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Une enfant sage

Psychologie · 13 chapitres · 7 plumes · écrite du 24 août 2006 au 31 mai 2007 · 727 lectures à l'époque

Ligne de conduite

Le déclin d'une enfant sage

Les 13 chapitres, dans l'ordre
  1. Lauravanelcoytte
  2. Mahnoh
  3. Lauravanelcoytte
  4. Zapette
  5. Lisa
  6. Llucca
  7. Zapette
  8. Zapette
  9. Lamisse
  10. Zapette
  11. Lucca
  12. Zapette
  13. Lamisse
Lauravanelcoytte 24 août 2006 · 1

Christine, dès sa naissance, fut une enfant sage.
Etait-elle sage ou bien n'osait-elle pas s'exprimer ?
Elle était en fait tellement sage que personne ne la remarquait.
Avez-vous remarqué que l'on s'occupe toujours plus d'un enfant qui dort mal, pleure, fait des cauchemars ou des bêtises ?
Dans ces cas, les parents se posent des questions, culpabilisent : qu'est-ce qu'on a fait pour mériter ça ? Qu'a t-on fait de travers ?

Mahnoh 31 août 2006 · 2

Mais nous n'en sommes pas encore là.
En fait, Christine était tellement sage qu'elle s'aventurait dans les couloirs du lycée avec la même transparence qu'un fantôme dans un cimetière.
Elle allait çà et là sans que l'on ne la remarque.
C'était ainsi tous les jours les mêmes choses, maison , manger, lycée, cantine, lycée, maison , manger, devoirs et dormir. Tous les jours cette infatigable routine qui lui pesait tant.
Mais un jour, elle décida que tout ceci devait s'arrêter.
C'est alors qu'en plein cours de maths, avec son charmant prof, Monsieur Beau (qui au passage ne portait pas du tout bien son nom), qu'elle commit l'irréparable....

Lauravanelcoytte 31 août 2006 · 3

Enfin, l'irréparable...!
Elle ne fut plus jamais comme avant...
Fini, la jeune fille effacée!...
Cette première expérience l'avait réveillée, révélée à elle-même.

Zapette 2 septembre 2006 · 4

Bien sûr, seule, elle ne l'aurait jamais fait... Mais avec Loïc, le cancre de service, les pires conneries devenaient possibles. Elle avait bien remarqué qu'il l'espionnait du coin de l'oeil et qu'il préparait certainement encore un de ces coups foireux et minable. Alors que Monsieur Beau avait le dos tourné, expliquant une équation à sept inconnues dont personne n'avait que faire, Loïc vint s'installer près de Christine et entama avec elle une discussion écrite afin de ne pas être pris en flagrant délit par Mr Beau, car sinon, pas de canular possible.

Lisa 2 septembre 2006 · 5

Pour l'instant, le sujet principal de la conversation était de savoir comment obtenir le questionnaire d'examen de fin d'année ? Loïc sera-t-il " l'instigateur machiavélique "? Christine servira-t-elle d'appât....?
Mais à quelle sauce Monsieur Beau allait-il se faire dévorer ?
Une préparation méticuleusement mijotée....

Llucca 10 septembre 2006 · 6

....fut mise en place : Loïc demanda à Christine d'aller le lendemain, pendant la récréation, dans la salle des profs et de se cacher dans un coin, lui précisant :
" Et quand M. Beau viendra ranger ses affaires dans son casier, repère bien où il met le gros dossier rouge, celui qui contient le questionnaire des examens ".
Christine, enhardie par la décision qu'elle avait prise de ne plus être une enfant sage, répondit à Loïc :
'' Va toi-même faire ce repérage, et ensuite, moi, je me débrouillerai pour récupérer ce dossier "
Loïc acquiesça.

Zapette 12 septembre 2006 · 7

Ainsi fut fait.... Dès le lendemain, pendant l'heure du déjeuner, alors que tous les profs étaient à la cafétéria, comme la majorité des élèves, Loïc se faufila dans le bureau des professeurs. Les casiers des profs étaient tous alignés sur le mur qui faisait face à la porte d'entrée, et il n'eut aucun mal à repérer celui de Mr Beau. Il put également jeter un coup d'oeil à l'intérieur, par la fente du casier (qui faisait penser à une boîte aux lettres standardisée de la Poste), et il aperçut la tranche rouge du fameux classeur. Une seule difficulté demeurait, il était fermé par un cadenas, qu'à celà ne tienne, Christine n'aura qu'à se débrouiller pour le faire sauter avec une grosse pince coupante. Une fois son repérage accompli, il rejoignit Christine qui faisait le guet dans le couloir et ils allèrent déjeuner ensemble afin de régler les menus détails de l'opération. Ils convinrent d'agir dès le lendemain.
Quand Christine se réveilla le lendemain, son coeur battait la chamade, ses mains étaient moites et un affreux mal de ventre lui tordait les entrailles, elle ne put rien avaler au petit déjeuner et partit beaucoup plus tôt que d'habitude au lycée. Lorsqu'elle arriva devant la grille encore fermée, elle se dit qu'il était temps de passer à l'action...

