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Horreur des samedis en mars 2008

Gore & Horreur · les samedis · 6 chapitres · 3 plumes · écrite du 9 mars 2008 au 1 avril 2008 · 537 lectures à l'époque

Angel 9 mars 2008 · 1

2 :00 am. Nick se prépare à sortir comme il le fait toutes les nuits. Ce n'est pas qu'il déteste la lumière du jour, oh non loin de là, mais il aime l'anonymat que lui procure la nuit. Il adore le fait de pouvoir passer incognito, de se fondre dans l'obscurité pour guetter ses proies, ses futures victimes.
Il passe en souriant devant Monsieur Paul, le concierge de l'immeuble qui le salue distraitement, levant à peine les yeux de son roman.
Aussitôt la porte franchie, la chasse peut commencer.

Mika 15 mars 2008 · 2

Depuis son adolescence Nick se livre à cette sombre activité. Il se sent vivre lorsqu'il repère sa proie et la traque pour finalement l'achever...Un sentiment d'épanouissement, de chaleur, qui l'éloigne un peu de cette grise vie "normale". Peu importe la victime du moment qu'elle est seule... Pas de préférences. Seul le rituel compte...Ainsi que l'achèvement.
En bon prédateur il a choisi l'affût. Il se tapit dans l'obscurité d'un porche dans une ruelle déserte et patiente jusqu'à ce qu'une innocente proie passe. Alors discrètement il la suit, l'observe, analyse ses gestes, ses attitudes...Il attend... Il guette...Patiemment...Vient fatalement le moment où la proie est à sa merci, isolée et coupée du reste du monde...Dans un jardin publique déserté en ces heures nocturnes... Au domicile de la victime bien souvent... Et parfois même dans sa voiture!...Mais toujours dans des lieux où le prédateur peut jouer avec sa proie longuement et voir la vie s'enfuir lentement de ces corps. Jamais ses yeux ne croisent ceux de ceux qu'il tue... Les yeux sont le miroir de l'âme! Et savoir qu'une âme l'observe pendant sa besogne onaniste le dérange... La proie ne doit pas avoir conscience du prédateur...seulement de sa fin...

Cette nuit Nick se poste dans l'opaque obscurité d'un haut porche non loin de l'enseigne clignotante d'un bar... Les usagers de ces lieux sont des proies toutes désignées... En général des individus solitaires, nocturnes et peu vigilants à ces heures. Ce n'est pas un bar à ivrogne (Nick exècre la viande saoule !) mais le bistro le plus proche de la gare. On s'y arrête pour s'y reposer avant de prendre la route ou bien pour égayer les solitudes... Ce lieu est une pépinière de proies !
Donc Nick attend longuement....Patiemment...Au bout d'une heure un homme vêtu d'un parqua et d'un chapeau de feutre sort. Il regarde sa montre. Lâche un bâillement. Puis s'engage dans la direction de Nick. Parfait ! Un honnête citoyen qui rentre chez lui après avoir effectué son quota de vie sociale au bar sans avoir personne qui n'attende son retour... Parfait ! L'homme avance. Il n'est plus qu'à une dizaine de mètres du porche. Ses pas résonnent sur le macadam de la rue déserte. Il faut qu'il dépasse le lieu de la cache et alors seulement Nick sortira sans bruit et suivra sa proie jusqu'à sa tanière !
L'homme dépasse le porche où Nick se tient immobile. 10 secondes passent. Les pas résonnent toujours... Nick sort la tête de l'ombre. Il commence à s'engager. Il s'arrête brusquement et saute dans l'ombre... Une silhouette noire vient de sortir discrètement d'un porche en amont et s'engage sans un bruit sur la trace de sa proie.
Nick fulmine... La silhouette passe silencieuse... Le prédateur sort la tête et observe...La colère monte en lui ! L'inconnu en noir suit SA proie !... SA proie !!! Un autre prédateur chasse sur ses terres. Résolu il sort alors sans bruit de sa cache et suit de loin le concurrent, bien décidé à conserver la mainmise sur SON activité.

Mirakle 15 mars 2008 · 3

Pour mieux cerner son concurrent, Nick reste à une cinquantaine de mètres derrière lui. Tel un chat, il se faufile d'un coin d'ombre à l'autre en prenant soin d'être quasiment toujours dans une pénombre protectrice. L'autre prédateur ne semble pas spécialement se méfier, il est tout à son affaire : suivre sa victime, l'homme au feutre.

