Il repart toujours le dimanche soir par le train de 19h, c'est comme ça, il pourrait dîner avec moi mais ...
Sur le quai les adieux sont brefs, il n'aime pas s'éterniser, il regarde autour de lui comme si.. Il dit toujours : "On s'appelle dans la semaine" il m'embrasse en deux temps puis il s'en va. Je reste un long moment sur le quai. Je rentre et la soirée est vite close, vodka, cigarettes et je tombe à demi morte dans mon lit. J'attends le mercredi avec une certaine impatience pour son coup de téléphone, je ne l'appelle jamais c'est la loi, c'est comme ça.

Brisée
Psychologie · 14 chapitres · 7 plumes · écrite du 28 septembre 2007 au 20 février 2008 · 634 lectures à l'époque
Jeune fille brisée
Les 14 chapitres, dans l'ordre
Il me détruit à petit feu et pourtant je reste muette, prostrée dans mon silence. Je deviens mutique. Je ne veux que lui et il est le seul à ne pas me voir. Cet accord tacite que nous avons entre nous me rend folle, idiote...il est marié, je le sais mais je ne dois rien dire, je suis sa chose, son esprit de domination a fait de moi sa chose. Je n'ai parfois plus le goût à la vie mais je me raccroche aux quelques fabuleux souvenirs que je me suis fait de lui, de son ardeur et de sa fougue lors de nos ébats, même si je sais qu'après moi sa femme à qui il a donné deux beaux enfants jouira des mêmes faveurs que moi sauf qu'elle ne finira sûrement pas comme moi dans une rue sordide à demander à des dealers une dose d'héroïne, car je n'ai jamais essayé mais j'ai lu que c'était le meilleur des moyens pour s'évader, s'enfuir, oublier...mon portable sonne, je regarde le prénom avant de décrocher, c'est lui.
Il me dit qu'il pense à moi tous les jours et qu'il a hâte de me revoir. Ces paroles bien que maintes fois répétées me remplissent de joie. Puis il continue et m'annonce qu'il ne viendra pas le week-end prochain car il a prévu quelque chose avec sa femme. Toujours elle ! À la fin de l'appel, je m'injecte une dose pour oublier, je plane. Dans mon délire, il me vient une idée : je vais...
arrêter la pilule, et à mon tour lui donner le fruit de notre amour : un enfant, celui dont j'ai toujours rêvé et qui lui ressemblera c'est sûr. Il me manque tant, je le porterai un peu en moi, finalement, je deviendrai un petit bout de lui. Nous ne serons plus deux mais bien trois...non, je ne lui fais pas un enfant dans le dos, je lui offre mon âme toute entière voilà ce que je pense, l'héroine aidant...ça sonne à la porte, mince et remince...c'est David mon ex, un dépendant affectif (un peu comme moi je l'avoue...), il ne cesse de me harceler, téléphone, lettre, et le calvaire : il a mon adresse...que vais-je faire ? La morte ou lui ouvrir car après tout, un peu de chaleur humaine malgré qu'il soit barge ne fait jamais franchement de mal...je réfléchis et
Je finis par lui ouvrir la porte.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'avais envie de te voir ... David avait l'air abattu.
Claire détestait quand il prenait cet air et surtout quand il débarquait chez elle alors qu'elle était complètement défoncée.
- Ne me dis pas que tu prends toujours cette merde.
- Ecoute David si tu viens chez moi pour me faire la morale tu peux faire demi-tour.
Elle avait le regard dans le vide et son agressivité ne lui ressemblait pas.
- Je n'ai aucune leçon à recevoir de toi, tu m'as bien comprise j'espère ?
- Je ne te reconnais plus Claire, regarde-toi tu es un cadavre.
- Au revoir David ! Elle le poussa en direction de la porte, l'ouvrit et le jeta de son appartement.
Mais David ne se laisse pas faire. Il défonce la porte au moment où je retourne m'asseoir. Epuisée, je m'effondre dans ses bras. Il me demande pourquoi je me suis remise à boire, je lui réponds que c'est bien pire, que j'ai franchi le pas et que je me suis injectée ma première dose de drogue. Il encaisse le choc et m'offre son épaule sur laquelle je pleure toute la nuit. Le lendemain, il m'apporte le petit déjeuner au lit. Je retrouve à peine mes esprits et j'enrage de le voir à nouveau incrusté chez moi. Je le lui fais savoir, mais il me jure qu'il n'est venu ici hier uniquement pour me un rapporter un CD, et que maintenant qu'il voit mon état mental, il est bien décidé à rester pour m'aider. Il me promet qu'il n'y aura rien d'autre que de l'amitié. Naïvement peut-être, je le crois.
- Alors je désire une chose, dis-je à David, aide-moi à...