Zapette 2 octobre 2006 · 8

Elle escalada donc les grilles de l'établissement, le soleil pointait à peine le bout de ses rayons. Mais Christine manquait cruellement de souplesse, et lorsqu'il fallut passer sa jambe gauche au dessus du portail, elle s'accrocha le pantalon qui resta coincé. Essayant de se contorsionner pour se dépétrer de cette inconfortable situation, elle fit un mouvement brusque qui la fit lourdement chuter sur le macadam de la cour. Elle s'étala de tout son long et ressentit une atroce douleur, non seulement dans sa jambe gauche, mais aussi au niveau de sa clavicule.

Lamisse 3 octobre 2006 · 9

Mais ce n'était rien, plus de peur que de mal, elle n'avait pas l'habitude de mettre son corps dans de telles configurations spatiales. Elle avait un peu le tournis, mais d'un bon elle se releva, plus déterminée que jamais à accomplir sa mission. Christine avait décidé de changer, pas seulement de l'intérieur, elle voulait qu'on la remarque, qu'on se retourne à son passage, elle avait envie d'exister enfin, autrement que dans un dossier. Elle ne portait plus sa monture noir ce matin là, elle avait opté pour des lentilles. Elle s'empressa de rejoindre les WC du lycée, une fois entrée elle commença son relooking. Elle abandonna son pantalon quelconque pour une mini jupe rose en faux daim, son gros chemisier blanc contre un haut plus tendance, et elle troqua ses vieilles baskets à trois bandes contre des chaussures à talons. Elle se sentait certes mal à l'aise, à l'étroit et surtout à découvert ... Mais c'était le prix à payer, le prix du changement. Elle s'apprêtait à sortir, et fit un pas en arrière. En se regardant dans le miroir elle se rendit compte qu'il manquait quelque chose, elle fit un tour sur elle-même, se regarda à nouveau dans le miroir, elle avait trouvé. Elle ouvrit d'un coup sec et d'une main ferme, sa barrette nœud papillon, et secoua la tête histoire de donner une forme à se chevelure noire corbeau qui lui tombait jusqu'au creux des reins. Il était 7h45, les cours allaient commencer dans quinze minutes, plus de temps à perdre. A peine fit elle un pas dans le couloir déjà comble, que toutes les personnes présentes la suivaient du regard, elle avait du mal, elle trébucha à plusieurs reprises, mais elle continua à avancer la tête haute, et ne tarda pas à remarquer qu'elle avait suscité l'intérêt de tout le monde. Elle était sourde à la ruche humaine, et à tout le charivari qui régnait, elle n'entendait qu'une seule et unique voix, celle de son moi intérieur qui résonnait de plus en plus fort « tu as réussi, tu as réussi, tu as réussi ... ». En classe, les garçons se bousculaient pour lui offrir une chaise, on l'avait prise pour une nouvelle.

Zapette 3 octobre 2006 · 10

Elle était tellement tourneboulée de tous ces changements, qu'elle en avait oublié sa mission. Loïc la rejoignit à la pause de 10h, il n'était pas venu en cours ce matin là, et lui demanda si tout s'était bien passé...

Lucca 13 octobre 2006 · 11

"Je ne m'en suis pas encore occupée", dit-elle, "je le ferai ce soir"
"Ce matin, je voulais juste me déguiser pour faire la surprise à tout le monde" ajouta t-elle sur un ton mystérieux
Loïc était stupéfait de cette transformation et de son audace...Et puis comment ferait-elle le soir, alors qu'il fallait qu'elle rentre chez elle à l'heure habituelle ? Que diraient ses parents en ne la voyant pas arriver ?

Zapette 18 octobre 2006 · 12

Tout cela n'avait pas vraiment l'air de la préoccuper, si elle devanait "pas sage", il lui fallait bien faire quelques sacrifices, et désobéir à ses parents, rentrer tard sans les avoir prévenus, ça faisait partie de jeu.
Loïc commençait à douter qu'elle irait jusqu'au bout...

Lamisse 31 mai 2007 · 13

En réalité ce qu'entendait Christine par « je le ferai ce soir » n'était pas l'intervention en elle-même, mais s'initier en une nuit à crocheter un cadenas.
Christine ne voulait pas utiliser la grosse pince coupante que lui avait suggéré Loïc. Christine était bien plus subtile, elle voulait ouvrir, récupérer le sujet, et refermer le cadenas sans qu'il y ait effraction.
Christine est bien plus attentive que Loïc. Après leur discussion de 10h, elle devait rendre une dissertation à son prof de philo, un travail supplémentaire qu'elle avait fait et qu'il s'était proposé de lui corriger. Monsieur Serada était seul dans la longue salle, il était installé à la toute dernière table, presque collée aux casiers du fond, leur donnant le dos. Pendant qu'il était plongé dans l'analyse de la problématique, elle en profita pour retourner discrètement le cadenas du casier de Monsieur Beau, elle se rendit compte que c'était un cadenas à combinaison.

