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Et si quelqu'un m'attendais quelque part?

Psychologie · 57 chapitres · 14 plumes · écrite du 12 novembre 2005 au 16 mai 2007 · 1566 lectures à l'époque

Ligne de conduite

psychologie

Les 57 chapitres, dans l'ordre
  1. Lisarabesk
  2. Calice
  3. Emma
  4. Pipo
  5. Elektralias
  6. Eleinad
  7. Emma
  8. Raph
  9. Lisarabesk
  10. Raph
  11. Fleur2yeux
  12. Lisarabesk
  13. Fleur2yeux
  14. Bluekiss
  15. Fleur2yeux
  16. Bluekiss
  17. Eleinad
  18. Emma
  19. Alchimiste8817
  20. Fleur2yeux
  21. Raph
  22. Telma
  23. Raph
  24. Telma
  25. Fleur2yeux
  26. Telma
  27. Fleur2yeux
  28. Telma
  29. Linley
  30. Telma
  31. Fleur2yeux
  32. Telma
  33. Telma
  34. Raph
  35. Telma
  36. Raph
  37. Telma
  38. Telma
  39. Fruit
  40. Fleur2yeux
  41. Linley
  42. Raph
  43. Bluekiss
  44. Raph
  45. Telma
  46. Fruit
  47. Fruit
  48. Fruit
  49. Fruit
  50. Sylvie
  51. Bluekiss
  52. Fleur2yeux
  53. Fleur2yeux
  54. Bluekiss
  55. Fleur2yeux
  56. Fleur2yeux
  57. Fleur2yeux
Lisarabesk 12 novembre 2005 · 1

"Ding ding dong. Le train en provenance de Quimper et à destination de Paris- Montparnasse est arrivé voie A. Terminus de ce train. Tous les passagers sont invités à descendre."C'est toujours le même refrain, la même voix qui résonne encore dans ma tête une fois chez moi, la même odeur d'huile de moteur et de cigarette, toujours le même brouhaha, toujours ce bruit de pas pressés qui arpentent les quais, toujours ces femmes, ces hommes, ces retrouvailles, ces embrassades. Et toujours moi, le regard au loin, interrogateur. Mais non, personne ne m'attend. Alors je me fraye un chemin dans cette cohue en traînant tant bien que mal ma valise de toujours, celle qui m'accompagne tout le temps, celle qui est toujours là, avec moi, à mes côtés! Bah voyons,quelle ironie!!une valise toujours là pour moi, si c'est pas triste! N'en pouvant plus, exténuée de toutes ces heures de voyage, écrasée par toute cette routine, je m'écroule sur ma valise au milieu du quai.

Calice 12 novembre 2005 · 2

A genoux sur le sol, avachie sur ma valise, je laisse tous ces gens retrouvés ceux qui les attendent quelque part. Quelques seconde passent, voir deux ou trois minutes. Et quand la foule est enfin partie, j'entends des pas, aucun doute, quelqu'un vient dans ma direction, il faut que je me relève, je vais avoir l'air de quoi?!

"Mademoiselle? Mademoiselle??"

Emma 13 novembre 2005 · 3

L'homme qui s'avance vers moi est grotesque. Il est moite et informe. Sa démarche est gauche. Je crois qu'il claudique un peu. Il arbore un sourire lunaire et naïf. Effrayant de sympathie pour moi. Que me veut-il ?

Pipo 14 novembre 2005 · 4

Il me fixe avec ses yeux, un regard déplaisant, comme cherchant une excuse pour m'aborder. Il m'était antipathique, toutes les idées négatives se listent dans ma tête...
- Excusez-moi, cet MP3 est à vous?
- Oh! oui merci beaucoup, répondis-je maladroitement et déconcertée de ce que j'avais cru comprendre, c'est très aimable de votre part.
Il ajoute:
- je crois que c'est tombé de votre poche, je vous ai suivi, mais vous aviez disparue. Heureusement que vous attendez quelqu'un.

Elektralias 14 novembre 2005 · 5

- Oui... heureusement...
J'avais murmuré cette phrase, histoire de sauver les apparences, remerciant une fois encore, d'un simple sourire cet homme quelconque qui avait rendu différent ce jour-là. Pendant quelques secondes à peine... parce que la vie reprend toujours son cours, et plaçant d'un geste sûr les écouteurs de mon MP3 sur mes oreilles, l'appareil coincé dans la ceinture de mon jeans, j'ai fini par soulever mon éternelle valise pour m'éloigner de ce quai... une fois encore, une fois de plus.

Eleinad 14 novembre 2005 · 6

"Quelconque, quelconque, c'est vite dit mais mal
pensé "entendis-je.
Je me retournais: personne!
J'avais encore entendu des voix. Il faut dire que ma mère m'avait prénommée Jehanne.
Et toute la journée, je pensais à cet homme. Qu'est-ce qui me troublait ainsi?

Emma 15 novembre 2005 · 7

Vers 2O heures, je claquais la porte de mon appartement derrière moi. "Home, sweet Home again " dis-je en parcourant du regard ce studio plus que modeste que je louais à prix d'or dans un quartier central de la Capitale. Un canapé-lit jamais replié, un bureau sur tréteaux, une petite cuisine sans commodités, quelques marines peintes pendant les dernières vacances à Ploumanac'h et Bulle, le poisson rouge qui nageait en eaux troubles. " je vais m'occuper de toi mon pote". J'allumais machinalement le téléviseur et me saisis de mon épuisette.

Raph 16 novembre 2005 · 8

Tout en nettoyant l'aquarium dégueulasse de Bulle (les algues avaient transformées un bocal d'eau transparente comme du diamant en un marais verdâtre et nauséabond), je laissais mon oreille traîner sur les infos du vingt heures. Claire Chazal... L'Irak... New-Dehli... Voitures cramées...
Soudain je tilte. "Cette voix me dit quelque chose". Mais de là où je suis je ne vois pas l'écran, j'entends la voix d'un homme :
"... Le cadre urbain est finalement une image représentative du rapport des classes sociales ou des rapports entres les differents milieux éthno-culturels. En l'occurence, pour comprendre ces manifestations, il faut se référer à la situation de leurs actes dans la perspective d'une réponse à ce qui a pu se passer géographiquement deux générations plus tôt...
- Deux générations ?
- Oui, deux générations, comme l'explique très bien Alice Miller dans son essai intitulé "c'est pour ton bien", les rapports entre individus sont en miroir autour d'une génération..."
Je me frotte énergiquement les mains sous le jet d'eau de la cuisine afin d'en ôter la crasse poisseuse qui couvre à présent ma peau...
"Deux générations plus tôt, ça signifie donc les années 30, ou encore la jeunesse des années 50..."
Je me sèche les mains et cours à ma télévision pour voir qui possède cette voix familière.
Lui !
L'homme de tout à l'heure, le gros au regard concupiscent, celui qui m'a rendu mon lecteur MP3... Il a l'air totalement changé. Il a dû aller bien vite pour se rendre de la Gare Montparnasse aux studios télé, je me dit... Il a pourtant l'air posé, concentré, à l'aise et sûr de lui. Il respire la générosité de ceux qui essayent de comprendre le monde dans l'espoir de le rendre, un jour peut-être, meilleur...
"Je vous remercie pour vos explications, Monsieur Volckaert. Charles Volckaert est sociologue à l'INRSE, il vient de sortir un livre : "Qu'avons nous fait à nos voisins ?". Je vous le recommande personnellement
- Merci.
- Merci à vous. Les prévisions météo : un ciel couvert..."
Je m'assois sur mon canapé.
Je commence alors à me demander si notre rencontre est vraiment un hasard...

