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Horreur des samedis en janvier 2008

Gore & Horreur · les samedis · 5 chapitres · 3 plumes · écrite du 20 janvier 2008 au 1 février 2008 · 637 lectures à l'époque

Angel 20 janvier 2008 · 1

Nikky adorait sa nouvelle vie. Depuis qu'elle avait eu cet emploi dans ce collège huppé, tout semblait lui sourire. Des étudiants brillants et surtout intéressés, de nouveaux amis, son chien Pepito et une jolie petite maison directement sur le campus.

En ce samedi matin, tout était calme. Faut dire qu'il était tôt et que les étudiants devaient pour la plupart dormir encore. C'était le moment de la journée que préférait Nikky, celui où le chant des oiseaux remplaçait les cris des élèves et le son des radios des voitures poussé au maximum. Elle marchait d'un bon pas tandis que Pépito courait devant elle.

Soudain le chien s'arrêta brusquement et se mit à grogner.
- Pepito , qu'est-ce qu'il y a mon chien ?
Et Pepito de grogner de plus belle, laissant échapper quelques aboiements.
- Pépito, viens ici, dit Nikky, mais elle se rendit compte que le chien ne l'entendait pas, trop occupé qu'il était à regarder quelque chose qui semblait l'intéresser au plus haut point.
Le coeur battant un peu plus vite, elle se dirigea en courant vers son chien.
- Voyons Pepito, qu'est-ce qu'il y a...Oh mon Dieu !
Elle regardait dans les yeux un homme, mais lui ne pouvait plus la voir. Il était pendu par les pieds, la bouche ouverte comme pour crier sa souffrance.

Anakin 26 janvier 2008 · 2

Nikky se retourna pour ne plus voir cet homme. Elle le connaissait bien, c'est un étudiant de 2ème année. Lucas Malone, c'était ainsi qu'il s'appelait. Grand brun, il a toujours était le souffre douleur des autres élèves. Les larmes lui montaient aux yeux. Cependant, elle se ressaisit pour téléphoner à la police. Elle sortie son portable et composa le 911.
- Service des urgences Bonjour, répondit une voix d'homme, quel est votre problème.
- Il y a eu un meurtre sur le campus de Hill Valley, venaient vite s'exclama Nikky.
- Très bien, expliquez-moi la situation et j'envoie une patrouille.
Nikky lui expliqua puis raccrocha, et 10 minutes plus tard sur le campus arrivaient l'équipe de police et les étudiants curieux.
Tous étaient là pour Lucas, qui se balançait toujours au bout de la corde au plus vieil arbre du campus.

Mirakle 26 janvier 2008 · 3

Lorsque l'inspecteur Wolf McCray arriva sur les lieux, un cordon de police avait déjà été placé autour de la scène du crime. Le mot "meurtre" était sur toutes les lèvres car il n'était pas concevable d'imaginer un suicide avec ce modus operandi. McCray était le type même du policier débonnaire et blagueur mais il avait une réputation d'efficacité à toute épreuve. Cachés derrière ses lunettes de soleil, ses yeux examinaient la foule des badauds ; ses expériences en criminologie lui avaient enseigné que le criminel revenait presque toujours sur les lieux de son forfait. Il ne voyait que de jeunes hommes et femmes qui fréquentaient le campus et, de ci-delà, une tête plus âgée, celle d'un professeur, du moins le supposait-il.

Après avoir examiné sous tous les angles le cadavre pendu, il ordonna que le corps soit détaché. Le coroner, Joe Warrens, se mit en devoir d'examiner le mort et de donner ses premières impressions. Après quelques minutes que McCray avait mis à profit pour visiter les abords de la scène, Warrens lui présenta ses conclusions.
- Cet homme est décédé dans des conditions assez particulières, dit Warrens.
- Ca crève les yeux Joe ! Peu de gens finissent leurs jours comme ça ! répondit McCray.
- Je voulais dire qu'il était mort avant d'être pendu par les pieds...
- Tu m'en diras tant. Ne me fais pas lambiner Joe, donne-moi tes conclusions.
- Hé bien, ce que je peux dire c'est que tout son sang a été remplacé par de l'eau. C'est d'ailleurs ce qui lui donne ce teint blafard.
- Comment cela est-il possible ?
- Pour l'instant, ça dépasse mes connaissances mais je pense pouvoir t'en dire davantage lorsque j'examinerai le corps à la morgue.
- Entendu Joe mais tiens-moi au courant aux premiers résultats.
- Ok. Je peux d'ores et déjà te donner un autre détail troublant : son crâne a été modifié puisqu'il existe un trou, une sorte de prise, juste à la base de l'occiput.