Ce dernier se déplace en tout confiance, sans même éviter les endroits peu éclairés. Il lui arrive même de siffloter. Son poursuivant est évidemment plus discret et fait montre d'une remarquable aptitude à se camoufler. Nick éprouve parfois des difficultés à le repérer.

Au bout d'une quinzaine de minutes de poursuite silencieuse, sans anicroches, la "victime" se retrouve aux abords d'une petite cour, entre deux immeubles aux fenêtres aveugles. Dieu seul sait ce que cet homme est venu faire là, se demande Nick. L'homme à la parka se penche et semble ramasser un objet. S'étant progressivement rapproché tout au long de la traque, c'est le moment opportun que choisit l'autre chasseur pour bondir sur sa proie depuis sa cachette.

Nick décide de ne pas intervenir pour mieux comprendre le modus operandi de son concurrent. Alors qu'il se jette par derrière sur sa prise, celle-ci fait promptement volte-face et avec un art savant du combat rapproché, envoie son poing droit dans la poitrine de l'agresseur. Contre toute attente, la situation s'inverse car très vite l'homme au feutre met hors d'état de nuire son adversaire. Celui-ci gît parterre sans connaissance. Nick tressaute, éprouve un mélange de peur et d'intérêt lorsqu'il constate avec effarement que la « victime » achève, d'un coup de pied définitif et habilement assené à la tête, le « chasseur ».

Le survivant ramasse tranquillement son feutre tombé dans la bataille et l'ajuste sur sa tête. D'un mouvement circulaire, lent et assuré, il balaie du regard les abords de la scène. Puis, avec un détachement non feint, il reprend sa marche sans se presser, en toute confiance. Nick reste prostré sur le toit de l'appentis qui l'a dissimulé durant ce saisissant spectacle. Il est perturbé car, à plus de 20 mètres, il n'a pas pu voir le visage de l'homme à la parka mais il a clairement distingué ses yeux : des yeux terribles, implacables, résolus, profonds, lumineux et... rouge sang !

Mika 22 mars 2008 · 4

« Foutue conjonctivite ! » Râle intérieurement Herb en reprenant son chemin dans le dédale de ruelles sombres. « J'l'avais pas vu v'nir çui-là !...Il remerciait chaleureusement son passé dans les troupes de paras. Il y avait appris et appliqué les bases techniques de self défense... « Une semaine qu'je trimbale c'te conjonctivite carabinée...Et l'doc qui m'file des gouttes que ça m'fait des yeux d'lapins mixomatosé et du coup j'y vois plus que dalle ! »

Herb reprend une des artères principales de la cité pour finalement échouer devant la porte de son bureau. L'agence de détective privé...dont il est le seul détective privé... Depuis quelques mois les affaires tournent mal. Il a même mis sa secrétaire Lucette au chômage technique. Ce qui n'empêche pas la petite dame de passer tous les jours lui apporter sa collation de midi et de faire un brin de ménage par nostalgie.
Pour tromper l'ennui il s'est penché sur des histoires de meurtres non résolus que la police a classé sans suites faute de liens entre elles...Lui, il a justement tiqué à cause de l'absence de liens ! Tous ces meurtres dans la même ville...Des crimes parmi tant d'autres direz-vous ! Mais à chaque fois les victimes n'avaient aucun lien entre elles, à par celui de se trouver dans des environnements qui leur étaient familiers et toujours isolés des regards indiscrets... Pas de vols, pas de viols, pas de préférences physiques...Les meurtres étaient toujours différents mais systématiquement le ou les auteurs avaient fait preuve de barbarie et de sang froid... D'après les rapports de police les victimes qu'Herb avaient jointes à ce dossier portaient les stigmates d'une mort lente et silencieuse... Tous avaient connu la surprise, la peur et l'horreur avant de succomber...Mais aucun lien entre eux. Comme si la mort tombait par hasard.
Des dizaines de meurtres nocturnes, isolés, sans relation aucune et pourtant portant la trace invisible et commune d'un prédateur unique méticuleux pour qui la façon de tuer importe moins que le fait de chasser en lui-même... Et surtout ce plaisir de jouer avec la proie au moment de la mise à mort...Toujours différent...Strangulations, égorgement, lacérations, brûlures, énucléations, démembrements partiels, poisons lents...Mais toujours la souffrance dans le regard vitreux des cadavres... Herb en est persuadé. Ces crimes épars ne peuvent être que l'œuvre d'un seul. Pas d'imitateurs possibles, pas de bandes organisées, pas d'illuminés...seulement un prédateur solitaire.

