne avait passé l'âge et son Amour aussi. Le contexte serait alors différent, c'était évident. Ce qui avait tué dans l'oeuf, le mariage de Julianne et de son Meilleur Ami, était sans doute cet aspect de vie comme tout à chacun et peut-être était-elle trop jeune pour signer cet important contrat. Son Meilleur Ami ne l'avait pas contrainte non plus, elle avait reçu sa demande comme un honneur et y répondre fut un ravissement. Un couple signifiait encore l'image de celui de ses parents. Un couple avec conflit, mais sans amour aussi. Juste de la tolérance, parfois, entre les cris et les injures.
Julianne était pleine de mystères, malgré une apparence commune. Elle les entretenait sans le vouloir aussi, mais pas tout le temps. Elle se protégeait ainsi des affres de la vie, et cette attitude de repli, était plus ou moins consciente. Un paravent se dressait alors, et il isolait Julianne.
C'est alors qu'elle pouvait se paraît comme une femme encore agréable à regarder. Son allure devenait envoutante, captivante par une certaine forme de pied de nez à son âge, dans la façon d'être vêtue. Mais ce n'était que du "paraître" car Julianne n'oubliait pas qu'elle n'avait pas de réel "chez-elle". L'endroit où elle vivait lui faisait mal au coeur et à l'âme. Les couteaux étaient sans cesse aiguisés pour la blesser lorsqu'elle ne parvenait pas à se frayer un chemin entre-eux.
L'idée du mariage éclipsait ce moment de retour à la réalité, tout comme ses belles dames, Paper et Scarlett. Son Meilleur Ami, c'était différent car il lui rappelait le plus bel endroit où elle avait jamais vécu à ses yeux.
Peut-être pourrait-elle prendre un vrai nouveau départ, en quittant cette maison qu'elle déteste et en se mariant ?

Harmony 8 avril 2008 · 25

Julianne était donc éloignée de son futur époux, puisqu'une période, sans date précise encore, était chosie pour leur union par le mariage. Cet éloignement, paradoxalement, les rapprochaient, comme deux jeunes amoureux à leurs premiers émois. C'était attendrissant, frais, et tendre également. Bientôt, Julianne retournerait chez-elle, dans cette maison qu'elle n'aimait pas, mais elle pensait aussi que peut-être, elle pourrait dans un avenir proche, habiter ailleurs. Elle regardait toujours les logements en vente, et ceux qui se rapprochaient le plus de ses critères, étaient proches de celui qu'elle avait habité avec son ex-époux, devenu son Meilleur Ami. Etait-ce cette proximité qui la faisait souhaiter se rapprocher plutôt dans ce secteur ? Non, elle le savait bien. L'endroit surtout, était le critère principal. Mais elle ne niait pas qu'il y avait aussi le côté pratique, car lorsqu'elle confierait Paper et Scarlet, il y aurait si peu de distances, que c'eut été très pratique, assurément.
Le ciel gris balayait l'horizon, entremêlé de quelques rares rayons de solei, et ce temps n'était pas des plus agréables. Il y avait même eut de la neige en plein mois d'avril ! L'an passé, c'est l'été qui était venu s'installer ce mois-là, pour disparaitre bien vite en mai et laisser un temps infiniment triste, au cours du "véritable été". Qu'en serait-il cette année ?
Julianne écoutait avec ravissement, les cris des chiots collies. Ils commençaient à jouer entre-eux, et c'était un agréable spectacle !
Les enfants de son futur époux, avaient pu les voir par l'intermédiaire d'une webcam et ils avaient beaucoup apprécié. Bien sur, ils auraient aimé pouvoir toucher ces jolies boules de poils vivantes !
Julianne s'était aperçue qu'elle faisait réellement partie de leur vie maintenant, car ils lui avaient demandé quand elle rentrerait et avaient même parlé de leur échange via le Web, à leur Maman.
Un pied de nez à la bêtise des adultes, car leur Maman détestait Julianne. Elle considérait qu'elle lui avait pris son époux d'alors, le père des enfants, bien que cela n'était pas le cas. Juste une rupture, un décalage dans un couple, et Julianne et son futur époux, s'était rapprochés, sans rien chercher de tel.
Décidemment, lorsque Julianne regardait le ciel, celui-ci n'annonçait rien de bon. Gris, prêt à laisser déverser des trombes d'eau, ou une petite pluie fine, peut-être, mais pas d'éclatant soleil en tout cas ! Dommage ! Elle avait songé pouvoir mettre les chiots dans leur parc, dans la véranda, car si le soleil donnait, la véranda serait bien chaude. Eh non, loupé pour aujourd'hui ! Qu'elle agréable occupation que de contribuer à l'évolution des chiots ! Ils progressaient si vite ! Toutes les 2 heures désormais, Julianne leur présentait avec patience, une bouillie consituées de croquettes qu'ils mangeraient "solides" d'ici quelques temps. Oui, elle l'avait dit et pensé, elle se sentait bien utile ici. Elle n'avait plus honte de penser, même si elle choquait, et d'affirmer, qu'elle n'avait jamais souhaité être mère et ne le regrettait en aucun cas ! Son indépendance lui faisait préférer les animaux. Ceux-ci étaient bien plus rapidement autonomes et ne requièraient pas une si grande dépendance que des enfants, même si c'était le cas surtout au début et ensuite aussi.
Julianne n'expliquait d'ailleurs pas très bien se rejet de maternité qu'elle avait toujours eu. Elle ne cherchait plus d'explication cohérente et se disait tout simplement, que la fibre maternelle ne l'avait jamais habitée et c'était ainsi. Et oui, elle le se fichait éperduement désormais, de choquer autrui avec ses convictions, car au moins, elle était honnête avec tout le monde et surtout, en accord avec elle-même.
Julianne regarda sa montre or et acier, et se dit qu'il était temps d'ôter le masque capillaire qu'elle avait laissé poser sur ses cheveux mi-longs. Un peu de douceur pour sa chevelure était la bienvenue, et elle appliquait également un soin sur son visage. Sa feminité devait rester présente, peut importait la situation. Même si actuellement, au contact des chiots, sa tenue vestimentaire était plus que rudimentaire ! Elle avait coupé ses longs ongles avant de venir aider maman colley à mettre-bas, afin de ne pas griffer les petits qu'elle aurait à sortir des poches. Maintenant, ses ongles avaient repouussé et hier, la lime était venue s'occuper d'eux. Ses mains étaient le reflet de son âme. Ses ongles avaient tellement été rongés lorsqu'elle était enfant, adolescente et il y a encore une année, qu'elle les soignait précautionneusement. Ils étaient les garants de sa feminité, c'était plus que certain. Le reflet de ses états d'âme aussi.
Julianne avait été tourmentée, durant plus d'une année, par un anévrisme non rompu, par chance, qui la torturait avec un bruit incessant au creux d'une oreille. Depuis qu'elle en était débarrassé, quelle délivrance !
Elle s'imaginait sur les berges de l'Yvette, comme autrefois, promenant Paper et Scarlet. Sans laisse, ou avec ? Depuis le temps qu'elles ne pouvaient plus se promener en toute liberté, Julianne ne savait pas non plus, si elle pouvait les laisser aller à leur gré. Une foule de souvenirs revenaient laissant poindre son émotion et un filet de larmes, atteignait ses yeux noisettes à verts, selon le temps et l'humeur. Ses yeux changeaient effectivement de couleur, selon sa joie, ou sa tristesse. L'iris devenait un peu plus vert lorsqu'elle allait bien dans son esprit et dans son corps. Il devenait plus fonçé dans le cas inverse.
Elle revoyaient Paper et Scarlett, tôt le matin, gambader avec joie, et surtout Scarlett qui courait après les canards ! Tout ça lui manquait terriblement.
Julianne voulait être "positive" et se disait qu'il était impossible que sa vie ne s'arrangeat pas, en permettant de changer d'habitation.
En fait, elle détestait sa maison, oui, mais surtout parce qu'elle n'était pas implantée où il aurait fallu pour elle.
Julianne se demandait encore comment elle avait pu partir aussi précipitemment chez ses Amis, sans trop se tromper sur la route !
Elle pensait au retour, et là, oui, elle angoissait un peu tout de même.
Elle se demandait comment faire pour ne plus vivre ces crispations au volant, elle qui aimait tant conduire auparavant !
Julianne avait le pied en plomb autrefois, lorsqu'elle accélèrait, et une belle assurance qui ne la faisait pas ralentir ! Maintenant, il y avait certes, les limitations de vitesse et les contrôles-radars à tout va, mais tout de même, elle n'avait plus confiance en elle. Puis il y aurait surtout Paper et Scarlett avec elle et encore moins le droit à l'erreur.
Julianne pensait qu'elle n'aurait peut-être pas besoin de faire se séjour protecteur en clinique à son retour. Son médecin de l'âme comptait beaucoup sur cette période au pays des collies, comme sur le traitement dont il avait augmenté les doses, et il avait vu juste, bien sur.
Elle redoutait cependant cette vie qui allait recommencer, dans cette maison qu'elle n'aimerait toujours pas. Un mois aurait alors passé, et c'était long et court à la fois. Elle pouvait dormir le matin, sans avoir à promener Paper et Scarlett, et il fallait reconnaître que c'était bien agréable. Paper était entrain de japper un peu trop fort et Julianne venait de la disputer. Elle s'aperçu alors qu'un halo de lumière traversait la véranda et elle se prit à espérer un peu de soleil venant l'innonder, mais il fallait attendre.
Pour l'instant, les "bébé-gloutons", comme elle appelait les chiots, s'étaient bien éveillés et il était temps de leur présenter la bouillie qui leur permettrait de grandir plus vite

Harmony 8 avril 2008 · 26

Julianne ne voyait pas toujours pas s'étendre le soleil au loin, et l'horizon semblait, au contraire, encombré par d'épais nuages. Elle venait de prendre quelques photos des chiots, et s'extasiait de les voir jouer.
Le temps serait donc gris, mais elle avait terriblement envie de soleil, Julianne.
Elle décida de se vêtir décontractée, certes, car la situation l'exigeait, mais aux couleurs chaudes toutefois d'un été précoce, au "un jour de pluie". Elle ferait un vrai pied de nez à la météo, c'était décidé.
Elle se changea en bleu, couleur gaie et lumineuse ; sa préférée aussi. Un peu de maquillage ? Pourquoi pas, après tout ! Il serait tendre et délicat, comme si elle s'aprêtait à une sortie qu'elle ne ferait pas. Ainsi, qui sait, ferait-elle venir l'astre doré tant espéré ? Les chiots, eux, continuait de s'amuser à côté. Julianne n'était jamais loin d'eux, prête à leur présenter leur bouillie, dès qu'ils étaient éveillés et quelques marques de tendresse. Leur mère se dégourdissait les pattes dans le jardin, et maintenant que les petites dents étaient presque toutes là dans les petits museaux, elle rechignait à les voir venir à la têtée. C'était un gros moment d'émotion pour Julianne. Elle aimait les animaux, les chiens surtout. Elle les comprenait mieux que les gens, c'était certain. Mais les gens la comprenaient-elle ?
Sa personnalité était complexe, elle n'en doutait pas.
Tout cela lui fit revenir en mémoire que son futur époux lui avait dit envisager un repas de famille pour annoncer leur mariage.
Ce serait un moment difficile à passer... Les réunions de famille n'était pas l'apanage de Julianne, bien loin de là ! Julianne était au final, une grande solitaire. Mais il fallait bien passer par cette "étape". Elle espérait que la famille de son futur époux, ne s'incrusterait pas dans un mariage qu'elle souhaitait plus qu'intime, c'est à dire sans eux, juste les enfants éventuellement. Le plus drôle était que la Maman des enfants se remarirait également, presque à la même période ! Là, il y aurait sans doute une belle fête, les enfants verraient une énorme différence ! Finances ou pas, Julianne ne le souhaitait pas. Son futur époux et elle, n'avait pas le budget pour, et cela tombait bien. Mais comment allait-il envisager le tout avec sa famille ??? Pourvu qu'il n'ait pas changé d'avis, car Julianne ne voulait pas d'un repas avec sa famille, car elle serait, encore une fois, mal à l'aise pour son mariage.
Lors du premier, il y avait eu une fête comme cela se passe en général. Julianne ne s'y était pas sentie à l'aise. Peut-être l'aurait-elle été un peu si elle avait pu se dissimuler derrière une robe comme elle l'avait souhaitée ? Elle aurait alors songé à son époux qu'elle aimait bien sur, mais à ce vêtement d'un jour, qui l'aurait paré comme l'avait tant voulu.
Elle ne voulait pas que les mêmes erreurs se reproduisent, mais au fond d'elle-même, elle savait que "cette famille" dont elle ne voulait pas, allait "s'inviter". Son futur époux ne dirait rien, il acquiéserait, tout simplement et ce serait la première fausse note de cette union scellée pour la seconde fois à ses côtés. Car auparavant, il y avait eu le PACS. Son futur époux le considérait comme un mariage. Et là, en effet, ils avaient été seuls au tribunal pour le signer. Pas besoin de témoins. Tout ça tourmentait beaucoup Julianne, et son futur époux était très certainement loin d'imaginer à quel point. Pour lui, elle entrerait dans "la famille". Pour elle, non, car n'avait-elle pas entendu que l'on ne choisissait pas sa famille, mais que nous la subissions ? Oui, dans sa belle-famille officielle, lors de son mariage avec son Meilleur Ami, sa belle-mère avait dit cela, en voulant effectivement blesser Julianne. Depuis, Julianne ne faisait plus partie d'aucune famille, car la sienne ne l'acceptait pas comme elle était, et à ce jour, elle n'en avait plus, hormis ce frère qu'elle ne voyait pas.
Il y a quelques mois, Julianne avait pensé à le revoir ; lui écrire au moins. Puis elle s'était ravisée ne voulant pas essuyer un autre échec, une fin de non recevoir. Mais tout de même, elle était très tracassée. Comment ne pouvaient-ils s'entendre un minimum ??? Lorsque que son père est décédé, il avait plus ou moins fait promettre à ses deux enfants, de rester unis. Il ne l'avait pas dit, mais à mots couverts, et ce furent des "maux couverts", hélas ! Julianne se sentait seule, sans famille. Et jamais celle de son futur époux ne serait sienne, c'était impossible. Hier soir, en s'endormant, Julianne songeait qu'elle changerait alors de nom et ce fut difficile d'imaginer qu'elle ne porterait plus celui de son ex-époux, devenu son Meilleur Ami.
Elle n'avait pas souhaité en changer, conservant l'usage de ce dernier, lors de ce douloureux divorce. Elle n'avait pas imaginé un seul instant, retrouver son nom de baptême, car il lui aurait trop rappelé qu'elle était l'élément féminin... remplaçant sa défunte mère ! Elle ne le voulait absolument pas car elle n'était pas comme elle. Pourtant, lorsqu'elle faisait en retour dans le temps, elle s'apercevait qu'elle avait mené son foyer comme l'avait fait sa mère. Elle avait toujours été très directive, laissant peu d'aisance à son ex-époux, tout comme sa mère l'avait fait au sein de cette famille écartelée. Elle regrettait énormément cette situation. Mieux, elle s'en voulait d'avoir infligé cela à un homme agréable et gentil, comme l'est son Meilleur Ami. Etrangement, elle se sent toujours protégée et en sécurité avec lui, à l'aise, plus qu'avec son futur époux, car il y a "sa famille" et ses enfants. Il faut avouer que Julianne n'avait pas réalisé que la vie de famille était quelque chose de bien lourd pour elle. L'âge l'avait rattrapé et ne l'avait pas convertie à ce mode de vie. Puis toujours son let-motiv, cette maison où elle ne se sentait pas bien. Le temps courait sur les échéances du prêt immobilier et laissait à chaque mois, une visibilité plus intéressante sur l'avenir. Bref, un mois aurait en tout cas passé sur cette année, déjà, et Julianne aura été ailleurs durant cette période. Seulement, c'est là qu'elle appréhendait encore plus le retour ! Elle y pensait, et instantanément, son estomac se vrillait ! Pourtant, il y aurait les retrouvailles avec son futur époux... mais la maison, les habitudes dans cette maison...
Comment pouvait-on haïr autant une habitation, se demandait Julianne ?

