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Humour des lundis en juillet 2008

Humour · les lundis · 5 chapitres · 1 plumes · écrite du 8 juillet 2008 au 2 août 2008 à 23h38 · 505 lectures à l'époque

Dielorelei 8 juillet 2008 · 1

Déjà 18 heures : j'entends la porte d'entrée claquer. Cécile est de retour. Elle n'a jamais pu fermer une porte sans bruit.
Cécile est ma maîtresse depuis...voyons...ça fait bien six mois, maintenant. Six mois pendant lesquels j'ai supporté ses humeurs changeantes, ses caprices et ses cris.
Bon, d'accord, c'est moi qui l'ai draguée, si je puis dire. J'ai fait le siège de sa porte des jours durant, jusqu'à ce que, vaincue par autant de constance, elle accepte de me faire entrer chez elle, dans son coquet petit pavillon de banlieue.
Et là, vous allez voir : à peine entrée, elle va se mettre à crier parce que j'ai fait un petit somme devant la télé sur le canapé, comme si c'était un crime de se reposer l'après-midi !
- Encore en train de dormir ! Tu passes ton temps à ça, ma parole ! Et tu ne peux pas dormir ailleurs que sur CE canapé ?
Qu'est-ce que je vous disais !
J'évite de répondre et je m'en vais traîner mes guêtres du côté de la cuisine. Ça ne manque pas :
- Pour le repas, tu attendras, mon petit Marcel, j'ai eu une journée harassante et je voudrais bien ne pas plonger dans les casseroles tout de suite !
Oui, mais moi, j'ai faim, et je ne me gêne pas pour lui dire.
- Râle tant que tu veux, ça ne changera rien, dit-elle d'un ton péremptoire.
C'est ça, voyez-vous, l'ennui, avec Cécile : elle ne tient pas compte des états d'âme des autres. Elle n'a aucune empathie, cette fille. Elle veut se relaxer, elle se relaxe.
Eh bien, relaxe-toi, Cécile, moi, je vais faire une petite virée avec mes potes.
- Et où tu vas ? demande-t-elle les mains sur les hanches.
Non, mais, elle pense VRAIMENT que je vais lui dire que je compte retrouver Bébert qu'elle considère comme une crapule ? Tu rêves, ma Cécile !
Je file sans demander mon reste et en atteignant la porte du jardinet, je l'entends glapir sur mon ingratitude, ma paresse, et j'en passe.
- C'est ça, ma vieille, défoule-toi, pensai-je en tournant le coin de la rue pour rejoindre le troquet où Bébert a ses habitudes. Il attendait patiemment, Bébert, et s'approcha dès qu'il me vit :
- T'as réussi à te tirer ?
- Elle m'a refait le coup de la fourbitude habituelle, expliquai-je.
- Fourbitude? dit Bébert, perplexe.
- Fatigue, si tu préfères. Parait qu'elle est fourbue. Comme tous les jours.
- Chez moi c'est kif-kif, dit Bébert qui parle plusieurs langues dont l'argot, mes vieux râlent quand je ne rentre pas à l'heure !
- Faudrait qu'ils comprennent qu'on a le droit à un peu d'air, de temps en temps ! Au fait, t'as vu la rouquine, aujourd'hui ?
- Ah mon Marcel ! Y'avait longtemps ! Non, je l'ai pas vu, aujourd'hui, mais elle traîne souvent du côté du square, on n'a qu'à y faire un tour, comme ça, vite fait !
- Et tu crois que..enfin, que j'ai une petite chance, avec elle ?
- Ça, sûr que t'as un ticket, Marcel, mais bon, sois prudent, hein, elle est surveillée, la rouquine !