Il manque le lien entre les meurtres pour ouvrir une enquête officielle...Peut-être n'y en a-t-il pas...Herb pense fermement que le lien ne réside pas dans le choix des victimes ni dans la façon de tuer, les dossiers qu'il a isolé le montrent, mais plutôt dans la démarche du tueur qui justement fait tout pour qu'il n'y ai pas de liens possible... Un lien abstrait, absurde, que la police ne manquerait pas de railler. Mais la fréquence des meurtres et leur localisation spécifique à la ville avaient mis la puce à l'oreille du détective au chômage... Le tueur agissant aléatoirement mais toujours après le coucher de soleil, Herb s'est donc résolu à arpenter les rues de nuit en solitaire, n'ayant trouvé que cela comme solution pour débusquer un embryon de piste et surtout l'espoir que le prédateur se montre directement...Et au passage écumer les bars de nuits et autres boîtes à strip-tease...Vaines attentes depuis plusieurs nuits. Jusqu'à ce soir !

Quand la silhouette avait surgi dans l'ombre du porche, alors qu'il s'apprêtait à rentrer se coucher, il avait cru un instant avoir à faire au prédateur. Mais, malgré ses yeux irrités il avait vite reconnu un petit malfrat as de la cambriole qu'il avait fait coffrer il y a une dizaine d'année...Non ce n'était pas le prédateur attendu ! Seulement un sale type revanchard qui au final aura pris une belle dégelée...L'air de rien, il l'avait entraîné dans un coin sombre manière de lui faire passer définitivement le goût de la filature...Une sale affaire que la police aura vite fait de classer en règlement de compte entre truands... Pour Herb la chasse continuait...« Comme le chat à l'affût de la souris ! » s'amuse-t-il à penser en gravissant les escaliers obscurs qui mène à son bureau... Sans avoir aperçu la silhouette furtive qui lui a emboîté le pas depuis l'épisode de la cours aux fenêtres borgnes.

Mika 22 mars 2008 · 5

Nick, surpris et effrayé, avait décidé de filer l'inconnu aux yeux rouge sang. Le fait que sa proie ait « étendu » l'intrus l'avait grandement inquiété... Comme si ce type au feutre savait que le danger rodait et avait joué avec son poursuivant... « ç'aurait pu être moi... » Avait songer un instant le tueur...mais la curiosité l'avait emporté. Caché sous l'auvent il avait attendu que l'inconnu disparaisse au coin de la ruelle pour se jeter discrètement dans ses pas. « Qui était ce type ? » La question résonnait dans son esprit en feu. « Pas un prédateur de ma trempe en tout cas ! » avait-il constaté en passant à côté du cadavre...Il ne lui avait pas laissé le temps de souffrir...juste mis hors jeu définitivement...comme on claque un moustique pour le faire taire ! Mais au final ce type avait réagi comme s'il s'attendait à cette agression...sinon l'autre aurait réussi son coup au lieu de se retrouver étaler dans les jus de poubelles de la ruelle !...Il fallait qu'il sache qui était l'homme au feutre.
Il l'avait donc suivit. L'inconnu était sorti du dédale de rues obscures pour emprunter les artères principales. A cette heure tardive les voitures continuaient de passer inlassablement sur le bitume huileux. La démarche de l'homme était toujours aussi détendue...comme s'il ne s'était rien passer.
Dans l'esprit de Nick commençait à germer le doute... Et si cet homme l'attendait et lui avait tendu ce piège...Si lui, le chasseur, était devenue proie à son tour...

Perdu dans ses doutes le tueur arrive devant la porte de l'immeuble où l'homme est entré. Une plaque usée fixée sur le panneau de bois attire l'attention de Nick... Un détective... »C'est donc bien ça ! C'est moi qu'il cherchait ! ». Le cerveau de Nick entre en ébullition. Plus de place aux doutes ! Les apparences sont entrain de tomber... Quelqu'un a réussi à découvrir ses activités, ou plutôt les reliquats...Un lien entre les victimes a été mis à jour malgré son obstination à laisser le hasard faire pour ne pas attirer l'attention. Le détective a découvert l'oeuvre mais pas encore l'auteur qui s'acharne à la masquer aux yeux de tous!

