Oh ! Un nuage ! Oh ! Deux nuages ! Oh ... Des centaines de nuages !
"Ce ne sont pas des nuages mais des moutons, me dit un ange qui passe là par hasard.
- Ah oui, cest vrai, ils ont des pattes.
- Ce sont tous les moutons que tu as comptés lorsque tu n'arrivais pas à dormir. Une fois comptés, ils ne servent plus à rien et s'en vont au ciel.
- Au ciel ? Je suis donc au paradis ?
- Mais non, mon garçon, au ciel, dans le ciel, quoi ! Ils ne servent plus à rien donc ils s'envolent. Comme toi en quelque sorte."
Comme moi ? Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Je voudrais le lui demander mais l'ange n'est plus là. Il a disparu.
Mais j'aperçois l'oiseau qui m'a apporté le nez rouge qui revient vers moi, cette fois avec une perruque de clown dans le bec.
Il me la pose sur la tête et je le vois qui essaye de me pincer le nez. Je recule :
" Eh ! T'es fou ou quoi ? Tu vas me faire mal ! "
Mais il y arrive cependant et, bizarrement, je ne ressens aucune douleur. Puis il s'en va, une petite boule d'un rouge luisant à la place de la perruque.
Je ne comprends rien à cette mascarade. Je vais lui demander ce qu'il fabrique, cet oiseau de malheur !
" Eh ! Le corbeau ! Qu'est-ce que tu fabriques à la fin ? Tu pourrais pas m'expliquer un peu ? "
L'oiseau se retourne, hésite, puis ouvre le bec et laisse tomber son Babibel :
" Mais t'es con ou quoi ! J'essaye de te faire te rappeler de bons souvenirs et toi, tout ce que tu trouves de bon à faire, c'est d'aller voir les anges. Tout le monde sait pourtant qu'ils ont la langue fourchue ! Le nez rouge, c'était pour que tu te rappelles ce temps où tu faisais des tours de magie à tes amis, déguisé en clown. Ils étaient heureux et toi tu l'étais encore plus. Mais, non, tu ne veux pas te rappeler. Je t'ai apporté une perruque à la place du nez en espérant que ça marche mieux mais, apparemment, ça ne marche pas. Tant pis pour toi. La prochaine fois, je ne t'aiderai pas. On ne m'y reprendra plus ! "
L'oiseau s'en va.
Il me laisse tout seul.
" Non, tu n'es pas tout seul, je suis là, moi ! ", me dit l'ange.
Je me retourne, il est là, à me sourire malicieusement :
" Tu te rappelles quand tu devais réciter devant toute la classe cette fable de La Fontaine que tu n'as jamais réussi à retenir ? Le maître t'avait bien engueulé après, te ridiculisant devant toute la classe. Tu l'adorais, ce maître, pourtant ... "
ASSEZ ! Assez ... Je n'en peux plus ...
Je ne veux plus de ce rêve. Il n'est pas beau.
Tout tourne autour de moi.
Le ciel tourne.
Tout autour de moi.
Je tombe.
J'ai mal au crâne. Lentement j'ouvre les yeux. Je suis encore dans cette pièce. Enfermé. Le désespoir s'empare de moi à nouveau.
Si même mes rêves ne sont plus beaux...
Mais j'aperçois quelque chose de l'autre côté de la pièce, par terre, quelque chose de rouge.
Quelque chose de rouge et qui brille. Qui brille comme un soleil...