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Le carabin kleptomane

Aventure · 23 chapitres · 8 plumes · écrite du 1 novembre 2005 au 17 août 2006 · 1103 lectures à l'époque

Ligne de conduite

Un jeune interne en psychiatrie bien...malade

Les 23 chapitres, dans l'ordre
  1. Hiram
  2. Elektralias
  3. Raph
  4. Lemat
  5. Hiram
  6. Lemat
  7. Hiram
  8. Telma
  9. Michele
  10. Telma
  11. Hiram
  12. Telma
  13. Hiram
  14. Telma
  15. Elektralias
  16. Elektralias
  17. Telma
  18. Hiram
  19. Telma
  20. Hiram
  21. Fruit
  22. Hiram
  23. Dogchow
Hiram 1 novembre 2005 · 1

Trois fois, quatre fois...il ne comptait plus le nombre de reprises où il était passé devant. Bah, ce n'était qu'un livre, mais il l'attirait. Du plus profond de son conscient, lui venait le message de s'en emparer.
Jetant un oeil sur la caisse, il vit que le vieux libraire semblait s'assoupir. Quoi de plus normal vu les 13h28 affichées à la pendule digitale, le reste de pâté en croute sur le bureau et la bouteille vide de Juliénas mal dissimulée sous le comptoir?

Elektralias 1 novembre 2005 · 2

Il n'avait pas un sou en poche depuis des mois, et du coup, il n'arrivait plus à assouvir sa passion de la lecture, alors il déambulait dans les librairies, celle-ci en particulier. Son odeur de vieux livres, ses rayons croulants sous le mystère, cette poussière d'histoire...
D'un oeil, il constata que le vieil homme avait fini par piquer du nez. Bon sang ! Un seul geste précis et sûr, sans hésitation, sans regard en arrière. Il s'approcha de l'étagère usée où l'ouvrage était posé à plat sur les autres, avec son titre doré sur la couverture de cuir... "Histoires à poursuivre", c'était banal comme titre ou peut-être curieux, en fait il ne comprenait pas trop, justement ! Quelque chose le tenait scotché à ce recueil de... il ne savait quoi, d'ailleurs ! Ses doigts hésitaient à soulever la couverture épaisse, mais ses mains crevaient d'envie de le glisser sous son gros pull de laine...
"Merde ! Je n'ai jamais fait ça ! " pensa-t-il, mais si je le fait, promis, je le ramènerais !" Son esprit n'avait-il pas déjà sauté le pas ? Il se voyait courir dans la rue étroite, le poids du livre sur ses côtes, à la fois chaud et froid, bien et mal...
Il poussa un soupir, ferma les yeux un quart de seconde, glissa sa paume sur l'ouvrage, le bascula contre sa hanche, souleva son pull et marcha sans se retourner jusqu'à la porte d'entrée. Quand il sentit le trottoir sous ses pas, et non plus le parquet usé de la boutique, il laissa échapper un rire, puis serra son vol et pressa le pas.
Au fond du magasin d'un autre âge de cette rue trop étroite, le vieux messieurs releva doucement la tête, jeta un bref coup d'oeil à l'étagère allégée, et se fendit d'un sourire. "Et voilà, l'histoire est en marche..."

Raph 2 novembre 2005 · 3

Il pénétra chez lui encore tout essoufflé de cette course absurde : comment le vieil homme aurait-il pu l'atteindre lui qui avait remporté tous les records de sprint au lycée, lui que le sport avait sauvé d'un échec cuisant à son bac littéraire ?
Non, il était peinard à ce niveau-là.
Il se laissa aller à un fou rire libérateur, et se mit à rire de plus belle en réalisant qu'il avait un fou rire, seul dans sa chambre de bonne de 3 mètres sur 4, avec un bouquin vétuste entre les mains... Il rit tant et si bien que Madame Gélusi vint frapper à sa porte en criant:
"vous pouvez arrêter ce boucan, s'il vous plaît?"
"-Excusez-moi, madame Gélusi, excusez-moi..."
Mais il dut se mordre le poing pour ne pas exploser littéralement de rire.
Quand il fut plus ou moins calmé, il s'assis à sa table et ouvrit le bouquin à la première page. Il fut surpris en constatant que l'index des histoires n'affichait que des titres contenant les mots "...qui poursuivait..." :
"Le loup revanchard qui poursuivait son ombre"
"L'ami qui me poursuivait"
"Les fleurs brûlées qui poursuivaient leur existence"

Mais ce fût le titre de la quatrième histoire qui retint son attention :

"Le grand sportif qui poursuivait son rire"

Lemat 20 novembre 2005 · 4

Le sien pétillait encore au fond de ses yeux lorsqu'il commença cette lecture. L'histoire était celle d'un "fou" courant après son rire ; une épopée psychiatrique qui le renvoya très vite à sa triste condition.

Hiram 20 novembre 2005 · 5

Eh oui, jeune assistant récemment parachuté dans le service du Pr Lefebvre, il avait du mal à y trouver sa place.
Non pas que ses qualités soient en cause, mais l'intégration était difficile. Sans compter qu'il devait chaque jour se taper 45 minutes de métro...quand il n'y avait pas de retard.
Alors, vous pensez, rire...ça ne lui arrivait pas trop souvent.

