08 décembre. 8h20. Ecole maternelle de La Gare.
Mon papa vient juste de me déposer dans la cours. Il fait froid et il pleut. Le ciel est gris et chargé de nuages. Quelques flaques noires luisent sur le goudron entre les marelles colorées peintes sur le sol. Bien évidement je me régale à marcher dedans avant de me mettre au chaud dans la salle de jeu ! Papa va encore râler ce soir parce que mon pantalon sera sale !... De toute façon je l'aurais pas remis puisque demain matin je mettrai ma robe rouge quoiqu'il dise !... Sur les vêtements il n'a pas son mot à dire nanmého !... Y a qu'à voir comment il s'habille lui ! Aucun goût le vieux ! Jamais de vert de rose ou de jaune... Que du noir et du gris ! On dirait le monsieur des informations!
Dans le jour pas tout à fait encore levé j'aperçois les trottinettes et les vélos rangés sous le préau. Si à 10 heures il ne fait pas plus beau on sera obligé de jouer à l'intérieur... Jamais Eliane et maîtresse Laurence ne nous laisseront sortir dehors !... En plus j'ai pas ma capuche. Je l'avais bien cachée sous mon fauteuil dans la voiture ! Papa l'a pas retrouvée après un quart d'heure de recherches et a finalement laissé tomber vue qu'on était à la bourre comme dab!...
Faut dire que j'avais pas envie d'aller à l'école ce matin !... Y a des épinards et du poisson à la cantine aujourd'hui !
En entrant dans la salle commune j'ai tout de suite senti que quelque chose clochait... Point de cris et de piaillements. Aucun copain courant dans tous les sens !
Elohane, ma copine, est assise sur le banc de bois et pleure toute les larmes de son corps. Je pose vite mon sac Oui-Oui et suspends mon manteau sans capuche sur le portemanteau juste sous mon étiquette. Je remercie d'ailleurs papa et maman de m'avoir appelée Léa... Je suis la seule de l'école à réussir à écrire mon prénom sans me tromper !... Jean-Eudes et Delphine ils n'y arrivent pas encore eux !... Peut-être un jour quand ils seront en grande section ?
Donc je disais qu'Elohane pleure assise sur le banc. Autour d'elle Bryan, mon amoureux, Luna, Nicolas, mon autre amoureux, et Sarida tentent de la réconforter tandis que maîtresse Laurence fouille fébrilement les moindres recoins de la salle. Quelque chose cloche !... ça saute aux yeux !
D'un coup d'oeil rapide je vois le sac d'Elohane ouvert derrière un des piliers de béton de la salle. Son cahier de liaison a glissé sous l'armoire à jouets et la petite mallette rose Dora contenant habituellement son goûter dévoile son intimité désespérément vide.
Un scélérat a pillé le sac d'Elohane !
A travers la masse grandissante des badauds qui s'attroupent autour de l'éplorée je l'entends murmurer « Doudou... Mon doudou ! ».
Sacrilège ! L'infâme brigand lui a dérobé jusqu'à son précieux doudou !
Ni une ni deux, profitant du fait que maîtresse Laurence est occupée à explorer tous les placards je file dans les couloirs encore sombres comprenant que le malfrat, son crime commis, a du chercher refuge ailleurs qu'au milieu de la foule.
Les grands des fois ils réfléchissent de travers !... Si je ne m'en mêle pas jamais on ne retrouvera le coupable et l'ignoble truand inconnu pourra continuer impunément ses méfaits !... Le vile scolopendre à du soucis à se faire, Léa entre dans la partie !



Excellent ton début, un polar à la maternelle, c'est très rafraîchissant.