Photo thème
71 contributions · 11 plumes · du 4 décembre 2005 au 20 septembre 2008 à 10h05 · 1379 lectures à l'époque
http://photo.coolgrafik.com/showphoto-44919.html
Voilà, le lien. C'est une photo que j'ai choisie au pif. Je me suis dit ça peut inspirer.
Alors voilà je suggère (sur une idée de Griffette) que chacun y aille de son imaginaire à partir de cette photo. Je vous redonne le lien : http://photo.coolgrafik.com/showphoto-44919.html
J'espère que ça marchera et que tout le monde saura atteindre cette image, puis être atteint par elle...
Je me lance...
Raph

Jérôme était allé pour la première fois en boîte à côté d'Annecy, dans un lieu soit-disant branché, mais à la vérité plutôt débauché, nommé "l'Esclandre".
Il avait alors quatorze ans et un appétit de sensations fortes à l'abri de toute prudence, qui l'avait fait fuire le village-vacances où ses parents le croyaient endormi pour gagner seul l'entrée de cette boîte.
Après un quart d'heure d'errance parmis les back-rooms et niveaux divers, il avait vu cette fille, Marie-Emma, beauté appartenant au lieu même. Son regard reptilien semblait en dire long sur son caractère et le sourire ne faisait visiblement pas partie de ses habitudes. Et pourtant tous les hommes la convoitaient. Elle avait peut-être 17, 18 ans... Des quadragénaires cravatés lui tournaient autour, vieilles épaves d'un monde eighties où l'argent était un synonyme direct de sex-appeal.
Elle s'approcha de Jérôme, le regarda dans les yeux et dit : "déjà essayé l'extasy ?"
La vie de Jérôme prit alors un tournant irréversible...PS : Attention ! Il ne s'agit pas d'une histoire à suivre (d'où l'idée de faire ça sur le forum). Chaque participation est indépendante des précédantes !

voyons
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Il n'y eut rien à faire. Les yeux étaient figés vers l'au-delà, les pupilles dilatées, agrandies sur le néant ne retiendraient plus que des larmes de sang.
Sous le maquillage les lèvres palissaient déjà et ne seraient bientôt que le souvenir d'un sourire.
________________________________________________Elle était là, allongée. Les méandres de son cerveau laissait glisser des fluides qui ne coulaient plus et qui s'enliseraient peu à peu entre des cellules desséchées.
Elle avait vingt ans, peut-être moins, oui sans doute ; quelle importance, elle était là ; son corps nu bientôt froid et figé sur ce drap blanc. Elle avait vingt ans.
________________________________________________Son poul, entre des doigts, avait battu ; mal, irrégulier mais sous la peau on le sentait ; il y avait de la vie, encore, pas beaucoup mais encore.
________________________________________________Elle ne fut photographiée que lorsque son encéphalogramme devint plat. Imaginez cette photo sans couleur, un ton sépia, un ton grisé. Putain de drogue. Après, on lui a fermé les yeux et la bouche aussi.
Des organes furent prélevés, vite ; l'hélico attendait déjà ; la famille était d'accord, elle avait signé.
J'ai touché sa joue ; elle avait vingt ans, peut-être moins.
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_______________________________________________________Je suis désolée mais je ne peux participer à cette histoire. J'ai essayé plusieurs versions mais elles sont toutes aussi noires et tristes les unes que les autres.
Je me reprendrai à la prochaine photo.
Désolée de vous laissez tomber ...C'est rien Angel.
Amitiés.Moi je dis pareil que Telma !