Lemat 20 novembre 2005 · 6

Quand, hormis aujourd'hui, avait-il ri ? Etait-ce avec Violanne l'été dernier ? Il considéra un moment et avec rancoeur le chèque déjà signé qu'il devait lui envoyer et qui le laisserait, encore une fois en découvert bancaire ; il considéra aussi, non sans un sourire amer, la pauvre chambre où il logeait qui n'était que la résultante de la hargne des huissiers décapitant jour après jour le bonheur bourgeois qu'il voulait construire.
Ah, Violanne ! Un prénom de traîtrise qu'il avait fui jusqu'à se retrouver, le mois dernier, acculé par manque d'argent à accepter un poste d'assistant dans cette clinique parisienne.

Hiram 20 novembre 2005 · 7

Et quand il n'y était pas, ce qui ne lui arrivait guère plus que deux heures par jour (et pas une seule fois sur les trois derniers week-ends, ses collègues étant trop heureux de se décharger sur lui des gardes certes difficiles dans cet arrondissement), il courait éternellement après un peu d'argent.

Telma 20 novembre 2005 · 8

Ah l'argent ! Cet argent durement gagné à la sueur de ses neurones dans cet asile sinistre et sitôt envolé vers Violanne !
C'est sans doute ces conditions quotidiennement pénibles tant physiquement que moralement qui le poussèrent en ce début d'après-midi à dérober, et c'était la première fois, un objet inutile : ce livre. Un ouvrage relativement ancien, de moyenne facture, dont il n'avait nul besoin et pourtant une si impétueuse envie qu'il ne put la réprimer. La satisfaction ressentie lui procura un bien-être qu'il ne jugea pas illusoire.
L'après-midi passa ; il rejoignit le métro pour, cette fois, une garde de nuit.

Michele 23 novembre 2005 · 9

Quelques jours passèrent, à plusieurs reprises, il avait plutôt opté pour le chapardage alimentaire, et pour cause de code-barre, la plupart du temps, il choisissait l'une ou l'autre douceur qu'il consommait au magasin, d'un air innocent en poussant un caddie.
Une seule fois, il avait pris un paquet de viande, pas trop volumineux, dont il avait discrètement arraché l'étiquette et qu'il avait subrepticement poussé dans sa poche.
Cette espèce de manie l'emplissait de fierté et de joie.
Une force qu'il ne pouvait contrôler le poussait à prendre, pour lui ce n'était pas du vol plutôt une espèce de sport. Mais il était en manque de bouquin et il se promit de retourner voir le vieux libraire très bientôt.

Telma 24 novembre 2005 · 10

Oui, il retournerait dans cette vieille boutique surtout que ces derniers jours, il avait constaté que les nouvelles du livre dérobé se vivaient réellement autour de lui. N'avait-il pas vu, lors de sa garde de nuit, un patient éperdu cherchant son rire dans tous les coins de la clinique ; et, encore plus confondant, n'avait-il pas constaté que chaque chose qu'il "volait" se retrouvait le lendemain matin sur le pas de sa porte : les chocolats mangés en tout hâte derrière les gondoles de lessive étaient intacts sur son paillasson et jusqu'à la tranche de foie de boeuf qu'il avait fourrée dans sa poche, avant de la jeter dans la première bouche d'égout qu'il avait croisé, s'était retrouvée également devant sa porte.
Darson mi-amusé, mi-inquiet décida de retourner chez le vieux libraire.

Hiram 25 novembre 2005 · 11

"Fermé pour cause de décès", voilà le mot qu'il trouva sur la porte de la librairie.
Qu'était-il arrivé?
En s'informant auprès des voisins, il apprit que la veille vers 19h, le quartier avait été surpris par un rire sonore et puissant jusqu'à faire trembler les vitres des maisons voisines. La concierge de l'immeuble voisin avait alors remarqué un liquide couleur sang coulant sous la porte de la librairie.
Le SAMU avait dû défoncer l'entrée, ce qui laissa échapper des flots de fumée noirâtre. La police, arrivée peu après, avait bouclé le quartier jusqu'à ce matin.

Telma 26 novembre 2005 · 12

Des filets rouges couraient encore dans le caniveau.
_Mais c'est de l'encre, dit Darson en frottant le liquide entre ses doigts.

Hiram 26 novembre 2005 · 13

De l'encre...Mais alors, qu'était devenu le vieux libraire?
Des scellés de la PJ sur la porte lui empêchant tout examen des lieux, il décida d'abord d'aller voir à la clinique si le vieil homme n'avait pas été admis. On ne sait jamais, les urgences tournaient au ralenti depuis le départ du dernier interne à s'en être chargé, mais pourquoi pas?

Après avoir (de peu) évité l'accolade musclée de l'infirmière-chef, témoignage de sa reconnaissance d'avoir tiré son mari d'un délire éthylique, il s'avança vers le registre des admissions.
Jetant un oeil sur les casiers, il y vit un livre qui le laissa pantois...il était intitulé "L'interne à la poursuite de son malade".