Harmony 15 avril 2008 · 27

Le séjour de Julianne chez ses Amis, au pays des collies, s'achevait. Elle reprendrait la route après-demain. Sa mission aura été menée à bien et avec infini plaisir. Maintenant, elle angoissait à l'idée de préparer les bagages, de remettre de l'essence dans sa voiture et de repartir, puis de vider la voiture à l'arrivée. Julianne était ainsi faite, elle "stressait" facilement et pour pas grand chose souvent ! La route, elle l'avait dit, lui faisait peur maintenant. Elle s'y sentait mal et s'y ajoutait la peur de se tromper de chemin depuis toujours.
Comment allait-elle vivre son retour dans cette maison qu'elle n'aimait pas ?
Elle aurait son amour qui l'attendait avec une patience d'ange, mais, "la maison" l'effrayait toujours autant ; il n'y avait aucun doute possible.
Déjà, elle avait commencé à rassembler quelques affaires, et se demandait si son sac fermerait. Julianne avait fait des achats sur Internet ces temps-ci alors qu'elle ne dépensait guère habituellement. Peut-être que son traitement l'avait poussé vers des dépenses ? C'était possible !
Ici, le temps était bien maussade et le soleil de ce matin, avait déjà laissé place à un ciel gris, annonciateur de pluie. Que c'était triste alors que nous étions mi-avril !
Paper et Scarlett étaient "crottées" comme jamais elles ne l'avaient été et cela attristait Julianne. Mais elle n'avait pas à se lever pour la balade le matin, donc... Il faudrait qu'elle reprenne ses habitudes en rentrant dans "ce chez-elle", qu'elle ne considérait pas comme tel, mais juste "un toit". Quelle erreur avait-elle commise, elle ne s'en remettait pas. Rien qu'à cette idée, l'angoisse la torturait.
Elle avait eu bon espoir de pouvoir quitter cette maison, mais les spécialistes financiers consultés, n'étaient pas vraiment d'accord l'un et l'autre, sur leurs calculs. Il faudrait approfondir. Quoiqu'il en soit, un mois de moins dans cette hostile habitation, aurait passé, et le remboursement du prêt avait progressé aussi.
Julianne était également inquiète, car à son retour, il y aurait les enfants de son Amour pour une semaine, et ça la perturbait beaucoup.
Elle n'avait pas du tout la fibre maternelle et elle se rendait compte à chaque fois, combien elle avait eu raison de n'être pas devenue mère !
Pourtant, Julianne n'était pas si égoïste que cela, et elle réalisa plus que jamais, qu'elle n'était justement pas égoïste, mais réaliste ! Puis avec le temps, la patience qu'elle aûrait peut-être eut il y a quelques années, s'en était allée. Ce serait un autre moment difficile qui allait se jouer sur cette semaine. Sans doute ne pourrait-elle pas faire la sieste de l'après-midi comme elle la faisait actuellement et c'était bien dommage. Mais elle se coucherait aussi plus tôt, comme avant, et alors il n'y aurait plus besoin de ce temps de repos non plus.
Julianne s'était offert 3 bijoux, dont une superbe bague, avec un saphir taille émeraude, d'un beau bleu profond, accompagné de deux diamants princesse. Les autres étaient différents, mais jolis aussi. Une tanzanite aux reflets violets et bleus, éclatait de mille feux, tandis qu'une bague plus discrète, avec rubis, émeraude et un petit diamant, parait son majeur.
Ses autres achats étaient également du luxe, comme ces deux sacs de marque prestigieuse, achetés d'occasion. Un noir pour tous les jours, un ciel irisé pour se fondre dans les couleurs de l'été lorsque celui-ci serait arrivé. Le printemps tardait tellement ! Deux porte-monnaie de couleur noire et l'autre rouge bordeaux, étaient venus agrandir ces ensembles. Elle était parée pour un bon moment ! Il y avait bien longtemps que Julianne n'avait pas été aussi dépensière !
Que cela cachait-il ?

Harmony 10 mai 2008 · 28

Julianne avait repris le cours de sa vie là où elle l'avait laissé. Ce fut plus simple qu'elle ne l'avait pensé. Tout du moins pour l'instant. Le temps passait, et Julianne ne ressentait pas d'aussi vifs malaises à répétition. Peut-être que les quelques jolies journées avaient raison de son mal-être. Ce qui pouvait vouloir dire aussi, qu'une fois la grisaille revenue, le désarroi serait de nouveau là !
Peu à peu, Julianne voyait ses espoirs de déménagement, s'effacer. Il fallait être réaliste. Elle n'en parlait pas, ou moins, et ce n'était pas son futur époux qui irait le lui rappeler ! Il se plaisait ici, pas comme elle. La raison, tant qu'elle l'avait, prenait le pas sur le bien-être. Et tant que Julianne pouvait l'accepter et réussir à vivre ainsi... Lorsqu'elle se sentirait entrain de sombrer, sans doute penserait-elle sérieusement à s'en aller de nouveau vivre ailleurs. Elle ne savait plus que penser.
Une chose était certaine, cette prochaine union lui faisait voir sa vie d'avant autrement. Elle n'avait pas définitivement tiré un trait, car elle ressentait toujours un vif pincement au cœur lorsqu'elle se rendait chez son Meilleur Ami. En plus, ces jours-ci, il repeignait la cuisine qui avait été leur, et même, il l'embellissait, en ajoutant des carreaux, bleus pâles, sa couleur favorite. Julianne avait à la fois hâte de voir cela et puis peur aussi, d'être trop satisfaite.
L'intérieur de la maison ne lui plaisait pas, mais elle ne l'avait pas vu au prime abord en raison de ses couleurs neutres, tout du moins pour le salon et la cuisine. Du beige, alors que ses meubles de cuisine étaient bleus avant. Des carreaux verts, couleur qu'elle ne prisait pas particulièrement. Quant au salon, il était froid comme un tombeau avec son « beige standard » aux murs. Les pièces les plus habitées, restaient sans âme. Elle ressentait que son prochain mariage marquerait enfin cette différence à laquelle elle ne pouvait se résoudre jusqu'à présent. Oui, elle le croyait maintenant, ce serait très certainement le trait définitivement tiré sur sa vie passée. Etait-ce dire qu'elle l'acceptait ? Ca, il était bien trop tôt pour l'affirmer. Il fallait attendre encore. Et puis si cela ne changeait rien ? Son futur époux était souvent triste d'avoir l'impression que Julianne était insatisfaite et qu'il n'y pouvait rien faire.
Elle avait été très triste à son tour, d'avoir fait de la peine à son Meilleur Ami en lui annonçant la nouvelle qui se concrétiserait pour la fin d'année. Elle avait lu sa peine, infinie. Une ride avait même plissé son front, comme un soucis d'un moment, mais elle savait que cette ride ne s'effacerait plus désormais. Ce serait une cicatrice nommée"« Julianne ». Le sommeil de Julianne était à nouveau tourmenté et l'accablait par mille et un cauchemars ou rêves inachevés. Son enfance, sa vie de jeune-fille, puis celle de femme, tout y passait. Elle revoyait sa famille disparue, son premier couple fracturé, usé par un début qui n'avait jamais vraiment existé. Son désarroi aussi, dans ses murs, tels ceux d'une forteresse, venait tout de même l'atteindre dans ses nuits, mais dès le réveil, tout disparaissait, pour l'instant. Elle ressentait juste comme un frisson qui lui parcourait tout le corps ; une sorte de vent glacial venait l'envelopper d'un coup vif. A cet instant, oui, les angoisses revenaient. Pour le moment, ce n'était que temporaire.
Définitivement, ou pour combien de temps ?
Les enfants de son futur époux étaient présents et Julianne réalisait qu'elle n'avait assurément plus de patience. Ils s'amusaient, comme des enfants tout simplement, mais elle avait l'impression de subir, et le bruit, et les jeux. Tout cela lui faisait réaliser combien elle pouvait être fragile nerveusement. Rien de méchant, pourtant, mais elle n'était pas habituée. Elle aurait bien aimé qu'ils attrapent ne serait-ce que cinq ans d'un seul coup !
Demain, il y aurait probablement un goûter familial, que son futur époux lui rappellerait au dernier moment... comme elle n'aimait pas qu'il le fasse... Ce serait alors une autre journée éprouvante, car Julianne détestait toujours autant recevoir. Il y aurait encore des cris et des jeux dans la maison, et le calme serait à nouveau absent.
Paper et Scarlett s'isolaient à leur tour, pour avoir la paix. Toutes ces allées et venues, les perturbaient elles aussi. Paper avait même été un peu haletante, mais ce n'était rien. Elle songea alors à sa vie future, celle de femme mariée, une seconde fois ; et de la façon dont son futur époux annoncerait la nouvelle à sa chère famille. Il n'était pas pressé de le faire, c'était certain. Pourquoi, d'ailleurs, elle se le demandait bien ! Elle avoua ne pas comprendre, mais il ne lui en dît pas d'avantage. Pareil pour la piscine gonflable qu'il n'omettrait pas de mettre dans le jardin, avait-elle dit, mais il était parti sans réponse, lorsqu'elle avait manifesté sa désapprobation pour les jeux avec l'eau. Elle n'avait rien à dire, comme sur le fait de recevoir : l'ensemble lui était imposé. Et elle allait se remarier ! Cela changerait-il quelque chose à sa vie, hormis l'état civil, seulement si elle le souhaitait, d'ailleurs, pour l'état civil notamment ?

Harmony 13 juillet 2008 à 15h09 · 29

Les jours avançaient et la date du mariage aussi. Julianne avait déjà acheté sa robe, tandis qu'il lui restait 4 mois avant la date, le fameux jour J. Depuis une quinzaine de jours, elle se torturait l'esprit car elle avait vu une robe semblable à celle qu'elle avait rêvé porter ! Fallait-il l'essayer, ou garder l'image dans l'esprit ? La raison l'emportait sur le rêve, car il avait un prix assez conséquent pour interpeler Julianne et son budget. Elle songeait plutôt voyage, soleil, mer et plage de sable fin. Elle imaginait un joli lagon aux eaux turquoises où elle pourrait s'y glisser, puis apprécier ensuite, le soleil sur sa peau salée. Julianne était désormais impatiente de se marier !!! Oui, cette fois, elle avait bien tiré un trait définitif sur sa vie d'avant. Elle avait vu la fameuse cuisine bleue terminée ou presque et même si le pincement au coeur qu'elle redoutait, avait été présent, aujourd'hui, il était loin. Elle pouvait repenser à ces étapes de la vie sans ressentir les douloureuses angoisses, mais elle en avait d'autres. Julianne était ainsi faite, hélas pour elle... et pour son entourage. Elle venait de refuser une visite d'appartement, alors que son futur époux aurait accepté la visite. Elle savait qu'il était impossible de réaliser cette opération ; le marché de l'immobilier s'était fissuré. L'été était là, frais, mais ensoleillé parfois. Il faisait passer l'amertume de Julianne face à la maison dont elle n'avait toujours pas pris possession. Elle l'imaginait autrement, avec des travaux d'embellissement, mais toujours pareil, ceux-ci avaient un coût. Les idées ne lui manquaient pourtant pas. Il faudrait un "bon loto", jeu auquel elle ne jouait jamais, alors... La cuisine changerait beaucoup, pour ôter ce vert qu'elle n'appréciait pas particulièrement, et elle effacerait aussi ce plan de travail carrelé qu'elle détestait. La salle à manger aurait également besoin de changement, mais tous ses projets étaient de l'utopie. Sans argent, pas de travaux de décoration. Puis son futur époux mettrait certainement du temps à la réalisation, à laquelle elle participerait. Il est excellent bricoleur, mais voilà, il faudrait s'y tenir et ce n'était pas son point fort. Son désordre le rendait touchant et charmant, mais pas pour de la rénovation en tout cas.
En plus, son futur époux n'avait pas encore annonce son second mariage à sa mère et Julianne se demandait bien ce qu'il attendait pour le faire. Mais elle avait son idée sur la question. Le couple des parents de son futur époux, s'était terminé par un divorce, le sien, le premier celui d'où son issu ses enfants également, alors il redoutait sa réaction. Et il faudrait bien, cependant, faire son annonce, car le mariage aurait lieu dans quatre mois, jour pour jour ! Il l'annoncerait le 14 juillet, et Julianne pensait que cela risquait de faire l'effet d'un feu d'artifice raté, avec des pétards mouillés. Julianne était toute tremblante à l'idée de cette annonce, pourtant joyeuse. Ses doigts étaient agités et son corps ressentait encore plus de malaises. Ses bras aussi, sursautaient, maintenant. Car en plus, ce jour-là, elle serait présente ! Une personne de la famille avait été avisée, par téléphone seulement et du coup, ce ne fut pas pareil pour Julianne, elle n'était pas présente au cours de la conversation. Par contre, là... Comment allait se passer ce moment ? Julianne savait que son futur époux était déjà mal à l'aise à cette idée, même s'il s'agissait de sa mère. Puis elle en était certaine maintenant, il devait bien sur redouter sa réaction. Alors lui demander en plus, de venir occuper les enfants, risquait de faire "beaucoup" le même jour. Julianne pensait que ce serait négatif pour les enfants et que la réaction tant redoutait, serait comme elle l'imaginait. Mais il fallait "encore attendre" que son époux ait fait part de la si jolie demande qu'il lui avait faite il y avait plusieurs mois maintenant, et d'une manière très romantique, à laquelle Julianne avait dit "oui" ! Alors, patientons...

Harmony 13 juillet 2008 à 15h11 · 30

Les jours avançaient et la date du mariage aussi. Julianne avait déjà acheté sa robe, tandis qu'il lui restait 4 mois avant la date, le fameux jour J. Depuis une quinzaine de jours, elle se torturait l'esprit car elle avait vu une robe semblable à celle qu'elle avait rêvé porter ! Fallait-il l'essayer, ou garder l'image dans l'esprit ? La raison l'emportait sur le rêve, car il avait un prix assez conséquent pour interpeler Julianne et son budget. Elle songeait plutôt voyage, soleil, mer et plage de sable fin. Elle imaginait un joli lagon aux eaux turquoises où elle pourrait s'y glisser, puis apprécier ensuite, le soleil sur sa peau salée. Julianne était désormais impatiente de se marier !!! Oui, cette fois, elle avait bien tiré un trait définitif sur sa vie d'avant. Elle avait vu la fameuse cuisine bleue terminée ou presque et même si le pincement au coeur qu'elle redoutait, avait été présent, aujourd'hui, il était loin. Elle pouvait repenser à ces étapes de la vie sans ressentir les douloureuses angoisses, mais elle en avait d'autres. Julianne était ainsi faite, hélas pour elle... et pour son entourage. Elle venait de refuser une visite d'appartement, alors que son futur époux aurait accepté la visite. Elle savait qu'il était impossible de réaliser cette opération ; le marché de l'immobilier s'était fissuré. L'été était là, frais, mais ensoleillé parfois. Il faisait passer l'amertume de Julianne face à la maison dont elle n'avait toujours pas pris possession. Elle l'imaginait autrement, avec des travaux d'embellissement, mais toujours pareil, ceux-ci avaient un coût. Les idées ne lui manquaient pourtant pas. Il faudrait un "bon loto", jeu auquel elle ne jouait jamais, alors... La cuisine changerait beaucoup, pour ôter ce vert qu'elle n'appréciait pas particulièrement, et elle effacerait aussi ce plan de travail carrelé qu'elle détestait. La salle à manger aurait également besoin de changement, mais tous ses projets étaient de l'utopie. Sans argent, pas de travaux de décoration. Puis son futur époux mettrait certainement du temps à la réalisation, à laquelle elle participerait. Il est excellent bricoleur, mais voilà, il faudrait s'y tenir et ce n'était pas son point fort. Son désordre le rendait touchant et charmant, mais pas pour de la rénovation en tout cas.
En plus, son futur époux n'avait pas encore annonce son second mariage à sa mère et Julianne se demandait bien ce qu'il attendait pour le faire. Mais elle avait son idée sur la question. Le couple des parents de son futur époux, s'était terminé par un divorce, le sien, le premier celui d'où son issu ses enfants également, alors il redoutait sa réaction. Et il faudrait bien, cependant, faire son annonce, car le mariage aurait lieu dans quatre mois, jour pour jour ! Il l'annoncerait le 14 juillet, et Julianne pensait que cela risquait de faire l'effet d'un feu d'artifice raté, avec des pétards mouillés. Julianne était toute tremblante à l'idée de cette annonce, pourtant joyeuse. Ses doigts étaient agités et son corps ressentait encore plus de malaises. Ses bras aussi, sursautaient, maintenant. Car en plus, ce jour-là, elle serait présente ! Une personne de la famille avait été avisée, par téléphone seulement et du coup, ce ne fut pas pareil pour Julianne, elle n'était pas présente au cours de la conversation. Par contre, là... Comment allait se passer ce moment ? Julianne savait que son futur époux était déjà mal à l'aise à cette idée, même s'il s'agissait de sa mère. Puis elle en était certaine maintenant, il devait bien sur redouter sa réaction. Alors lui demander en plus, de venir occuper les enfants, risquait de faire "beaucoup" le même jour. Julianne pensait que ce serait négatif pour les enfants et que la réaction tant redoutait, serait comme elle l'imaginait. Mais il fallait "encore attendre" que son époux ait fait part de la si jolie demande qu'il lui avait faite il y avait plusieurs mois maintenant, et d'une manière très romantique, à laquelle Julianne avait dit "oui" ! Alors, patientons...