Kevin Reed est photographe..Il a fait sa renommée mondiale en prenant en photo des ‘no-names', des monsieurs et madames tout le monde. Il choisissait ses sujets au hasard de ses promenades, cherchant toujours quelque chose de particulier, quelque chose d'unique dans le visage des gens, dans leurs yeux.
Il se promenait donc en ce samedi ensoleillé de juillet dans le Vieux-Montréal. Comme à l'habitude, il y avait foule, et se frayer un chemin dans cette marée humaine était un tour de force. Il s'arrêta quelques instants pour regarder les amuseurs publics, et son regard fût tout de suite attiré par la jeune fille qui accompagnait le cracheur de feu. Elle avait les cheveux rouges comme les flammes et ses yeux étaient d'un vert comme on n'en voit peu. Ce qui frappait le plus chez elle, c'était l'absence de réaction, comme si son corps était là, mais son esprit à des kilomètres plus loin. Elle était sourde aux applaudissements de la foule, insensible à la chaleur humide et au smog qui planait sur la ville, regardant fixement devant elle, sans rien voir : ses yeux étaient vides de sens, vides de vie.
Voulant la prendre en photo, et assez intrigué par la jeune fille, Kevin s'approcha d'elle et essaya d'attirer son attention. Peine perdue, elle ne réagissait ni au son de sa voix, ni quand il lui mit la main sur l'épaule. Elle continuait de regarder au loin, regard vide mais pupilles dilatées au maximum.
C'est Chris (le cracheur de feu) qui s'approcha de Kevin et lui demanda ce qu'il voulait à sa protégée. Kevin lui expliqua qui il était et qu'il voulait la prendre en photo car elle l'intriguait au plus haut point. Chris lui expliqua qu'il l'avait trouvée un soir d'hiver couchée sur un banc. Il l'avait ramenée chez lui, lui avait donné de la nourriture, l'avait questionné sur son âge, sur sa vie mais elle n'avait pas dit un mot. Il l'appellait Jessie, n'ayant aucune idée de sa véritable identité. Ça faisait 6 mois qu'ils étaient ensemble et elle n'avait pas prononcé un seul mot. Il l'avait amené voir un ami psychologue qui lui avait dit qu'elle avait dû souffrir terriblement pour être dans cet état. Il accepta que Kevin la prenne en photo.
Deux semaines plus tard, Kevin retourna à la Place Jacques-Cartier pour voir si Chris et la fille s'y trouvait. Chris lui fit un signe de la main, et Kevin alla vers lui. Il lui donna la copie de la revue ‘Les gens de la rue' sur laquelle figurait Jessie en page frontispice. Chris fondit alors en larmes et lui dit que Jessie était morte la semaine dernière, son coeur ayant cessé de battre. Elle était partie tout doucement, sans bruit, comme elle avait vécue. J'ai finalement retrouvé ses parents, nous avons pleurés ensemble. Kevin, Jessie avait 17 ans et elle est morte d'une surdose de cocaïne.
J'ai aucune idée mais je vous dit bravo à tous, c'est excellent!
Très émouvante, ton histoire, Angel !

Sans rire, ça me fait plaisir de belles participations à une image que j'ai proposée. J'espère qu'il y en aura plein d'autres !

Si je dessinais mon enfance?
elle aurait mon visage d'enfant, figé, inquiet sur la vie, sur l'humanité, les yeux noirs comme des perles que les massacres de la télé arrachent chaque jour,
elle aurait les cheveux rouge du sang qui passait dans les veines de ma mère quand elle me les empoignait pour me jeter dans ma chambre..
Mais elle aurait aussi les lèvres rouges, ce rouge de vie, celui de l'amour que l'on poursuit coute que coute, celui des baisers fougueux et vivants qui font tambouriner le coeur, celui des paroles chaudes qui réchauffent les gens autour de soi...
Si je dessinais mon enfance, elle serait un peu des autres, beaucoup de moi...noire et rouge.En passant le choix d'image est très bon, il n'impose rien du tout!

Je suis d'accord, c'est une bonne image....choix judicieux!
Sauf que malheureusement celle la ne m'inspire pas asser pour écrire....Alors maintenant, il nous faut une autre image pour laissez couler notre prose..

achachichou.free.fr/ fetes/noel/humournoel2.htm....voici une autre image!!!!

Not Found
The requested URL / fetes/noel/humournoel2.htm was not found on this server.T'a mis des espaces!
Le bon URL est : http://achachichou.free.fr/fetes/noel/humournoel2.htm
Et il faudrait que t'en choisisse une!

Si je puis me permettre, il serait sans doute plus judicieux d'ouvrir un nouveau sujet pour chaque nouvelle photo... Parce que sinon, très vite on ne va plus savoir quel texte correspond à quelle photo... Non ?... (d'autant plus que j'ai donné le lien vers la photo que j'avais choisie comme nom au sujet...)

tu peux te permettre.remarque judicieuse. ça nous change!
Non mais je suis d'accord Raph. Ça serais beaucoup plus simple comme tu dis parce que les nouveaux membres qui voudraient participer aux premières photo ne pourraient pas car toutes les suivantes sont par dessu et tout cela serais bien mêlant!
C'est très vrai. Qui veux continuer?