Dielorelei 14 juillet 2008 à 20h50 · 2

Elle était bien là, sur le banc, la rouquine, en train de bayer aux corneilles. Et devinez qui se prélassait à côté d'elle? Tatave.
Je l'aime pas, Tatave, c'est un m'as-tu-vu prétentieux, sec comme un coup de trique. Mais je vais en faire qu'une bouchée, moi!
Il s'imagine pas qu'il a des droits sur la rouquine, des fois?
-Tiens, dit Bébert, Tatave est là.
Bébert est le roi des évidences.
-Je vais le déloger vite-fait, je dis à Bébert.
-Méfie-toi, c'est un teigneux, le Tatave, tu vas pas faire le poids!
-tu vas voir, j'ai répondu.
Et je me suis avancé en disant un seul mot:
-Dégage!
Eh bien pour voir, j'ai vu. Ou plutôt, j'ai rien vu venir.
Pif! Paf! deux baffes qu'il m'a collé, le Tatave, et il m'a insulté, en plus!
-Dégage toi-même, demi-portion! Pauvre nase! tu es sur MON territoire, là, compris? Tu veux que je t'en colle une autre?
-Viens, insistait Bébert, c'est un tueur, le Tatave! Allez, viens! faut qu'on y aille, de toutes façons!
C'est bien parce que Bébert insistait que j'ai lâché prise et que j'ai remis mon règlement de comptes à plus tard, d'autant plus que ça fait voyou de se battre devant une demoiselle.
-Je reviendrai, ai-je lancé à Tatave, tu perds rien pour attendre!
-C'est-çà, a ricané l'autre, c'est quand tu veux, mon pote!
Bébert et moi, on est repartis, l'air dégagé, et quand on a tourné le coin de la rue, Bébert a soufflé:
-Ben dis donc, qu'est-ce qui t'a pris de t'attaquer à un mec comme Tatave?
-Quoi, qu'est-ce qu'il a ce Tatave? il est vieux et moche!
-Il fait la loi dans le coin, a répondu Bébert, tiens toi à l'écart, ça vaudra mieux. Et on est en retard, en plus! qu'est-ce qu'elle va te passer, Cécile!
-Cécile n'a rien à me dire, ce n'est pas ma mère!
-Cécile pourrait être ta mère.
C'est vrai. Cécile est bien plus vieille que moi, mais c'est pas une raison pour me le faire remarquer.
Comme on arrivait devant chez Bébert, il a préféré rentrer par une petite porte sur le côté pour que ses vieux ne le voient pas . Courageux mais pas téméraire, le Bébert!
-A demain, a-t-il dit avant de disparaître, même heure!
En arrivant chez moi, j'ai vu tout de suite que Cécile était dans le jardin. Bon, encore un sermon en perspective.
-C'est à cette heure-ci que tu rentres? a demandé Cécile
"Hé! ho! je fais ce que je veux, quand je veux, non?"
-Viens manger,c'est prêt.
J'ai été un peu étonné qu'elle n'en rajoute pas dans le genre jérémiades, et je l'ai suivi à la cuisine où le dîner était servi.
-Je t'ai fait du poisson, a dit Cécile, comme si c'était un exploit ( elle oublie que j'en ai déjà mangé hier midi?) mais pour toi, je n'ai pas mis de crême, tu n'aimes pas. Et ce n'est pas bon pour toi.
Faux. J'aime la crême, moi, et j'ai reluqué son assiette où le cabillaud nageait dans une mare de crême, bien épaisse, bien onctueuse.
Parce que, pour elle, c'était bon, peut-être?
-Allez, mange, ça va être froid!
Pendant qu'elle avait le dos tourné, en train d'égoutter ses pommes de terre, je lui ai volé un petit peu de crême, comme ça, mine de rien, et j'ai vite repris ma place en arborant mon air le plus innocent.
On a diné en silence, et je me suis installé sur le canapé, sitôt terminé, en attendant que Cécile vienne s'asseoir à côté de moi, comme on fait tous les soirs.
Bon, j'aimerai bien refaire une petite virée, mais Bébert n'a pas le droit de sortir le soir, alors autant regarder la télé.
Et là, comme d'hab, que des inepties: des chiffres et des lettres que Cécile a enregistré.
Non mais. Ils sont toujours en train de chipoter sur un mot incongru, qu'un candidat téméraire a osé mettre, genre "enc...r". On n'a pas le droit de le prononcer, mais il existe bel et bien, ce mot, dans la langue française.
Enfin je crois.
-Je ne l'ai pas dans mon dictionnaire, dit la dame qui fait le second arbitre.
-Ah mais je l'ai, dans le mien, dit le monsieur qui lui, est le premier arbitre.
Qui conclut en disant:
-Enc...r, c'est bon !
Tandis que l'enfant de choeur qui mène les débats se signe précipitamment.
Voilà ce qui passionne cécile.
Je somnole donc, un peu, en attendant la pub.
Parce que, je sais pas si vous avez remarqué, mais il y a toujours de chouettes nanas, dans les pubs.
Et en petite tenue, même.
Que ce soit pour prendre une douche ou pour faire un café, pour passer le balai ou pour faire tourner le lave linge, elles n'ont quasiment rien sur le dos.
Oups! en voilà une. Bon sang, quel chassis! quels yeux! non mais quelle allure! Souple, sinueuse, et une voix, je vous raconte pas!
-Marcel! du calme, c'est du virtuel, tout ça!
Cécile me stoppe dans mon délire et je lui en veux un peu:
"J'ai le droit de rêver, non?"
-T'inquiète pas, mon Marcel, bientôt, tout ça te semblera dérisoire!
Qu'est-ce qu'elle veut dire par là, Cécile?