Lisarabesk 17 novembre 2005 · 9

la fatigue se faisant ressentir je m'assoupis sur mon bon vieux canapé qui avait survécu tant bien que mal à toutes sortes de mésaventures: brûlure de cigarette, alcool, résultats de nombreuses soirées passées avec des gens parfois inconnus, histoire de tuer le temps, histoire de ne pas être seule devant sa télévision comme ce soir.
Mais ce soir-là était différent. Ce soir-là en effet elle pensait à quelqu'un. Jehanne adorait se faire des films et s'imaginer des tonnes d'histoires toutes plus dingues les une que les autres. Elle adorait tous ces horoscopes à la con, peut-être aussi pour combler un manque de sens à sa vie et ne croyait pas au hasard mais au destin.

Raph 18 novembre 2005 · 10

Elle prit son journal intime et écrivit :
"C'est toujours le même refrain, la même voix qui résonne encore dans ma tête une fois chez moi, la même odeur d'huile de moteur et de cigarette, toujours le même brouhaha, toujours ce bruit de pas pressés qui arpentent les quais, toujours ces femmes, ces hommes, ces retrouvailles, ces embrassades..."
Elle avait décidé de raconter toute cette histoire depuis le début, car elle le savait, elle le sentait, cette histoire irait loin...
"... je m'assoupis dans mon bon vieux canapé."
Elle cessa là, et comme pour chaque page de son journal, data et signa : "Jehanne, jeudi 17 novembre"
Voilà, elle avait tout raconté depuis sa sortie du train, l'homme qui lui rend son lecteur MP3, la télévision, le bocal, l'interview du monsieur, ses reflexions à elle...

Puis elle sortit son téléphone portable et composa un numéro. A l'autre bout on décrocha.
"Allô ?
- Salut, Raph, c'est Jehanne, il faut que je te voie, c'est important, j'ai besoin d'un avis..."

Fleur2yeux 18 novembre 2005 · 11

- Oui je veux bien te donner mon avis, mais sur quoi?
- Bah, c'est un peu compliqué, tu me connais...
- Viens en au fait...
- Ce matin, comme tous les matins, je suis sortie du train et personne ne m'attendais pas plus qu'hier matin et j'ai rencontré un homme qui m'a rendu mon mp3, m'a dit une ou deux familiarités et s'est enfuit comme il était venu...
- Il n'y a rien d'extraordinaire à ca...
- Mais le truc, c'est que pendant que je nettoyais l'aquarium de Bulle, j'ai entendu sa voix, mais pas dans ma tête cette fois, à la télé !!
- A la télé ?
- Oui, il était au 20h, il parlait de la crise dans les minorités éthniques et les quartiers défavorisés. A ce qu'à dit Claire Chazal, il est sociologue et il a même écrit un bouquin !!
- Et bien je suis content d'apprendre qu'un sociologue t'ai rendu ton mp3 mais que veux- tu que je fasse?
- Ben en fait, j'en sais rien mais j'avais besoin d'en parler à quelqu'un et s'est tombé sur toi ...
- Ok, bon si tu n'as plus rien à me dire je te laisse, il y a ma femme qui voudrait que je remplisse mon devoir conjugual... salut, passe une bonne soirée et ne boit pas trop...

Lisarabesk 18 novembre 2005 · 12

Jehanne raccrocha et pensa tout haut:
" Bon d'accord c'est pas tout à fait ce que j'espérais de cette conversation m'enfin bon... Lui, il a sa petite vie déjà bien remplie par sa femme, son travail, sa maison, ses projets de voyages. "Solo con mi amor" comme il disait, avec son petit accent irrésistible qui me valait toujours un fou rire. Mais toujours est-il que ce soir je suis plus seule que jamais."

Elle écrivit donc ces quelques pensées dans son petit carnet vert comme l'espérance qui lui servait désormais de journal. Il était déjà assez tard et n'ayant pas le courage de se préparer à manger, Jehanne se réfugia dans sa chambre et se blottit sous sa couette. Elle adorait cela s'emmitoufler dans son lit encore tout froid, ne plus bouger quelques instants, sentir la chaleur de son corps dans la froideur de son lit que personne n'avait réchauffé. Le lendemain elle se réveillerait et pendrait le métro comme des millliers de parisiens. Elle serait alors une fourmi parmi tant d'autres qui grouillent dans ces tunnels sous la ville, elle serait là au milieu de toute l'agitation, elle serait là assise dans une rame de métro la tête collée contre la fenêtre à s'inventer un beau jeune homme qui la regarderait du coin de l'oeil et qui après une conversation des plus intéressante l'inviterais le soir même à se revoir dans un café sympa de la capitale.

Fleur2yeux 21 novembre 2005 · 13

Sa nuit ne se passa pas comme toutes les autres et pour cause, vers 3h du matin, quelqu'un sonna à sa porte. Une première fois délicatement, comme un amant discret qui viendrait rejoindre sa belle, une deuxiéme fois prolongée et insistante comme un huissier en colère parce qu'il n'a pas eu le temps de boire son café au bar d'en face à cause de sa gosse malade... Elle se leva donc, la tête dans le cul, le cul dans le brouillard et alla ouvrir la porte qui lui semblait vibrer sous l'attente de l'inconnu qui s'acharnait à présent sur la sonnette.
- Laisse moi entrer Jehanne, il faut que je te parle.
- Mais te rends tu compte de l'heure qu'il est Ralph?
- Oui je sais mais c'est important...
- Ok, entre.
Tandis qu'elle refermait la porte, un bruit sourd se fit entendre dans la pièce principale de sa chambre de bonne, Ralph venait de s'écroulé, renversant sur son passage l'aquarium et Bulle se débattait comme un beau diable sur le sol avec la ferme intention de regagner l'eau à la force de ses nageoires.
Horrifiée, Jehanne se précipita vers sa kitchenette, rempli une casserole d'eau et y plaça Bulle en lâchant un soupir de soulagement.
Elle s'approcha de Ralph qui gisait inerte au milieu de la pièce et lui prit le pouls.
Rien, il était mort et sur son visage sans vie on pouvait lire une expression de terreur indescriptible.

Bluekiss 21 novembre 2005 · 14

Jehanne regarda par la fenêtre, d'un air inquiet, et ses yeux parcoururent nerveusement le bout de la rue visible. Personne en vue, aucune alerte inattendue susceptible de la surprendre. L'éléctricité coupée pour cause de réparation, des bougies disposées mystiquement éclairaient cette chambre funeste. Soudain, son visage se transforma, on pouvait y apercevoir des pointes de cruauté et de satisfaction d'une femme vengeresse. Elle célébrait en silence cet "incident", le corps du pauvre homme gisant sur le sol.
Quelle était la raison de cette terreur indescriptible qui mit à terre son invité nocturne? Sa curiosité débordante...Pendant que Jehanne s'absentait dans la kitchenette, Ralph ne put s'empêcher d'ouvrir le petit placard en chêne en face de lui. Grands Dieux, l'odeur pestilentielle de l'appartement était enfin démystifiée - un corps complètement désséché, accoutré en clown s'y cachait sournoisement.

Fleur2yeux 21 novembre 2005 · 15

La rue déserte exprimait son dégoût pour la race humaine en émettant un froid puissant et humide à en croire la vapeur autour des lampadaires. L'horloge accrochée au-dessus de la télé annoncait 4h13. Jehanne avait chaud et des sueurs froides se faisaient ressentir par la moindre pore de sa peau.
- Que pourrais-je bien faire de ce nouveau cadavre ? Comme si ce sale clown n'était pas suffisant, ce con de Raph vient s'ajouter à ma collection.
Elle fit le tour de son appartement miteux encore une fois, se servit un whisky, encore un mais l'alcool ne l'aida pas cette fois-ci. Sa tête était embrouillée et elle n'arrivait plus à penser.
- Ce bon vieux Raph... il ne m'était pas d'une grande utilité mais je n'ai jamais voulu ça, c'est pas juste. Pourquoi ça n'arrive qu'à moi?
La fin de sa phrase lui avait échappé dans un hurlement inhumain, et de peur qu'on vienne voir chez elle ce qui avait déclenché ce cri en pleine nuit, elle mit son manteau et partit acheter des cigarrettes à la gare Montparnasse, où elle pourrait finir sa nuit sur un banc à l'intérieur bien à l'abri du vent de ce 21 novembre, ce sale mois...