Je me propose!
Alors attendez mon prochain message!
Absurde à venir...ce serait très "mélant"..j'adore ce mot! mêlant...je connaissais pas! y a des trucs à faire avec ça! (euh;en tout bien tout honneur je parle de jeux d'écritures)
au fait, si je puis me permettre je trouve que l'othographe laisse à désirer messieurs! méfiez vous que ce ne soit un dictionnaire que je vous offre virtuellement!
(j'aime bien me la jouer instit de temps en temps)J'ai trouvé!! nouveau tit jeu! A la manière de.....
C'est en forgeant qu'on devient forgeronC'est en mêlant qu'on devient melon
c'est en déballant qu'on devient des ballons
c'est en déconnant qu'on devient des canonsC'est en ceinturant qu'on devient ceinturon?
C'est en jupant qu'on devient jupon?
C'est en se mouchant qu'on devient mouchant?
Merci, merci!Qu'on devient moucheron, Godfather !... Mais je suppose que c'est ce que tu voulais écrire, non ?
Sinon, euh...
C'est en Legowant qu'on devient Nono (argh)

C'est en se marrant qu'on devient marron
C'est en se dandinant qu'on devient des dindons.C'est en bûchant qu'on devient bûcheron
C'est en bougonnant qu'on devient bougon
C'est en polissant qu'on devient polissonGodfather a du mal pour de jeu de rimes..2 sur 3 c'est pas si mal allez....mais rappelle moi la définition de "devenir mouchant" en Amérique? je suis curieuse!

quant à Raph il critique mais je l'attends au tournant! (et non au tournon) il n'a guère été efficace!Ne vous en faites pas, je voulais écrire moucheron!
En tout cas il me semble.
Ne doutez pas de mon français

GGRRRR à la fin !
Je ne critique pas, je souligne, et puisque tu me mets au défi, panthère :
C'est en se camant qu'on devient camion
C'est en planant qu'on devient plomb
C'est aux balkans qu'on devient balcon
C'est en héritant qu'on devient hérisson
C'est en fraudant qu'on devient Frodon
Et enfin c'est en béant qu'on devient bon !
Alors.C'est en planant qu'on devient planon, non?

et c'est en buvant qu'on devient biberon.
C'est en grattant qu'on devient gros thon.

C'est en jurant qu'on devient juron
C'est en guidant qu'on devient guidon
C'est en ânonnant qu'on devient ânonC'est en baîllant qu'on devient baîllon
C'est en espionnant qu'on devient espion
C'est en nourrissant qu'on devient nourrisson
C'est en coupant qu'on devient coupon
C'est en lardant qu'on devient lardonC'est en cochant qu'on devient cochon!
( Je n'irai pas voter moi! )
le grattant, moi je n'avais pas osé.... me contentant d'y penser!
C'est en tapant qu'on devient petit..pas tapon!
(euh.là il faut des références discographiques..)
C'est en liant qu'on devient lion.
C'est en étalant qu'on devient étalon.
C'est en casse banban qu'on devient casse bonbon.
(euh.c'est la fatigue...)Merci à Godfather et son planon mouchant....de mieux en mieux!
bravo à Angel tout cas et ...à Raph, oui j'avoue, il s'en est bien tiré! (jaime bien Frodon!)Alors je dirais plutôt : c'est en planant qu'on devient plat, non ?
(merci, merci, non, non, n'applaudissez pas, c'était facile...)
Il y en avait d'autres mais je me suis auto-censurée

C'est en se censurant qu'on cesse les jurons

Et c'est en chantant qu'on devient chanson.
C'est en feignant qu'on devient faon... Merci, merci...
C'est en suçant qu'on devient suçon..
(euh.Angel moi j'ose, mais c'est juste pour la beauté du mot!)C'est en syphonant qu'on devient syphon
C'est en croquant qu'on devient gros con
C'est en se dandinant qu'on devient des dindons
C'est en jappant qu'on s'retrouve au Japon
C'est en délirant qu'on devient des lurons!C'est en mimant qu'on devient un mime con.
À vous en studio!
C'est en fleurissant qu'on devient fleuron
Un petit m'est venu comme ça, très actuel!
C'est en sentant qu'on devient santon.C'est en étant galant qu'on prend du galon

C'est en poivrant qu'on devient poivron
C'est en militant qu'on devient mirliton

C'est en jacassant qu'on devient Jacques à sons.
C'est en étant galant que l'on prend du galon!C'est en se perdant qu'on apprend à dire pardon...
5c'est beau ça, j'en suis toute émue moi même...snif)Ouhhhhh !!!! Aïe aïe aïe puissance mille !!! Regarde trois participations plus haut, Griffette !!!

