Elle pleure...il rit.
Il recule...elle avance.
Elle caresse son visage...il se crispe.
Il se détourne...elle le gifle.

Je t'aime, moi non plus !
Romantique · 30 chapitres · 11 plumes · écrite du 26 novembre 2005 au 9 janvier 2010 à 21h30 · 4433 lectures à l'époque
(Je t'aime, moi non plus !)
Les 30 chapitres, dans l'ordre
Il part. Elle le laisse faire. Elle le regarde rassembler ses affaires. Elle ne pleure plus. Elle se consume.
Elle a mal. Elle voudrait lui crier de ne pas partir mais aucun son ne sort de ses lèvres. Ses yeux sont secs, mais son coeur en lambeaux.
Alors, comme si la vie allait lui échapper, comme si elle vivait son dernier souffle, elle voit toute cette histoire, soudain sordide, lui revenir en mémoire. Lui, elle, les autres et cette lente descente aux enfers qu'il lui avait infligée depuis...depuis ce fameux jour...
Un soir, comme d'autres soirs, sans signe particulier. Il avait franchi le seuil de la porte avec sa tête des jours blancs. L'annonce d'une soirée comme les autres, pas de surprise à déficeler, pas de conflit à séquestrer. Elle aimait cette vie au bord de lui.
Elle lui avait souri, parlé, effleuré les lèvres d'un tendre baiser et il était resté sans mot, sans geste, sans élan, sans froideur, sans reproche, sans présence.
Il n'était rien, elle ne représentait rien, rien n'existait plus qu'un silence pesant autour d'une relation qui aurait pu ne jamais exister. Elle a senti ce soir-là l'indicible, l'inavouable autour d'elle sans pouvoir l'identifier.
Elle a alors mis son cerveau en marche, jusque dans ses inextricables méandres afin de trouver une note rationnelle à ce brusque changement de sa part. Etait-ce lié à un problème de travail dont il n'osait parler, à une rencontre féminine qu'il ne voulait lui avouer, à une maladie dont il venait de se savoir atteint...ou toute autre chose assez grave pour chambouler ainsi toute sa personnalité. Elle ne trouva rien de plausible...
Elle choisit, à défaut, d'endosser sa robe de silence. Sans rien lui demander elle lui servit un verre des grands jours. interloqué, il demanda :" Que célébrons-nous ?" "Nous, simplement"
Même si, au fond d'elle-même, elle se demandait si ce '"nous" existait encore. Il ne cilla pas, accepta le verre au liquide ambré qu'elle lui tendit, trempa le bout de ses lèvres dedans, puis poussa un profond soupir :
- Il faut que je te parle...
Voilà, la phrase était lancée ! Celle des aveux douloureux, des changement de cap ! Celle qu'on regrettera dans l'avenir, parce qu'elle aura brisée le présent ! "Non" pensa-t-elle "pas maintenant, pas déjà ? Jamais !" Elle ne voulait rien savoir, rien entendre, juste continuer dans la joie et le bonheur... mais son verre lui échappa dès qu'il commenca à ouvrir la bouche :
- J'ai décidé de partir, de tout quitter, de te quitter. Je ne pars pas pour, ou avec, une femme. Tu n'es pas responsable. Je pars loin de cette vie morose et sans issue.
Evidemment, en deux phrases tout était dit. Enfin, tout ce qu'il acceptait de me dire, de s'entendre dire. Peut-être se serait-il senti coupable de m'assener quelques reproches, alors qu'il tirait sa révérence avec honneur en avouant être ainsi faillible. Mais se moquait-il de moi ? Croyait-il vraiment s'en tirer à si bon compte...? d'une pirouette...?
J'avais besoin d'en savoir plus. Qu'est-ce qui motivait réellement cette fuite facile ? Pas question de me contenter de ces phrases blanches, sans contenu. Comment pourrais-je me reconstruire si je ne savais pas pourquoi il me quittait. J'osais :
- Pourquoi maintenant ?
