Nous sommes le 22 Mars 68. Les tensions grandissent partout en France. Certains étudiants décident de mener une opération pour faire bouger le gouvernement. Nono, le cerveau de l'affaire, Mickmicks le technicien et leurs copains bien musclés (les gros bras) étaient là pour mener à bien les idées...

Mai 68, une époque à vivre
Humour · 21 chapitres · 9 plumes · écrite du 9 mai 2004 au 11 janvier 2006 · 1014 lectures à l'époque
L'histoire d'étudiants durant cette période charnière.
Les 21 chapitres, dans l'ordre
... révolutionnaires de nos deux acolytes. Nono et Mickmicks habitent un magnifique appartement de 6m² dans le Quartier latin...
Chris1 19 juin 2004 · 3Leurs après-midi, ils les passent à étudier toutes les possibles manœuvres qu'ils pourraient mettre en place à fin d'aboutir à une prise de conscience du gouvernement sur la situation critique de la France. Comment renversé la situation? par quel moyen?
Un après-midi, Nono eut une idée (enfin):
- il faut tous mettre le même 'ticheurte' (à la française) avec écrit dessus : " ouhhhhhhh, c'est nul! même que nous on est pas d'accord avec vous".
Ce message était adressé au monde politique en place.
Bradhol 21 novembre 2004 · 4Mais l'idée ne satisfaisait personne en vérité, pas même le MOMO (mouvement officiel des manipulateurs d'origamis), une des castes les plus influentes de la scène révolutionnaire française. On opta donc pour une propagande plus discrète, avec pour seule arme des 'pins' (sponsorisés par la firme LU) dont le slogan se résumait à ceci : "Dehors les Rigolos !".
Bref, le bordel régnait en maître au sein de la communauté étudiante.
C'est alors que parmi la cohue s'avança un vieil homme.
Le vieillard dit :
" mes chers enfants, ne vous battez pas!! Il faut faire l'amour, pas la guerre...réunissez- vous et faites ..."
Le vieillard fut coupé par les "tam tam tam tam" des CRS qui avance au pas de guerre. Le vieillard au milieu de tout ce bruit reste tétanisé puis reprend son esprit et se tourne vers les CRS.
"Mes chers enf..."
et l'a, il fut coupé par le chef CRS.
"Mon cher enfoiré de hippie" rétorqua sèchement le chef CRS au vieillard, "Si votre plaisir est de faire l'amour, le mien est de broyer les os à cette jeunesse j'en foutiste. Ça sera l'apocalypse, l'Armagedon Mouhahahahaa!!!!"
Les années de légions du chef CRS semblaient lui avoir conféré un charme très particulier: la folie furieuse. Une minute de plus devant cette armoire à glace psychopathe et nos deux jeunes amis en auraient pissés dans leurs slips s'ils seulement ils en avaient portés.
Le chef rejoignit ses CRS bien-aimés.
"EN JOUE!!!!! CHARGEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!!!!!"
Tam tam tam, le bruit des Rangers retentit jusque dans les rues voisines; 588 pas de guerriers en même temps. Le vieillard sort de sa poche une fiole de gnole et la boit d'un coup sec, retrousse ses manches et appelle les étudiants avec lui : "avec moi les fistons!"
Les deux partis s'approchent de plus en plus...
Quand soudainement, sortie de nulle part, une vieille dame traverse la rue, à sa droite des centaines d'étudiants en colère, à sa gauche 294 CRS sonnent la charge à tout allure.
Elle va se faire massacrer, impossible de les arrêter, d'un coté et de l'autre ils sont portés par tous ceux qui sont derrière eux. Et elle continue à marcher tranquillement, traînant son cabas pleins de courses du marché, elle doit se croire seule! L'étau se ressert... l'issue est fatale.
La petite vieille s'avère être Super-mamie. Elle sort son lance rocket tétanisant et... et.... ben et tire!!!!!! Et là, la troupe de CRS reste tétanisée par la rocket tétanisante. Les étudiants sautent sur Super-mamie, certains lui roulent un patin pour la remercier de tout son courage mais ce que les étudiants ne savent pas, c'est que les rockets tétanisantes n'immobilisent que pendant 25 minutes les personnes touchées...
Et pendant que Nono était en train de déchirer le t-shirt en laine de Super-mamie pour lui ...voilà qu'un bruit se fait entendre du côté des CRS tétanisés.
"NON!!! Mais ils se réveillent!!!" et la mamie ajouta:
"heu oui, ma rocket n'a d'effet que durant 25 minutes. Tu as encore 2 minutes devant toi fiston pour finir ce que tu as commencé ou bien organisé tes troupes pour les affronter. Mon mari le pere Fouras, aurait dit en cette heure de conflit, voici le 1er indice " Sous les pavés, la plage"...
..."Mais pour l'heure, je ne vois qu'une solution puisqu'il reste moins de deux minutes : vous faites le tour par la place et vous vous retrouvez derrière eux ; vous aurez avec vous l'effet de surprise."
