Sarah marchait au bord de l'étang du jardin.
L'eau était trouble et froide. Elle tenait dans sa main droite son téléphone portable.
Deux semaines maintenant qu'elle était sans nouvelle de lui. Peut-être qu'une autre fille aurait tenu le coup, mais elle était amoureuse, et il ne lui avait plus donné de nouvelle du jour au lendemain, depuis treize jours.
Sarah lui avait envoyé trois messages, l'avait appelé quatre fois. Rien.

Le suicide d'une morte
Romantique · 9 chapitres · 7 plumes · écrite du 23 mai 2006 au 30 septembre 2007 · 662 lectures à l'époque
Cela fait 2 semaines que Sarah est sans nouvelles du garçon qu'elle aime et elle est au bord du désespoir...
Sarah enleva ses chaussures et glissa ses pieds dans l'eau. Elle était froide, douce et calmait un peu l'énervement de Sarah. Se remémorant un jour où elle était avec Samuel ici, au même endroit, les pieds dans l'eau, versa quelques larmes qui tombaient dans l'eau en formant des cercles...Elle jette son téléphone dans l'eau. Faudra faire le deuil de ce gars... elle alla s'asseoir sur la balançoire, elle se mit à chanter...
la chanson de Dido "don't leave home" et d'autres...ce sentiment de la solitude la dévore, l'idée d'être larguée par Samuel lui a laissé un grand trou dans son coeur, le vent sort et entre sans bruit. Il faut trouver une solution, elle ne peut plus supporter d'avoir le coeur brisé une autre fois, c'est pas juste. Alors quoi faire ? Chercher quelqu'un d'autre ou mourir ? Non il doit y avoir une bonne raison pour tout cela.
Mais où est-il maintenant ? Seul ou avec une autre ? Malade ou sain et sauf ? Je lui manque?...une centaine de questions auxquelles Sarah n'arrive pas à trouver de réponse.
Chaque jour elle se répète:
"Encore un peu de temps et il se manifestera. Je suis persuadée qu'il ne m'a pas larguée, il n'est pas comme ça je le sais..."
Encore et encore ces quelques mots, ils sont devenus comme un automatisme pour elle; c'est la seule chose qui la rattache encore à la vie.
Hélas, deux jours passent puis quatres, le temps s'écoule comme un long fleuve sans fin. Toujours pas de Samuel, Sarah commence a perdre espoir mais...
...les rêves sont toujours les mêmes, et, sans espoir, son désir reste toujours ardent. Quand elle se promène maussadement dans le parc, qui est cet homme brun qui Lui ressemble tant ? Au cinéma, qui est cet acteur au même sourire charmeur ? Ou encore, ce petit garçon qui lui rappelle des souvenirs de la cause de sa douleur, enfant ?
Sarah se promène de plus en plus souvent près de l'étang, pensant à ses jours heureux. Durant une promenade semblable, elle se regarda dans la mare. Exclamation étouffée. Ce n'est pas son reflet qu'elle voit, mais celui de Samuel.
Elle a compris. L'amour de sa vie est enfermé, lui aussi dans les souvenirs.
"Ô, étang, tu es le sujet de bien de douleurs..."
Samuel aussi a compris. Il a la même expression seraine de Sarah. Il a compris.
Doucement, Sarah s'enfonce tranquillement dans l'étang. Elle ne se rend pas compte de sa folie. Parce qu'elle sait qu'elle va Le retrouver.
Rastakin 28 juin 2007 · 6Au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans l'eau, elle remarque que des gens pleurent derrière elle.
Elle ne les voit pas exactement mais peut reconnaître son père et sa mère. Derrière eux, bien derrière et un peu caché, elle reconnaît l'ombre de Samuel.
Comment peut-elle les voir là alors qu'elle était seule dans le parc à cette heure tardive ? se demande-t-elle ?
Soudain, elle voit le décor qui change.
Elle avance toujours dans l'eau qui devient de plus en plus froide et de plus en plus profonde, mais au loin, le parc ressemble à une chambre d'hôpital et l'étang ressemble à un lit.
Où est-elle ? Que s'est-il passé ?...
Les yeux à demi fermés, elle regarde. Elle regarde son père une marque de tristesse et d'impuissance dans ses yeux. Elle regarde sa mère, pâle, qui guette le moindre signe de vie sur le corps de sa fille. Une larme, une seule, roule sur sa joue faisant fondre son fond de teint.
Soudain, des spasmes soulèvent sa maigre poitrine. Elle tousse, tousse, elle a trop chaud et trop froid en même temps. Les yeux larmoyants, elle voit ses parents alarmés, une infirmière qui les invite à sortir. Sarah implore ses parents de rester, les bras tendus vers eux, comme quelqu'un qui se raccroche à l'Espoir.
La porte se referme.
La lumière ne passe plus. Elle sait qu'elle est morte, mais, bizarement, il y a comme une anomalie, elle est là, toute seule dans le noir, il n'y a rien autour. Elle se souvient de Samuel, et dans ce couloir de la mort où elle est bloquée incompréhensiblement son souvenir est encore plus douloureux car autour d'elle, il n'y a que la froideur de l'absence de toute vie. Il n'y a plus de vie en elle non plus. Elle n'est plus qu'un corps vaporeux et glacial, elle n'est plus que du gaz.
Alors, prise de panique, elle décide de se suicider dans la mort.
Elle se sent le pouvoir en temps qu'entité gazeuse de se dissoudre dans l'air.
Et en se volatilisant, par un étrange miracle, son esprit retourne à son corps. En se suicidant dans la mort, elle revient à la vie.
Bizarrement, ça la soulage de revenir en son corps. Sarah est soudainement épuisée des émotions qu'elle a vécues en... une semaine? Un mois? Un siècle? Elle ne sait plus. De toute façon, ça n'a plus d'importance. Une torpeur l'envahit. Elle se laisse glisser dans un sommeil qu'elle n'avait jamais connu depuis... Lui.