Bluekiss 22 novembre 2005 · 16

La marche était longue. Pourtant, à travers le froid et le vent, ses pensées embrumées ne cessaient de cogiter. Qui était elle? Pourquoi un deuxième cadavre? Pourquoi le premier? A vrai dire, elle ne se rappelait plus dans quelles circonstances apparut ce clown pittoresque. Tout ce qu'elle savait, c'était que le jour où elle le trouva dans son placard, il était près de 20h du soir et le soleil se couchait, en couvrant cette vision d'horreur d'une lueur orangée. Comme si le soleil voulait adoucir son choc...Mais en vain. C'est à ce moment précis qu'elle poussa son premier hurlement d'animal, pris dans un jeu inconnu. Et chaque jour, cet horrible sentiment de manipulation la guette, une fois le soir arrivé....

Eleinad 22 novembre 2005 · 17

Elle crut d'abord à une hallucination et consulta un médecin qui la trouva banalement normale.
Ensuite, elle pensa à des problèmes de vue.Là aussi, l'ophtalmo la rassura.
Elle ne connaissait personne dans son immeuble et crut avoir eu affaire à un meurtrier "planquant" un cadavre chez elle.
Depuis, elle vit dans la crainte de le rencontrer.

Emma 22 novembre 2005 · 18

La gare Montparnasse était en vue. Transie de froid, elle s'assit sur un banc après avoir acheté ses cigarettes. Elle fuma le paquet en grelottant. Des voyageurs arrivaient de nouveau. Il était 5h30. Elle les regardait descendre lentement du train, encore endormis et se diriger sans ardeur vers la bouche de métro la plus proche. Fatiguée, elle avait l'impression de vivre un cauchemar debout. Les cadavres qui gisaient dans son appartement la hantaient. Raph surtout. Elle croyait le voir partout autour d'elle. Tous les hommes lui ressemblaient. Elle croyait l'entendre au détour de chaque conversation. Tout le monde semblait la désigner du doigt, la dévisager. Une angoisse insurmontable lui enserrait la poitrine, jusqu'à l'étouffement quand elle vit, au loin, se diriger vers elle une silhouette connue.

Alchimiste8817 23 novembre 2005 · 19

Mais! Mais! c'est Raph! Elle court vers lui en se jetant dans ses bras,
- Oh! merci, bon Dieu, t'es vivant, oh, mon Raph. Merci.
- Eh! eh ! arrêtes qu'est-ce que tu as?
- Tu n'es pas mort n'est-ce pas?
- Arrêtes tes conneries! Pourquoi tu n'as pas voulu m'ouvrir, j'avais besoin de te dire....
- Mais je t'ai ouvert et t'es tombé...
- Non tu n'as pas ouvert, je suis resté au coin de la rue et quand je t'ai vue sortir je t'ai suivie jusqu'ici, c'est très important ce que je voulais te dire..
- Et le clown?
- Quel clown?
- Celui dans ma chambre
- Le porte-manteau?
- Quel porte-manteau?
-Mais qu'est-ce que tu me racontes là? le clown porte-manteau que ta tante Mme Bourniche t'a offert l'année dernière!
- Oh mon Dieu où est-ce que j'ai la tête? je l'ai complètement oublié.
- Rentrons s'il te plaît on verra.....

Fleur2yeux 23 novembre 2005 · 20

Arrivés devant la porte d'entrée, Jehanne ne se sentait pas la force de rentrer chez elle. Ses hallucination de la veille la hantait mais il fallait qu'elle fasse face à ses angoisses.
- Je peux pas rentrer Raph, j'ai peur... ces cadavres paraissaient si vrais pourtant...
- Je comprend ce que tu ressens ma belle mais il faut entrer.
- Ok
Elle farfouilla dans son sac à main (bizarre se dit-elle, je suis persuadée ne pas l'avoir pris ce matin... ) et trouva ses clefs au bout d'un moment qui lui parut très long. Elle eût du mal à l'introduire dans la serrure à cause de ses tremblements mais finit par y arriver après une liste de jurons assez importante.
Quand elle ouvrit la porte, une odeur de moisi et de putréfaction lui sauta à la gorge, mais elle ne dit rien pour ne pas inquiéter son ami. Le premier regard qu'elle lança fût pour le petit meuble où les cadavres se planquaient la veille au soir. Elle revit leurs yeux inexpressifs se foutant d'elle, jouant avec sa paranoïa comme un chat avec une pelote de laine.
- Tu veux boire quelque chose?
- Un whisky s'il te plaît.
- Ok.
Elle se dirigea vers sa kitchenette et entendit le même bruit de chute que la veille au soir mais quand elle se retourna, tout allait bien.
Elle prit un valium avec son whisky et s'en servit un autre pour accompagner Raph, ça ne se fait pas de boire seul...
Elle s'assit lourdement sur la chaise en face de son "invité" et s'alluma une cigarette. Son appartement lui donnait des frissons, comme quand on rentre dans une maison dite "hantée".
Raph n'était pas à l'aise non plus mais il prit la parole en premier, sûrement pour rompre ce silence insupportable. Elle ne l'écoutait même pas, son regard était fixé sur la fenêtre.
- Tu devrais y retourner, tu en a besoin.
- Non, je ne le supporterai pas une seconde fois.
- Il le faut, tu recommences à avoir des hallucinations et à traîner tes guenilles dans les gares, comme à la mort de Jean.
- Jean à été tué ! hurla t-elle soudainement et en plus de ça, à cause de moi !
- Ce n'est pas vrai et tu le sais ! hurla à son tour Raph. Tu te tortures la tête pour rien. Je vais t'emmener à l'hôpital, de gré ou de force !
Sur ces mots il se leva d'un bon, sortit ses menottes de service et l'attacha après une lutte longue et acharnée. Elle manqua de tomber plusieurs fois dans les escaliers mais ça ne changea rien à son destin. Elle allait encore moisir dans ce satané hôpital psychiatrique, et elle ne sortirai pas aussi facilement que lors de son dernier internement...

Raph 23 novembre 2005 · 21

"Jehanne ? Jehanne !..."
La tête lourde...
"Jehanne, vous m'entendez ?"
Les yeux comme scellés avec de la super glue...
"Ah ! si vous crispez les muscles du visage, c'est que vous êtes sûrement consciente."
Impossible de bouger...
"Ne vous inquiétez surtout pas si vous ne pouvez pas bouger : on vous a injecté une camisole chimique. Vous ne nous avez pas laissé le choix, Jehanne, vous cogniez tous ceux qui vous approchaient. Mais tout va bien maintenant, vous êtes à l'hôpital et personne ne vous veut de mal. Je suis le docteur Apicella."
Saloperie de docteur !...
"Oui, je sais ce que vous pensez : satanés docteurs... Mais je suis un docteur un peu différent des autres. Ma méthode repose sur l'apaisement, l'hypnose et la parole. Pour la parole, on verra plus tard. Pour l'instant, on va faire doucement connaissance."
Moins pire que les autres, peut-être...
"On vient de me donner votre journal."
Mon journal ? Les enflûres !
" Manifestement, les hallucinations on repris lorsque vous êtes sortie du train. La description de cet individu que vous voyez partout correspond en tout point à celle de Jean, n'est ce pas ?"
De quoi ?... Attendez...
"Ne luttez pas, je sais lire les réponses aux crispations de votre visage. Je suis heureux que vous participiez activement !"
Il a raison, l'enfoiré, en plus...
"Jean était donc votre professeur de philosophie avec qui vous êtes sortie pendant deux ans, jusqu'à son décès, n'est-ce pas ?"
Ta gueule, enfoiré !
"Lors de votre dernier séjour ici, vous avez raconté que vous étiez responsable de sa mort. Pourtant le professeur Jean Levrard est décédé d'une crise cardiaque en plein milieu d'une conférence qu'il donnait à New York, pile au moment où vous passiez votre examen du code de la route..."
Mais c'est des conneries, il est mort parce que je lui ai brisé le coeur ! Enfoiré !
" Non, Jehanne, je sais ce que vous pensez : vous veniez d'avoir une dispute car vous alliez voir d'autres hommes. Pour l'instant, rien n'a jamais été scientifiquement prouvé en ce qui concerne l'effet de la jalousie sur la santé cardiaque. Au contraire, la jalousie renforce les défenses !..."
Qu'est-ce qu'il y connait à la jalousie, cet enfoiré ?
" Ce n'est pas votre faute, Jehanne !"
Enfoiré... enfoiré...
"Qu'avez-vous, Jehanne ? Vous pleurez ? C'est bien, laissez-vous aller..."
...enfoiré...