Angel 26 janvier 2008 · 4

Après les photos d'usage du cadavre et de la scène du crime, l'homme fut enfin détaché, mis dans un sac. On avait pris soin d'envelopper ses mains au cas où des morceaux de poils ou de peaux se trouveraient sous ses ongles. Le sac fut ensuite placé dans le fourgon du coroner, en route pour la morgue.

Arrivé à son bureau, Joe Warrens se prépara pour l'autopsie. Il enfila sa combinaison bleue, ses lunettes de sécurité. Son assistant, mis au courant de la tragédie, avait préparé tous les instruments utiles et à son entrée dans la salle, le corps de l'inconnu gisait, nu sur la table d'examen.
Sans perdre une seconde, Joe commença l'autopsie:
- Le sujet est de sexe masculin entre 30 et 35 ans, de bonne constitution. Aucune blessure apparente, si ce n'est qu'un trou à la base du crâne et de lésions aux chevilles dues principalement à la corde qui le maintenait la tête en bas. Pas de trace d'injection quelconque, ni aux bras, ni à la région pubienne. Une ecchymose tournant au noir localisée sur la face externe de la cuisse gauche, probablement antérieure à la mort. Je vais maintenant procéder à l'inspection des organes internes.

D'une main assurée, il prit le scalpel et traça une incision en Y sur le corps de l'homme. Comme il l'avait précédemment annoncé à l'inspecteur McCray, aucune goutte de sang ne se répandit. Le coeur ne présentait aucun dommage, de même que le foie et le pancréas. Il ne trouva rien de spécial dans l'estomac sauf un reste de gellule qu'il mit dans un sac pour l'envoyer en toxicologie.

Mirakle 1 février 2008 · 5

Le lendemain matin, à son arrivée au bureau après une nuit sans réel sommeil, McCray commença par se prendre un bon vieux café. Toute la soirée il avait cogité sur l'étrange cas de Lucas Malone mort sans plus une goutte de sang... Mu par une intuition dont il était coutumier, McCray avait même parcouru la wikipedia, sur Internet, pour tout apprendre sur la composition sanguine. Il avait ainsi noté que l'hémoglobine tenait sa couleur du fer. Sans savoir pourquoi, cette information lui semblait être la clef de l'énigme.

McCray finit par voir sur son bureau le rapport d'autopsie que lui avait fait parvenir Joe Warrens. Le coroner et son assistant avaient travaillé toute la nuit pour fournir un maximum d'éléments. Les conclusion étaient pour le moins étonnantes : le corps de Lucas Malone ne contenait pas de l'eau mais bien du sang... avec une hémoglobine dénaturée, c'est-à-dire dénuée de fer. Warrens ajoutait que le trou à la base de la nuque était vraisemblablement un orifice qui avait conduit à aspirer des fluides corporels. D'ailleurs, le rapport mentionnait la présence d'une gélule d'extrait d'ail dans l'estomac. Le principe actif de l'ail était connu pour fluidifier le sang.

Avec ce peu d'indices, McCray cherchait un lien, un mobile, en un mot : une explication plausible qui le conduirait à l'assassin. C'est alors qu'il bondit de son siège avec une idée, un peu farfelue mais qui pouvait expliquer bien des choses. Il se saisit du clavier de son ordinateur et après s'être identifié, il se connecta au site du FBI. Une rapide recherche lui permit d'obtenir un nom : GianCarlo Frattelli. Selon le FBI, Frattelli était une petite frappe de la mafia qui s'efforçait de prendre du galon dans l'organisation. Il avait déjà été arrêté trois fois pour divers trafics toujours assez innovants, susceptibles de lui ouvrir de nouveaux marchés. McCray décida d'aller lui rendre une petite visite ; il était intimement convaincu d'avoir résolu l'affaire.

