La rue baigne dans un étrange silence vraiment pesant. La file s'étale jusque sous le porche, les uns derrière les autres à se narrer le dernier exploit de la journée, le dernier larcin, le vélo « trouvé » au coin d'une rue, la grand-mère poursuivie tout un après-midi et au final allégée de son porte-monnaie, la passe vite faite entre deux marches d'escalier ; un grand déballage de n'importe quoi. Les minutes passent, les heures s'allongent et enfin Mister D. daigne ouvrir sa porte, affligé d'un sourire narquois. Chacun s'empresse et y va de son blabla. L'échange est vite fait, quelques billets contre un minuscule petit paquet. Une dose... La dose !
Le trafic en plein essor... Chacun payant pour mourir un peu plus chaque jour. Suceuse d'âmes. Les infâmes ont enfin entre leurs mains ce qu'ils pensent être le bonheur et s'empressent d'aller s'en remplir les veines. Mourad et Laurent se dépêchent de se rendre dans le squat de la rue Neuve. Une cave sommairement aménagée, un matelas souillé sur le sol, quelques posters sur les murs, beaucoup de bric à brac d'immondices. Laurent sort de sous le matelas sa boîte à pompe, il prend la cuillère à soupe et commence le mélange.
« La faucheuse remplit son contrat »