Telma 24 novembre 2005 · 22

-Je sais que vous ne voulez pas parler, ce n'est pas très important. Tenez, voici votre journal, il est à vous, je vous le rends ; ne me remerciez pas, ce n'est pas utile.
... Enfff... J'ai pas de stylo.
... Enf...
- Je vous passe le mien. A demain.

Raph 24 novembre 2005 · 23

Jehanne s'endormit. Son sommeil fût profond, parcouru de rêves et cauchemars de toutes sortes : Jean, le clown, Raph, puis sa famille, son père, tous les personnages qui avaient marqué son existence apparaissaient et disparaissaient dans un manège hystérique.

Elle se réveilla après avoir dormi 24h. Elle put alors ouvrir les yeux. La lumière l'aveugla légèrement mais elle s'y accoutuma assez vite. Regardant autour d'elle, elle put constater qu'on l'avait installée dans une jolie chambre. Rien à voir avec celle qu'elle partageait avec trois déments bavards il y a deux ans.

Non, cette fois elle était seule. Un rayon de soleil couvrait la moitié de son lit. A l'extérieur des oiseaux chantaient. On avait posé sur sa table de chevet un vase avec un bouquet de fleurs des champs dont le parfum sucré embaumait toute la chambre. Sur les murs, des photos d'art dans des cadres en verre : des personnages en contre-jour ou en ombres chinoises, des danseurs, des comédiens, de la vie sur papier photo...

Une sonnerie de téléphone... à côté du vase, elle n'avait pas remarqué : un combiné gris, discret, doté d'une sonnerie légère... nouvelle sonnerie.
Elle décrocha.

Telma 24 novembre 2005 · 24

- Bonjour, je suis la secrétaire du Docteur Apicella ; il désirerait vous voir aujourd'hui, vers quelle heure peut-il passer ?
...C'est nouveau ça, des médecins qui demandent aux malades l'heure des visites...
- J'sais pas, d'ailleurs j'ai pas l'heure.
- Votre montre est dans le tiroir du chevet.
- Vrai.
...Et sous la montre, mon journal et un stylo...

Fleur2yeux 29 novembre 2005 · 25

J'ai pas envie de le voir ce putain de docteur mais puisque lui y tient, je vais lui montrer qui je suis.
- Ok, je veux bien le voir, dîtes-lui de monter vers dix heures, pour que ça me laisse le temps de me préparer.
- D'accord, je lui dis.
Il est neuf heures, j'ai donc le temps de voir ce que je peux réserver à ce sale docteur. Apicella, on dirait un nom de producteur de films pornos... je vais lui montrer qui est Jehanne.
Sur ces paroles exprimées à haute voix, elle prit son petit déjeuner en silence, en saisissant tout ce qu'elle touchait avec une infinie délicatesse, prenant soin de ne pas se salir, il fallait qu'elle soit propre et qu'elle se fasse toute belle pour Apicella.
Elle ne possédait pas ses vêtements personnels mais elle se débrouilla pour transformer sa robe de chambre en une petite robe courte, mais l'odeur de malade résiste à tout, ce qui la mettait dans une folle rage intérieure qu'elle maîtrisait avec soin.
Elle voulait être absolument parfaite pour son visiteur. Elle en ressentait même une attirance sexuelle qu'elle assouvit en se masturbant face à la fenêtre (au cas où un petit vicieux en manque d'inspiration voudrait profiter de sa plastique). Elle se masturba longuement avec le stylo qui était dans le tiroir de sa table de nuit avant de le remettre dans sa poche.
Elle eût à peine le temps de se remettre de ses émotions que le fameux docteur fit irruption dans la chambre, après avoir frappé subtilement à la porte.
- Bonjour Jehanne, comment vous sentez-vous?
- Bonjour Apicella, je me sens bien, avec tous les médicaments que vous me donnez par jour, je ne peux que me sentir bien.
- Nous vous donnons ces médicaments que pour votre bien...
- Oui peut-être, après tout je n'en sais rien, je ne suis pas médecin.
- Alors dîtes-moi, que vous est-il arrivé? pourquoi ce retour parmi nous?
- J'ai vu des cadavres dans mon placard.
- D'accord, mais cela vous était déjà arrivé auparavant. Depuis quand ces crises ont-elles recomencées?
- Un mois environ, mais j'ai remarqué une chose dans mes crises, j'y ai beaucoup réfléchi et il faut que je vous en parle.
- Dîtes-moi, je suis là pour ça.
Jehanne s'approcha de lui tout en se déhanchant avec une élégance connue que chez les femmes de la haute société, les femmes d'importance.
Arrivée à environ un mètre du psy, elle tira prudemment le stylo de sa poche et le mit devant ses yeux.
- J'ai remarqué pendant mes hallucinations que les choses les plus insignifiantes qui se trouvent autour de moi semblent avoir une odeur particulières.
- Oui mais pouvez-vous décrire cette odeur?
- Et bien c'est une odeur âpre, acide et sucrée en même temps, une odeur de chaleur. Voulez-vous la sentir?
- Oui, par simple curiosité scientifique.
En disant cette phrase, il sourit de toutes ses dents, découvrant un sourire de dément qui plut beaucoup à Jehanne. Elle se rapprocha doucement du médecin et au moment de lui faire sentir l'odeur de cyprine de son stylo, elle glissa son genou vers l'entrejambe de ce con de toubib.
Il ouvrit de grands yeux mais avant de se rendre compte de sa connerie, il avait déjà le stylo planté dans l'oeil droit, tournant et retournant sur lui-même. Il essaya d'hurler mais le genou si frêle quelques secondes auparavant frappa un grand coup dans ses testicules.
La chute fut douloureuse et lui parut durer une éternité. Une fois sur le sol, il la vit se pencher sur lui mais son regard se noyait dans le sang qui coulait abondament de son orbite déchirée. Il sentit des mains lui soulever la tête par la nuque et puis le bruit sourd des os qui se brisent sur le rebord en métal du lit d'hôpital. Jehanne s'étala du sang sur le visage en léchant ses mains comme une guerrière barbare.
- Voilà, tu sais qui est Jehanne connard.
Elle lui cracha dessus et se dirigea vers la porte...

Telma 29 novembre 2005 · 26

Elle relisait ce qu'elle venait d'écrire lorsqu'on frappa à sa porte.
- Je peux entrer ? C'était le médecin.
Elle le regarda. "Alors, il n'est pas mort." pensa-t-elle.

Fleur2yeux 5 décembre 2005 · 27

Que se passe t-il dans ma tête? Ce docteur à la con, je l'ai vu mort, tué par mes propres mains, alors qu'il vient d'entrer dans ma cellule.
- Bonjour Jehanne, comment vous sentez-vous?
- Bonjour Apicella, je me sens bien, avec tous les médicaments que vous me donnez par jour, je ne peux que me sentir bien.
Merde se dit elle, ces mots que nous venons de prononcer sont les mêmes que dans mon hallucination !
Exactement les mêmes !
Elle prit son stylo et le renifla. Il sentait la cyprine !
- Nous vous donnons ces médicaments que pour votre bien.
- Oui peut-être, après tout, je n'en sais rien, je ne suis pas médecin...