Harmony 17 décembre 2008 à 16h50 · 31

Après son retour de chez ses Amis, au pays des collies, elle avait continué sérieusement les démarches pour leur futur mariage. Il fallait que tout soit prêt deux mois avant le jour J.
Evidemment, Julianne avait ressenti un malaise en rentrant dans cette maison dont elle ne prenait toujours pas possession. Mais comme elle l'avait dit et pensé longuement, la raison l'emportait sur le bien-être : elle n'avait pas de choix autre que résider là.
Les préparatifs du mariage et ceux de leur voyage de noces, l'occupaient.
Ils avaient choisi une destination lointaine : le Mexique.
Julianne avait hâte, maintenant, d'épouser son futur époux.
Sa mère avait eu la parole coupée, lorsqu'elle avait accueillit la nouvelle, contrairement, à la grand-mère de son futur époux, qui elle, fut ravie.
Cet accueil froid, Julianne s'y attendait, mais ce fut une forme de malaise pour elle. Mais décidemment, que lui reprochait donc cette femme, hormis le fait d'avoir des soucis de santé difficilement compréhensibles ?
Elle ne ferait décidemment pas partie de cette famille.
Finalement, Julianne trouva très naturel que la famille de son futur époux soit présente ce jour-là. Ce fut sans difficulté qu'elle en parla d'elle-même. Ils seraient peu nombreux à la noce ; 14 personnes avec les enfants.
Julianne restait tourmentée, car il y avait les congés scolaires...
Elle avait passé ceux-ci de manière ni facile, ni difficile, car elle n'était pas faite pour s'occuper d'enfants. Son futur époux avait été présent le plus souvent possible, sachant combien Julianne avait des difficultés pour s'adapter avec les enfants. Plus le temps passait, plus ces moments-là étaient difficiles. Julianne prenait de l'âge et elle était très certainement moins patiente, déjà qu'elle ne l'avait pas beaucoup été... Pour les enfants, les vacances ne devaient guère être amusantes non plus. Plus ils grandiraient, plus ce serait compliqué de leur trouver une occupation et pourtant, Julianne aurait aimé qu'ils grandissent d'au moins 5 ans d'un seul coup ! Sans doute pensait-elle que ce serait plus facile.

Les vacances s'étaient écoulées et Julianne repartait chez ses amis, au pays des collies.
D'autres chiots étaient attendus pour la mi-septembre. Cette fois, son ami viendrait la chercher, c'était un soulagement pour Julianne. Elle emmenait Scarlett, mais pas Paper. Paper ne s'entendait pas du tout avec une de leur chienne et du coup, s'était son Meilleur Ami qui garderait Paper.
Avant de partir, elle avait fait faire l'essai coiffure et maquillage pour le mariage : c'était joli et elle n'avait pas fait autant de choses pour sa première union. Elle organisait le mariage, seule, pour beaucoup de choses, mais c'était normal, elle disposait du temps que n'avait pas son futur époux. C'était une douce occupation.
Hélas, tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Il n'y avait eu qu'un seul chiot finalement, et le pauvre était mort-né. Julianne était tout de même restée un peu, car elle aimait être entourée des collies, mais elle avait une autre raison aussi. Elle ferait refaire ses mèches claires ici, où le tarif était bien moins cher. Mais il n'y avait pas que cela...
Si elle l'avait pu, elle serait restée « encore plus », pour échapper à la semaine de congés scolaire, mais son futur époux n'aurait pas compris. Elle avait déjà regardé le calendrier, en y pensant, bien avant de partir d'ailleurs. Tant pis, il y aurait les congés scolaires et elle savait que son futur époux serait présent au maximum, ce qu'il fit.
Comme d'habitude, personne, dans la famille de son futur époux, n'avait pensé à la fête de Julianne. Cela blessait Julianne. Elle ne souhaitait pas un cadeau, non, mais qu'on la lui souhaitât, comme son anniversaire, tout simplement. C'était pourtant l'usage, dans cette famille, et elle, Julianne, ne faisait pas partie de cette coutume. Enfin... c'était ainsi, elle ne comptait pas.
L'automne avait remplacé l'été, inexistant cette année encore. Julianne détestait toujours autant cette saison et il faudrait bien qu'elle attende qu'elle s'écoule, comme chaque année ! Il y aurait quelques mois à passer, avant d'arriver au mois de mai !
Il restait peu de temps avant le mariage, et Julianne ressentait du stress, mais pas trop. Puis le « grand jour » est arrivé et ce fut ma-gi-que ! Julianne, étourdie, en avait oublié son bouquet de mariée pour les photos réalisées avant mariage ! Il faisait froid, et la bruine les avait accompagnés un petit moment. Ensuite, il y eut la cérémonie à la mairie et là, Julianne fut encore plus ravie : la marche nuptiale ! Elle en avait rêvé lors de sa première union, et elle ne l'avait pas eu. Là, tout y était... et son bouquet aussi, car elle avait de la chance, Paper et Scarlett figuraient sur les photos au parc !!! En reconduisant « ses filles », comme Julianne les appelait, elle pourrait récupérer le bouquet dont le photographe lui avait fait remarquer l'absence.
Elle était sur un petit nuage, car tout c'était bien passé ! Le vin d'honneur se déroulait agréablement et il y aurait après, le repas au restaurant. Sa belle-mère n'avait pas manqué de faire quelques remarques déplacées et acerbes, parait-il, dont une entendue par Julianne. Elle concernait l'alliance de son époux. Il avait égaré celle de son premier mariage, avant le premier anniversaire de celui-ci. Rien de mieux à dire qu'il ferait sans doute le même usage de celle-ci ! Le reste, ses amis ont été très polis et n'avaient pas voulu faire de la peine à Julianne, en répétant les propos, ou retraçant l'attitude de sa belle-mère.
Julianne avait eu très mal de savoir qu'il y avait eu des quolibets, mais elle s'était tue, ravalant sa douleur et la conservant pour elle. Elle savait qu'elle ne pouvait rien dire ou presque, concernant sa belle-mère, avec son époux. Le sujet était « chaud-brûlant ».
Il s'agissait de « leur jour » et personne ne pourrait le gâcher.
Julianne était tellement heureuse, qu'elle en a oublié l'entrée de son menu ! Aujourd'hui encore, elle ne s'en souvient plus !
Au cours du repas, elle s'est sentie apaisée, peu à peu. Son époux lui faisait face, sa belle-mère n'était pas loin, mais la famille étant en minorité, elle savait qu'elle n'avait pas grand-chose à redouter cette fois-ci, et ce fut le cas.
La semaine suivante passa rapidement, pour arriver au jour du départ en voyage de noces.
Durant ce laps de temps, Julianne avait photocopié, écrit, fait poster tout un tas de courriers notifiant son changement d'état civil. Ca lui faisait tout drôle en effet, de quitter ce nom qu'elle avait emprunté durant 23 ans. Son Meilleur Ami, ne s'était même plus souvenu de la date de son mariage, alors pour le fait, il fut étonné lorsqu'elle lui avait annoncé sa récente union. Julianne fut un peu vexée sur le moment, puis finalement, trouva que ce n'était pas si mal ainsi. Elle savait que son Meilleur Ami nourrissait encore des sentiments forts à son égard, même s'il n'y avait plus d'amour à proprement parler. Il l'avait évoqué avant son mariage justement. En fait, c'est elle qui avait initié le sujet. Il lui avait alors dit que s'il ne refaisait pas sa vie, c'était parce qu'elle restait présente dans son esprit, comme la seule et unique femme de sa vie.
Elle avait également écrit à son frère, pour l'aviser, et ce fut avec surprise qu'elle reçut un appel de ce dernier. Bref, ils acceptaient tous deux de se revoir, mais il y avait le voyage. Ils attendraient.
Les « nouveaux mariés » sont arrivés au Paradis après un long vol de 11 h. C'était superbe, beau, raffiné. Les merveilles archéologiques, les ont éblouis et Julianne s'offrait aux rayons du soleil mexicain. Les excursions avaient montré des merveilles qu'ils ne reverraient probablement jamais
Julianne aime tellement le soleil, et celui-ci lui avait cruellement manqué depuis 11 ans maintenant. Elle soignait son bronzage, mais de manière intensive, tandis que son époux veillait sur elle, lui passant de la crème solaire pour qu'elle ne brûle pas. Comme à une enfant, il lui faisait cesser ses pauses soleil, c'était attendrissant.
L'eau était si claire, si transparente, tiède à souhait, que Julianne se sentait autre et revivait.
Le sable fin et blanc, était doux, agréable.
L'hôtel, un vrai paradis, ce luxe, cet environnement...
Il y avait les flamants roses, le jardin des orchidées, pas en fleur en cette saison. L'enclos des crocodiles, les nombreux poissons dans les différents bassins de l'hôtel, le « cui-cui » des oiseaux tropicaux, mais cette plage, cette merveilleuse et douce plage aux nombreux palmiers ! Un délice que les jeunes époux n'oublieront jamais.
Ils sont également allés nager avec les dauphins et ce fut si agréable !
Julianne s'était fait de gros plaisirs : un joli bracelet, en tanzanites et diamants, parait son poignet. Les pierres, de couleur lavande, ressortait sur son joli bronzage, qui lui, ne durerait pas. Elle avait aussi rapporté, un superbe pendentif en rubis et un petit collier or. Beaucoup de dépenses, oui, et maintenant, il fallait songer à épargner de nouveau.
Une mauvaise surprise aurait pu assombrir ce « ciel radieux ». L'ex-épouse de son époux, était également en voyage de noces dans la même région !!! Des millions de destinations étaient possibles, et là, ils avaient tous les 4 choisit presque la même, car 25 kms seulement, les séparaient ! Quel hasard ! Ils ne s'étaient pas croisés au cours des excursions, c'était une chance ! Julianne redoutait également qu'ils soient dans le même avion au retour, car, oui, en effet, ils rentraient tous le même jour ! Puis non, par chance encore, ce ne fut pas le cas. Par contre, dommage d'un côté, car son époux aurait pu voir ses enfants, à l'atterrissage si tel avait été le cas. Décidemment, la vie de Julianne restait surprenante !
Le retour fut difficile... Son époux avait des difficultés à absorber le décalage horaire, et en plus, il avait repris le travail dès le lendemain...
Julianne aussi se remettait mal, bien qu'elle n'avait pas de contraintes « horaires ». Le mal-être d'un temps gris et froid, pluvieux parfois, lui faisait mal à l'âme. Julianne redoutait vraiment « cet atterrissage ». Et oui, les personnes comme elle, supportaient mal les changements, même s'il s'agissait d'un immense bonheur. Elle allait payer l'addition et son époux aussi ; il y avait un risque.
Son mari, son époux, la trouvait changée, plus distante, plus sèche et Julianne avait même pleuré, à la veille de leur premier mois de mariage. Des choses pour lesquelles Julianne avait été énormément vexée et son époux s'était excusé : bref, elle avait eu mal, très mal.
Avant cela, elle était allée chercher Paper et Scarlett, chez son Meilleur Ami, qui, exprès pour elle, avait cuisiné son plat préféré. Là aussi, elle avait pleuré ! Car elle avait vu un programme immobilier, « là » où elle avait tant aimé vivre ! Au retour, elle avait noté le numéro de téléphone. Ce fut comme un coup de poignard. Ce numéro ne répondait jamais : était-ce mieux ?
Et son époux pensait que n'ayant plus rien à s'occuper, il lui fallait un « autre os à ronger » disait-il, comme la maison qu'elle détestait de nouveau... Mais n'avait-il pas compris, qu'elle s'était juste fait une « raison » pour la maison, car elle ne l'aimait toujours pas ? Plutôt, elle n'avait jamais aimé ce quartier qu'elle ne connaissait pas et maintenant, il était trop tard pour qu'il apprivoise Julianne. Pourtant, lors de leur merveilleux séjour, il avait parlé de l'éventualité de vendre cette maison, pour un appartement, alors qu'elle n'en parlait plus. Mais encore une fois, il fallait être réaliste, ce n'était pas possible financièrement. Julianne ne s'était pas pressée pour aller chercher Paper et Scarlett : presque une semaine ! Durant ce temps, elle avait fait la grasse matinée, ne sortant pas, restant en pyjama toute la journée. Juste une douche rapide, car ici, il faisait froid, nous n'étions plus sous les Tropiques !
Terminé la petite touche de féminité, le bleu prisé par Julianne. Plus de fantaisie, plus d'envie d'être jolie, mais celle de se camoufler, de rester au chaud, avec des souvenirs plein la tête et devant les yeux.
Comme un soufflé qui retombe, le bel élan de Julianne s'en allait. Son traitement aussi, s'en allait, car d'un seul coup, elle décidait de ne plus y prêter attention. Elle avait pourtant eu une certaine et inconfortable alerte en descendant de l'avion. Car elle s'était retrouvée sans traitement durant 48 h en comptant le décalage horaire. Et cette fois, elle faisait exprès de ne pas être raisonnable !
Le destin de Julianne était là, il la rattrapait, toujours et encore. Elle avait d'ailleurs annulé un rendez-vous avec son médecin de l'âme, car elle avait eu beaucoup trop sommeil, et c'eut été dangereux de conduire ainsi. Pour les autres, pour elle.
Elle avait recontacté son frère, et ils attendraient le début de l'année à venir, pour se revoir. Il n'avait pas changé dans sa façon de s'exprimer et de compliquer les choses. Enfin, nous verrions.
Ah les fêtes de fin d'année... Les traitresses pour Julianne... ! Les personnes comme elles, supportaient mal ces périodes pourtant festives. Qui peut comprendre cela ? Personne, et pas même son époux.
En plus, il allait falloir se plier aux souhaits de la famille, sans rien dire, et jouer à nouveau le paraître. Les vacances scolaires allaient aussi arriver, avec le plaisir des enfants à ouvrir leurs cadeaux, mais le temps à les garder.
Julianne n'aurait pas d'amis, contrairement au mariage et elle allait se trouver isolée, seule au sein de cette famille, qui n'avait rien à lui dire, et à laquelle elle ne serait jamais intégrée.
Son époux ne comprenait pas, et même, il s'isolait au téléphone avec sa mère. Julianne se sentait réellement évincée, inutile, pâle, invisible. Avait-il tant de secrets que Julianne ne puisse entendre ? Etait-elle si stupide, qu'elle ne puisse entendre une conversation ?
Elle était mariée, heureuse de l'être, mais « souffrante par famille interposée ». Une famille que son époux lui offrait, certes, mais Julianne n'avait pas de traitement pour traiter « cette maladie étrange », qu'est la famille qui ne vous veut pas.
Julianne conservait sa complicité avec son Meilleur Ami, et ses amis avouaient ne pas trop comprendre, même s'ils connaissent l'intégrité de Julianne. Son époux a toujours peur. Peur que Julianne retourne dans les bras de celui qu'elle a aimé autrefois, qui a été son époux en premier, car il dit que l'amitié entre un homme et une femme n'existe pas. Mais non, ce n'est pas possible ! Julianne est rassurée à ses côtés et elle se sent bien. Ils se connaissent depuis si longtemps. Ils ont Paper et Scarlett en commun, « les belles dames collies ».
Les matinées de Julianne coulent comme un fleuve « à remous ». La maison l'emprisonne encore, et l'emprisonnera toujours. Combien de temps faudra-t'il à Julianne pour ne plus supporter ce lieu de résidence ?

