Sur la tablette qui borde notre fenêtre, il a toutes ses plantes, les arborifères et les grimpantes, elles donnent un air de jungle à notre petite chambre, même si c'est l'hiver. Moi, j'ai mes haricots. Je les ai plantés dans un petit pot de faïence brune avec une soucoupe dépareillée. Tous les jours je les regarde, je tâte la terre, je leur donne quelques gouttes d'eau, j'espère qu'ils poussent plus vite. Quand la neige aura fondu, que le macadam aura séché, l'été revenu, j'irai les déposer en pleine terre. Là, ils pourront pousser tant qu'ils le voudront, toucher le ciel si l'envie leur vient.
Allégée de ma seule responsabilité, je pourrai alors partir en toute tranquillité. Je laisserai ici ma guitare et mes pinceaux et je lancerai quelques chaussettes dans un sac à dos.
Je ne sais pas encore où je veux aller, n'y ce que j'y ferai. Je pense me joindre à un cirque, je lirais les lignes de la main, ils auraient un ours qui fait de l'uni-cycle. Ou bien me lancer à la flotte, devenir matelot sur un navire en partance pour les Indes. On verra. C'est encore loin. Mes haricots n'ont même pas encore de feuilles.



Délicieusement bucolique...cela me donne envie de te prendre le bras, non pour t'encombrer...jeter mes chaussettes dans un sac, les chaussures de marches noués autour de cou et de partir à l'aventure...Ce petit job chez Marc Antoine...on en rêverait...
Merci! J'aime...vous lire!...