Honte à moi!!!!!Oh grands maîtres des lieux ne me banissez pas pour plagiat! J'ai eu la même idée que Raph! Certes beaucoup plus tard, question de neurones en moins j'en conviens...Promis je ne recommencerai plus! Mais avouez que plagier Raph est tentant. Qui ne voudrait frôler la douce idée d'avoir son génie?
(J'ya vais un peu fort là, mais c'est bien non?)
C'est en étant bien nan qu'on est bien non?Non, non, tu n'y vas pas trop fort.
Continue.

Caresser dans le sens du poil, en québécois ça se dit comment?
Et les chevilles elles enflent aussi?Flatter dans l'sens du poil. (traduction québécoise)
Les chevilles qui enflent non, mais la tête oui!
On s'arrêtera là dans l'anatomie pitié!
Dites moi les fortiches en informatique, ne pouvez vous pas nous trouver une nouvelle photo pour cette année 2006, afin que nous fassions jaillir nos imaginaires divers?
Je fais... Dans un nouveau topic!
Alors comme je ne peux pas encore envoyer de photo en nouveau sujet (suis pas si forte que les génies GOdfather et GodNono) j'insère ici une nouvelle photo pour inspirer les imaginations débordantes des legowiens et wiennes! On dira que ce sera pour la semaine, d'acc?
c'est en skiant qu'on devient cirant
c'est en legowsiant qu'on devient négociant
c'est en imaginant qu'on devient image non?(pas trop d'imagination mahnoh, il ce fait tard ici)
En fait le sujet du départ c'est de faire un texte inspiré de cette photo.
(Le coup des délires sur proverbe est arrivé plus tard,) tu peux donc écrire normalement! Alors remets ça Mahnoh, un jour où il se fera moins tard! Bonne inspiration!Bon question inspiration ça fait plouf!
Je me lance alors:
Hervé est là haut, il me regarde.
Il a toujours aimé les sommets, il doit être heureux maintenant.
Moi, j'ai froid, d'un froid qui ne fond pas.
Hervé ne reviendra pas.mais suis-je vraiment sure qu'il ne reviendra pas? après tout ne m'a -t-il pas fait la promesse qu'un jour il quitterait son paradis?
de son côté Hervé angoisse, son paradis blanc, sa belle étandue de purtée, cette virginale assention qu'il vient de faire, ne l'attire-t-elle pas d'avantage vers d'autres sommets. et bien que l'amour qu'il porte à sa belle le ramène de plus en plus sur terre; il ne peut ce résoudre à quitter cet univer de neige et de cristal de glace qui l'attire de plus en plus vers les nuages, à côté de son étoile pôlaire qui luit d'une lueur toute nouvelle . cette même étoile qu'il peut toucher à chaque sommet eneiger serait-elle se défaire de son plus grand admirateur?J'ai levé les yeux vers se ciel bleu,
j'ai levé mon nez, vers se froid glacé,
mes cheveux se sont couverts de givre.
Et le Haut Pic Des Neiges me souffla un soupir d'ennui.J'en profite pour faire de la pub. Venez et tentez de découvrir l'énigme des acrostiches dissimulés au coeur d'un texte dans le jeu "Acrostichez vous", juste histoire de voir si vous avez l'âme d'un chiffreur ou d'un agent secret si vous préférez !