Telma 5 décembre 2005 · 28

- Aimeriez-vous, Jéhanne, me faire lire ce que vous venez d'écrire ?
- Ben, c'est intime, vous le savez bien !
- Oui. C'est à vous de décider ; soit vous me faites confiance, soit...
... J'en avais marre ; pourquoi me faisait-il choisir ; je n'étais pas capable du moindre choix et ça depuis toujours...
- C'est quoi le "soit" ?
- La vérité.
- Vous me faites marrer avec votre vérité. Quelle vérité !
... Je sentais mes mains se crisper sur le stylo, je sentais comme une onde montée de mes pieds vers mon visage...
- Tenez, le voila ce journal ! et elle le lui lança.
- Merci.
Il lut.
Il se gratta la gorge, leva les yeux vers elle.
- Pensez-vous, Jehanne, que ce que vous avez écrit va se passer ?
- Je ne sais pas ; en tout cas, le début est le même, vous avez bien lu, n'est-ce pas ? Alors, cette vérité ?
- Le monde est plein de coïncidences, c'est ainsi, vous n'y êtes pour rien.
- Alors, c'est ça la vérité ? Trop drôle !
- C'est une vérité. Une autre vérité est que vous avez eu confiance en un médecin pour la première fois et c'est bien.
- Bien, tu parles. Vous m'abrutissez de cach'tons...
- Vous voulez une autre vérité ?
- Hummm...
- Vos cachets ne sont que de la saccharose, du sucre coloré.
- C'est vous le cinglé !
- Peut-être. Tenez, regardez... Il reprit son stylo des mains de Jehanne et le dévissa. Vous avez là, une des toutes dernières créations technologiques, ce stylo renvoie sur un ordinateur tout ce qu'on écrit. Tenez, j'ai imprimé votre texte, le voilà.

Linley 9 décembre 2005 · 29

Elle prit la feuille que le docteur lui tendait.
-Comment vous appelez ça déjà? Les faux médocs pour gruger les malades?
-Ce sont des placebos Jehanne.
-Autrement dit vous me prenez pour une conne, à m'filer des cachets en sucre.
-Non Jehanne. Nous ne faisons cela que pour...
-Oui je sais pour mon bien.
...pour m'aider à m'aider moi-même.
-Ecoutez-moi Jehanne. Vous êtes apaisée, calmée, et cela non pas à cause d'une médication mais parce que le désir, la force d'aller mieux se trouvent en vous; et il n'est nul besoin de vous droguer pour cela.
-Et vous êtes payé combien pour me débiter ces conneries?
Sans lui laisser le temps de répondre elle reporta son regard vers la feuille qu'elle tenait dans ses mains.
Elle lut:
Et bien c'est une odeur âpre, acide et sucrée en même temps, une odeur de chaleur. Voulez-vous la sentir?
...Oui, par simple curiosité scientifique.
Elle releva les yeux.
Apicella avait sa dernière création technologique plantée dans l'oeil gauche. Le globe oculaire crevé pendait, balloté dans les remous du torrent de sang qui s'écoulait.
Jehanne hurla:
-C'était l'oeil droit salopard!
Le docteur montra ses dents poissées de sang en rétorquant:
-Oui peut-être, après tout je n'en sais rien, je ne suis pas médecin.

Telma 9 décembre 2005 · 30

...L'hémoglobine s'étale sur sa chemise bleue.
Je suis close, fermée, hermétique ; seules les images existent, le sang devient violet sur la chemise bleue. Je m'éloigne, je rétrécis...
- Jéhanne !
... La voix est lointaine, cotonneuse, irréelle ; je l'entends, je ne l'écoute pas. Les images dansent ; je danse. Je danse avec des voiles violets et puis quelque chose se déchire, je sens une chaleur sur ma main...
- Regardez-moi Jéhanne, regardez-moi.
... Cette chaleur...
- J'ai posé ma main sur la vôtre. Vous souriez Jéhanne !
... Oui, je souris...

La porte s'ouvrit sur "Bergette AMP" pouvait-on lire sur sa blouse. Le médecin sortit.
- Et si nous sortions aussi, Jéhanne, demanda-t-elle ; je vais vous aider à vous habiller, le temps est très doux.
- Si vous voulez.

Fleur2yeux 10 décembre 2005 · 31

- Apicella, j'ai vraiment besoin d'un verre, un truc fort alors vu que vous ne me donnez aucun médoc, pourrais-je avoir un whisky ?
- Ma chère Jehanne, vous ne changerez jamais ! Mais je veux bien vous offrir ce verre, vous le méritez. Je connais un rade sympa à la sortie de l'hosto. Que cela reste entre nous mais j'y vais régulièrement à la fin de mon service, dit il en laissant naître un sourire charmeur et sympathique.
- Ok, j'accepte votre invitation puisque vous insistez. Sur cette phrase, Jehanne lâcha un rire tonitruant, ce qui ne lui était pas arrivé depuis très longtemps...

Telma 10 décembre 2005 · 32

Jéhanne, Apicella et Bergette s'installèrent bientôt à la terrasse du troquet.
- Finalement je prendrai volontiers un double cognac avec de la glace, voire même un triple ! demanda Jéhanne à un garçon obséquieux.
- Je commence à comprendre ses hallucinations. Apicella commanda une bière.
- N'en dites pas tant, Docteur, nous allons perdre une patiente ; ce sera un thé, merci.

Jéhanne s'absorba dans la contemplation de la rue tandis qu'Apicella et Bergette conversaient.
- Comment Docteur, pouvez-vous deviner tant de choses sur les malades, je suis surprise...
- Il suffit de les écouter. Par exemple, le "voire même" issu de cette malade est lourd de signification. Soit l'on dit "voire", soit l'on dit "même" mais jamais l'on assemble les deux !
- Ooh, monsieur ! Vous êtes formidable...

Telma 10 décembre 2005 · 33

- Je sais, Bergette, je sais.

Raph 11 décembre 2005 · 34

Bergette déposa un baiser sur la joue du Docteur Apicella qui parti d'un rire Dionisiaque. Ses éclats couvraient la voix d'Elvis Presley ("Love me Tender") qui sortait du Jucke Box.
Jehanne bouillait de rage...

Le garçon apporta les consommations. Jehanne avala cul-sec son triple cognac et dit : "Un autre !"
Le garçon en apporta un autre, que Jehanne porta à sa bouche directement. Déjà bien entamée, elle arrêta net son geste en voyant que Bergette et Apicella se tenaient la main. Bergette rit et murmura quelque chose à l'oreille du docteur en regardant Jehanne en coin.
-Qu'est-ce que tu lui dis, morue ?

Telma 11 décembre 2005 · 35

- Ah, vous aimez le poisson, Jéhanne, c'est bien ; nous allons rentrer, c'est l'heure ! N'est-ce pas Docteur qu'il est tant de rentrer ?
- Absolument Bergette, absolument .

Raph 11 décembre 2005 · 36

- Je ne vais nulle part !

Un silence de plomb tomba sur le bar. Jehanne venait de hurler, et "Love me tender" venait de finir.
Tout le monde regardait Jehanne.

... Je ne suis jamais allée nulle part, de toute façon. Ma vie est un quai de gare. Des gens passent. Ils vont quelque part, ils se cherchent, se perdent, se retrouvent... "ding ding dong. Le train en provenance de Quimper et à destination de Paris Montparnasse est arrivé voie A"

- Hé bien, Jehanne, murmura le Docteur Apicella, qu'est ce qui vous arrive ?

... Et pourtant, j'ai une vie, on m'a donné la vie... Peut-être qu'on m'a aimé ? Mais qui ? Qui m'aurait aimé tellement fort qu'il n'y aurait plus de place pour recevoir d'autres amours ? Qui ?