Blessé dans son orgueil le chasseur pousse la porte sans bruit et s'engouffre dans le bâtiment...Ce n'est pas ce détective qui trouvera Nick...mais l'inverse !

Mika 1 avril 2008 · 6

Une fois dans le couloir obscur le prédateur referme le verrou de la porte sans un bruit et s'engage à pas de loup dans l'escalier. A l'étage la lumière du bureau filtre à travers les stores de la porte vitrée. Nick avance sans un bruit. Il marche le long du mur évitant ainsi les planches grinçantes du parquet. Le détective est dans son bureau .Accroupi derrière la porte le prédateur observe sa proie par la serrure et attend son heure.

Une fois à son bureau Herb s'assoit dans son vieux fauteuil de cuir, et allume la petite lampe de lecture. La lumière éclaire faiblement la pièce. Des dizaines de dossiers aux feuillets débordants s'entassent sur les étagères. Des coupures de presse s'étalent sur le sous main au milieu de notes griffonnées à la va-vite. Il feuillette un des dossiers qu'il avait mis de côté à l'époque où il était encore flic. Il avait lui-même dirigé les investigations avant de la classer sans suite...Le meurtre le plus vieux qu'il ait jugé utile de sélectionner pour cette affaire.
La victime était un étudiant qui vivait dans un immeuble de banlieue. Les photos de la scène étaient assez explicites... Le jeune homme avait ouvert sa porte sans se méfier, il connaissait l'agresseur... Aucune trace de combat. L'assassin était entré dans le couloir, et à peine la porte refermée avait égorgé sa victime avec un cutter. Les giclures de sang en arc de cercle sur le mur blanc indiquaient clairement où avait été donnée la mort. Il l'avait ensuite traîné jusque dans la baignoire où il avait découpé le corps en morceaux avant de déposer la tête aux yeux révulsés sur le bord de la fenêtre...Ce qui avait provoqué l'appel du concierge, M. Paul, lorsqu'il était sorti de bon matin aérer son berger allemand... Une sale histoire... Classée sans suite. Les témoignages des voisins n'avaient rien donné... A part le fait que la victime n'était pas appréciée parce que trop bruyante. Tout s'était passé le soir et sans un cri. Seul Nicolas, un adolescent qui à l'époque vivait dans l'appartement en dessous avec sa mère infirmière de nuit, avait dit avoir entendu des pas dans le couloir et le bruit d'une voiture qui démarre précipitamment... Trop peu pour mener une enquête digne de ce nom...Et les techniques scientifiques à l'époque étaient bien trop limitées...

Nick observait le détective. Sa tête épaisse et le cheveu hirsute lui rappelaient confusément quelque chose... Il l'avait déjà croisé...Mais où ?...Quand ? Cette façon de scruter fixement son dossier, d'étudier chaque ligne, chaque photo...

Le détective saisit son crayon et se cura l'oreille d'un air pensif... Un flash ! C'était l'inspecteur qui l'avait interrogé il y de cela 20 ans alors qu'il avait tué sa première victime. Les mêmes gestes ! Les mêmes attitudes !... Nick se revit adolescent en train d'égorger son voisin trop bruyant... Son premier meurtre... Bien imprudent à l'époque ! Mais suffisamment raisonné pour ne pas laisser d'indices flagrants. Ce type l'avait interrogé en se grattant l'oreille de la sorte. Son jeune âge l'avait rapidement mis en dehors du lot des suspects possibles et l'enquête s'était arrêter là où elle avait commencée...Dans une baignoire remplie de sang, de morceaux de chair et d'os ! C'est à cette époque qu'il avait pris goût au meurtre.
Ainsi donc le détective était vraiment sur sa piste... Cet homme avait signé son arrêt de mort ! Cette fois-ci Nick ne tuerait pas au hasard !