Harmony 17 décembre 2008 à 18h09 · 32

Julianne ne sait plus comment prouver à son époux, qu'elle est toujours la même femme avant qu'il ne l'épouse. Elle redoute qu'un fossé se creuse, déjà, entre eux s'il la trouve différente. Elle est en profonde lutte avec elle-même et ce tumulte. Sa première union avait changé son couple dès qu'elle fut célébrée. De grâce, il ne faut pas que son second mariage, soit le reflet du cuisant échec du premier ! Elle n'y survivrait pas. Il lui faudrait une baguette magique pour devenir cette épouse seyante, jolie, bien vêtue, que son époux est en droit d'attendre. Mais Julianne a rangé sa panoplie de femme féminine et son émotion ne lui donne pas cette impulsion pour être ainsi. Elle n'est pas joliment vêtue, mais confortablement habillée de vêtements informes. Elle porte un jogging trop grand de 2 tailles, où elle se sent bien pourtant.
Il fait bien trop froid pour ça et Julianne a perdu le goût des habits. Ses placards sont pleins, mais ils ne lui vont plus. Ils étaient très féminins, voir sexy, sauf que Julianne n'a plus vraiment l'âge de les porter, sans penser au problème de taille. Elle n'a plus la fantaisie d'un jour, celui d'être jolie, de sortir et de paraître mystérieuse. Elle est prisonnière, d'elle-même très certainement, et de ses démons, assurément. Pourquoi n'aime t'elle pas cette maison qui représente une partie de sa vie ? Elle n'en sait rien et elle cherche ! Mais s'y prend-elle bien, Julianne, dans sa recherche ?
Elle entend les enfants qui jouent au ballon dehors, et celui-ci heurtent le sol dans un bruit démesurément assourdissant. Paper et Scarlett se mettent à aboyer bien trop fort, et rien ne peut les faire taire. Julianne se met à crier, pourtant.
Dehors il fait presque nuit et le vent s'est levé. Autrefois, « ailleurs », Julianne aimait le vent. Curieusement, il lui procurait calme et sérénité. Aujourd'hui, il ne l'apaise plus.
Elle vient juste de passer la tête par la fenêtre, histoire de voir si le vent tout de même, ne lui procure vraiment plus rien. Il ne se passe rien, juste une fine bruine, en plus, qui la saisit.
Ses mains se mettent à trembler, sans qu'elle ne sache pourquoi, et il fait froid dans son cœur comme si l'hiver l'habitait pour toujours. Envolé le soleil du Mexique qui reste encore marqué sur sa peau. Elle ne se souvient presque plus déjà et c'est douloureux ? Elle ne sait même pas si elle a mal ou pas. Elle ne sait plus rien, sauf qu'elle est Julianne et pas comme tout le monde. Comment son époux a-t'il pu l'aimer un jour, et vouloir l'épouser un autre ? Elle se demande maintenant, combien d'anniversaires heureux, vont-ils fêter ensemble alors qu'ils sont mariés depuis un mois seulement. Julianne sent la tristesse l'envahir, les larmes arriver, mais elle ne veut pas de ça ; elle ne veut pas pleurer. Et plus le temps passe, plus elle tremble, c'est affreux comme ses mains se mettent à trembler. Julianne est malade de la vie et pourtant elle se dit à juste titre, qu'il y a tellement pire situation que la sienne ! Mais pourquoi doit-elle passer par les affres de cette maladie sans nom que l'on nomme aussi le « blues »,
« le vague à l'âme » ??? Elle aimerait, Julianne, être si différente, être normale, comme tout le monde, et peut-être que cette nouvelle famille la comprendrait. Elle n'est pas comme cela, et sans doute qu'elle fait peur à cette famille. Ca, elle n'y avait pas encore songé, mais maintenant, cette idée est venue lui traverser l'esprit. La famille de son époux, ne sait pas de quoi souffre Julianne. Il s'agit juste d'une personne qui s'écoute, très certainement, au lieu de se donner un bon coup de pied au derrière. Ce n'est pas facile de décrire « Julianne ». Elle peut passer du rire aux larmes, en quelques instants, comme un comédien joue un rôle. Sauf que Julianne ne joue pas un rôle, elle vit « sa vie ». Une ombre noire, en dégradée, passe devant ses yeux, mais c'est de l'irréel. Il s'agit du reflet de son moral, en berne, qu'elle ne dompte pas. Le vent s'est engouffré dans son cœur, sans l'apaiser, et c'est un vent sec, saharien. Le sable de son voyage de noces est bien là, mais il souffle en tempête. Il lui bouche la vue, mais aussi l'horizon de sa vie. Elle est en guerre, elle entre en guerre contre ses fichus démons qui lui pourrissent la vie. Il pleut très fort dans son cœur, car Julianne a peur pour son mariage. Elle revoit son premier mariage, en flou, derrière l'image de maintenant. Non !!!
Cela ne se peut pas, il n'y aura pas d'autre échec, surtout pas ! Elle ne brisera pas un autre homme, elle ne le peut pas ! Comment peut-elle faire, elle se sent le dos au mur, Julianne.
Les battements de son cœur s'accélèrent. Il bat à tout rompre, autant que ses mains tremblent. Elle veut que ce soit encore comme en voyage de noces, où ils étaient si heureux, mais elle ne voit que des ombres qui tentent de la saisir, et un puits. Ce puits est en forme d'entonnoir, et il parle : « Julianne, vient, je t'attends, vient, je suis là pour toi, rien que pour toi » ! Julianne se prend la tête entre les mains car elle a mal, très mal dans cet étau où son crâne est emprisonné. Elle se sent aspirée, comme au creux d'une tornade, mais elle est juste dans la tourmente. Il faut qu'elle vive, mais d'un seul coup, la vie la repousse, elle rejette ses mains, comme sa propre mère l'avait fait, la veille de son grand départ. Les forces qui la saisissent, sont incontrôlables, trop fortes pour qu'elle résiste contre cet appel. Il faut qu'elle calme ses maux de tête, car ils sont bien trop violent, c'est intolérable ! Et si Julianne allait voir son traitement de plus près, si toutefois elle pouvait en attendre quelque chose ? Pourquoi pas n'est-ce pas ?
Prendra, prendra pas ? Julianne hésite, elle va trop mal et elle se dit que « tout-va-bien » pourtant, mais son cerveau n'enregistre pas ce message. Il n'écoute que la douleur, celle qui apparaît sans raison, celle que l'on n'identifie pas. Pourquoi ne s'agit-il pas d'une bonne grippe, au moins, « on sait » à qui on à affaire ! Là, c'est insidieux et personne ne comprend vraiment. Car Julianne est déconnectée d'avec le monde des vivants. Elle est dans son monde à elle, celui où personne ne peut vraiment pénétrer. Elle seule, peut quelque chose, avec de l'aide, mais là, elle ne l'a pas, l'aide. Son mari n'est pas là, et il ne comprendrait pas. Elle sait que lui aussi, va se lasser, comme son Meilleur Ami, autrefois son mari. Elle a très très peur, elle souffre de plus en plus. Pourquoi vit-elle le calme avant la tempête, et pourquoi la tempête surgit-elle maintenant, pourquoi ? Elle a pourtant pris de quoi calmer ça, elle ne voulait pas se l'avouer, et maintenant, que lui reste-t'il ? Il y a le mur où son dos est presque collé, et elle ne peut pratiquement plus reculer.
Alors elle avale des comprimés, « pour aller mieux », car elle doit aller mieux, ce n'est pas possible autrement. Son époux, s'il ne la trouve pas joliment vêtue, doit la trouver dans un état normal, pas en crise ! Et en crise de quoi ? Si elle le savait ! Elle n'aime pas cette maison, elle hait surtout cette ville, mais elle a Paper et Scarlett à ses côtés. Elles sont inquiètes pour Julianne ; elles ont raison...
La tête lui tourne, ça va mal. Elle chancèle, ses jambes ne la porte plus alors elle s'assoit, c'est le mieux. Tout est en noir et blanc maintenant, et elle « sait » qu'elle va s'évanouir. Il ne faut pas, ce n'est pas l'heure ! Paper vient lui gratter les jambes en pleurant ; Scarlett approche son museau. Non, Julianne, ne t'endors pas, ne plonge pas dans cet abîme inconnu, reste !!!
Julianne n'entend pas, elle n'entend plus. Elle s'en va, elle file vers le néant. Un trou noir l'absorbe et là, une lumière vive l'attire, l'éblouie, même. C'est vif comme un soleil de midi...sous les Tropiques ! Elle a connu deux fois les Tropiques, Julianne, elle connaît ce soleil qu'elle aime tant, elle lui sourit. Elle revoit alors son récent mariage, le voyage, les promenades, le ciel, la plage, la mer, mais elle n'est plus avec les vivants, elle s'endort, oui, elle s'endort... Elle n'a plus mal à la tête, son cœur ne cogne plus dans sa poitrine, il est apaisé maintenant. Julianne sent qu'elle part vers un monde meilleur, et soudain, elle ressent l'envie d'être ailleurs, de ce lever pour emprunter ce chemin jalonné de torches. Il fait beau, chaud, les oiseaux chantent, ceux qu'elle aime entendre et qui ne vivent que dans les pays chauds. Elle reconnaît le chant de ce bel oiseau bleu qu'elle a vu au Mexique. Ouiii ! C'est bien lui qui chante ! Il l'appelle dans une autre dimension. Pourtant, elle ne comprend pas, elle entend comme une horloge ancienne et son tic-tac : que fait-elle là ?

Harmony 17 décembre 2008 à 18h25 · 33

Est-ce son cœur qui bat encore trop fort ? Elle entend un autre bruit comme une sirène. Julianne se sent enfin apaisée, comme dans du coton, mais elle a l'impression d'être seule dans un monde différent, où tout est devenu blanc, neigeux comme l'hiver. Où est-elle donc ?