Jehanne regarda autour d'elle. Elle n'était pas dans un bar. Elle était assise dans un fauteuil, face au Docteur Apicella. Dans le bureau du docteur.
- Oui, très bien, Jehanne, mais associez à votre enfance. Vous avez perdu votre père quand vous aviez trois ans, alors, dites-moi : qui vous a trop aimé ? Vous le savez, Jehanne, dites-le : Qui ?

Telma 11 décembre 2005 · 37

... Je ne suis plus dans un bar, dans ce bar ; Apicella ne boit plus sa bière, Bergette AMP ne boit plus son thé. Dans ma poche, je froisse le ticket de caisse que le blondinet qui nous avait servi avait glissé sous ma dernière conso.
J'écoute le toubib me déblatérer ses conneries ; que veut-il que je lui dise, que mon père m'a trop aimé, je ne m'en souviens plus. "Trop aimer" est-ce un superlatif, peut-on trop aimer ? Qu'est-ce qu'il veut que je lui raconte, j'avais trois ans et aujourd'hui c'est le néant total. Se souvient-il, lui, si on l'aimait trop quand il avait trois ans...
- Et vous, dis-je en rotant des vapeurs de cognac, on vous aimait trop quand vous aviez trois ans ?

Telma 11 décembre 2005 · 38

- C'est-à-dire que...

Fruit 11 décembre 2005 · 39

Apicella ne sut quoi répondre et raccompagna Jéhanne dans sa chambre. Il laissa la porte ouverte.
- Vous ne m'enfermez pas ?
- Non, il n'y a pas de clé, ici. Allongez-vous et cuvez votre cognac.

Fleur2yeux 13 décembre 2005 · 40

Cuvez votre cognac? L'ais-je bu ou étais-ce encore une de ces hallucinations? Je n'en sais rien, je crois vraiment que la folie me guette au coin de la rue. Je suis au bord d'un précipice, prête à sauter dans le vide sans fin, mais quelque chose me retient, un peu comme un élastique, je remonte, redescend sans que ça ne veuille finir. Pourvu qu'il pète une bonne fois pour toute, je serais enfin soulagée de cette merde de vie que je vis depuis quelques années.

Linley 13 décembre 2005 · 41

...Cuver mon cognac... Est-ce l'alcool qui fait soudainement tourner toute la pièce...de plus en plus vite. Des taches de couleur tourbillonnent autour de moi...les affiches sur les murs de ma chambre d'enfant. Est-ce l'alcool ou moi qui me suis mise debout pour tournoyer follement les bras en croix. Il y a sûrement une caméra de surveillance planquée quelque part. Ils sont tous déjà en train d'accourir dans les couloirs, en glissant dans les virages comme dans les films, pour venir m'empêcher de tournoyer. Ils n'aiment pas laisser les gens faire ce qu'ils veulent.
...Pourtant j'aime ça...ce serait presque la paix...

Raph 20 décembre 2005 · 42

... cuver mon cognac... Il en a de bonnes... ai-je déjà vécu autrement que bourrée au cognac ? Le doute m'habite... hi hi hi.. marrant, ça : le doute m'habite ! sacré jeu de mot... et pas graveleux pour deux sous... pour deux sous... pour dessous... Et je tourne, je tourne... tiens ! de moins en moins vite... Oh ! ben je ne tourne presque plus... ça y est... plus du tout... Où suis-je ?
- Ca y est ma petite ! Il faut descendre ! Le tour est fini.
- Non ! Non ! Encore !
- Allons c'est fini !
...C'est le monsieur du manège...
- Allez, descends ou je vais me fâcher ! Il est où ton papa ?
- Il est mort.
- Oh ! Pardon, ma petite, désolé... Et ta maman ?
- Je sais pas... Elle est partie je crois...
... Le monsieur du manège... Il a regardé autour de lui, pris certainement d'un vent de panique... Moi je ne savais pas, je ne comprenais pas ce qui se passait... Il en a fallu du temps... Les grandes roues, trains fantômes, manèges qui tournaient... Partie... Partis tous les deux... Je ne comprends pas... "Où est la maman de cette petite ? Quelqu'un connaît cette petite ?"... Je ne comprends rien...

- Toc ! Toc ! Jehanne, je peux entrer ?

... Oh non... Bergette !

Bluekiss 26 décembre 2005 · 43

-Attentez deux secondes, je vous prie...Je ne suis pas encore habillée!
-D'accord, prenez votre temps.
(...Et merde..Il faut cacher ça au plus vite)
Jehanne, affolée, tournait partout dans la chambre, la bouteille de cognac qu'elle tenait par le goulot menaçant toute personne pouvant se trouver sur son chemin.
(Faut trouver..l'endroit...Putain, si j'ai pu la piquer sous les yeux du barman et ces deux cons qui baillaient, je devrais bien pouvoir la cacher quelque part!)
TOC - TOC - TOC...
(Oh, arrête connasse...tu me donnes mal au crâne avec tes coups sur la porte!)
- Ouais, ouais, j'arrive!
(C'est qu'elle est impatiente, cette conne! Elle veut me sauter ou quoi?)
Sans réfléchir, Jehanne ouvrit la porte du placard, jeta la bouteille à l'intérieur et la couvrit de vêtements. Elle se tourna vers la porte et regarda à nouveau dans le placard, pour voir si le tas de fringues n'attirait pas trop l'attention...Et à ce moment précis, ses pupilles se dilatèrent, son coeur se mit à battre frénétiquement...
Il était là à nouveau. Ce cadavre-clown...
(Putain, faut que j'arrête de boire!)
...Tu veux ta glace, mon petit coeur? Vanille? d'accord.
Jehanne regardait les mains poilues de son père échanger l'argent contre la petite boule jaune enveloppée d'une gaufre dorée.
-Tiens, ma chérie!
La glace sentait si bon...La petite aux couettes renifla les yeux fermés longuement l'arôme froid qui en émanait. Mais lorsqu'elle les rouvrit, la vision lui glaça le sang - ce n'était pas la boule de glace qui était dans le cornet, mais des vers de terre et des mille-pattes qui y grouillaient, tels des invités joviaux et inattendus...
-Aaaaaaah!!!
-Quoi, qu'y-a-t-il? - La voix de Bergette à travers la porte prenait des notes hystériques.
-Veuillez m'ouvrir immédiatement!
Jehanne, pieds nus et cheveux en bataille, courut ouvrir...

Raph 8 janvier 2006 · 44

Derrière la porte se tenaient Bergette, le docteur Apicella et deux infirmiers plutôt costauds. Jehanne n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. En quelques secondes les deux armoires à glace l'avaient encamisolée et attachée au lit.
- Lâchez-moi ! Libérez-moi ! S'il vous plait !!! J'ai tué un clown... Il y a un clown dans le placard... Je vous jure... On a peut-être le temps de le ranimer... Je l'ai tué... Je l'ai tué...
Les quatres personnes se tenaient en face d'elle sans réagir, avec cette horripilante bienveillance qu'on retrouve dans le regard de tous ces "ouvriers du mental" comme Jehanne les appelait souvent.
- Merci, vous pouvez nous laisser, déclara Apicella. Alors, Jehanne, vous avez tué un clown ? Redites-nous comment c'est arrivé.
Jehanne se senti fondre sous le regard du docteur. Elle ne pouvait plus lutter. Elle laissa son imaginaire si réel s'exprimer pleinement...
- Je suis allée à la fête foraine, et là il m'a tendu une glace qui n'était qu'un amas d'insectes... J'ai pris le couteau qui était posé sur son établi, et je lui ai planté dans le coeur !!! Dans le coeur... En plein dans le mille !
Bergette regarda le docteur.
- Etes-vous sûre d'avoir vécu ça ? Demanda-t-il.
- Hein ?... Vécu ? Je ne sais pas ce que j'ai vécu... Je ne fais plus la part des choses... Est-ce qu'on est allés boire un verre ensemble ?
- Non, Jehanne, nous ne sommes pas allés boire un verre ensemble. Vous vous êtes enfuie et vous êtes allée toute seule, en robe de chambre, dans une superette, où vous avez dérobé une bouteille de cognac.
- Ah...
- Oui.
- Bon.
- Pour en revenir à cette histoire de clown. Il est intéressant de continuer à poursuivre cette histoire... Parlez-nous encore de cette fête foraine...
Jehanne, attachée sur son lit, des larmes coulant le long de ses joues, devait se rendre à l'évidence : il lui fallait retrouver la vérité. Que s'était-il passé ce jour-là ?