La maison était cernée d'un mur d'une hauteur qui aurait mis en difficulté un basketteur de la NBA. D'un blanc immaculé, il évoquait une propriété méditerranéenne. Le portail en fer forgé noir était gardé par deux individus en costumes clairs. Leur décontraction apparente ne les empêchait pas d'être sur le qui-vive et d'avoir les mains tantôt à leur oreillette, tantôt à leur mitraillette en bandoulière. Une Lincoln bleue s'arrêta à leur hauteur sans hésitation. La vitre baissée, McCray interpella le lascar le plus proche.
- Inspecteur McCray, je dois voir GianCarlo Frattelli.
- Vous avez rendez-vous ? mâchonna le garde
- En effet, mais votre boss ne le sais pas encore...
- Vous êtes un comique vous, non ?
- Pas vraiment, mais j'imite bien les rigolos. Trêve de plaisanterie, dis à Frattelli que j'ai à lui parler.
Le garde baragouina dans son micro cravate et le portail s'ouvrit lentement. Sans attendre d'invite plus explicite, la Lincoln emprunta le chemin vers la villa.

GianCarlo Frattelli attendait McCray sur le perron. Il était petit et très mince, le genre nerveux par excellence. La Lincoln s'arrêta dans un léger crissement de pneus. McCray, fidèle à son style, fit semblant d'ignorer Frattelli feignant de le prendre pour un larbin.
- Où est Frattelli ? Demanda McCray à la cantonade
- C'est moi bordel ! Tu te fiches de moi ou quoi ?
- Tu es Frattelli ? Bizarre on m'avait parlé d'un type qui en imposait... J'ai dû confondre...
- Ouais c'est cela, je te connais toi. Tu joues au flic chanceux mais je te recommande pas ce style avec moi.
- Pourquoi, tu as moins de chance que moi ? Dit goguenard McCray.
- Arrête ça tout de suite ! Que veux-tu ?
- Je viens te parler de tes trafics en tout genre.
- Je ne vois pas de quoi tu causes.
- Allons, je sais que tu trempes dans le nouveau business, avec les Chinois.
- Quel business ?
- Le trafic de métaux. Tu sais bien que c'est le nouveau filon du moment avec la surconsommation chinoise de matières premières.
- Hein !? Mais qu'est-ce que je viens faire là-dedans ?
- Le FBI est bien renseigné : tu es le premier fournisseur de fer clandestin de l'état.
- Mais tu débloques ou quoi ?
- Tu connais un certain Lucas Malone ?
- Jamais entendu parlé.
- Tu aurais dû car figure-toi que ce petit jeune, mort hier mais ça tu le sais déjà, travaillais dans un laboratoire de physique moléculaire.
- Tu viens, chez moi, pour me parler d'un inconnu mort et m'attrister l'après-midi !?
- Arrête de jouer l'étonné Frattelli. J'en ai une bien bonne. Le sang de Lucas Malone a été retrouvé sans un atome de fer, c'est sûrement ce qui l'a tué. Figure-toi que ce fameux Lucas, dans le cadre de son job, a été exposé à des rayonnements radioactifs. Rien de bien méchant mais assez pour marquer tous les atomes de fer de son corps... Il me suffit donc de me balader avec un petit compteur Geiger dans les coins pour retrouver leur trace.
- Tu déjantes complet !
- Je te propose de vérifier tout de suite : j'ai un compteur dans la poche.
- Figlio di una cagna ! Je pensais avoir tout prévu pour une fois ! Personne n'aurait dû remonter jusqu'à moi. Mais tu n'es pas aussi malin que tu penses l'être. Hurla Frattelli en sortant un Beretta et en le braquant sur McCray.
Une détonation nette mit fin au bavardage du mafioso qui s'écroula une main à l'épaule droite.
- Bien visé Mike, chuchota McCray dans son micro portatif.
- Je suis toujours là pour t'épauler ! Répondit Mike Donovan, perché sur le mur d'enceinte.
- Une très bonne blague Mike, je te félicite.
- Le SWAT est là au grand complet, les gusses de l'entrée sont ligotés.
- Très bien, je crois que Frattelli a implicitement avoué par son geste.
- Oui c'est clair et puis, on a l'enregistrement de votre conversation.
Le Special Weapon And Tactics avait pris possession de la résidence de Frattelli. Ce dernier, bien que blessé, avait déjà les menottes aux poignets.
- Encore une enquête et une opération rondement menées. Se félicita McCray.
Frattelli le regardait l'œil mauvais.
- Tu sais Frattelli ? Tout ce que je t'ai dit à propos du compteur Geiger et des radiations... C'était du bluff ! Ce sont tes nerfs qui n'ont pas tenu.
- Figlio di una cagnaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

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