- Euh...eh bien ça aurait pu être hier ou bien demain, ou encore dans un an, voire même jamais. C'est comme ça, tu n'y peux rien et moi non plus. Je suis à un virage de ma vie, je dois la poursuivre ailleurs, autrement, et je ne peux pas t'emmener. Je n'ai pas d'autre réponse à te fournir, il faudra bien que tu t'en contentes.
Et si on mélangeait les mêmes mots dans un ordre plus simplifié comme:
....................Je t'aime moi non plus .......................
....................Non je t'aime plus moi .......................
....................Non moi je t'aime plus .......................
Pour moi c'est la seule signification a cette phrase.
....plus tu m'aimes, moins je t'aime....
..aimes-moi plus, je t'aimerais moins..;
Il a claqué la porte et m'a laissée là, avec mon incompréhension. Le monde s'est obscurci d'un coup et mon coeur a trébuché.
Je me suis assise à ma table et me suis roulé un joint. Le chat sommeillait sur le divan.
"Maintenant l'oubli"
J'ai passé alors des mois à tenter l'oubli. J'ai travaillé, vu des gens, je suis sortie en boîte, couché avec d'autres hommes, et pourtant j'avais l'impression de vivre derrière la porte d'entrée, à attendre son retour.
J'attendais.
J'attendais de ses nouvelles, j'attendais un petit mot pour me dire que tout va bien, j'attendais un coup de fil. Mais rien de ceci n'est jamais venu.
Durant cette période, tous les hommes que j'ai rencontré avait un petit quelque chose de lui: Julien avait le même timbre de voix, Pascal utilisait la même lotion après-rasage, Marc avait le même regard perçant. Je cherchais mon homme partout. Mon coeur refusait de voir la réalité, à savoir qu'il était parti, sans aucun espoir de retour.
Sur la table de nuit étaient posés tous les objets-souvenirs que j'avais gardé de la part de mes amis, mes amants, cependant rien de sa part, pas même un briquet. Je réalise, enfin de compte, à quel point on attache de l'importance aux souvenirs alors que lui, il est toujours présent dans mon esprit et dans mon coeur, sans rien.
Le sentiment de l'abondan m'arrache à nouveau de mes pensées, je ne sais plus, si c'est à cause de la fumée ou du chagrin, mes yeux sont aveuglés par les larmes....
à chaque fois que je repense à notre première rencontre, ou à tous les beaux voyages que nous avons fait ensemble.
Nous nous sommes rencontrés un certain jour de décembre à Chamonix. Je me promenais dans le village prenant de nombreux clichés du Mont-Blanc, quand il m'a gentiment tapé sur l'épaule. J'avais laissé tombé mon gant et il l'avait gentiment ramassé. Nous avons discuté de la beauté du paysage et il m'a demandé si j'avais fait la montée. Je lui ai dit en riant que mon vertige me l'interdisait et il se mit à me parler de la vue magnifique et de la pureté de l'air. Il m'a demandé si j'accepterais de prendre un chocolat-chaud et c'est ainsi que nous avons passé la soirée à parler de la France et de la Suisse.
- Vous êtez parisienne ?
- Oui. De naissance. Je précise, parce qu'il n'y a même pas un parisien sur trois né à Paris. Vous pensez, entre les jeunes qui "montent" d'un côté, et les vieux qui "s'évadent" de l'autre, ça en fait du flux migratoire !
- Oh ! Me parlez pas de flux migratoire !
- Pourquoi, vous êtes douanier ?
- Presque... sociologue !
Les jours qui ont suivis ont ressemblé à cette première conversation : une découverte, une quête, une ascension vers la connaissance de l'autre, faute d'ascension du Mont-Blanc !
Ce fut sans doute le plus beau séjour de ma vie...