Harmony 19 décembre 2008 à 13h42 · 34

Elle n'a plus froid ni chaud, elle est apaisée. Puis elle n'entend plus rien.
Son cœur ne tambourine plus, mais elle entend de nouveau « l'horloge ». Décidemment, que fait-elle donc là ? Paper et Scarlett pleurent, elle les entend faiblement. Ah oui, il est l'heure, celle de leur donner à manger, mais elle n'a pas la force, Julianne, elle ne peut se lever, tout juste penser, oui, c'est tout. Elle s'enfuit, loin, là où elle ne fera plus de mal à personne et où le soleil brillera tous les jours. Ce soleil qu'elle aime tant.
Maintenant, elle a froid, elle sent qu'elle s'enfonce dans son canapé où elle a prit les places de Paper et Scarlett. Elle tire sa couverture polaire sur elle.
Mais pourquoi la réveille-t'on ? Elle était pourtant bien, maintenant !
Elle se sent un peu secouée, puis le bruit des sirènes est étrange. Elle voit des lumières au-dessus d'elle, mais elles lui font mal aux yeux, qu'elle referme de suite. Des voix lui crient dans les oreilles, c'est effroyable, car elle ne veut pas revenir.
Elle entend juste un cri : Juliaaanne !!! Son prénom...
Qui a crié son prénom ? De nouveau, c'est le silence, elle n'est plus là.
Elle s'éveille, ailleurs, où, elle n'en sait rien. Tout est fade, on lui parle comme si elle revenait de la planète Mars et elle ne sait pas pourquoi. Comment se peut-il qu'elle soit encore là ? Pourtant, elle avait avalé son traitement... en une seule fois, n'est-ce pas ? C'était-elle encore trompée de jour ? Oui, ce n'était pas encore pour maintenant. Elle entend des mots comme en échos : pourquoi, que vous est-il arrivé, savez-vous où vous êtes ? Trop de questions, pour Julianne, et elle n'a pas envie de répondre, juste dormir et repartir où elle était allée ! Pourquoi ne la laisse-t'on pas tranquille, enfin ?
Elle se rendort. Lorsqu'elle s'éveille, elle comprend qu'elle est à l'hôpital : tout du moins, elle s'en doute. Une personne en blouse blanche vient lui parler, c'est effectivement un médecin.
Il lui prend la main, demande si elle peut serrer la sienne. Elle veut le faire, mais n'y parvient pas. Elle est fatiguée, si fatiguée...
Enfin, le temps n'a plus d'emprise sur elle, c'est un vrai soulagement. Elle veut partir, plutôt, repartir où elle était, elle y tient, elle était si bien. La porte s'ouvre, un médecin vient tenter de lui parler encore. Et les questions reviennent. Elle comprend, mais elle n'a pas envie de répondre. Elle veut retourner d'où elle vient !!! Elle n'a envie de voir personne, pas plus que parler. Dormir, juste dormir et ne plus se réveiller...
Elle se souvient maintenant, qu'elle a voulu s'en aller pour toujours.
Mais ouiii ! Son prénom prononcé, c'était son époux, sans doute ! Pourtant, il n'est pas expressif, alors ça devait être chez-eux ; elle ne sait pas. Maintenant, il allait falloir qu'elle se justifie, c'était terrible ! Encore une fois où sa très chère mère aurait pu dire « qu'elle ne réussissait jamais rien à fond ». Même aux portes de la mort, Julianne était restée en échec !
Combien de temps avait-elle dormi ? 2 h, 6 h, 8 h ?...
Elle en a déjà assez de cette perfusion. D'un seul coup, elle se met à crier les noms de Paper et Scarlett ! Une infirmière entre dans la chambre, la priant gentiment de se calmer, puis lui demande qui sont Paper et Scarlett. D'un seul coup, la parole lui revient et elle explique combien elle est inquiète pour elles ! L'infirmière la rassure et... on frappe à la porte.
C'est son époux qui entre. Il a le teint blafard, les yeux gris, sombres, les traits tirés...
Il a mal, c'est sur. Il a un joli bouquet de roses et il l'embrasse, sans rien dire, car il ne sait que dire. Les larmes bouchent ses yeux, Julianne retient ses larmes alors qu'elle a envie de crier. Une douleur l'étreint mais elle ne sait pas pourquoi. Et il est là, à ses côtés, mais... l'aime t'il toujours ? Elle a peur, maintenant, car bien sur, il ne comprend pas. Puis c'est lui qui l'a trouvée, inanimée, dans le canapé « des filles ». Les filles étaient à côté d'elle et elles pleuraient. Vite, il a saisit le téléphone, le SAMU est arrivé, Julianne est partie, il a suivit. Paper et Scarlett sont restées seules... Il parait que Julianne a hurlé leurs noms dans sa semi-inconscience, mais elle ne s'en souvient pas. Maintenant, elle a honte, car c'est le prénom de son époux, qu'elle aurait du crier. « Où sont Paper et Scarlett ??? » demanda t'elle à nouveau ? Il faut qu'elles aillent chez Mon Meilleur Ami !!! C'est lui leur vrai maître ! Dans la douleur, Julianne était vexante, humiliante. Puis d'un seul coup, elle s'écroula en larmes tandis que l'infirmière les avait laissés depuis quelques instants. Julianne réalisait que son Amour, son époux, était là !!! Elle avait honte, tellement honte d'être cette chose affreuse. Son époux est alors désemparé, il ne sait pas « si cette réaction est normale ». Il hésite entre sonner et serrer Julianne dans ses bras pour la calmer. Il se demande s'il peut faire cela, car l'aime t'elle encore ? Tant pis, il essaie, même s'il a très peur qu'elle le repousse. Elle ne le repoussa pas, mais ne lui parla pas. Elle a voulu un baiser, et il ne savait que faire. Il le lui offrit.
Il l'a prise dans ses bras, comme une pauvre petite chose, une poupée de chiffon, elle n'a pas répondu à son étreinte. Non pas qu'elle n'en avait pas envie, mais elle ne le pouvait pas. Elle était trop préoccupée par Paper et Scarlett, puis sans force aussi. Où étaient-elles ?
Son époux les avait gardées avec lui, mais si elle tenait tant à ce qu'elles aillent avec son Meilleur Ami, leur maître, il s'en occuperait. Mais oui ! Son époux n'avait pas avisé son Meilleur Ami, de la situation, ni son frère avec qui elle avait récemment repris contact ! Voilà ! Julianne lui demanda alors de le faire, même si la gêne lui brouillait les idées. Son époux avait si peur que Julianne retourne vivre à ses côtés, bien que ce fut impossible, Julianne le savait depuis longtemps maintenant. Elle avait fait « la différence ». La fameuse frontière entre l'Amitié et l'Amour. Oui, son Meilleur Ami gardait une partie d'elle en lui, elle le savait et l'avait dit honnêtement à son époux. Elle ne voulait pas lui cacher cela. Julianne ne savait faire qu'une chose pour l'instant, réclamer des nouvelles « des filles ». Maintenant, elle souhaitait que son Meilleur Ami soit avisé. Sinon, elle ne s'exprimait toujours pas sur sa « longue sieste ».
Et son époux dans tout ça ? Car c'est bien lui qui était présent, là, à ses côtés. Il l'aimait tellement, il avait eu si peur de la perdre...
Personne autour d'eux, n'allait comprendre ; ils étaient mariés depuis si peu de temps. Comment expliquer cela, et Julianne qui ne parlait pas, mais pleurait, désormais.
Ah oui, elle avait envie de pleurer, c'était comme une cascade, tant elle pleurait.
Peu à peu, elle réussit à serrer doucement, la main de son époux. Elle voulait lui dire, combien le monde lui paraissait doux et tendre, de l'autre côté, mais déjà, elle savait qu'il ne comprendrait pas pourquoi elle avait voulu s'y rendre. Le savait-elle vraiment elle-même ?
Il fallait qu'elle songe à expliquer pourtant, il fallait qu'elle le fasse, même si ce serait difficile.
Elle repense alors à cette jolie demande en mariage, les débuts de son Nouvel Amour, la fin de l'ancien devenue cette belle Amitié... Son récent mariage, et ce magnifique voyage de noces et la frontière entre l'Amour et l'Amitié. Sa tête tourne, car ce n'est pas si simple, de s'expliquer pourquoi elle avait voulu quitter les deux frontières.
« Je t'Aime, Mon Chéri », parvient-elle à dire soudainement, comme ça. Son époux attendait un mot, une phrase ; il les a entendus, il l'a prend de nouveau dans ses bras et commence à lui parler. Peut-il espérer une réponse, une conversation ? Il lui demande s'il « peut » aviser le médecin qu'elle « a parlé », elle dit oui, mais que va-t'elle dire au médecin ? Car elle n'a pas envie de parler avec un étranger. Elle veut juste rester avec son époux, c'est tout. Elle lui dit combien elle est désolée de lui avoir fait tant de peine, mais elle ne voulait plus rester, elle ne pouvait plus. Pourquoi, elle ne savait pas l'exprimer encore.
Le médecin arriva et lui dit « bon retour parmi nous, Madame. Comment allez-vous ? » Elle répondit qu'elle ne savait pas, qu'elle voulait être seule, avec son mari. Le médecin répondit alors, « bien, mais il faudra que nous parlions, vous le savez, n'est-ce pas ? ». Julianne répondit affirmativement, et le médecin les laissa seuls. Julianne avait l'impression d'être aux premiers jours de son Amour. Dire qu'elle esquissait un sourire, serait trop, mais, on pouvait noter une expression sur ce visage resté alors vide. Les mains dans les mains, les amoureux étaient comme seuls au monde. Elle insista encore, pour qu'il avise son Meilleur Ami, et qu'il prenne Paper et Scarlett. Devant elle, il promit de le faire, mais lui demanda avec douceur, si elle ne voulait pas s'en charger elle-même. C'était trop dur, elle se reposa sur les épaules de son époux. Il n'y avait rien de bien conventionnel dans cette relation et Julianne le savait. Elle ne pouvait tirer un trait sur son ex-époux, devenu ce Meilleur Ami gênant. Car gênant, il l'était ! Cette relation était exceptionnelle, mais pouvait heurter les proches. Sauf que pour Julianne, son Meilleur Ami était un proche. Comment expliquer qu'elle l'avait eut pour elle, comme époux, et qu'elle s'entendait beaucoup mieux avec lui désormais, depuis qu'ils n'étaient plus mari et femme ? Pour l'instant, elle voulait être au calme et ne pas avoir à se torturer l'esprit : les médecins se chargeraient bien de cet aspect là.
Elle cherchait les bras de son époux, qui n'osait pas lui poser de question : il attendait.
Tout d'un coup, elle « explosa » après avoir « implosé ». Ses mots firent l'effet d'une « déferlante » ! Elle parla, parla...
Tu sais, après notre mariage, notre voyage, j'ai ressenti beaucoup de solitude, le manque de soleil, le froid, les journées sans fin et les nuits qui ne m'accueillaient plus comme avant. J'ai souffert de savoir que jamais, je ne ferais partie de cette famille, la tienne et j'ai eu vraiment trop froid, j'étais fatiguée, je ne voulais plus sortir. Tu ne comprends pas combien je hais notre commune, combien je ne m'y plais pas et que je regrette amèrement d'avoir acheté ici.
J'ai l'impression que j'ai signé mon arrêt de mort. Avoir renoué avec mon frère, n'était pas suffisant, loin de là.
Julianne savait qu'elle ne répéterait pas ces paroles, dommage, car le médecin ne les avait pas entendues. Faudrait-il qu'elle s'en souvienne, car il fallait qu'elle explique, en effet !
Elle fermait les yeux doucement, apaisée. « Reste, tu restes, n'est-ce pas, tu ne t'en vas pas encore ? », dit-elle alors à son époux. Elle insistait, car elle savait qu'elle irait en établissement spécialisé durant un certain temps, et qu'elle ne verrait personne durant une dizaine de jours. Alors, elle voulait profiter de cette intimité. Combien d'heures avait-elle donc dormi ? Plusieurs, lui a répondu son époux, plusieurs... Il ne sait pas s'il doit lui dire qu'elle s'est endormie 6 heures. Pas un coma, non, un long sommeil. C'est pour cela que Julianne avait entendu des sirènes des bruits, puis le « silence ». Mais elle ne le savait pas encore. Son époux se demandait ce qu'il pouvait lui dire, ce qu'il fallait faire, au juste, avec Julianne. Il était embarrassé avec sa propre épouse. Le temps était venu pour lui, maintenant, horaires obligent, de la laisser pour aujourd'hui. Julianne redoutait cet instant et ressentit alors de violentes angoisses, car le médecin allait revenir très certainement, et elle n'avait pas grand-chose à lui dire. Rien d'autre à part qu'elle avait voulu « oublier ici », sa maison qu'elle n'aime pas, le froid, tout ça, quoi.
Son époux l'a embrassé tendrement et lui promit de revenir dès que possible, le lendemain.
Avant l'arrivée du médecin, Julianne eut le temps de penser un peu à sa vie, comme un flash-back.
Elle pensa soudain au difficile rôle qu'elle avait confié à son époux, celui de prévenir son Meilleur Ami. Qu'allait-il lui dire sachant qu'il ne fallait pas qu'il arrive quoique ce soit à Julianne ? La vérité. Les mots de Julianne, tout simplement. Julianne, par contre, était terrifiée à l'idée de la réaction de la famille de son époux. Déjà, elle n'avait pas d'atomes crochus avec elle, mais là, elle ne comprendrait assurément pas. D'ailleurs, elle ne souhaitait pas de visite de sa part, et en plus, « les malades de l'âme » n'étaient certainement pas de vrais malades pour cette famille. La question était donc réglée.
Elle n'y couperait pas, car le médecin arriva. Il lui demanda de nouveau comment elle allait, et elle répondit qu'elle n'en savait rien. Elle voulait savoir si son médecin avait été avisé et la réponse fut négative. Certainement avait-il fouillé dans ses papiers, car il évoqua son nom. Il attendait qu'elle s'éveille pour le faire, et d'avoir parlé avec elle. Elle se lança, et lui répéta ce qu'elle avait dit à son époux. Ce fut plus facile qu'elle l'avait redouté. La fatigue, le sommeil, la maison, le froid ici, l'absence de soleil... Il faudrait bien qu'il se contenter de ça, car elle ne trouvait rien d'autre à dire. Il lui parla d'établissement spécialisé ; elle prit peur, pensant à un endroit où elle ne voulait pas aller. Elle insista alors pour qu'il prenne contact avec son médecin, pour aller ailleurs justement, et il promit de le faire dès le lendemain matin, sans manquer de la tenir informée. Il demanda à Julianne si elle avait une exigence particulière, et elle lui dit « oui, je voudrais pouvoir écrire » ! « J'en prends note, lui répondit-il, je vais essayer de voir ce que je peux faire et je reviens vers vous ». Il la laissa, jugeant qu'elle avait besoin de se reposer, et elle s'assoupit aussitôt.
Julianne était en plein cauchemar : elle revoyait toute la scène. Celle où elle avait avalé « son traitement », l'attente en silence, assise dans le canapé, car elle avait Scarlett à ses côtés. Puis le néant, le moment où elle s'est « profondément endormie ». La lumière brillante qui l'a attiré et le silence, si reposant. « Madame, Madame, il faut vous réveiller, vous devez manger », entendit-elle. L'infirmière était là, lui apportant un repas, et un comprimé.
Julianne n'avait pas faim, mais il fallait manger, car elle avait énormément maigrit avant tout ça. Julianne, elle, pensait qu'elle avait juste un peu minci. Mais en fait, elle ne mangeait presque plus, sauf lorsqu'elle était obligée, comme durant ces fêtes de fin d'année qu'elle détestait tant. Un bol de soupe, une tranche de jambon et des coquillettes, puis un yaourt. Jamais elle ne pourrait avaler tout ça ! L'infirmière attendit qu'elle commence à s'alimenter, ce qu'elle fit péniblement, croyant pouvoir rester seule. Ce ne fut pas le cas, car elle avait un couteau pour le jambon... Finalement, l'infirmière coupa la tranche de jambon, et lui reprit le couteau. Elle « avala péniblement » la soupe, la tranche de jambon et une cuillère de coquillettes. C'était beaucoup trop, elle avait trop mangé et elle grossirait à nouveau, ce qu'elle ne voulait surtout pas. Elle n'osa pas sonner, bien qu'elle ait envie d'aller aux toilettes. Elle attendrait que l'on vienne lui retirer le plateau. Elle s'assoupit à nouveau et l'infirmière était là, pour récupérer les restes du plateau-repas. Elle lui demanda alors à aller aux toilettes. L'infirmière revint pour l'accompagner, car il était hors de question qu'elle s'y rende seule. Maintenant, elle pourrait s'endormir de nouveau. Vraiment, elle était bien, dans son tunnel lumineux. Elle se mit alors à sangloter, car il faudrait revenir à la vie, « à sa vie », là où elle l'avait laissé. Elle eut quelques comprimés à prendre et la nuit passa sans qu'elle ne s'en aperçoive. « Madame, réveillez-vous, il est l'heure » ! Julianne se demandait où elle était, puis elle réalisa, non sans mal. Elle ne savait même pas que nous étions vendredi et qu'il était déjà 6h30 du matin, bien sur. C'était étrange, elle n'avait pas envie de savoir qu'elle heure il était, contrairement à son habitude. Julianne ne pouvait pas rester sans sa montre. Elle laissait le temps décider pour elle. Tout cela lui était bien égal, car elle avait tellement envie de pleurer. Mais pourquoi pleurer ?
N'avait-elle pas tout dit ? Les larmes se mirent de nouveau à couler et elle sanglota de plus en plus fort. Elle n'avait pas de mouchoir et elle n'osait pas appeler, de peur de se faire réprimander. Tant pis, après tout, elle s'en fichait, elle sonna. L'infirmière arriva, lui apporta rapidement un mouchoir en papier prit dans la salle de bain et lui demanda ce qu'il lui arrivait sur un ton ferme. Julianne était incapable de lui dire autre chose, que « tout va recommencer, alors ? » « tout quoi, Madame ? Que voulez-vous dire ? » « Je ne sais pas, je ne sais pas », répondit Julianne.
L'infirmière lui répondit qu'il fallait attendre le médecin et que pendant ce temps, il fallait qu'elle se calme.
Le médecin arriva, Julianne ne savait toujours pas quelle heure il était.
« Bonjour Madame, comment allez-vous ce matin » ? « Je ne sais pas », répondit Julianne, sur un ton effrayé. Elle regarda sa main gauche où elle vit son alliance. Tiens, on ne la lui avait pas retirée ? Soudain, la tristesse l'envahit, car elle songea alors que toutes les fêtes de fin d'année n'étaient pas passées et elle ne voulait pas en être !!! Pourquoi, elle n'en savait rien, elle en fit de suite part à ce médecin auquel elle n'avait rien à dire, comme s'il allait lui signer « l'autorisation de ne pas y aller » ! Elle s'agitait à cette idée. Il lui demanda de lui parler de son environnement familial, pour faire diversion, sans doute. Mais cela affola Julianne. Elle ne se sentait pas bien du tout, dans cette nouvelle famille. Qu'allait-elle penser d'elle encore une fois ? Le médecin lui avait apporté du papier et un crayon, car elle voulait écrire. Julianne lui demanda s'il avait appelé le médecin qui s'occupait d'elle et il lui répondit favorablement. Julianne se sentit alors rassurée, car il savait maintenant, qui était Julianne. Elle allait être très vite transférée en clinique privée, en accord, justement, avec son médecin. Julianne demanda des nouvelles de son mari, si elle allait pouvoir lui téléphoner, ou lui, l'appeler. Elle ne pouvait pas appeler, mais recevoir les appels, oui. Justement, le téléphone se mit à sonner, c'était son époux. Il lui annonça qu'il viendrait en fin de journée et elle lui demanda sa montre, un bloc, un stylo, des affaires de toilettes, et... des nouvelles de Paper et Scarlett.
Avait-il prévenu son Meilleur Ami, avait-il pris Paper et Scarlett ? Il lui répondit qu'il le ferait demain, samedi. Ah oui, c'est vrai, nous étions vendredi, le médecin venait de le lui dire. Le médecin se rappela à Julianne, qui aussitôt, confuse, avisa son époux de sa présence et s'apprêtait à raccrocher le téléphone, lorsqu'il lui demanda des papiers, pour prévoir son transfert en clinique dès que ce serait possible. Son époux apporterait son sac, avec tous ses papiers. Le médecin avait passé pas mal de temps avec Julianne, lui semblait-il. Elle avait de nouveau sommeil. Avant de s'en aller, il lui recommanda bien de ne pas encore se lever seul, jusqu'à midi au moins. Mais elle n'avait toujours pas d'heure, donc, elle ne saurait pas quand il serait midi exactement. Elle s'endormit sans doute un long moment à nouveau, car elle s'éveilla lorsqu'elle entendit le bruit de la porte. L'heure du repas avait sonné, tout comme son téléphone, semble-t'il mais elle n'avait rien entendu. Son Meilleur Ami avait tenté de l'appeler, et comme elle n'avait pas répondu, il avait téléphoné au bureau des infirmières ; il la rappellerait plus tard.
Il fallait encore manger, après le petit déjeuner du matin, mais on ne faisait que manger ma parole, pensa-t'elle !
Des carottes râpées, un steak haché, des haricots verts et une portion de fromage frais.
« Allez, Madame, il faut manger ! Je ne partirai pas avant que vous n'ayez commencé ! »

