Entre les mondes d'Aldebarran et de Ganymède IV, se trouve le secteur 7. Dans ce secteur, la Confédération Humaine n'a qu'une présence symbolique : la station spatiale Orbicella. Cette monumentale toupie tourne en permanence sur elle-même pour assurer la gravité aux 852 personnes qui composent son équipage. Outre un détachement militaire d'une centaine d'individus, ce qui est la norme pour toute base de cette importance, le personnel est essentiellement constitué de scientifiques, de techniciens et de mineurs.
Pour la Confédération Humaine, le choix de ce type d'implantation dans cette portion du vide sidéral est double : assurer un point de support pour les vaisseaux éventuellement en difficulté et étudier un curieux phénomène qui, jusqu'à présent, n'a jamais été observé ailleurs dans l'univers : une sorte de palpitation dimensionnelle. Le Commodore William DeVilleroy est le responsable de la station. A son poste depuis onze années, il est apprécié et respecté par tout l'équipage. Il a maintes fois donné la preuve de ses compétences et de son courage car la gestion d'une station isolée, à plus de 5,6 parsecs de toute autre base humaine, requiert de solides connaissances et une personnalité hors norme. C'est du reste le cas de tout le personnel. Celui-ci a été trié sur le volet car les capacités de résistance et de survie sont très sollicitées. Ainsi, tous les militaires sont des vétérans des anciennes campagnes d'exploration menées par la Confédération Humaine.
Chacun se souvient de ces phases de découvertes aux confins des systèmes stellaires connus et des nombreuses « rencontres inamicales » faites à ces occasions : la maladie du Dévor qui pousse les malades à ingérer leur propre corps, les Myrions sorte d'animaux parasites qui se greffent sur les membres et qui les remplacent progressivement. Le Major Sandorz, l'officier en second, est d'ailleurs un ancien de la première rencontre avec les Myrions. Il en a gardé une particularité remarquable : 3 des 5 doigts de sa main droite (le pouce, l'index et le majeur) sont des Myrions accoutumés au Major. Ce trio lui confère une « pince » d'une force redoutable. En revanche l'esthétique n'est plus au rendez-vous car les Myrions sont des tubes souples velus de couleur rouge. Grâce aux progrès médicaux, la progression des Myrions chez les sujets atteints a pu être stoppée. Enfin, il est à noter qu'en presque trois siècles d'exploration spatiale, pas une seule intelligence extraterrestre n'a pu être mise en évidence.
Le poste de commandement d'Orbicella est localisé au sommet de l'axe de la station. C'est une vaste salle circulaire dont les parois permettent d'admirer tous azimuts le vide galactique. Chacun y rentre toujours avec l'impression d'être en suspension, au ralenti. Le centre de la pièce repose sur un disque capable de tourner et ainsi d'orienter le personnel vers n'importe quel point d'intérêt en dehors de la station. Le Commodore DeVilleroy ne s'assoit jamais lorsqu'il est présent au poste de commandement. Il passe son temps à interroger les officiers pilotes, à lire des comptes rendus et à donner ses directives. La plupart du temps, la vie à bord d'Orbicella est calme et sans surprise. C'est pourquoi l'arrivée d'un vaisseau de ravitaillement est toujours vécue comme un grand moment qui brise la routine.
« - Le vaisseau cargo Uridium 17 est en approche, Commodore. Il transporte du fret alimentaire en provenance de Malatar. Le code d'identification est correct.
- Merci Lieutenant, permission d'arrimage accordée. Convoquez le commandant de l'Uridium 17 dans mon bureau dès qu'il aura débarqué.
- Entendu Commodore. Uridium 17, permission d'arrimage accordée au sas n°8.
- Station Orbicella, entendu. Nous entamons la procédure d'accostage. »



Excellente histoire, bravo Mirakle.