Telma 26 novembre 2005 · 14

_Et merde de merde ! Je verrai plus tard, se dit-il en regardant la surveillante s'éloigner.

Elektralias 27 novembre 2005 · 15

Pourquoi ce livre se trouv

Elektralias 27 novembre 2005 · 16

ait-il dans son casier ? Qui l'avait apporté ? Qui s'amusait avec sa vie ? Ou... quel vie était-il en train de vivre ? Celle qu'il lisait sur ces feuilles jaunies et qui s'imbriquait parfois si bien à la sienne ?
- Jimmy !
L'interne apostrophé dans le couloir se tourna vers lui en souriant :
- Est-ce que tu sais si un vieil homme a été admis récemment ? Un libraire du centre- ville ?
- Non. Mais un vieux monsieur a laissé un livre pour toi, il a ajouté que tu étais... "un très bon personnage". Pas compris ! Et toi ?

Telma 28 novembre 2005 · 17

Non, il ne comprenait pas. Une vie de con dans un monde de cons, c'était certainement banal, peut-être même usuel, ordinaire. Ce qui l'était moins c'était ce livre.

Hiram 3 décembre 2005 · 18

Un livre dont il semblait bien que le ou les personnages s'éloignaient de lui dès qu'il voulait trop s'en approcher.
Et ce libraire qui jouait la fille de l'air, maintenant!

Se retenant à grand peine d'éclater de rire devant son collègue, il s'enquit du diagnostic.
"Pas le temps d'en poser un, vieux, le vieil homme s'est barré comme s'il avait le feu aux trousses! Mais on nous l'avait amené pour hémorragie et crois-moi, si ce gars avait saigné, il n'aurait pas couru si vite!"

Alors, là, vraiment, il n'y pigeait rien. Mais rien de rien!

Ouvrant le livre, il y vit un ex-libris, ma foi fort joli, représentant une grenouille qui riait à...gorge déployée.
Sous le dessin, un chiffre : 0625457863.
" Tiens, cela ressemble furieusement à un numéro de portable, ça..."

Telma 3 décembre 2005 · 19

Sitôt sorti, il composa ce numéro.
"L'administrateur du centre des relations contractuelles n'étant pas disponible,
joignez le numéro de référence ou appelez ultérieurement. Merci."

Hiram 11 décembre 2005 · 20

Alors là, il en tombait des nues!
"Le centre des relations contractuelles" maintenant! Et qui plus est avec un administrateur...absent!

"Qu'est-ce que c'est que ce foutoir?"
Jetant un oeil sur la 4èmeligne de la couverture, il y vit un autre numéro, celui-là commençant par 00-32, et référencé "Administration de l'édition" et complété de la mention "A n'utiliser qu'en cas d'urgence".

Ben voyons, ce n'en était pas une, peut-être?

Le public adress résonna : "On demande le Dr Darson aux urgences, merci".
Allons donc, quoi encore?

L'infirmière-chef avait l'air catastrophé.
"Excusez-moi, docteur, mais le patient du box 4 a bien insisté pour que vous le preniez en charge, et personne d'autre".
- De quoi s'agit-il, Mme Nivelle?
- Un vieux monsieur que les bleus nous amènent. D'après eux, il "faisait du scandale" sur la voie publique.
- Du scandale? Est-il ivre?
- Pas à première vue, docteur. Mais il semble assez confus, il ne cesse de répéter "Je vais rattraper cet interne, oui oui. HA HA HA!"

Fruit 11 décembre 2005 · 21

Darson poussa le store du box 4, il était vide. Il appela Nivelle.
_C'est les urgences, ici, ou un palais des courants d'air ! Il n'y a personne !
Là-bas, tout au fond du couloir, il lui sembla entendre un rire.

Hiram 17 décembre 2005 · 22

"Et voilà, c'est reparti pour un tour..." soupira-t-il.

Mais à l'instant où il allait se précipiter dans le couloir, il vit sous le brancard ce qui semblait être un porte-cartes...et qui l'était effectivement.
Il le fourra dans sa poche en se disant qu'il l'ouvrirait plus tard.
Mme Nivelle lui jeta un regard semble-t-il désapprobateur mais après tout...

Arrivé à la réception des urgences, au bout du fameux couloir, il y vit la jeune réceptionniste récemment engagée dont Jimmy lui avait vanté les mérites à sa manière, c'est-à-dire en résumant les choses à son expression habituelle "90-60-90 et devine quel chiffre est le QI?".

Dogchow 17 août 2006 · 23

Cette réceptionniste, il lui semblait l'avoir déjà vue auparavant. Mais peu importe, se disait-il. Darson continua son chemin quand soudain tout devint flou.

Darson s'arrêta brusquement afin de reprendre ses esprits. Mais rien ne fonctionnait, la salle était remplie de gens, mais personne, vraiment personne ne parlait. Tout le monde fonctionnait soudainement au ralenti.

Ce qu'on en a dit sur le moment

Anonyme 26 novembre 2005

Telma, un peu courtes tes dernières interventions!
Dommage, ça partait bien...

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