A 16h, à la fin des cours, Christine rentra chez elle, comme d'habitude, à la seule différence qu'à la droguerie Chez Marcel, elle acheta un cadenas identique à celui du casier, un Corbin à code. Arrivée dans l'ascenseur de son immeuble, elle bloqua la porte et se changea, elle repris l'apparence du matin pour ne pas troubler ses parents.

Après avoir ingurgité rapidement les tartines au beurre et à la confiture de sa maman, elle prétexta qu'elle était fatiguée et elle échappa ainsi au compte rendu de la journée. Arrivée dans sa chambre, elle se jeta de tout son long sur le lit rose. Elle dormi environ deux heures. A son réveil, ils dînèrent comme à l'accoutumée à 19h, après quoi elle retourna à sa chambre, et s'installa à son bureau. Elle lança la recherche « forcer un cadenas », en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle tomba sur un site de techniques de crochetage de cadenas, elle organisa les informations qui l'intéressaient puis imprima le document que voici :

Il faut forcer l'anse ou bouton dans le sens d'ouverture, on tourne les roues de combinaison et souvent on sent une différence avec le toucher ou un clic différent, quand il passe sur la bonne combinaison . Mais il ne faut pas oublier que la différence est très petite et il faut étudier le bruit, la façon comme la roue avec les chiffres glisse entre les positions se il y a une réaction même que très petite sur l'anse.

Se votre cadenas possède une combinaison à trois chiffres sachez qu'il faut environ dix minutes pour épuiser toutes les combinaisons possibles.

Alors avec un peu de mathématique on se rend compte que pour un de code à trois chiffres on passe tout de suite de :
10*10*10=1000 combinaisons différentes à
5 * 5 * 5= 125 combinaisons différentes

Bien sur ici encore il y a un moyen de faire diminuer le temps d'ouverture.
Sur un Corbin à code changeable on a pour chaque roue 5 qui n'ouvrent pas parce que l'anse n'avance pas quand ils sont en place et après on a 5 sur les quels l'anse avance parmi ceux 5 un est le bon.

On commence pour les 2 roues qui coincent le plus quand on tire sur l'anse, quand vous serez sur par la bonne combinaison de 2 roues si vous regardez très bien vous remarquerez que l'anse avance un poil de plus, après vous passez à la troisième roue. Attention la différence est vraiment petite. >>

Une fois l'aspect théorique bien mis au point, elle se lança dans la partie pragmatique de la leçon. Elle choisissait un code les yeux fermés, puis elle s'attelait à mettre en pratique ce qu'elle avait appris pour l'ouvrir. Chose faite, elle renouvelait l'expérience. Parfois elle réussissait au bout de 30 essais, d'autres plus ou moins. Le plus important étant qu'elle s'exerce pour atteindre une rapidité suffisante. Elle s'endormit autour de minuit.

Ce qu'on en a dit sur le moment

Lauravanelcoytte 2 septembre 2006

je ne vois pas bien la liaison entre la 2 e participation et la dernière

Zapette 2 septembre 2006

Ben, elle va faire une bêtise en cours de math... mais comme c'est une enfant sage, il faut bien qu'il y ait un "déclencheur", étant sage depuis toujours, elle n'a jamais fait de bêtises et ne sait pas comment elle doit s'y prendre, elle a besoin d'un complice, d'où Loïc...

Mahnoh 3 septembre 2006

Merci pour ta précision Zapette, il est vrai que lorsque l'on n'a jamais rien oser, si on fait quelque chose du jour au lendemain c'est que forcément il y avait quelqu'un avec nous. Désolée d'avoir oublier ce petit détail qui pourtant prend tout son sens dans l'histoire.

Zapette 3 octobre 2006

@ lamisse: oulàlà, tu nous donne du fil à retordre, Christine était censée aller voler le classeur dans le casier du prof de math, au lieu de ça, elle se retrouve à se mettre en mini jupette... Bon, y'a plus qu'à reprendre le cours des choses...

Lamisse 3 octobre 2006

Il faut bien mettre un peu de piment, zapette. Je trouvais que le simple vol n'était pas assez pour montrer sa vraie métamorphose, la décadence d'une enfant sage en somme.
Bonne suite !

Zapette 4 octobre 2006

ok Lamisse, voilà effectivement un rebondissement qui corse les choses....

Lucca 13 octobre 2006

J'avais envie de continuer cette histoire mais j'avoue que la transformation de cette enfant sage en "bimbo" ne me plaît qu'à moitié... Bon, pas grave, on va faire un petit détour

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