Je me lève tout d'un coup et à la hâte je vérifie le téléphone, si le combiné est placé correctement, puis la tonalité, oui il y a souvent des coupures, non ce n'est pas le cas, je crois que c'est la vingtième fois que je le vérifie. Non il ne m'a toujours appellée sur mon téléphone portable, me dis-je tout en cherchant dans mon sac, voilà un appel en absence avec un N° privé, mon Dieu ça doit être lui, mon coeur bat la chamade.
Je rappelle le numéro, subito-presto, mais ce n'était que le cabinet du dentiste pour confirmer mon rendez-vous de lundi prochain. Quelle déception!!
Je vais vérifier mes courriels, tout d'un coup qu'il m'aurait envoyé un petit mot..Je passe en revue mes courriels, mais rien là aussi. Je dois me faire une raison, il est parti, a coupé tous les ponts.
Allons ma vieille, me dis-je, secoue-toi..Un de perdu, 10 de retrouvés.
Un de perdu, 10 de retrouvés, c'est ce que Cécile n'arrêtait pas de me répéter! Mais tout ça c'est vite dit, c'est facile à dire et c'est du vieux dicton qui vaut pas un clou! Je le savais, j'en faisait l'experience. Cécile elle, elle n'y connaissait rien à vrai dire. Bah oui, Cécile mon amie de toujours, ma copine un peu frapadingue avait fait voeux de chasteté! J'ai eu beau lui dire que c'était de la folie, que belle, drôle et intelligente comme elle était cela ne rimait à rien mais au contraire j'apprendrais plus tard pourquoi ma chère Cécile que je croyais connaître par coeur en avait décidé ainsi!
Un jour elle me racontait son premier amour... un peu trop tôt... à peine quinze ans... Pas trop tôt pour ressentir, mais trop tôt pour cet amour-là, celui qui déchire quelque chose au fond des trippes, qui casse un morceau de soi... l'amour qui fait de soi la moitié de ce qu'on était jusque là...
Traumatisée par l'amour, la Cécile...
"Mais moi, non !"
Voilà ce que je me dit aujourd'hui. "Moi, non"...
Et pourtant j'ai tant de mal à y croire...
Un matin, notre premier matin à Paris, chez nous, dans notre appartement du Boulevard Beaumarchais, deux mois après notre rencontre... Le soleil passait par le carreau de la cuisine, il m'a regardée en souriant. J'avais la tête enfarinée de sommeil. Je lui ai dit :
- Arrête ! Je suis affreuse !
- Tu crois ?
Il a rit... on a rit tous les deux, et là il a dit :
Tu ne seras jamais affreuse à mes yeux. J'aime te voir sans maquillage, les yeux encore remplis de sommeil. J'aime te voir dormir, voir ton abandon et ta vulnérabilité. Je t'aime autant en jeans qu'en dentelle, en noir ou toute en couleurs. J'aime ton look femme d'affaire et ton look femme fatale.
Bref, j'aime tout de toi, et je t'aime TOI!!
Je n'ai pas su quoi répondre... Je l'aimais aussi... "JE T'AIME AUSSI" hurlais-je en pensée, mais rien ne sortait. Je ne pus que balbutier :
- Ça me fait plaisir, ce que tu me dis. Tu sais que je tiens énormément à toi...
"JE T'AIME PLUS QUE TOUT" hurlais-je dans ma tête de plus belle...
- ...Ça me fait un peu peur, tous ces mots... on ne m'a pas habituée...
" MA VIE N'ETAIS RIEN AVANT TOI, ET SANS TOI ELLE RETOURNERAIT AU NEANT"
- ... et je suis heureuse qu'on ait emménagé ensemble, j'avais besoin d'une présence.
"JE T'AIME ! JE T'AIME !"
Il n'a rien dit. Je pense qu'il était déçu, mais il n'a rien laissé paraître. Il savait faire le tri. Il savait montrer tout ce qui allait et laisser de côté ce qui n'allait pas.
Quelle conne j'ai été...
de ne pas lui dire sur le moment tous ces mots qui se bousculaient dans ma tête et dans mon coeur. Toujours attendre, mais attendre quoi réellement ? Attendre le bon moment, mais le meilleur moment est toujours l'instant présent. Que d'occasions ratées !!