Telma 8 janvier 2006 · 45

Elle parla longtemps, Apicella l'aidait parfois de quelques mots ; il prit des notes. Elle s'endormit, à son réveil, il était là.
- C'est bien, finit-il par dire, je vais vous libérer, vous laisser quelques minutes pour prendre une douche et vous habiller ; vous avez des vêtements propres. Il ouvrit la porte de l'armoire et désigna les cintres garnis qui pendaient.

Docile, calmée, elle fit ce qu'il avait demandé et elle rangea même le tas de linge sale qu'elle avait jeté au fond du placard. En pliant son pantalon, elle découvrit la note d'un bar.
... Ainsi nous sommes bien sortis... Apicella ment ! Pourquoi ment-il ?...
Elle se focalisa sur cette interrogation, essayant de comprendre. La porte était entrebaillée, elle la tira, regarda le long couloir vide et décida de visiter l'endroit. Elle ne croisa personne sauf une petite dame qui allait entrer dans une chambre.
- Bonjour... Vous êtes malade, vous aussi ? lui demanda-t-elle
L'autre sourit.
- Non, juste un peu d'arthrose, pourquoi ?
- Alors, vous rendez visite à quelqu'un ? insista Jehanne.
- Non, je rentre chez moi ; je ne vous connais pas, vous venez d'arriver à la pension ?
- Quelle pension ?
- Hé bien, ici ; la pension du chemin bleu ; hé, mon petit, ça va ? Je sais, l'endroit n'a plus très bonne réputation depuis que l'on a retrouvé le corps d'un clown dans le placard d'une chambre !

Fruit 8 janvier 2006 · 46

Jehanne vacilla et s'agrippa à la femme.
- Ca ne va pas ? Vous voulez entrer deux minutes ? Venez !
- C'était quand, la mort de ce clown ?
- Environ un mois, peut être un peu plus ; dans la chambre là-bas, au fond du couloir à droite...
- C'est ma chambre ! cria presque Jéhanne.
- Allez, allez, il n'y a plus de clown... Vous voulez boire quelque chose de fort ?
- Non, ça ira pour aujourd'hui, merci.
- Le docteur Apicella est-il du quartier ? demanda soudain la jeune fille.
- Apicella ? Ce nom ne me dit rien... Vous voulez que j'appelle un médecin ?
- Non. Est-ce que je peux rester un moment chez vous ?
- Je comprends votre émoi ; oui, vous pouvez rester, d'ailleurs j'ai si peu de visite... Je vous offre un café ?
- Je veux bien.
- Vous savez, la pension est très bien ; je suis là depuis bientôt dix ans et il n'y a jamais eu de problème... personne n'a compris ce que ce clown venait faire là !
- Attendez ! Jehanne s'approcha du judas et vit Apicella et Bergette se diriger vers sa chambre. Cris, claquement de porte.
- Elle ne peut être qu'en bas, va voir mais sois discrète ! Je monte à l'étage au cas où... Rendez-vous à la 112 dans dix minutes ! La voix d'Apicella résonnait dans le couloir vide.
- Qui est-ce ?
- Je ne sais pas... Dites, une pension c'est comme un hôtel ?
- C'est plus familial et moins cher ! J'ai pris cette décision au décès de mon époux ; je ne voulais pas aller dans une maison de retraite !

Dans la chambre 112, Apicella et Bergette s'engueulaient.
- On l'avait bien conditionnée, pourtant ! Va voir au troquet si elle n'y est pas ! Je t'avais dit de rester planquée vers l'escalier ! T'es nulle !
- T'avais qu'à rester dans le hall, aussi, grand con !
- Je vais faire le tour du quartier, elle est forcément par là... Et toi, file au café et regarde bien partout.

- Vous pourriez me passer un sac ? demanda Jehanne à la petite dame.
- ..., oui.
- Et s'il vous plaît, pourriez-vous récupérer toutes mes affaires ; je ne veux pas retourner dans cette chambre, vous comprenez ?
Une heure plus tard Jehanne était chez elle.

Dans le même temps, Apicella et Bergette continuaient de s'engueuler dans les locaux miteux de l'AGENCE 007.
"Filature, tarots, exorcisme de tous genres, prédications et médication naturelle." pouvait-on lire sur la porte.
Serguew et Loczi, les deux costauds, stagiaires en entreprise, envoyés là par la C.R.A.S.Y. n'osaient rien dire.

Jehanne téléphona à Mick Raphadou.
- Dis-moi, Raph, tu m'as amenée où, exactement ?
- Ben, au Central Psy ! Tu y as tes habitudes, non ? Depuis la mort de Jean, tu y passes assez souvent ! Pourquoi cette question ? T'es où ?
- Chez moi.
- Ils t'ont laissé sortir ?
- Je n'étais pas au Central Psy mais à la pension du chemin bleu ou un truc comme ça...

Fruit 8 janvier 2006 · 47

- Déconnes pas Jéhanne, t'es pas bien ; là-bas, ils savent t'aider, retourne au Central, s'il te plaît !
- J'y étais pas ; t'es lourd comme mec ! Elle raccrocha.

Longtemps, très longtemps elle se regarda dans le miroir installé au-dessus du téléphone. Elle regarda son menton, sa

Fruit 8 janvier 2006 · 48

bouche, ses pommettes, ses yeux, son front... Et elle eût, pour la première fois depuis longtemps, l'impression d'exister ; ses mains un moment, caressèrent ce visage, son visage. Elle était là, seule face à elle, l'ombre de Jean s'était évanouie... Il n'y avait que la chaleur de sa main sur sa joue ; rien que ça. Elle sourit. Elle souriait encore lorsqu'elle entra dans sa salle d'eau et qu'elle jeta dans les wc les comprimés de valium et autres qui garnissaient ses pauvres étagères.
...Droguée, je suis droguée...

Fruit 8 janvier 2006 · 49

Bien sûr, il y avait eu la mort de Jean ; il était mort comme ça, debout en pleine conférence, les deux mains bien appuyées sur son pupitre.

.......ll a fait "hôppppff", il a dû devenir rouge, puis violet, puis s'affaisser avant de blémir... Je l'imagine. Après, sans doute s'est-il écroulé sur lui-même, doucement... Il n'avait pas raccroché son portable, je venais de lui annoncer que notre liaison était un leurre...
Il a dit "non" et puis "hôppppff" et puis plus rien... Je n'ai pas eu le temps de lui dire que j'avais réussi..., que j'avais mon permis !... Je l'aimais bien mais il aurait pu être mon père !...
Après, ON endormit ma conscience scrupuleuse avec quelques potions magiques ! ON me materna, ON m'assura que je n'étais coupable de rien mais finalement responsable de tout......

Sylvie 9 janvier 2006 · 50

.....Putains de cach'tons.... C'est vrai que la mort de Jean m'a fait disjoncter, sans doute ai-je eu besoin du Central Psy, un temps, pour y voir plus clair mais après.... Depuis mon retour de Quimper, ça ne va pas....

Bluekiss 12 janvier 2006 · 51

...Non, ça ne va pas du tout. Il faudra comprendre. Comprendre ce que cache toute cette histoire, elle m'a l'air très louche. Démasquer qui, pourquoi, où, comment...Je dois absolument découvrir ce qui s'est passé, coûte que coûte!
Et sur cette pensée, Jehanne prit son sac et partit chez Raph.