Harmony 19 décembre 2008 à 20h08 · 35

« Allez, Madame, il faut manger ! Je ne partirai pas avant que vous n'ayez commencé ! »
Tant bien que mal, Julianne entama son déjeuner, mais rien ne passait. Elle était beaucoup trop inquiète pour son mari et son couple : qu'allaient-ils devenir ? Un si jeune couple ! Est-ce à croire que le mariage détruisait tout chez Julianne ? Non, sa récente union n'était pas un problème du tout, ce n'était pas ça ! Elle formait déjà un couple avec celui qui était devenu son époux. Elle n'aimait pas sa maison, et tout ce qui lui pesait, dégénérait. Etait-ce possible que ce soit la seule cause ? Vraiment ?
Elle était comme une enfant devant ce repas qu'elle trouvait bien trop copieux. Elle laissa les carottes pour manger un morceau du steak, et 2 fourchettes de haricots verts. C'était tout, elle n'avalerait rien de plus.
Et le téléphone qui ne sonnait pas. Son époux ne l'appelait pas, son Meilleur Ami non plus. Elle se sentit alors bien seule et inutile.
Elle avait même oublié de demander l'heure. Elle se sentait toujours comme « cotonneuse », faible, mais pas si fragile que ça. Il fallait qu'elle reprenne les choses dans l'ordre où elles s'étaient arrêtées, puisqu'elle vivait. Ce n'était pas si simple, car tout était confus.
Elle allait mettre tout ça par écrit, c'est ça. Surtout maintenant qu'elle n'avait plus de perfusion. Elle voulait se lever pour voir la tête qu'elle avait, et elle chancela, et tout devant noir, blanc... Elle s'évanouissait, alors elle sonna, l'infirmière arriva, et elle s'allongea. Julianne se fit réprimander, mais personne ne lui avait interdit de se lever, maintenant. Sa tension était basse, voilà pourquoi elle ne tenait pas sur ses jambes. Qu'elle heure était-il ?
Elle essaya de voir sur la montre de l'infirmière, mais ce n'était pas facile. Elle ne voulait pas montrer qu'elle s'intéressait à quelque chose, en demandant. Pourtant, elle le fit. « Il est 14h40, Madame ». Julianne la remercia et lui demanda s'il n'y avait pas eu d'appel pour elle, qu'elle n'aurait pas entendu. « Non, je ne crois pas, je vais me renseigner, et vous, ne vous levez pas pour l'instant » ! Elle revint avec une réponse négative. Julianne était triste, car son époux ne l'avait pas appelée et là, oui, elle s'inquiéta beaucoup et pris encore d'avantage peur pour son couple. Allez, remontons le temps en arrière, si c'était possible... Seulement, les mots ne coulaient pas sous le crayon. Le temps ne passait pas, encore une fois. Zut !
Le téléphone sonna enfin, c'était son époux : elle était contente, elle le lui dit, il sembla heureux. Elle l'attendait, il viendrait en fin de journée. Il n'avait pas déjeuné pour pouvoir partir plus tôt. Tous deux ne savaient pas quoi se dire, comme s'ils s'étaient rencontrés la veille. Il lui rappela combien il l'aimait, elle aussi, puis il raccrocha. Et le téléphone sonna de nouveau... C'était son Meilleur Ami. Là, c'était encore moins simple, elle devait expliquer.
Elle parla de Paper et Scarlett en premier, pour détourner la conversation, mais son Meilleur Ami n'était pas dupe. Elle lui servit la même chose qu'à son époux : le ras-le-bol encore plus fort de la maison, le froid, sa maladie qu'elle ne gérait pas, son stress... Son Meilleur Ami travaillait, il la prévint alors qu'il ne pourrait sans doute pas venir la voir, puis qu'elle avait un mari, maintenant. Julianne eut très mal, mais elle encaissa. Lui téléphonerait-il seulement ? Il répondit oui. Il était très en colère que Julianne en soit arrivée là et il lui demanda d'envisager d'aller habiter ailleurs. Comme si c'était si simple !
Elle avait également redouté que les deux hommes de sa vie, se retrouvent ensemble, ici, à l'hôpital. Au moins, cela n'arriverait pas. Oui, « les deux hommes de sa vie », elle avait bien pensé !
Son époux était l'élu de son cœur. Son Meilleur Ami était comme un frère, une Amitié forte, que personne ne pouvait nier. Ils avaient fait un long chemin ensemble, par le passé. Elle n'avait pas même osé demander comment s'était passée leur rencontre, pour Paper et Scarlett. Elle ne sentait pas capable d'entendre parler de ça. Si ce n'était pas avec son Meilleur Ami qu'elle l'évoquait, sans doute que son époux n'en parlerait pas aussi bien. Elle laisserait ça de côté, au moins pour l'instant. Quel jour étions-nous ? Vendredi, Samedi ? Samedi, ça devait être ça. Elle commença à écrire... Elle reprit où elle se souvenait, quand elle entendait le tic-tac de l'horloge. Son cœur, sans doute. Elle était incapable d'écrire de longues phrases, seulement des lignes, avec des mots. Quand s'était-elle endormie alors ? Vendredi certainement, elle n'avait même pas demandé. Elle avait encore un peu envie de dormir, et puis le temps, ce fameux temps passerait. Mais elle ne trouva pas le sommeil cette fois.
Il fallait qu'elle revoie tout : son premier mariage, le second, son passage de l'Amour à l'Amitié avec son Meilleur Ami. Comment avaient-ils pu s'éloigner aussi vite ? Un an seulement pour en arriver là sans qu'aucun d'eux n'aient compris le pourquoi du comment. Mais cela appartenait au passé. Il y avait eu des cris, alors qu'ils ne se disputaient jamais. C'est Julianne, qui s'emportait. Elle restait longuement au téléphone avec son mari à l'époque, lui faisant perdre son temps au travail. Pire, elle lui avait demandé de partir chez sa mère, pendant un temps indéterminé. En fait, ils avaient vécu séparés durant 1 an. Puis une fin d'août, ils avaient décidé de divorcer. Pourquoi ce jour-là, ce mois-là, elle n'en sait rien. Les démarches se sont enchainées, elle est partie un an après, le divorce n'était pas encore prononcé, mais la séparation, était notifiée. Et à partir de là, ils sont restés très proches, comme maintenant. Sa vie avec son nouvel Amour, a débuté en dents de scie. Il n'a pas voulu dire de suite, qu'ils vivaient ensemble sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Peut-être qu'à partir de là, l'incompréhension de « la famille » est venue s'installer. Elle ne savait pas et pareil, le saurait-elle un jour ? Elle était l'intruse, celle que personne n'attend. C'est pour tout ça aussi, qu'elle avait voulu partir. Maintenant, qu'allait-elle devenir ? Qu'allaient-ils devenir ? Elle prit soudain peur, à l'évocation du lendemain. Elle n'envisageait rien, c'était pire ! Julianne vivait régulièrement dans le passé. Son mariage, appartenait déjà au passé. Un passé proche, mais le passé tout de même. Elle avait peine à revoir ce jour, pourtant gravé à jamais dans sa mémoire. Elle se revoyait, enfilant sa robe avec difficulté et aidée d'une Amie, son témoin. Puis tout était allé très vite ensuite. Pareil, il y avait deux semaines qu'ils étaient rentrés de voyage de noces. Lui aussi, appartenait au passé même si Julianne essayait de garder les images en mémoire. Ce fut tellement beau, que ce n'était pas possible, elle avait du le rêver, elle n'avait pas pu vivre un tel évènement, se disait-elle. Elle avait mal avec sa vie qui défilait. Elle n'avait plus tant de belles années que ça devant elle, et qu'en faisait-elle, elle les gâchait visiblement. Elle ne savait même pas si elle avait envie de se re-saisir, ou de continuer la vertigineuse descente. Elle songea alors à son mari, son Meilleur Ami aussi, mais tout n'était que confusion. Elle voulait être ailleurs, et ne plus penser à rien. Elle sentait les bouffées d'angoisses monter dans la gorge et le stress l'étreindre à nouveau. Elle avait envie d'appeler au secours, car elle se sentait sombrer à nouveau, mais personne ne pouvait rien pour elle. Il fallait qu'elle « accepte de vivre », et c'était très difficile, si difficile. Mais là encore, personne ne comprendrait... ce qu'elle ne comprenait pas elle-même. Elle refusait de continuer à vivre ainsi, ça, elle le savait. Elle n'aurait sans doute pas envie de rire de sitôt, c'était certain. Le crayon roula entre ses doigts, elle s'était endormie. C'était aussi bien car personne ne viendrait la voir avant le soir. Il commençait à faire nuit lorsqu'elle s'éveilla ; nous étions en hiver et chouette, elle ne passerait sans doute pas le reste des fêtes de fin d'année en famille, c'était plutôt une bonne nouvelle. Tout du moins, ça l'était pour elle. Elle entendit toquer à la porte, et c'est son époux qui arrivait. Elle esquissa un timide sourire.

Harmony 20 décembre 2008 à 09h25 · 36

Elle se souvint alors, ce qui l'avait conduite au sommeil. Son époux et elle, avaient eu une première grande dispute, sans beaucoup de paroles. Il avait quitté la maison, comme ça, sans rien dire, tandis qu'elle promenait Paper et Scarlett. Il venait avec elles, et puis un désaccord les avait séparés, il était rentré de suite, et à son retour, il n'était plus là, parti on ne sait où, sans téléphone, sans un mot. Il voulait être seul, loin d'elle et elle pensa qu'il agissait « déjà » comme dans son premier couple où il s'enfuyait, pour éviter le conflit. Etait-il rentré tard, elle ne se rappela pas ; sa mémoire avait effacé une partie de ce douloureux évènement, tout du moins pour l'instant. Pourvu qu'il ne devienne pas un « désacoeur »... déjà... Il voulait avoir raison, elle n'avait pas tort non plus, et tout était parti de là, et puis sans doute d'une fatigue nerveuse qu'il ressentait due au stress de son travail. Il y avait une bonne semaine que la tension couvait dans leur couple et à chaque fois, Julianne pensait que tout était rentré dans l'ordre. Une broutille les avait désunis, pour combien de temps, elle ne savait plus, ne se souvenait plus. Encore une fois, sa mémoire lui faisait défaut ou bloquait à un endroit précis. L'aimait-il encore vraiment, ou venait-il la voir parce qu'il était son mari ? Il souffrait très certainement beaucoup à son tour, et peut-être, se demandait-il même, s'il n'avait pas fait une erreur en épousant Julianne. En effet, depuis leur retour de lune de miel, plus rien n'allait comme avant. Les « accrochages » étaient fréquents et Julianne se demanda alors, si ce n'est pas là, qu'elle avait voulu dormir pour ne plus penser à rien. Julianne n'était donc pas faite pour le mariage, mais plutôt pour d'éternelles fiançailles, c'était à croire ! Elle voulait se souvenir de son retour, mais rien, aucun souvenir pour l'instant. Elle se sentait désarmée face à lui qui pourtant, semblait si proche d'un seul coup. Comment avaient-ils pu en arriver là, après un mois de mariage ? Fallait-il songer à divorcer, déjà ? Une seconde fois pour tous les deux ? Julianne était effrayée et d'un seul coup, se mit à frémir d'angoisse. Il était là, ne lui disait rien. Ils se regardaient en silence et c'était douloureux, car maintenant, elle s'était souvenue qu'il était parti, la raison, mais pas quand il était revenu...

Harmony 12 janvier 2009 à 17h13 · 37

Elle situa à peu près le moment de son retour, qui se fit sans un mot, pour reprendre le cours des choses, normalement. Chacun voulait oublier cet épisode, tout du moins, c'est ce qu'elle avait pensé.
La semaine suivante avait démarré comme avant. Il trouvait qu'elle était plus lointaine, moins tendre, pas elle.
Et que pouvait-elle bien lui expliquer désormais, qu'il ne savait déjà, sur sa longue sieste ?
Elle s'était déjà exprimée, dès qu'elle l'avait pu. Leurs sentiments restaient purs, ardents, vifs, elle ne devait pas avoir de doute et lui non plus.
Elle lui expliqua qu'elle pensait éprouver le besoin d'écrire ; quoi, elle ne le savait pas vraiment.
Il lui prit tendrement la main, essaya d'engager la conversation, sur le temps, Paper et Scarlett, alors, elle esquissa « un timide sourire ». Il lui avait apporté une photo d'elles-deux, et une d'eux, au Mexique, puis une autre de leur mariage.
Maintenant, il fallait faire le tri dans ses papiers, pour son transfert en établissement privé, voir avec le secrétariat, qui était dans l'attente de ces documents. Julianne, très égoïstement, n'avait pas songé qu'il avait ses enfants ce week-end, et il le lui rappela, un peu gêné, car il ne pourrait pas rester très longtemps. Sa mère les gardait durant sa présence ici : qu'allait-elle penser ?
Elle culpabilisa encore d'avantage, car elle le privait de ses enfants d'une part, et dérangeait tout le monde de l'autre. Elle prit son sac, tria fébrilement ses papiers : elle avait tout. Elle avait noté ce qu'il lui faudrait fournir sur les quelques feuilles données par l'hôpital. Son époux lui avait apporté des vêtements, des affaires de toilettes, un bloc de papier, un stylo et une montre. Curieusement, elle ne se précipita pas pour regarder l'heure, alors qu'elle aurait fait cela avant. Mais elle regarda tout de même, car il allait bientôt partir.
15h30 déjà ! A quelle heure était-il arrivé ? Elle n'avait plus le plateau-repas à ce moment-là.
Elle était triste, sentait les larmes venir, et elle était vraiment honteuse de le séparer de ses enfants. Mais elle ne savait toujours pas si elle voulait « dormir encore », retourner vers cette lumière intense, brillante, ou revenir à ses côtés. Elle souhaitait retrouver le calme du tunnel. Ne pouvait-elle pas avoir cette sensation de plénitude tout éveillée ?
Elle pensa alors qu'il ne viendrait pas le lendemain dimanche, n'est-ce pas, car il fallait passer du temps avec les enfants, les reconduire. Elle n'avait pas voulu la télé ; il lui avait choisi un roman et des magazines.
Une larme coula, il l'essuya tendrement et la prit dans ses bras. Elle allait se lever, le reconduire et voir si elle pouvait préparer son dossier administratif. Elle rangerait ses affaires de toilette ensuite, et le temps passerait. Elle chancela quelque peu ; il lui donna le bras. Il tint à passer au secrétariat avec elle, pour tout mettre en ordre. Julianne avait vraiment beaucoup de difficultés à se concentrer. Elle se sentait fatiguée. Tant mieux, elle dormirait très certainement. Elle serait transférée mercredi matin, le jour de la St Sylvestre. Un appel à l'établissement privé, venait de confirmer qu'une place lui était réservée.
Pour Julianne, cela signifiait qu'elle ne passerait pas la St Sylvestre en famille : ouf, elle se sentait soulagée, bien qu'à sa grande surprise, Noël s'était bien passé. Les fêtes, décidemment, la laissait dans un état de déprime important et si elle devait pleurer, c'était surtout dans ces moments-là.
Inquiet de la trouver si fatiguée, il fit le chemin inverse et la raccompagna à la chambre. Ils avaient du mal à se séparer l'un de l'autre, mais il le fallait. Il était maintenant 16 h passées.
Il téléphonerait, et dimanche aussi.
Voilà, Julianne était seule, dans cette chambre d'hôpital. Elle regarda ses affaires à ranger et se sentit d'un coup désemparée. Pourquoi ? Elle n'en savait rien du tout ! Petit à petit, elle s'occupa à cela. Une fois que ce fut fait, elle s'allongea : elle était épuisée ! Elle voulait dormir, et elle ne tarda pas à s'assoupir. Avant cela, elle avait écrit ceci : « j'aimerais retrouver le tunnel ».
Le téléphone la réveilla, c'était son meilleur Ami. Elle était contente, même si elle aurait voulu continuer à dormir. Les questions habituelles : « comment tu vas, qu'est-ce qu'il t'a pris... » Julianne n'avait pas envie de parler de tout ça, comme ça, au téléphone. Elle aurait aimé qu'il soit là ; peut-être lui aurait-elle parlé alors, qui sait ? Elle demanda des nouvelles de Paper et Scarlett et se mit brièvement à parler, en disant qu'elle avait ressenti un profond ras-le-bol de la vie, de cette vie isolée dans cette maison où la mort la cueillait petit à petit. Encore une fois, il répéta qu'il fallait partir et habiter ailleurs. Mais ce n'était pas facile du tout !
Julianne s'était levée, pour aller regarder par la fenêtre, l'air vide. Elle ne voyait pas ce qu'il y avait à l'extérieur. Ses yeux fixaient je ne sais quoi, un point au loin, comme ça, pour « caler » son regard. Il faut se re-saisir, pensait-elle. Mais pour quoi faire ? A cet instant, elle était certaine qu'elle ne retournerait pas dans cette maison. C'est en regardant ses affaires, qu'elle s'aperçut qu'il devait être tard, car elle était dans l'obscurité. Il était bien plus de 18 h, à ce qu'elle avait pu voir à sa montre. Julianne posa ses affaires et se coucha. Elle n'avait pas envie de lumière, mais du noir. Elle s'est allongée, prête à dormir. Elle à du s'assoupir, car une fois de plus, c'est l'infirmière qui l'a réveillée. Il était maintenant l'heure de manger et d'avaler le « premier tour » des « pastilles du bonheur » ! Celles qui donnent envie de vivre, de manger, de sourire, d'exister... Julianne se faisait l'effet d'une condamnée sous haute surveillance, car il fallait qu'elle avale. C'est étrange, la vie. Elle avait « trop avalé » et là, il fallait avaler.
Enfin, elle allait échapper au 31 décembre, c'était super pour elle.
Le repas l'attendait et elle voulait être tranquille, il fallait manger. Julianne ne se souvenait plus vraiment de quoi était composé le dîner. Avec difficulté encore, elle à mangé, en prenant le temps. Le téléphone a sonné et c'était son époux. Il venait de reconduire les enfants chez leur mère et il était désormais seul dans cette maison. Il lui a de nouveau dit combien elle lui manquait et elle est parvenue à lui répondre qu'elle l'aimait. Il avait peur qu'elle ne l'aime plus et je sais combien il se sentait coupable de n'avoir rien vu. Il se demandait ce qu'il avait bien pu faire... ou... ne pas faire.
Julianne essaya de lui expliquer que les personnes comme elle ; étaient des « sinistrées de la vie », elle le lui avait déjà dit, enfin, le pensait-elle, et qu'il n'y était pour rien. Elle voulait le rassurer, si tant est que cela fusse possible. Ils restèrent un long moment au téléphone, puis se dirent bonsoir, bonne nuit. Julianne ouvrit le roman qu'il avait apporté et dedans, il y avait glissé un petit mot qu'elle découvrait seulement maintenant. Il disait combien il l'aimait et était désemparé d'être impuissant devant la situation. Elle s'en voulait de n'avoir rien vu avant, car elle aurait pu lui dire qu'elle l'avait lu. Elle se mit à lire, mais au fur et à mesure, Julianne oubliait les phrases, l'histoire. C'était pénible, il fallait recommencer à chaque fois. Elle prit un magazine, c'était plus simple. L'infirmière avait apporté « la pastille du sommeil » afin que nuit soit calme et tranquille.
Julianne eut bien du mal à s'éveiller le lendemain matin. Elle se sentait bien comme ça, « ailleurs », dans une sorte de brouillard. 06h45 et le personnel soignant passait pour donner les comprimés du matin. « Bonjour Madame, avez-vous bien dormi » ? Oui, je crois, avait-elle répondu. Elle ne se souvenait d'aucun rêve, ni de cauchemar, le vide total. Juste une énorme envie de pleurer maintenant, et pourquoi, elle n'en savait rien. Elle pu retenir ses larmes jusqu'à temps qu'elle soit seule, et se mit ensuite à pleurer. Elle savait qu'il faudrait retourner dans cette maison, car elle n'avait aucun autre endroit où habiter. Dès que le téléphone se mit à sonner, elle parvint tant bien que mal à cesser de pleurer. Les sanglots coincés dans sa gorge, laissaient difficilement passer les mots. Son époux était là, à l'autre bout du fil, et disait des mots tendres. Elle fit ensuite sa toilette tranquillement, car elle se sentait faible sur ses jambes. Le moindre effort lui semblait si intense...
Les médecins se faisaient rares, en période de fêtes, mais là, elle eut sa visite. Julianne expliqua encore qu'elle voulait dormir, et rejoindre le tunnel de lumière où elle était si bien, mais pourquoi, elle ne pouvait en parler, car elle le savait, sans le savoir, très certainement.
La question était pourtant claire : « pourquoi avait-elle voulu mourir » ? Personne ne la posait directement, mais par propos détournés.
Elle se la posait à elle-même, trouvait tant de raisons, mais étaient-elles valables, recevables ?
Son Meilleur Ami lui téléphona aussi, entre deux clients au travail. Elle lui annonça son prochain transfert, chose qu'il savait déjà car son époux le lui avait dit.
Julianne ressentait de fortes douleurs à l'estomac, car le stress et les bouffées d'angoisse lui faisaient mal. Ses mâchoires étaient serrées, comme toujours ces temps-ci. Elle voulait dormir, mais n'y parvenait pas. Alors elle se mit à écrire, sa vie, depuis le début, tout du moins ce qu'elle en connaissait. Elle se présenta sommairement, puis, écourta le temps pour en venir à son premier mariage. Peut-être comprendrait-elle un peu plus, pourquoi elle pouvait autant détester la vie.
Cependant, elle n'y croyait guère, car elle avait déjà tenu cette sorte de journal à plusieurs reprises. Rien n'en sortait.
Elle se souvint alors combien son époux était malheureux, quelques temps avant, d'avoir l'impression qu'elle était différente, qu'il ne parvenait pas à la rendre heureuse...
Mais de quoi pouvait-il être responsable dans tout cela ? De rien !
La journée de Julianne s'est écoulée entre écriture, lecture, mais des magazines, car elle ne parvenait toujours pas à fixer suffisamment son attention pour entamer le roman.
Tout de même, elle regarda l'heure en fin de journée, car elle espérait la venue de son époux.
Il était 16 h et on frappa à sa porte. C'était bien lui, son époux. Il arrivait du bureau car il avait son ordinateur.
Et là, il lui dit : « Voici ton cadeau ma chérie » ! Un ordinateur portable !
Julianne eut un sourire, étonné, ébahit, même. Elle ne pensait pas... Elle fut très touchée, et ça la rendit tremblante d'émotion. Elle ne savait que dire. Son époux voulait qu'elle puisse s'intéresser à autre chose, puisqu'il ne parvenait pas à la distraire, à son grand regret. Il lui montra le fonctionnement de la machine, dans laquelle il avait recopié tous les fichiers de son ordinateur de la maison. Il s'était donné beaucoup de mal, pour qu'elle soit occupée. Mais aurait-elle droit à un ordinateur à l'hôpital et ensuite en clinique ?
Son époux alla demander au bureau du personnel soignant, si Julianne pouvait avoir ce type de matériel, car il pouvait être contre-indiqué. Elle conserverait l'appareil, sauf le jour de son transfert en clinique, c'était plus sur. Puis aurait-elle droit à communiquer, de là-bas ? On lui avait parlé de traitement sans visites au début...
En tout cas, elle avait passé la soirée sur son nouvel ordinateur, et vraiment, elle était touchée, très touchée. Elle songeait à régler une bonne partie du prix de cette machine à son époux. Elle savait combien coûtait cet appareil à peu près. En ce moment de toute façon, elle savait que les choses n'allaient pas bien. Son médecin l'avait vu de suite, sans même l'entendre parler. Puis elle dépensait trop, ce n'était pas normal. Pendant leur lune de miel, passait encore, mais là, elle continuait. Que cela signifiait-il ? Julianne avait besoin de comprendre ce qu'il lui arrivait, en partie. Déjà, il fallait qu'elle quitte cette ville hostile, mais comment ? Toujours et encore le même sujet qui revenait... et insoluble, car vendre, était totalement impossible.