Je m'interromps : des flammes sortent de...
la fenêtre d'en face, c'est mon voisin, un vieil homme seul apparemment abandonné de tous. Je le croise souvent au supermarché où il a la coutume de se prendre ses deux bouteilles de rouge journalières. Nous ne nous sommes pas vraiment parlé, mais j'éprouve de la sympathie voire quelquefois du désarroi et de la pitié car je le sais, il est lui, vraiment seul. J'ai beau me plaindre et m'apitoyer sur mon sort, mais quel est donc le sien ? Je pense qu'il a décidé de mettre fin à ses jours, enfin je le suppose...ces flammes ne peuvent être un accident...j'appelle les pompiers, mais il me semble que...
... la batterie de mon téléphone soit vide. Je dois donc me lever pour passer l'appel depuis ma ligne fixe. Mais justement la sonnerie retentit. David qui se croit toujours chez lui, décroche le combiné avant moi. Je lui ordonne de raccrocher tout de suite car il y a une urgence. Puis je jette un oeil dehors pour voir si d'autres voisins ont remarqué les flammes. Soudain j'aperçois l'habitant de la maison en feu me regarder, immobile, depuis une autre fenêtre close, à côté de celle en flamme. Le feu commence à se propager derrière lui. Je retourne près du téléphone où David est toujours en communication. Il crie à son interlocuteur que je ne veux plus le voir, que je me drogue par sa faute, qu'il m'a brisée. Puis il raccroche violemment. Je n'en crois pas mes yeux ! Il a envoyé balladé mon amoureux. Mon sang ne fait qu'un tour et je...
sors de l'appartement en hurlant telle une enfant effrayée par des cauchemars. Je crie le plus fort possible, telle une hystérique:
- Faites quelque chose, cet homme va mourir !!! Aidez-le, au secours, au secours !!!
Mes cris sont de plus en plus intenses. je renchéris par :
- Je suis déjà morte moi-même, au secours !!!
Je suis anéantie, détruite, mon monde s'effondre...Il n'était déjà pas stable mais là, j'ai atteint le niveau moins un. Je suis prise de nausées, je vois trouble, je tombe au milieu de la cour de l'immeuble. Je m'effondre sur le bitume, là...
même où les cendres brûlantes du feu viennent échouer. Je sens la chaleur diffuse du brasier tout proche, mais je n'arrive pas à trouver la force de me lever...je suis bien où je suis, par terre.
Tout est blanc dans ma tête....pourquoi tout ce brouillard ?
Oh !! d'où vient cette belle symphonie qui m'entoure. Me berce, me porte ?
Quelle merveille, quel bonheur, quelle paix !!
Je pense mais je ne pense pas, j'ai la tête pleine de ...vide, je suis bien...je me repose....enfin !
Mais soudain une force invisible à mes yeux me prend, m'arrache de ce lieu de plénitude. Un vacarme infernal remplace la douce mélodie.
J'entends quelqu'un qui hurle "laissez-moi, laissez-moi" !!!
Une sirène, de la chaleur, le noir a remplacé le blanc. Je suis mal, j'ai peur, j'ai envie de vomir et je n'arrive pas à ouvrir les yeux ...
Myriam 16 novembre 2007 · 11mais je sens une présence près de moi.
-Qui êtes-vous? Je cherche de mes mains, les larmes coulent de mes yeux, je ne peux les ouvrir. Je panique, je hurle.
-Répondez!
Une voix calme sans aucune émotion me répond :
-Je suis la solitude.
Je deviens folle, je perds la raison, c'est l'abus d'alcool et de drogue qui a détruit mon cerveau. Non, non !!
J'entends quelqu'un qui crie : Aidez-moi !!!
Et je me rends compte que ce son horrible vient de sortir de ma gorge. Je sens les larmes et le sang chaud qui coulent de mon front se mêler. J'écoute mon souffle, j'écoute mon coeur qui bat...
et dans un murmure la voix me dit :
- Lentement, soulève tes paupieres et lève légèrement ta tête...et ce que tu verras sera...
...ton avenir...alors tout doucement ...lentement, je tirais sur mes paupières, mes yeux remplis de larmes et de fumée étaient lourds ? Je vis un tout petit peu de lumière, une incandescente, ...et le visage de David penche sur moi doux et inquiet... dans son regard un amour immense...alors terrorisé par cette découverte, l'esprit embrumé je refermais les yeux ...pour fuir cette évidence que je ne voulais pas assimiler...
Il veut me sauver et moi je ne veux pas être sauvée. Je ne veux pas de lui. Je veux ma souffrance, continuer à vivre dans le désespoir, l'espoir, l'attente, l'illusion et la désillusion. Je veux continuer à désirer ardemment. Je veux continuer à descendre vers le fond. Et lui là-bas, près de sa femme et ses gosses n'est rien d'autre qu'un prétexte pour assouvir mon besoin d'alcool et de drogue. Jusqu'où puis où aller ? Trouverai-je la frontière avant le non-retour en enfer ??? .Non David je ne veux pas de toi.

