-Oui, c'est à quel sujet Madame? - un homme grand et très maigre lui ouvrit la porte.
-Ecoutez monsieur...fit-elle essouflée. Vous n'allez pas me croire, mais il y a un fou qui m'a embarquée dans le coffre de sa voiture et m'a emmenée dans un cimetière. Je suis complètement perdue...Pouvez-vous me dire au moins dans quelle ville nous sommes?
-Respirez profondément...Calmez-vous. Nous allons prendre un thé dans mon salon et nous tenterons d'éclaircir toute cette histoire, d'accord? - fit-il d'une voix suave.
-D'accord, d'accord...répétait-elle dans un état second. Fallait bien qu'elle se détende tout de même!
Dans la pénombre, l'appartement du monsieur était mystérieux mais très rassurant. Une douce musique provenait de la chambre voisine. Elle parvenait à se rasséréner peu à peu.
-Madame? Votre thé est prêt. Suivez-moi au salon.
Les meubles du salon, d'un bon goût, occupaient fièrement leur place, et dois-je dire, sa décoration harmonisait fortement avec tous les appareils high-tech.
Tremblotante, la jeune femme commença à déblatérer son histoire insensée, tandis que l'homme dont le visage était dans l'ombre secouait la tête énergiquement, visiblement pas d'accord avec ce qu'elle racontait. A la fin, il en avait eu assez.
-Je suis dans l'obligation de vous dire que là vous racontez n'importe quoi. C'est pas comme ça que ca s'est passé.
-Mais...d'où savez-vous cela? - elle fit les yeux ronds. Le blanc de ses yeux brillait dans le noir.
-Je suis désolé, mais c'est complètement faux votre histoire. Vous ne savez pas raconter. Vous dites - et lui a voulu m'étrangler, et je me suis débattue...
C'était hallucinant. la jeune femme s'attendait à tout sauf à cette réplique.
-Voilà, vous ne savez pas énoncer une histoire, de plus, les faits sont faux. Oui, il s'est arrêté dans un cimetière, oui, vous avez réussi à vous échapper. Sans aucun doute. Mais ce que vous ne savez pas, c'est que vous êtes chez son meilleur ami, et son meilleur ami est complètement taré. Vous comprenez? Ta-ré - il épela ce mot avec beaucoup d'insistance, en roulant des yeux comme pour donner plus de crédibilité et de mystère à son histoire. Donc à votre place, je me tiendrais bien à carreau. D'accord? - sa voix se transforma et devena encore plus douce.
-Oui, oui, - fit-elle d'une voix de petite fille. (faut décamper d'ici au plus vite...)
-Mais cela ne fait rien. Je vais avertir les ogres et ils vous aideront du mieux qu'ils peuvent.
(Les ogres? Mais quels ogres???)
-Euh..pardon, excusez-moi. Les ordres.
Il se dirgea vers le téléphone et combina un numéro.
-Allo? Police? Il y a une folle qui s'est introduite chez moi. Dois-je l'épargner? - une voix d'homme visiblement énervée se faisait entendre de l'autre bout du combiné- oui, oui. Bien d'accord. Je le ferais.
Il raccrocha.
-Bon, apparemment ils sont débordés. Nous allons régler cette histoire autrement. Venez - prit-il la femme par son bras...
Elle tentait de se débatttre, mais le thé avait fait son effet. Des lumières dansaient devant ses yeux et le bruit de l'océan lui assourdissait les oreilles. Du coup, elle devenait de plus en plus molle. Des voix rigolotes et déformées retentissaient dans son crâne. Ou était-ce pour de vrai...?
-Hé, Marcel, va chercher ton coupe-ongles, on va la réveiller un petit coup!
-Et merde! Pourquoi faut-il qu'à chaque fois tu m'interromps? Laisse-moi faire mon collage tranquille!
-Mais t'es con ou quoi??Tu crois que ton collage de chattes intéresserait quelqu'un? Va assouvir tes fantasmes autre part! Et puis t'es chiant à la fin! Ya plein de magazines porno par terre, et de la colle partout. Elle, elle va gueuler, j'pense pas qu'elle va s'amuser à tout ranger à ta place. C'est pas parce que t'es l'dernier qu'elle fera tout pour toi.
- Bon, d'accord. J'prends mes ciseaux à la place.
Attention!