Herb sent une envie d'uriner monter rapidement. La soirée a été longue et la fatigue commence à peser. Il repose le dossier sur le bureau et se dirige vers le cagibi qui sert de rangement à Lucette afin de se soulager dans le petit évier.
Nick, toujours à l'affût derrière sa porte, en profite pour entrer sans bruits dans le bureau. Il attrape le lourd presse-papier en fonte représentant un gros bouddha bienheureux et suit tel un chat le détective. Alors que ce dernier finit de vider sa vessie dans le vieil évier carré il ne sent pas Nick dressé derrière lui. Le bouddha s'abat lourdement sur son crâne. Les os cèdent... Des morceaux de cervelles s'échappent et mouchètent le petit compartiment de la ménagère. Herb s'effondre lourdement sur la faïence la tête éclatée, le haut du corps plongé dans l'évier, les jambes chancelantes encore agitées de soubresauts. Nick contemple son œuvre... Il a la nuit devant lui... Le détective va payer ... De la même façon que le jeune con de son immeuble avait payé il y a vingt ans ! Fébrilement il retourne dans le bureau chercher quelque chose pour découper le corps... Au fond d'un tiroir il déniche un vieux couteau suisse muni d'une petite scie d'une dizaine de centimètre...Là ça devient beaucoup moins drôle ! ... Mais il faut que ça se finisse comme ça et pas autrement...Heureusement que la nuit est longue !

Après plusieurs heures le cagibi est couvert de sang des murs au plafond. La petite ampoule fait briller le sol d'un éclat pourpre. Nick n'a pu découper que les jambes. Il est épuisé. Ses vêtements gorgés de sang et ses mains poisseuses rendent le travail difficile... Ce foutu flic, même mort, lui donne du fil à retordre. Mais il ne lâche pas prise. Nick ne supporte pas de laisser une tâche inaccomplie !
Les yeux emplis de sueur et de sang, dans la semi obscurité du petit placard à balai, alors qu'il s'acharne à trouver l'articulation du coude droit, le prédateur n'entend pas les cloches qui sonnent huit heures sur la ville. Le soleil d'hiver se lève... Une planche grince derrière lui dans l'ouverture du cagibi... Il s'immobilise et lentement se retourne. Il a juste le temps de voire le bouddha de fonte s'abattre sur son front dans un hideux craquement.
**************
Comme tout les vendredi matins Lucette se rend à huit dans les bureaux d'Herb pour faire un brin de ménage et surtout demander son licenciement officiel manière qu'elle puisse enfin toucher ses indemnités. Ce que le détective refusait systématiquement ces derniers temps prétextant trop de soucis pour l'agence et lui préférant une démission en bonne et due forme... Ce qu'elle refusait puisqu'elle y perdrait tous ses droits ! Ils étaient donc dans l'impasse depuis plusieurs semaines...Et elle sans le sou puisqu'impayée depuis plusieurs mois...
Donc ce matin là, à huit heure elle ouvre la porte d'en bas avec sa clé et pénètre dans le couloir. Des bruits bizarres attirent son attention. Comme des halètement provenant du bureau. Elle grimpe l'escalier et glisse la tête pas la porte entrouverte du bureau. Un individu couvert de sang est en train de s'acharner sur le corps de son patron. Un sentiment d'horreur là prend à la gorge...Très vite surpassé par une idée...Et si ?... Et si c'était l'occasion de régler mes petits problèmes de boulot !

De nos jours les petits tracas quotidiens de tout un chacun ont tendance à outrepasser les boucheries qui défilent dans le tube cathodique. On s'habitue au sang des autres...tant que ce n'est pas le sien...et puis l'horreur est humaine n'est-ce pas ? Alors pourquoi ne pas penser à moi ! Ils manqueront à personne ces deux là !

Le boucher ne l'a pas entendu venir, trop occupé par sa découpe laborieuse. Elle se glisse derrière lui, ramasse le presse-papier ensanglanté qui gît à ses pieds et frappe lourdement Nick alors que celui-ci se retourne et porte un regard étonné sur le bouddha souriant. Le corps s'effondre sans vie sur le sol recouvert du sang du détective.

Bon ben maintenant il y plus qu'à nettoyer tout ça ! A elle les indemnités de chômage ! Lucette repousse le corps d'Herb sans se salir pour dégager l'évier et ouvre le petit placard en dessous...2L d'acide seulement ! Elle retourne dans le bureau retire le portefeuille du détective de son manteau et y prélève quelques billets... « Il me faut au moins vingt litres d'acide chlorhydrique si je veux tout faire passer dans l'évier... ça marchera pas ! Autant tout débiter en quartier et nourrir les hyènes du zoo avec ! Donc il me faut une scie, du produit pour le sol, des sacs poubelle, un lot d'éponge et un autre balai espagnol pasque là...y a du boulot pour la journée ! »

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