Aujourd'hui, il y a sept ans que je te laissais, allée du grand saule.
Je me sentais si triste, si dépourvue, si seule devant ce spectacle de désolation qui s'offrait à moi. Il m'arrivait de m'asseoir en face de toi pour mieux méditer ensemble...Evidemment que je me souviens...Méditer était un mot dont tu m'avais apprit la signification mais à l'époque je n'y comprenais pas grand chose...Normal! Il faut des années pour grandir.
Les fleurs que je t'apporte remplacent les potées fanées laissant ainsi une trace de leur passage sur cette terre tout comme nous, mourir pour ensuite essayer "d'embellir le paysage".
Parfois tu me reviens en songe comme une poupée de brume que je ne parviens pas à attraper .
Huit mois après être partie, une nuit tu m'as dit :"ils ont programmés ma mort". J'ai alors vu un téléphone décroché par terre sur le carrelage en damier du corridor ainsi qu'une pomme coupée et dans l'air flottaient des feuilles mortes et une plume blanche...Tu étais là sans y être vraiment...Je pliais une robe de nuit jaune sur la table de la cuisine et tu me disais d'appeller une ambulance pour papa.
Il y a quelques jours, tu m'as dit que tu travaillais chez un médecin de très grande renomée, tu avais l'air sereine et quelque chose me rassurait. Néanmoins, j'ai cru percevoir qu'il était plus jeune que toi et qu'il y avait une sorte d'attirance mutuelle entre vous. Mais si tu es heureuse, continue de l'être, fais-moi un petit signe de temps en temps car jamais je ne t'oublierais...

Allée du grand saule
Psychologie · 2 chapitres · 2 plumes · écrite du 21 avril 2007 au 29 avril 2007 · 637 lectures à l'époque
Lettre à ma poupée de brume
Il y a sept ans je te laissais dans l'allée du grand saule.
Les mots faisaient place aux maux.
On ne se parle jamais assez et on souffre toujours de trop : le grand saule lui le sait, lui qui a trop appris à pleurer nos misères.
Il y a sept ans tu me laissais dans l'allée du grand saule.
Nous y sommes toutes les deux, encore.
Toi quelque part dans le ciel
Et moi en quête du premier nuage qui porte ton prénom.


Je vous laisse continuer l'histoire !
Bonne chance à tous.