La montagne
Seulement drapée de son manteau blanc
Qui s'effiloche peu à peu au vent
Découvrant son corps au relief troublant
Erodé par des tourbillons fervents
La montagne, reine du faux semblant
Leurre sans remord les preux arrivantsLasse que ses sommets soient pris d'assaut
Dans le désir vain de rivaliser avec elle
Ses flancs saignant, maltraités par des sots
Qui pillent sans fin son escarcelle
Souvent la belle les chasse au lasso
Et s'ensuit un implacable duel
"Il n'ira pas beaucoup plus loin
La nuit viendra bientôt
Il voit là-bas dans le lointain
Les neiges du KilimandjaroElles te feront un blanc manteau
Où tu pourras dormir
Elles te feront un blanc manteau
Où tu pourras dormir, dormir, dormir"- Mais enfin Pappy Daniel, tu vas te taire .Tu empêches toute la maison de dormir.
- Tu trouves que je chante mal,ma grande Sophie?
- Non, Pappy mais il est tard et il faut que tu dormes, que tu reposes ton grand corps malade.
- C'est vrai.Tu as raison.Je me tais".
Il reposa sa tête sur l'oreiller, remonta soigneusement le drap d'une blancheur neigeuse.La grande Sophie borda la couverture d'un blanc immaculé, elle aussi.
Elle posa un baiser sur le front de Daniel, éteignit la lampe de chevet et s'éloigna en fermant doucement la porte derrière elle.
Pappy ne dormait toujours pas.Les vieillards dorment peu pour essayer de mieux vivre le temps qu'il leur reste.
Il pensait à la fille qu'il avait le plus aimée.
Elle s'appelait Aline.
Toujours les mêmes images lui revenaient.
Elle marchait sur une plage,s'éloignait dans le lointain, entrait dans la mer sans se retourner et nageait, nageait...
Il ne pouvait la suivre car il avait toujours eu peur de l'eau et ne savait pas nager.
Assis sur le sable, avec un bois flotté échoué à ses pieds, il dessinait et l'attendait.
De temps en temps,il criait "Aline" à perte de voix pour qu'elle revienne.
Elle sortait enfin de l'eau, riait de le voir là qui l'attendait.Ils s'en allaient main dans la main.Comme il était heureux, en ce temps-là!
Et pourtant elle l'avait quitté.
Pour Christophe, un de ses amis à lui.
Elle n'avait pas eu le courage de lui dire qu'elle ne l'aimait plus.
C'était lui qui les avait surpris
Comme chaque samedi,il revenait par le train de nuit.
Toute la journée,une tempête avait soufflé.
En cette saison,c'était inhabituel.
Le vent d'hiver avait soufflé en avril.
Dès six heures au clocher de l'église,les arbres avaient été fauchés, hachés menu et gisaient dans le square, face à la gare.
Aline n'était pas sur le quai à l'attendre avec son merveilleux sourire.Il n'en fut pas étonné car il faisait vraiment mauvais temps, ce soir-là.
Il partit vite chez lui.
Sur son chemin, il pensa à Christophe, son ami depuis toujours.Il était veilleur de nuit à la mairie.A l'idée de se faire offrir un café bien chaud, il alla le rejoindre.
Et il la vit.Elle sortait de la mairie, se retourna et envoya un baiser du bout des doigts vers Christophe, resté dans l'encoignure de la porte.
Ils ne le revirent jamais.Il reprit un train et partit loin, très loin, très longtemps.
Quand il revint, ils étaient mariés.
Aline avait pris vingt kilos et n'arrivait pas à avoir d'enfant, ce qui la rendait hargneuse.
Pour être tranquille, Christophe se réfugiait dans l'alcool et buvait jusqu'à plus soif.
Tard le soir, accoudé au comptoir du "Café de la Gare", il marmonnait sans cesse les mêmes mots:"Je lui dirai les mots bleus,les mots qu'on dit avec les yeux,ceux qui rendent les gens heureux."
Le patron qui en avait entendu bien d'autres et des moins poétiques l'écoutait avec indulgence, tout en essuyant ses verres.
Quand Daniel entra dans le bar, il sut qu'il lui restait
une rancœur subtile qui gâcherait l'instant fragile de leurs retrouvailles, alors il s'assit loin de Christophe et le regarda s'alcooliser toute la soirée.
Vers minuit, il s'en alla, se cacha sur le chemin de hallage.Il savait que Christophe passerait par là pour revenir chez lui.Il attendit.Il était très patient.
Christophe titubait.Ce fut un jeu d'enfant de le faire trébucher et tomber dans l'eau froide et sale.Un croc en jambe et le tour fut joué.
Ce soir,bien au chaud au fond de son lit,Pappy sourit encore à ce souvenir finalement délicieux. Il s'endort enfin sous le regard bienveillant de la photo d'Edvige, sa femme, la mère de ses enfants, morte l'an passé.
De mort naturelle.

