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La ferme aux secrets

Policier · 6 chapitres · 6 plumes · écrite du 14 décembre 2006 au 5 août 2007

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Ligne de conduite

Pour garder quel secret a-t-on tué la vieille dame?

Alex6 14 décembre 2006 · 1

Tout d'abord ce ne fut qu'un murmure, une rumeur, puis très vite la nouvelle se confirma:
la police avait retrouvée le corps d'une vieille femme dans la ferme d'à coté. Elle avait été battue puis étranglée.
Mais pour quelle raison?
Madame Duroi ,74 ans, vivait chichement dans la ferme familliale avec sa petite pension de veuve. Juste assez pour vivre. Le mobile ne pouvait pas être l'argent.
Elle sortait rarement, ne recevait jamais personne. Dans le village on la disait un peu sorcière (des histoires pour faire peur aux enfants) et pourtant les plus agés parlaient d'elle à voix basse, comme si un lourd secret entourait la vieille dame.
Curieuse, je me décidai à explorer les lieux dès que les policiers seraient partis.
Cachée derrière un taillis, je les avais observé. Ils avaient cherchés et fouillés partout mais n'avaient semble-t-il trouvé aucun indice.
Enfin, à la tombée de la nuit , ils finirent par quitter les lieux et je sortis de ma cachette .
J'ouvris la porte grinçante et me retrouvais dans la cuisine. Une énorme cheminée, quelques vieux meubles , une table en chêne et quelques bibelots. Rien qui aurait pu aiguiser la convoitise de voleurs.
Un escalier en bois menait à l'étage. Une chambre, un placard et une pièce remplie de cartons et de vieilleries. Toutes les pieces avaient été fouilées, il y règnait un désordre innimaginable. Mais que pouvait bien chercher les assassins?
Je m'apprêtais à redescendre quand je me pris les pieds dans quelque chose et perdit l'équilibre!
Une latte du plancher dépassait des autres, elle se brisa sous le choc et laissa apparaitre un trou, une sorte de cache!
En regardant au fond, je découvris une boîte en fer blanc, un grand cahier de cuir relié et des coupures de journaux jaunis par le temps.
Dans la boîte, quelques billets, l'acte de propriété de la ferme et des photos.Sur l'une d'elle on pouvait apercevoir un groupe de personnes (hommes ,femmes, enfants)habillés années 40, les joues creuses et le regard triste.
J'ouvris le grand cahier, Ça semblait être un journal intime, écrit joliment à la plume.
Je commençais à lire:
17 mars 1941
La guerre est aux portes du village. Le drapeau à la croix maudite flotte au-dessus de la mairie.
Ils sont maintenant 25 à se cacher dans notre grange et ça devient de plus en plus dangereux pour nous. Mais que faire d'autre........

Vronique 26 février 2007 · 2

L'autre jour, les soldats sont venus réquisitionner nos lapins et nos poules. Pour les poules, nous les avons laissé les attraper, nous nous amusions de leur maladresse. Piètre compensation à nos privations. Pour les lapins, heureusement père avait prévu le coup, il avait installé des clapiers dans le bois quand les diables sont arrivés à la mairie.
Tous les jours je pars promener ma petite soeur dans son landau en direction de la forêt. Sous son matelas, il y a des herbes pour les lapins et dans son biberon je mets l'eau des abreuvoirs.

Peauaime 18 juin 2007 · 3

La forêt, c'est là qu'il y a, à peine dix jours, j'ai rencontré la mort. Assis et adossé contre un arbre, il toussait violemment. A chaque sursaut de son corps, de nouvelles gouttes de sang venaient perler sur ses lèvres. En me voyant, il émit un sifflement sinistre, et j'eus presque l'impression que les cernes sous ses yeux noircirent immédiatement.
Je me précipitais, tombais à genoux. Sans savoir comment ou pourquoi, l'homme mourut sans dire un mot. Et pourtant quand je repris mon chemin jusqu'au village, une enveloppe volumineuse enflait la poche de ma blouse. Dans ma main tintait un trousseau de clés qui ne m'appartenait pas.
Je ne suis pas aventureuse pour un sou. Il y a bien ces gens dans la grange, je ne sais pourtant pas ce qu'ils fuient. C'est comme héberger de mystérieux voyageurs.
Sous mes ongles, noircit toujours le sang de l'inconnu. Je n'ai pas voulu l'enlever, pour me forcer à me souvenir. La lettre frotte contre ma cuisse, je ne l'ai pas lue. Emeline, ma petite soeur joue toujours avec ravissement avec le trousseau de clés, qui ouvre des portes que je n'ai pas le courage d'affronter.

Caro 19 juin 2007 · 4

Après avoir lu une bonne trentaine de ces pages jaunies par le temps, Sarah se leva pour se dégourdir les jambes.
Madame Duroi avait semble-t-il vécu des moments marquants dans sa jeunesse. Se pouvait-il que le meurtre soit lié à de terribles secrets enfermés depuis toutes ces années dans ce journal...
La jeune fille réfléchit un moment et décida d'emporter avec elle le récit de la vieille dame.
Après avoir arrosé le potager et nourri les chiens qui jappaient d'impatience, Sarah s'était replongée dans la lecture.
Le jour se levait presque et maintenant ... elle savait.

Eleinad 17 juillet 2007 · 5

Elle savait qu'elle n'oublierait jamais ce qu'elle venait de lire.
Elle était très émue par ce récit de mort et d'amour ou d'amour et de mort.
Elle ne savait pas dans quel sens ordonner ses pensées.
A qui en parler ?
Avait-elle le droit de bouleverser tant de vies ?

Martine 5 août 2007 · 6

Au loin, le sifflement d'un train se fit entendre et sans savoir pourquoi Sarah prit le chemin du petit bois derrière sa maison. Elle aimait s'y promener souvent, en toute saison mais jamais encore à une heure si matinale. Elle passa sans s'arrêter au pied du vieux marronnier auprès duquel elle aimait se reposer et se ressourcer. Ses pas la menèrent jusqu à l'ancienne ligne de chemin de fer où subsistaient encore quelques ruines de la maison du garde barrière.

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