Aussitôt dit, aussitôt fait : les étudiants courent vers l'arrière et se retrouvent face à 1176 fesses de CRS qu'ils s'apprêtent à botter. Mais le vieux, qui les avait suivis, s'écrie :
" Arrêtez ! Songez que parmi eux il y a peut-être des frères, des cousins, des beaux-frères, des voisins, des collègues, des futurs potes, des gens qui n'ont rien de spécial, des épiciers en puissance, des peintres en bâtiment ratés, des gars qui auraient pu jouer le rôle de Manon dans Manon des sources, des types qui aiment, qui lisent (enfin, des revues, quoi, parce que des livres, faut pas déconner...), qui sautaient sur leur lit étant enfants, je sais pas, moi... Est-ce que vous avez un coeur, merde ?"
Les étudiants se régardèrent, la larme à l'oeil.
Devant eux, quelques fesses commençent à remuer.
"Bon, qu'est-ce qu'on fait" demande Mickmicks à Nono.
"On ne bouge pas."
Les CRS suspendus dans leurs gestes, reprennent leur course avant que, médusés, ils constatent que les étudiants se sont envolés mais pris dans leur élan c'est face à leurs collègues débouchant de la gauche qu'ils se retrouvent. La pagaille fut émouvante.
Il ne reste que 2 CRS debout, deux blondes qui discutent du dernier haut acheté chez Jenifer et qui n'ont pas suivi le pas de leurs collègues CRS. Ils se sont entretués à coups de matraque et de rangers!!
Les jeunes ressortent vainqueurs acclamant leur Super-mamie.
"Allez viens mamie, on va fêter ça au troquet de la rue Mai 67"
"je veux mon n'veu" repliqua mamie
Ils partirent tous, main dans la main fêter leur victoire...
Aprés son 25 ème wisky, mamie lança:
- "alors les sales jeunes"
- QUOI QUOI QUOI MAMIE, REPETE UN PEU POUR VOIR
- Oui oui j'ai bien dit "sales jeunes branleurs"
Mamie sort sa canne et donne un petit coup derrière la tête d'un jeune a proximité et murmurant '"sale mioche"
L'ambiance s'échauffe dans le troquet...
Rapidement, les verres se mettent à voler dans le troquet. Puis les chaises, les tables et Super-mamie aussi, attrapée par un des étudiants encore plus éméché que les autres. Elle retombe violemment sur un viellard assis au comptoir , trop occupé à siffler son verre de ricard pour réaliser ce qui se passait. A sa vue, Super-mamie (qui mérite bien son nom car son vol plané ne l'a même pas assommée) s'exclame :
"Oh Raymond c'est toi! Après toutes ces années!"
- Non!!! Germaine, c'est bien toi? interrogea le vieillard
- Oui Raymond, c'est bien moi, tu sais, je t'ai toujours aimé. C'est mes parents qui m'ont fait comprendre que tu ne me méritais pas
Et Germaine et Raymond se mirent à se raconter les 40 ans sans se voir ni se donner de nouvelles...
- Ah Germaine, tu m'as brisé le coeur en me quittant. Je ne m'en suis jamais complètement remis, au point que je ne me suis jamais marié.
-Mais Raymond c'est merveilleux! Mon abruti de mari vient de passer l'arme à gauche. Pourquoi ne pas...
Germaine s'interrompit soudain, voyant un homme entrer dans le troquet...
"-Camarades! Allons tous manifester dans la rue pour montrer à toute cette société ce qu'est notre liberté!"
Visiblement l'inconnu n'avait pas bien évalué l'état délabré de ses camarades en bout de course, certains vautrés par terre et cuvant l'alcool de la victoire, d'autres partant avec précipitation vers les toilettes du sous-sol et Super-mamie étalée sur les genoux d'un vieillard aux yeux étonnamment lumineux.
Les rares yeux encore vaillants fixaient la chevelure rousse du nouvel arrivant avec le fond de l'oeil béat. Seul le gérant avait l'air en état de répondre, ce qu'il fit de façon très efficace:
"-Pas le moment de venir me faire chier!"
_La liberté ! Mais qu'est-ce que la liberté ? reprit Talik en regardant le nombre d'épaves endormies dans les coins de son café ; elle est belle la liberté, tiens ! Votre liberté mais où est-elle ? Et cette société n'est-elle pas la vôtre ? Qu'est-ce que vous voulez changer ?
-Marcel, file moi un ricard! i m'donne soif l'aut tello!
Raymond avait fini par abandonner toute idée de terminer sa partie de dominos, désormais piétinés au sol par une masse grouillante.
- C'est ça! Picoler! Elle est belle la liberté! Dépendance à la consommation! On vous exploite on vous endort avec la gnole Raymond! Réagissez!, reprit Talik plein de véhémence.
- L'est pas né celui qui va m'faire dormir avec un ricard mon ptit gars!, répondit le Raymond en attrapant son verre.