Harmony 17 janvier 2009 à 12h19 · 38

Julianne s'était assoupie devant son ordinateur. L'infirmière la réveilla pour lui donner le traitement qui l'a ferait dormir. Nous étions lundi soir, n'est-ce pas ? Comme il lui était difficile de se repérer dans le temps ! Enfin, cela n'avait pas vraiment d'importance. Julianne rangea l'ordinateur, avala ses médicaments et prit son roman. Elle était bien éveillée et elle redouta que le sommeil prenne du temps à venir. Quelques pages du roman, puis ses yeux se mirent à la piquer. Elle allait très certainement s'endormir rapidement, maintenant. Julianne passa une nuit agitée, peuplée de cauchemars, où elle se revoyait dans cette maison, enfin, cette ville ennemie dont elle ne connaissait pratiquement rien. Bref, elle fut éveillée à plusieurs reprises.
Il était alors 6 h et elle ne put se rendormir ; tant pis.
Nous étions mardi et pour elle, il s'agissait d'un jour de plus de gagné à son absence dans cette maison. Elle savait que le lendemain, puisque nous étions mardi, elle partirait en clinique et c'était aussi un éloignement prolongé de ce chez-elle qu'elle haïssait plus que jamais. Elle voulait éviter de songer à ce que la logique lui suggérait : partir de cette ville, car aucune autre solution n'était possible. Elle se leva doucement, commença sa toilette lorsque l'infirmière arriva, comme chaque matin. Lorsqu'elle lui demanda comment s'était passée sa nuit, elle lui avoua que son sommeil avait été perturbé et que, sur le petit matin, elle n'avait pu se rendormir. C'est pourquoi elle était déjà debout. Puis elle eut un étourdissement, très bref, et l'infirmière lui demanda de s'allonger, ce qu'elle fit. Peu après, le petit-déjeuner arriva, mais Julianne n'avait pas très faim. Elle se souvenait de ses cauchemars, ou « rêves » : comment les nommer ? Oui, maintenant, elle savait ce qui l'avait sans doute réveillée. Elle avait revu le tunnel lumineux qui l'appelait : « Julianne, Julianne, vient, nous t'attendons » ! Elle était vraiment entrée dans ce tunnel, celui qui lui avait apporté paix et calme. Cet endroit où elle était si bien. La tristesse l'envahit de nouveau et elle sentit les larmes arriver.

Harmony 17 janvier 2009 à 12h22 · 39

Elle prit son petit-déjeuner, se leva doucement, et termina sa toilette.
C'est juste à temps qu'elle put décrocher le téléphone ; c'était son époux. Elle avait encore plus envie de pleurer, mais il fallait se retenir, pour qu'il ne passe pas une journée trop angoissante, entre le travail et « elle ». Elle ne savait que lui dire, et l'ordinateur vint combler cette absence de discussion. Les mots ne sortaient pas de sa gorge, comme si elle était enrouée. Julianne s'était « piégée » toute seule, car cette belle machine lui avait servit à se livrer, décrire plus ou moins son mal-être, son mal de vivre. Ce n'était pas si facile de dire à quoi elle lui avait servit ! Elle parla alors du petit déjeuner, de ses réveils nocturnes, de ce bref étourdissement, mais ajouta « tout de même », combien elle était contente de l'entendre. C'était vrai, mais elle avait également envie d'être seule, dans un endroit oublié, là où personne ne pourrait la trouver. Il fallait qu'il raccroche, car elle sentait qu'elle ne pourrait plus longtemps contenir ses larmes. Il lui dit qu'il viendrait dès qu'il pourrait le soir, lui demanda si elle était toujours contente de l'ordinateur, puis son téléphone sonna et il dut la laisser avant qu'elle n'ait pu répondre. Julianne fondit en larmes, tout en retenant ses sanglots, pour ne pas faire de bruit. D'un seul coup, elle eut froid, si froid... Un vent glacial vint la parcourir comme si l'hiver avait traversé la fenêtre fermée. Elle regarda dehors et il neigeait !!! De plus en plus fort ! Elle revit alors les obsèques de son défunt père et pourquoi à ce moment-là ? Il ne neigeait pourtant pas, lorsqu'elles eurent lieu. Nous étions en hiver et il faisait très froid, mais aucun point commun ne venait relier ce jour précis, avec le passé, si ce n'est le côté glacial de la situation de Julianne. Ses journées à l'hôpital étaient longues, mais rassurantes, pas comme chez-elle. Julianne attendait ce transfert en clinique avec impatience, car elle avait l'impression que des solutions jailliraient de ce séjour. Demain, ce serait donc demain, on le lui avait de nouveau confirmé aujourd'hui. Julianne avançait un peu dans le roman que son époux lui avait apporté, sans vraiment comprendre ce qu'elle lisait. Il lui fallait donc sans cesse revenir en arrière pour s'y retrouver. C'était pénible.

Harmony 17 janvier 2009 à 12h23 · 40

Son époux arriva ; elle était contente. Il la prit dans ses bras, et elle était comme une petite chose fragile. Il semblait frigorifié, car dehors, il n'avait cessé de neiger de toute la journée.
Elle pensa à Paper et Scarlett et à son meilleur Ami. Il ne lui avait pas téléphoné, aujourd'hui, il n'avait pas du avoir le temps. Ils parlèrent de l'ordinateur et du fait qu'il allait devoir l'emporter avec lui, car il ne fallait pas risquer que demain, il soit égaré durant son transfert en clinique. D'ailleurs, il voulait lui faire la surprise, mais il prendrait sa journée pour être avec elle, durant ce changement d'établissement. Elle lui dit alors, que peut-être, il ne devrait pas, car elle n'aurait sans doute pas droit aux visites durant un certain temps. Les personnes malades sont vraiment ingrates, car Julianne pensa à une chose : pourrait-elle récupérer l'ordinateur en clinique ? Il fallait qu'elle le sache, mais il était un peu tard désormais, pour s'en préoccuper. Il appela tout de même la clinique qui accueillerait Julianne et il lui fut répondu qu'il faudrait poser la question là-bas, sur place. Elle voulait le garder avec elle, car elle avait commencé à écrire et bien trop peur qu'il ne lise le début de « sa littérature » !
Elle lui fit promettre de ne point lire, sinon, il pourrait garder cette belle machine, car elle ne l'utiliserait plus. Il promit, mais elle eut du mal à lui faire confiance. Elle savait qu'il pouvait se montrer curieux. Elle s'aperçut qu'elle n'avait rien à lui dire, tandis qu'il parlait, mais de quoi, elle écoutait et entendait qu'à moitié. Elle était ailleurs, loin, là où personne ne l'accompagnait : dans le tunnel lumineux, le puits interminable dans lequel elle plongeait allégrement et avec plénitude. « Julianne, ouh ouh, tu m'entends » ? « Excuse-moi, que disais-tu ? Je suis désolée, je ne t'ai pas entendu ». « Je te disais que tu avais raison pour demain, il vaut mieux que je garde du temps pour après, et ne pas prendre de demi-journée ». Ils parlèrent du livre qu'elle tentait de lire et elle en avait lu le résumé, au cas où il lui demanderait de quoi il parlait au juste. Elle savait qu'il fallait la captiver et que c'était une technique pour la remettre « sur les rails ». Julianne était suffisamment lucide pour avoir retenu cela. Il ne fallait pas la laisser s'enfuir dans les affres de sa vie, surtout les épreuves de ces jours-ci. L'avenir allait être crucial pour Julianne.
La soirée passa, elle prépara ses affaires pour le lendemain. Ca lui ferait tout drôle de passer des vêtements, alors qu'elle aurait aimé rester en pyjama.
« Madame, Madame, réveillez-vous ! Vous nous quittez sous peu ! »
« Oui, merci, veuillez m'excuser, je venais juste de m'assoupir de nouveau, mais mes affaires sont prêtes ».
Nous étions mercredi 31 décembre, Julianne allait partir ailleurs, pour apprendre à « aimer la vie ». Ca y est, elle était en route.

Harmony 17 janvier 2009 à 12h24 · 41

Après environ 1 h de trajet, elle arriva dans un établissement luxueux à première vue.
On s'occupa d'elle de suite.
Elle fit le tour du parc, accompagnée d'une infirmière qui lui montra alors les endroits qu'elle pourrait fréquenter, comme la bibliothèque, l'atelier de dessin, la salle de sport etc...
Julianne avait de la chance elle était en chambre particulière. Puis elle fut reconduite à sa chambre et là, elle dut donner toutes les affaires personnelles comme téléphone portable, ou autres objets coupants. En effet, elle n'aurait certainement pas eu droit à son ordinateur, mais elle ne posa pas même la question. Elle avait envie de dormir, qu'on la laisse en paix. Une infirmière vint la voir, pour lui administrer le traitement, par perfusion. Julianne s'allongea sur le lit, le bras droit tendu, prêt à recevoir l'aiguille. Elle s'assoupit : il y en avait pour longtemps. Ensuite, viendrait l'heure du repas, et le moment où l'on surveillerait ce qu'elle prendrait... et mangerait... Ce fut difficile, mais on ne la força pas. Elle n'aurait aucun contact avec son époux durant huit jours. C'était ainsi pour chaque personne. Elle se plia à tout ça de bonne grâce, car il s'agissait du règlement, et puis elle voulait « oublier ». Voulait-elle oublier son époux aussi ?
On lui fit part des appels téléphoniques, lui laissant des messages. Elle montrait qu'elle comprenait bien, mais restait sans sentiments, détachée, comme si plus rien ne l'intéressait...
Sauf Paper et Scarlett, dont elle demandait des nouvelles.
Puis vint le moment où elle rencontra le médecin, le « spécialiste des bleus à l'âme ». Elle débita d'un seul trait, tout ce qui la perturbait. S'il ne l'avait pas arrêtée, elle y aura passé plusieurs heures ! Elle parlait de façon difficilement audible, car elle avait les dents serrées.
La perfusion l'avait fatiguée, elle s'endormit après cet entretien.
Huit jours passèrent ainsi. Elle avait des nouvelles de son époux, de son meilleur Ami et de Paper et Scarlett par le personnel soignant, mais elle savait désormais une chose, « jamais plus elle ne retournerait dans cette maison, c'était sur et certain ».
Julianne allait un peu mieux, car maintenant, elle savait qu'elle ne retournerait pas « là-bas » !
Aujourd'hui, son époux avait le droit de venir la voir et il prit son après-midi. Il arriverait avec pas mal de vêtements certainement, car elle lui avait fait savoir ce qu'il manquait.
Ses entretiens avec le médecin, ne lui apprirent pas beaucoup sur elle-même, sauf qu'elle était dépendante d'un traitement pour toujours, très certainement. Elle avait entamé de cesser de ronger ses ongles, autrefois si longs et sa fierté. Mais c'était difficile.
Julianne n'avait réalisé qu'elle pouvait allumer la télévision dans sa chambre, qu'après le second jour en clinique. Pour elle, « pas de contact avec l'extérieur », incluait aussi la télévision, mais non, ce n'était pas le cas.
Aujourd'hui était un jour « différent », son époux allait arriver.
Il la serra très fort dans ses bras, car il ne savait pas, comment elle allait l'accueillir.
Il faut dire aussi, qu'elle réagissait tellement mal, à l'évocation de son prénom, lorsque le personnel venait lui faire part d'un appel de sa part. Il était tellement inquiet.
Julianne lui en voulait beaucoup de n'avoir pas vu dans quel état pitoyable elle était, de l'avoir laissé ainsi.
Il lui avait tout apporté : vêtements, ordinateur, mais pas de téléphone portable, c'était interdit. Elle lui fit comprendre alors qu'elle se sentait protégée ici, ce qui n'était pas le cas dans cette ville qui était leur domicile. Il baissa la tête et les yeux, mais ne dit rien.