Je me souviens de mon dernier anniversaire..Il s'était levé plus tôt et avait préparé mon petit-déjeûner, prenant soin de mettre dans mon plateau une branche de muguet portant encore la rosée du matin et un joli mot :
Ma douce, tu as su mettre rallumer dans mon coeur, la flamme de la passion que je croyais éteinte. Grâce à toi, j'ai redécouvert les joies de l'amour, de la vie à deux. Tu es l'amour de ma vie et te perdre serait une peine immense. Je t'aime et je t'aimerai toujours.
Avec toute ma tendresse
Ton homme xoxoxoxo
A la lecture de son mot, les larmes me virent au bord des yeux et je dû lutter pour qu'elles ne coulent pas librement sur mes joues. Tout ce que j'ai pu dire c'est "merci pour ta délicate attention" et j'ai déposé un baiser sur sa joue. J'ai vu dans ses yeux qu'il était peiné, mais c'est tout ce que je pouvais faire..
Si je pouvais retourner en arrière, je lui écrirais une longue lettre, mettant mon âme à nue sur papier, lui écrivant tout ce que j'aurais aimé lui dire. Mais il est trop tard maintenant...
Par mon incapacité à laisser parler mon coeur, j'ai perdu mon amour. Parler de mes sentiments n'est pas une chose facile pour moi et j'ai perdu beaucoup d'ami(e)s et d'amoureux à cause de ce problème. Je sais ce que je veux dire, mais j'ai peur...
Le téléphone sonne.
Je bondis, comme si cet appel pouvait me raccrocher à la vie.
- Allô ? Ce... C'est toi ?
- C'est moi, dit simplement la voix.
- Tu sais, je... je t'aime.. très fort... trop fort ! Je veux pas que tu me quittes... Je t'aime !!
Je pensais après ces mots que mon amour reviendrait ; qu'il comprendrait enfin qu'il compte énormément pour ma vie. Mais non.
- C'est bien ce qui m'inquiète.
Sa réponse m'a sidérée. Je laisse tomber le téléphone par terre. Vais-je m'évanouir ? Non. Vais-je pleurer ? Non. Vais-je lui hurler dessus ? Non plus. Calmement, je raccroche le téléphone. Sans pleurer. Je m'assieds sur le lit. Sans pleurer. Je regarde tous les souvenirs de mes anciens amants. Et là seulement je pleure.
Un post-it collé sur le frigo...par mon bien-aimé!
"Il me demandait: à quelle heure reviendras-tu?"
Signé - "Bernard... qui t'aime...toi non plus?"
Je collais un autre post-it pour toute réponse je dis :
"A quelle heure veux-tu me voir?"
Signé -"Ta Louise...qui t'aime...plus!"
En rentrant ce soir là...il n'y eut plus de post-it sur le frigo...il ne restait que la table...une chaise...
Qui t'aime plus?
Ce n'était pas plus...mais plus encore...
Bernard avait tout repris, laissant sa Louise tant aimée...dans le plus grand désarroi...elle eut beau pleurer et crier qu'elle l'aimait encore...
"-Bernard, t'as rien compris, je t'aimais plus que tu ne m'aimais...quand je t'aimais moins, tu m'aimais plus que je ne t'aimais...
Elle punaisa sur la porte d'entrée un bout de papier griffonné...aussi chiffonné qu'elle :
"-Ta Louise qui t'aime à en crever!"
Au cas où?
Ce qu'on en a dit sur le moment
un discret couo à la porte me tire de mes souvenirs. J'enfilais rapidement une rode de nuit et allais ouvrir. C'était LUI !
Bonjour murmura t'il? je suis désolé.
Une larme coula sur ma joue. Depuis le temps que j%u2019espérais ce jour. Je restais planté devant lui comme une idiote !


L'incompréhension ou la difficulté de la langue française...
Plus ...quantité? rien? Encore plus fort? C'est pas évident!