Fleur2yeux 17 janvier 2006 · 52

Le métro était à deux pas, sûrement pour s'évader plus facilement de ce trou à rats se dit Jehanne. Arrivée devant l'entrée, elle vit un clochard allongé sur le sol, une gamelle emplie de pièces rouges, indiquant que ce n'est pas encore aujourd'hui qu'il allait manger.
- Vous n'auriez pas une petite pièce mademoiselle ?
- Si bien sûr.
Jehanne fouilla dans son sac, les mains tremblantes, encore sous le choc de ce qu'elle avait vu à l'hôpital. Sous l'agitation et l'énervement de ne pas trouver ce qu'elle cherchait plus rapidement, elle fit tombé le dit sac et se baissa rapidement pour le rattraper. En levant les yeux vers son interlocuteur qui lui faisait face à présent, elle tomba à la renverse en voyant le clown du placard, le visage noir, les yeux exorbités et la corde au cou se jeter sur elle dans un élan de violence non contrôlé. Le réflexe fut rapide, coup de tête sur le nez. le clochard tomba en arrière, le nez explosé.
- Salope tu m'as cassé le nez !!!
- Excus...excu...oh, ma tête !!! Que se passe t-il?
- Salope !!!
La voix rauque de ce pauvre vieux lui résonnait dans le crâne tandis qu'elle s'évanouissait. Quand elle reprit conscience, elle était à nouveau dans ce maudit hôpital, encamisolée, entravée et baîllonnée...

Fleur2yeux 14 mars 2006 · 53

Il faut à tout prix que je me sorte de cet engrenage infernal qui me pourrit l'existence. Je n'en peux plus, je ne dors plus et suis nourrie par intraveineuse. Qu'est-ce qu'il m'arrive??? Apicella débarqua dans la chambre comme un furieux, dévastant les pensées nocturnes de Jehanne. Ayant pris l'habitude de ses visites tardives, elle fit encore une fois semblant de dormir. Ce soir-là, il ne se contenta pas de la regarder comme à son habitude. Au bout d'un moment qui lui sembla être une éternité, elle entendit un bruit de fermeture-éclair et le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait, le salaud était déjà sur elle, la pénétrant sauvagement tout en lui pinçant le bout des seins...

Bluekiss 15 mars 2006 · 54

- Ca fait longtemps que je voulais te faire ça petite folle...- sa respiration aux effluves d'alcool emplissait les narines de Jehanne. Quand tu te penchais pour mettre tes pantoufles, tes cheveux mouillés touchaient tes épaules nues...
-Mais...qu'est-ce que vous faites? vous êtes fou? non...non...arrêtez...arrêtez..Ah Ah Ah!!! Arrêtez...
Ce n'était pas Jehanne qui parlait, mais une voix d'homme qui chantait une chanson psychédélique des années 70.

Fleur2yeux 16 mars 2006 · 55

Apicella en entendant ces paroles s'arrêta, laissant à Jehanne un moment de répit. Son regard scrutait toute la chambre, cherchant l'auteur de ces paroles répugnantes par tant de fantaisie sans réussir à trouver cet imposteur.
- C'est toi qui parle petite conne?
- Je n'ai absolument rien dit espèce d'enfoiré!!!
Pourtant, cette voix persistait encore et encore, ne s'arrêtant que pour mieux reprendre ce refrain diabolique. Les paroles qui pouvaient passer inaperçues à la première écoute devenaient de plus en plus violentes et pertinentes à en croire Apicella.
- Je ne suis pourtant pas fou!!! hurla-t-il.
- Il n'y a personne à part moi et un vieux porc dans cette putain de chambre, et il se trouve que le porc en question se trouve en train de me violer encu...
Apicella asséna un violent coup de poing à Jehanne, lui ouvrant l'arcade sourcilière. Le sang s'écoulait rapidement sur ses yeux ahuris et remplis de larmes, laissant Apicella devant la violence de son geste incontrolé.
" Mais vous êtes fou? Arrêtez!!! ah... ah... ah... arrêtez!!! Ouais, c'est moi... c'est moi... c'est moi... c'est moi!!!
Le docteur frappa encore Jehanne au visage jusqu'à ce qu'on ne puisse plus distinguer qu'une masse informe sous le sang qui coagulait, faisant de grosses croûtes noires sur ce visages qui fut jadis d'une beauté étincelante...

Fleur2yeux 21 mai 2006 · 56

L'horreur envahit les yeux du médecin jusqu'à ce qu'on ne pût plus apercevoir ses prunelles mais un regard vide d'expression, un peu comme celui d'un mort décédé d'une mort violente, les paupières encore ouvertes. Il regarda une dernière fois son chef-d'oeuvre issu d'une violence sans limite et se précipita d'un pas mal assuré vers la porte de la chambre, ces paroles encore dans la tête. "Jai pété un plomb, je suis bon pour pour l'asile".
La main sur la poignée de porte, il entendit respirer bruyamment dans son dos, se retourna violemment à s'en faire péter les cervicales quand le stylo, celui qui sentait cette odeur si familière, si âpre et délicate à la fois se planter dans son bas ventre, lui transperçant la vessie provoquant un pluie de pisse sur ce sol nu. Carrelage jauni, organes broyés, il vit sa tête s'écraser sur le sol tandis que des coups de pieds lui ruinaient ce qu'il restait de ses organes reproducteurs... "Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous êtes fou ? Etes-vous fou ? Qu'est-ce que la folie ? Je ne sais pas maman, ce n'est pas moi qui ait égorgé le chat ! Non !!!"

Fleur2yeux 16 mai 2007 · 57

Plus une seule seconde à perdre, courir dans le corridor, blanc et puant le formol mêlé à la javel. Courir jusqu'à la fin des temps peut-être, plus rien n'étonnait Jehanne à présent. Les images fusionnaient dans sa tête essayant de n'en faire qu'une. Pas évident à endosser comme tâche... Le clown mort, cet enculé d'Apicella la violant, tout lui tombait dessus en même temps. Que la vie est dure se dit elle avant de tomber dans les pommes devant l'ascenceur de service...

Ce qu'on en a dit sur le moment

Lisarabesk 17 novembre 2005

Merci Raph de participer à ma ptite histoire. J'avais été voir ton site, j'avais écouté tes chansons que j'avais trouvées très plaisantes, enfin elle m'avaient bien plus donc ça me fait plaisir que cette histoire t'ai inspirée! Sur ce, bonne continuation!

Eleinad 22 novembre 2005

hum! hum! et l'orthographe dans tout ça?
ce n'est pas à prendre comme une méchante remarque mais comme un constat. Ne peut-on pas inclure un vérificateur d'orthographe? Je dois dire que je suis ignare profonde en informatique.
A part ça les histoires me plaisent et je reste"baba" devant tant d'imagination!

Nono 23 novembre 2005

Pour le moment un correcteur d'orthographe en ligne c'est absolument pas simple à mettre en oeuvre, c'est aussi à chacun de faire un effort.

C3ed 29 novembre 2005

Je peux bien être correcteur. Si vous le voulez bien et que Nono réussi à me préparer un petit quelque chose qui me permettrait d'éditer les participations, je pourrais corriger à temps perdu... :)

Raph 29 novembre 2005

Tiens ! J'avais pas vu ta remarque, Lisa... Merci à toi. Je te comprends, quand on crée une histoire, je pense qu'on la sens un peu sienne, et on est touché par les participations. Je vis personnellement de vraies émotions fortes avec "Mesdames mesdemoiselles..."
Bises
Raph

Bluekiss 29 novembre 2005

Petite précision - l'anonyme du mardi 29 novembre n'est autre que Fleur2Yeux=))

Nono 4 décembre 2005

Oki j'ai rectifié ça. :-)

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