Harmony 19 janvier 2009 à 11h50 · 42

Quelques semaines ont passé, avec entre-deux, une « sortie thérapeutique ». Il s'agit d'une demi-journée avec un proche, à l'extérieur de la clinique.
Julianne a été malade de la l'avant-veille, jusqu'au jour de la sortie inclus. Elle se sentait mal à tomber, avec des palpitations et des maux de tête terribles. Ce fut la seule et unique fois qu'elle ne descendit pas au restaurant. Sa sortie, elle la passa pour partie à dormir, dans cette maison qu'elle détestait tant. Pour elle c'était différent, elle n'était que de passage, dans cet univers tant haït. Son époux, lui, crut qu'elle avait compris que leur vie était ici. Mais il se trompait...
Le soir, elle est allée dîner, mais elle se sentait encore mal.
Elle fit alors connaissance avec « le grand stress et l'angoisse », car ses malaises n'étaient que ça. Ils disparurent comme ils étaient venus.
Deux semaines plus tard, Julianne sortait définitivement, mais avant ça, son époux avait demandé à rencontrer le praticien qui s'occupait d'elle en clinique. Il lui expliqua « Julianne », et mit un nom sur sa « maladie ».
Il allait pouvoir expliquer à sa famille, qui peut-être, comprendrait.
Julianne sortait, et à peine arrivée, elle se sentie désemparée dans cette maison, toujours cette maison, car c'est bien là qu'elle était revenue, alors qu'elle s'était jurée ne plus jamais y revenir.
Elle ne souvint même plus si son époux était resté avec elle, ou s'il l'avait déposée pour repartir à son travail ensuite.
Elle vit son sac à défaire, ses affaires à ranger, sa vie qui allait reprendre, « comme avant », sans rien de changé, sauf une étiquette posée sur elle.
Elle se souvint alors combien leur vie traversait un cap difficile, comme si l'amour prenait la fuite petit à petit. Elle se demandait comment elle allait être désormais : elle était inquiète, autant qu'à son départ. Allaient-ils se retrouver, ou une fois encore, le glas de son union sonnait déjà ?
Elle ne savait plus s'il l'aimait toujours vraiment. Pourquoi tous ces tourments, pourquoi, pourquoi ? Elle le savait malheureux, préférant « Julianne avant mariage » ; il le lui avait dit. Elle voulait lui dire qu'elle l'aimait, mais rien n'était plus pareil, il y avait comme une cassure, provoquée par « l'ennemie » de Julianne. Ils n'étaient pas deux étrangers sous le même toit, non, mais ils étaient loin l'un de l'autre, différents. Elle savait qu'il ne resterait pas à ses côtés dans un contexte pareil. Elle pensait l'avoir perdu, ou presque. Pourquoi tout ce mal ? Pourquoi ? Maintenant, elle regrettait s'être mariée, car tout allait bien entre eux avant cette union. Finalement, Julianne était aussi désemparée qu'avant ce séjour en clinique. Peut-être aurait-elle du y rester plus longtemps. Elle sentait de nouveau le besoin de s'en aller à tout jamais. Julianne n'apportait donc pas le bonheur. Elle faisait du mal, en aimant. Son amour était destructeur, alors pourquoi devait-elle continuer son chemin ? Elle avait menti, si l'on peut dire, à la clinique pour s'en aller et tenter de reconstruire son jeune mariage, s'ils en étaient arrivés là. Elle avait montré des progrès significatifs et du coup, elle avait pu sortir définitivement de l'établissement, avec un traitement à suivre à la lettre, bien sur. Julianne savait qu'elle ne pourrait pas reconquérir son époux, si l'amour s'en allait vraiment. Soudain, elle a pensé à cette maxime : « jamais deux sans trois ». Elle pensa second mariage...second divorce... Non ! Pas ça !!! Ils n'en n'étaient pas rendus là ! Ce n'était pas possible. Elle souffrait beaucoup trop à cette idée. Elle ne pouvait supporter d'avoir « abîmé » une autre histoire.
Ce soir, Julianne a rendez-vous avec son médecin de l'âme. Elle a très envie d'y aller, et pas. Julianne a peur de conduire tout simplement, mais la nuit, depuis longtemps maintenant. Elle a même téléphoné pour savoir s'il n'y avait pas d'annulation de rendez-vous, pour venir plus tôt.
Finalement, Julianne se demanda pourquoi elle était sortie de clinique. Etait-ce trop tôt ?
Elle se sentait encore plus mal, maintenant. Elle songea « au tunnel » prêt à l'accueillir et regretta vivement de ne pas y être restée. Elle voulait descendre dans « son puits » et n'en plus ressortir à jamais. Son époux venait de l'inviter à déjeuner, et elle lui a répondu qu'elle ne se sentait pas suffisamment en forme pour prendre la voiture et le faire. Surtout, elle ne voulait pas « manger » et continuer de grossir. Car en clinique, elle avait repris du poids et celui-ci « lui pesait ». Elle n'entrait plus dans ses vêtements et elle ne ressemblait à rien. Juste une petite et ronde « bonne femme » désormais. Si elle devait entrer aujourd'hui, dans la robe de son mariage, jamais elle ne le pourrait ! Elle avait honte de ce qu'elle était devenue en si peu de temps. Et cette migraine qui lui vrillait les tempes, avec cette barre au front en plus !

Harmony 21 janvier 2009 à 14h32 · 43

Et si son médecin lui parlait d'une nouvelle hospitalisation ? Que dirait-elle ?
Julianne ne savait plus grand-chose d'elle-même en ce moment présent. Déjà qu'elle ne se connaissait pas avant, alors là, c'était finalement pire. Le vent soufflait, il fallait qu'elle sorte sa voiture... Elle ne savait que faire, et surtout, dans quel ordre le faire.
Il pleuvait violemment et elle se mit à frissonner. Combien il lui coûtait de devoir sortir !
Elle avait envie d'aller se coucher et entendre la pluie battre les carreaux, comme autrefois, lorsqu'elle était enfant. Ses maux de tête s'étaient finalement presque calmés. Au déjeuner, elle n'avait pas avalé grand-chose. Deux yaourts, un morceau de pain et une pomme. C'était suffisant. Son époux n'avait pas répondu à un seul de ses mails. Il devait vraiment lui en vouloir d'avoir dénié son invitation à déjeuner. Elle en était triste, mais ne se voyait pas faire deux fois le trajet. Combien elle était à l'aise avec sa new-beetle avant, et maintenant, plus rien ! Elle avait une petite auto, une mini cooper, mais elle ne la connaissait pas et n'était pas à l'aise avec. Elle avait cru que l'autre voiture qu'elle avait détenue peu de temps avant la mini cooper, et après la new beetle, en était la cause. Elle ne l'avait pas « en main », alors, elle l'avait vendue à très bas prix. Mais cette voiture n'y était pour rien. Tout venait de Julianne. Elle n'était plus à l'aise derrière un volant, et moins elle conduisait, pire cela deviendrait. Avant, elle pouvait se rendre à ses rendez-vous à pieds ; là, c'était impossible, et pourtant, elle y avait songé ! Même s'il lui fallait partir des heures à l'avance. Elle redoutait tout : le trajet, la peur de ne pas trouver de place pour stationner et à l'heure où elle avait rendez-vous, il était fort possible qu'elle n'en trouve pas. Elle venait juste d'y songer, ce qu'elle aurait du faire en prenant le rendez-vous en question. Son angoisse augmentait encore d'avantage maintenant.
Tout n'était qu'un effet « boomerang » chez-elle. Et elle en était certaine, elle savait qu'elle avait rendu son époux triste, en n'allant pas déjeuner avec lui.
Il était l'heure de se préparer pour ce fameux rendez-vous...
Elle n'allait pas bien. Julianne était fébrile, tendue, mal dans sa peau. Son médecin s'aperçut de suite du malaise et lui augmenta une partie de son traitement. Elle se doutait que cela arriverait. Il ne lui parla pas d'une autre hospitalisation, mais lui demanda de l'appeler, si elle ne se sentait pas mieux. Elle verrait, car elle voulait encore « résister » toute seule.
Aujourd'hui, on avait sonné à sa porte. Trois hommes se présentèrent et demandèrent si elle accepterait que la façade de sa maison, soit utilisée pour le tournage d'un « long métrage » !
Cette maudite maison allait-elle servir à donner de la joie pour une fois ? Elle attendrait l'avis de son époux, bien entendu. Ca alors, c'était une drôle de nouvelle !
Hier, tous deux avaient parlé de vendre ou garder la maison. C'est son époux qui avait abordé le sujet. Alors elle avait regardé le marché de l'immobilier sur la commune, et le nombre d'annonces, était important ! Alors vendre... Puis trouver où elle aimait vivre, ne proposait pas grand-chose... Elle fut de nouveau très triste et mal dans sa peau.
Enfin, elle savait, de toute façon, que sa vie serait toujours ainsi faite, de hauts et de bas. Il faudrait affronter de son mieux, cette situation et ce n'était pas facile. Son entourage subissait également ce tempérament cyclothymique et la vie de chacun en souffrait. Jamais elle ne serait guérie, mais juste « maintenue à flots ». Voilà le constat à faire, et le malaise à accepter.
Il y aurait toujours ces jours où elle trainerait sa vie lamentablement, comme un lambeau de sentiments trop vifs. Puis les autres, d'euphorie normale, et celle trop débordante, où elle était une autre personne, très différente. Julianne n'était pas une menteuse ni une dissimulatrice. Et encore moins une personne « qui s'écoutait ». Elle souffrait vraiment. Peu de personnes comprenaient cela, pas même son époux, ni son Meilleur Ami, probablement.
Si elle ne retournait pas dans le « tunnel lumineux », Julianne continuerait de vivre avec cette ennemie de toujours.
Les années à venir lui faisaient horriblement peur... Son avenir était sombre et depuis plusieurs semaines, elle voyait les marques du temps sur son physique. Elle ne faisait que grossir et du coup, elle devenait une autre personne qu'elle ne reconnaissait pas dans le miroir.
Elle était démoralisée de se voir ainsi, ne ressemblant plus à la femme qu'elle avait pu être, il y a encore peu de temps, pour son mariage... Julianne n'avait plus envie de penser, mais de dormir, « de nouveau »...
Si elle devait partir loin et trouver le sommeil paisible, elle devait se souvenir « d'avant ». Pouvoir se regarder encore une fois, dans ce miroir qui lui faisait si peur aujourd'hui, avant de faire le grand voyage. Julianne n'appela pas son médecin, comme il le lui avait demandé si elle se sentait fébrile. A quoi cela servait-il, puisqu'elle avait toujours ce vague à l'âme. Elle voulait être seule, toute seule.
Elle s'affaissa sur son clavier, les bras rompus de fatigue. Ses yeux l'avaient pourtant alerté en la piquant fortement, mais elle n'avait pas voulu écouter ce signal.
Qu'avait-elle pu bien faire, pour être dans cet état ?
Elle s'était connectée à plusieurs forum, essayant de trouver on ne sait quoi. Elle ne savait pas elle-même, ce qu'elle cherchait. Son visage s'était appuyé sur plusieurs lettres laissant des lignes de D et de P.
Son époux la trouva ainsi effondrée sur son clavier et il s'inquiéta de suite. Julianne ne répondait pas à son appel :
- Julianne, Julianne, réveille-toi, c'est moi, je suis là !!!
Elle avait l'impression d'entendre une voix, qui l'appelait par le tunnel lumineux, mais elle était en plein songe.
Elle ouvrit difficilement les yeux. Elle revenait d'un long sommeil, pensait-elle, mais non. Elle s'était simplement endormie sur son clavier.
-Veux-tu que nous parlions, lui dit alors son mari.
- De quoi ?
- D'ici où je ne veux plus vivre ?
- Tu sais bien que nous ne pouvons rien faire que de continuer à résider-là.
- Ne te soucie pas, je dormais tout simplement. Je suis restée très longtemps occupée avec l'ordinateur aujourd'hui et je me suis endormie.
Julianne alla se coucher très tôt et sans dîner. Il était 19h30. Elle était bien, allongée, comme ça, la tête vide. Pour une fois, elle put rester un instant à ne penser à rien. Il y avait si longtemps que cela n'était pas arrivé. Les draps étaient froids, mais elle ne le sentit même pas. Elle s'endormit presque aussitôt, sans attendre que son époux vienne la rejoindre.
Le lendemain matin, elle avait la tête toute embrouillée. Lorsqu'elle s'éveilla, elle se demanda où elle était.
Ca y est, finalement, ils avaient enfin déménagé ? Non, hélas, et il fallait qu'elle se lève, car Paper et Scarlett l'attendaient.
Ce serait une journée comme les autres, sans changement. Elle tenterait de continuer de lire le roman qu'elle avait commencé avant d'aller en clinique. Elle avait énormément de mal à se concentrer comme souvent ces temps-ci, et du reprendre le début du chapitre. Elle avait horriblement froid, car elle ne s'était pas réchauffée de sa sortie avec Paper et Scarlett.
Les friponnes l'avaient faite tomber, tout ça parce qu'elles avaient vu un chat devant elles. Julianne ne s'était pas fait grand mal, elle s'était écorché le coude.
Elle s'assit dans le canapé de Paper et Scarlett, avec une couverture polaire sur tout son corps. Paper et Scarlett lui avaient laissé une très petite place. Elle ajouta sa bouillotte sur ses genoux et prit son roman.
Il s'agissait d'un polar, où la victime était un prêtre. Comment pouvait-on assassiner un prêtre ?
C'est ce qu'il restait à découvrir, pour peu que Julianne continue de lire le roman.
Elle n'alluma pas son ordinateur pour une fois, et ne vit pas les mails de son époux.
Le téléphone sonna, à plusieurs reprises, mais elle ne répondit à rien. Elle vit le numéro s'afficher et que c'était lui, mais elle n'avait envie de répondre à personne. Le téléphone se mit encore à sonner et elle lui répondit cette fois. Il était inutile qu'il s'inquiète. Il voulait juste l'inviter au cinéma ce soir, et elle accepta, même si elle n'avait pas grande envie de sortir, finalement.
En plus, elle allait encore devoir « manger ».
Elle reprit son roman et ne vit pas le temps passer, car elle le ter-mi-na ! Pas un instant elle ne s'est endormie !

Enfin, allait-on savoir qui était Julianne ???

Julianne n'est qu'une personne banale, dite « bi-polaire II »...
Elle continuera de vivre tant qu'elle ne s'enfoncera pas une fois de plus, une autre, la bonne ...

*Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, touche environ 1% de la population et débute souvent vers 30 ans. Il est caractérisé par l'alternance chez un même sujet d'une phase dépressive, d'une phase maniaque et d'une période "normale". Après le traitement de la crise, le traitement préventif par régulateur de l'humeur ( le lithium en particulier) est efficace chez de nombreux malades.
Les recherches actuelles sont en faveur d'importants facteurs génétiques à l'origine de ce trouble. Cependant, différentes sources de stress extérieurs semblent capables de favoriser la survenue d'un épisode. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur: la manie est plus fréquente en été et la dépression en hiver.

*http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/s298/maladies/trouble-bipolaire/3.html

Fin de l'histoire tourmentée de la vie de Julianne...

Ce qu'on en a dit sur le moment

Patoune 7 février 2009

a part que c'est tiré d'un livre car l'histoire est écrite par l'auteur de la première ligne. Personne n'a continué l'histoire puisqu'elle est déjà toute faite. Il fallait oser

Harmony 7 février 2009

Cette histoire n'est tirée d'aucun livre à ma connaissance, ou alors, quel est ce titre et l'auteur, s'il vous plait ? Puisqu'il s'agit tout simplement... de "ma vie" !!! Je n'ai pas à me justifier, mais je peux le prouver. Par ailleurs, je crois que les romans sont bien plus épais que mon propre texte. Le titre, "à double tranchant", est celui d'un film avec Glenn Glose, mais traite de meurtre. Il n'y a aucun plagiat.
J'ai cité les dernières lignes venant du web, car oui, elles n'étaient pas de moi. J'espère avoir une réponse, car je suis un peu choquée, ou bien, j'ai mal compris, c'est possible aussi.

Nono 8 février 2009

L'histoire est présente sur un autre site, mais postée par Harmony. Donc si cette histoire est tirée d'un livre, merci d'en donner les références.

Chouette 17 août 2009

Après la découverte de " No life " je crois que l'écriture de cette histoire romantique est d'Harmony et nullement plagié! J'aime et apprécie son style! Je suis restée muette d'interrogations après lecture de sa précédente histoire et je viens de découvrir celle-ci à l'instant!

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