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Aventure des dimanches en janvier 2008

Aventure · les dimanches · 3 chapitres · 2 plumes · écrite du 20 janvier 2008 au 3 février 2008 · 899 lectures à l'époque

Mirakle 20 janvier 2008 · 1

- C'est trop bête ! Quelle idée saugrenue que d'être venu faire ce safari !
- Tais-toi Gérard ! Ne fais pas de bruit...
Anne et moi, adossés à notre jeep, nous avions l'impression de nous retrouver projetés dans un de ces célèbres films des années 50 : dans une Afrique sauvage, abandonnée et dangereuse. Le danger était pour cause bien présent puisque nous faisions face à un énorme rhinocéros mâle d'au moins 2 tonnes ! La situation déjà pittoresque s'était aggravée brutalement lorsque ce gentil pachyderme, dans accès de rage dont son espèce est coutumière, nous avait renversé. Ainsi, notre tout-terrain gisait les quatre fers en l'air ! Par miracle, Anne et moi avions pu nous extraire du véhicule.

L'animal nous regardait fixement d'un œil hargneux. Ces naseaux se dilataient par intermittence et son souffle bruyant ne nous rassurait pas le moins du monde. Après être rentré en collision avec notre véhicule, il s'était immobilisé à moins de 20 mètres, manifestement satisfait de sa performance. Que faire à présent ? Nous ne pouvions quand même pas rester là indéfiniment. Comble du comble, nous étions sans secours car notre cascade avait eu raison de la radio de bord déjà vétuste.

Clothilde 27 janvier 2008 · 2

La chaleur de la tôle froissée nous brûlait le dos. Je sentais la sueur dégouliner le long de ma nuque, la soif se faisait sentir et nous n'osions pas faire un geste vers la gourde qui avait été éjectée à quelques mètres de nous. Je jetai un regard vers Anne, elle était livide, elle mordillait ses lèvres et un sentiment d'impuissance s'ajouta à l'angoisse qui me tenaillait le ventre. Anne fixait un quelque chose sur sur le sol, elle était comme hypnotisée. "- ANNE ça ???

Mirakle 3 février 2008 · 3

Anne venait de s'évanouir. La peur et la soif avaient eu raison de sa détermination à affronter le danger. Mu plus par un réflexe que par la raison, je m'élançais à son chevet juste avant qu'elle ne tombe de tout son poids sur le sol sableux. Je réalisais alors que je venais de bouger sous les yeux impavides du rhinocéros et ce dernier n'avait pas bougé d'un pouce. C'est alors que je vis ce qui fascinait tant Anne quelques secondes plus tôt : un naja royal.

Le serpent, d'un noir de jais, était à moins d'un mètre de nous mais par un prodige dont seule la nature est capable, il nous tournait le dos et faisait face au pachyderme cornu. J'avais la nette impression qu'il tentait de nous protéger ! Lentement, par ondulations reptiliennes successives, le naja se rapprochait de notre adversaire commun. A deux ou trois mètres du rhinocéros, le cobra s'immobilisa sur ses torsades et se dressa fièrement dans une attitude bravache pleine de témérité.

A mon très grand étonnement, je vis de mes yeux une chose proprement incroyable : le rhinocéros baissa la tête comme pour marquer son allégeance et recula sans plus oser regarder le naja. Cette scène fantastique prit fin lorsque l'épaisse peau grise du pachyderme eut disparu derrière un mur de ronces et d'arbustes rabougris. Le serpent se retourna alors, calmement, avec majesté vers Anne et moi. Durant plusieurs minutes, mes yeux étaient rivés dans les siens et pourtant je me sentais en sécurité. J'étais sous le coup d'une étrange torpeur et ce fut une goutte de sueur glissant le long de mon échine qui me réveilla presque en sursaut.

Anne était toujours dans mes bras, inconsciente. Devant moi, il n'y avait plus rien : ni rhinocéros, ni cobra. Juste du sable et un horizon végétal à une dizaine de mètres. Mes sens en alerte, je me retournais pour fouiller du regard nos abords immédiats. Où était passé le naja ? Malgré mes efforts, il ne me fut pas possible de le retrouver ni même de le suivre à la trace. Ayant déposé délicatement Anne, la tête contre un sac à dos et je m'avançais les yeux rivés sur les sinusoïdes produites par le déplacement de l'ophidien. Elles s'arrêtaient là où s'était tenu le rhinocéros. Apparemment, le cobra s'était ensuite simplement volatilisé...

Depuis cet incident inexplicable, les années ont passé. Anne et moi avons visité bien d'autres contrées sans plus jamais vivre une situation aussi singulière. Il m'arrive encore de songer à cet événement et de me dire que la Providence intervient parfois avec bien des facéties...

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