Nyu était déjà sortie de la maison par un temps glacial, annonçant l'hiver inévitable, assez précipitamment après avoir jeté un coup d'oeil à la montre argentée attachée au poignet droit. Malgré son manteau mis par-dessus un gros pull-over avec une écharpe, elle sentit le froid pénétrer par la force du vent, qui, de toute évidence, semblait s'amuser de la fragilité des humains.
« Avec un peu de chance, j'arriverai sans trop courir avant le début des cours... », se dit-elle intérieurement alors qu'elle marchait dans le silence du matin.
Ses longs cheveux noirs se laissaient porter par la brise violemment, tantôt en avant, tantôt en arrière sans gêner pour autant la jeune femme de 18 ans.
Elle n'aimait pas cette couleur artificielle qu'on lui avait imposée. La coloration naturelle de sa chevelure était, d'après sa mère, depuis sa naissance d'un rouge pourpre, rappelant une tonalité macabre.
Elle se souvenait des difficultés qu'elle avait rencontré lors de ses rentrées à l'école, au primaire tout d'abord, dont le souvenir transperçait le reste de sa bonne conscience.
Elle se rappelait parfaitement les expressions choquées des professeurs, d'avoir entendu de leurs bouches le mot « excentrique », de leurs multiples commentaires à son égard.
Même les enfants l'avait tout de suite rejetée, elle avait dû subir des pluies de persécutions, jusqu'au jour où...
« C'est pas de ma faute! », cria-t-elle soudainement.
Nyu s'arrêta, suffocante et reprit son souffle en essayant de ne plus faire ressurgir cette histoire de sa mémoire. De toute façon, plus personne ne l'embêterait, plus jamais elle n'userait de cette chose. Maintenant elle avait des amies, et même si elle avait du passer chez le coiffeur pour une teinte, elle se sentait désormais normale.
La lycéenne reprit sa marche en direction de son établissement.
Comme à son habitude, elle choisit le raccourci qui n'était autre qu'une minuscule ruelle où peu de gens se risquaient, à cause de la prétendue fréquence de crimes commis en tout genres. C'était en fait un débouché des fonds de restaurants, d'où la chaleur présente entre les murs.
D'un pas allant, elle traversa un dédale de rues étroites avant de s'arrêter une nouvelle fois.
« Je sens...une présence familière... », murmura Nyu toute seule, prise soudainement d'une étrange sensation.
Elle se retourna. Ne vit rien de spécial
Puis regarda une autre fois sa montre; elle avait encore quelques dizaines de minutes devant elle.
Comme guidée inexplicablement par quelque chose, Nyu ressentait le besoin d'aller à un point précis. Plusieurs instants s'écoulèrent et elle le trouva.


