Un chien enragé est parfois à l'image de Mme Céline Lefiel, épouse du directeur et sans qualifications particulières. Elle fait parfois irruption dans la chambre de certains résidents particulièrement vulnérables. Comme par exemple chez Mme Téran. Sa voisine de palier s'appelle Mme Pinet qui est l'amie de Mme téran. elle assiste parfois à certaines scènes de désolation contre lesquelles elle n'y peut rien. Subir et se taire...Sinon, la porte est grande ouverte. Vieillir est un problème pour Mme Téran qui se retrouve seule, sans famille et sous tutelle administrative. Elle est totalement dépendante. Une situation qu'elle n'a pas désirée biensûr! Mais la vie nous fait parfois faire des choix que l'on ne formule pas. Une petite voix intérieure qui nous dit:"c'est ton destin et essaie de conjuguer avec les évènements". L'âge avançant ne rend pas les choses faciles évidement! Et pour couronner l'histoire , la mémoire n'est plus vraiment une amie fidèle! Faut-il asbolument que sarcasmes, privations et harcèlement moral conditionnent le quotidien? Si la résidence est magnifiquement cossue et bien "tenue"Il n'en est que la façade! Car l'esprit rigide de l'intérieur relève d' un système para-militaire dans le mauvais sens du terme. En ce qui concerne le personel soignant, il faut jongler entre les humeurs négatives et pseudo- positives de Mme Lefiel qui tyranise tout son petit monde dans une satisfaction plus qu'affirmée. En fait, Mme Téran souffre de la maladie d'Alzhémer et lorsqu'elle a peur du "méchant chien qui entre" Elle jette ses médicaments par terre et son verre d'eau. C'est sa façon de personne malade de lui dire:" Mais ma pauvre Céline, c'est toi qui est malade et qui aurait peut-être besoin d'un psy!""Tiens, avale ceci, il paraît que cela atténue les bleus à l'âme!"Ma conclusion de personnel soignant est que lorsque l'on ose pas "dénoncer" des abus dans la vraie vie, on peut malgré tout faire ouvrir les yeux au monde et dire "OUI, CELA EXISTE!"

Une maison d'apparence bien ordinaire
Psychologie · 3 chapitres · 2 plumes · écrite du 26 décembre 2011 à 22h44 au 3 novembre 2012 à 16h40 · 894 lectures à l'époque
Réflexion sur le harcèlement moral que les seniors peuvent subir et dans ce cas, je ne resterais qu'un héros virtuel!
Elle avait dû veiller tard, lorsque l'on souffre d'Alzheimer, on perd aussi la notion du temps. Elle dormait presque assise sur son lit, le menton renversé sur son livre, sa chevelure étalée autour de l'oreiller, nid douillet sous lequel elle aimait cacher son visage.
Un joli bouquet de tournesol, trônait sur sa table de chevet sentinelle bienveillante du sommeil de l'aïeule.
Je restai un instant à l'entrée de la chambre à observer d'un œil attendri le visage rose et fripé de ma patiente préférée. Qui avait bien pu lui apporter ce morceau de soleil et le livre encore ouvert entre ses mains ?
Je savais que la Lefiel ne se trouvait pas dans l' établissement aujourd'hui ;je me réjouissais de cette journée de tranquilité pour chouchouter un peu mes pensionnaires .
Je m' approchai de Madame Teran qui venait d' ouvrir les yeux .
-Quel joli bouquet vous avez reçu ,Julie , qui donc vous a gâté de la sorte ?
Julie me regarda avec beaucoup plus de clairvoyance que de coutume .
- C'est mon fils !
Le sourire qui illuminait son visage , l' éclat nouveau de ses yeux la faisaient paraître vingt ans de moins et j'eu un instant la vision de la jeune femme qu'elle avait dû être. La Lefiel refusait que ses pensionnaires s' entourent de photographies , pretextant que celà les empêchait de s' habituer à leur nouveau cadre de vie et de se faire à l' idée de mourir un jour !
- Vous deviez être contente de retrouver votre fils , Madame Julie !
Elle ne me repondit pas , son regard avait déjà perdu de sa vivacité et elle fixait sans les voir le bouquet de tournesols .
Je redressai ses oreillers , posai un baiser sur sa joue parceminée de taches de son puis sortis de la chambre .
Je me dirigeai vers l' office afin de me servir un café et y croisai Mathilde ma jeune collègue
-Julie a reçu le visite de son fils lui dis je en lui tendant une tasse odorante !
Matilde me regarda d' un air étonné
-Son fils ? Celà ne se peut , il est mort l' année dernière !