Dielorelei 22 juillet 2008 · 3

Le lendemain est un jour comme les autres: je paresse au soleil tandis que Cécile est partie faire bouillir la marmite. Mais faut pas croire que je ne fais rien: je travaille à l'occasion, je chasse, même si Cécile déteste cà.
Par la fenêtre, je vois Bebert qui fait les cent pas.
-entre, je lui crie, je suis tout seul!
Il ne se fait pas prier et rapplique aussitôt.
-C'est chouette, chez toi, dit Bébert. C'est ta chambre, là?
-Ouais. Et mon lit. Et j'ai un canapé aussi.
Je me garde bien de lui dire que le canapé m'est réservé quand Cécile est en colère contre moi.
-Moi, je suis obligé de dormir avec Charlie, dit Bébert. Mes vieux sont pas aussi cool que Cécile!
C'est vrai, tous comptes faits, Cécile n'est pas une mauvaise affaire.
Je raconte à Bébert ce que m'a dit Cécile hier soir quand nous regardions la télé.
-Elle a dit que regarder les nanas me semblerait bientôt dérisoire, je dis.
-C'est quoi, dérisoire, demande Bébert.
-Ben, pas important, quelque chose comme ça.
-Elle a vraiment dit ça?
-Mouais.
-Oh là là! fait Bébert, c'est pas bon, çà!

Dielorelei 28 juillet 2008 à 23h57 · 4

- Quoi, pas bon, j'ai dit, un peu inquiet, tu crois qu'elle va me jeter ?
- Non, bien sûr que non, a répondu Bébert, elle t'aime, Cécile, mais pour nous attacher définitivement, une femme est prête à tout !
- Comme quoi, par exemple ?
Mais Bébert n'a pu m'en dire d'avantage, parce que quelqu'un, dehors, criait son nom.
- Faut que j'y aille, a dit Bébert en s'éclipsant, c'est l'heure de la soupe !
Deux jours plus tard, de bon matin, Cécile me propose une ballade en voiture.
Non, mais ça va pas bien, une ballade aux aurores ! Et puis j'aime pas la voiture, ça me donne mal au coeur, et en plus, Cécile conduit comme une femme: c'est-à-dire qu'elle tient le volant d'une main et son bâton de rouge de l'autre. Et puis, je n'ai pas déjeuné, moi.
"J'ai pas envie de sortir, et puis j'ai faim!"
Mais Cécile s'en moque, et bon gré mal gré, je suis obligé de la suivre.
Nous voilà partis. Il fait beau, la nature est toute pimpante, et je m'amuse à regarder les passants par la vitre. On va où, au fait ?
Je vois défiler les magasins, les travailleurs qui font la queue aux arrêts de bus, les ménagères qui font déjà leurs courses, c'est ça, la France laborieuse!
Je les plains un peu, tous ces pauvres bougres qui n'ont pas une Cécile pour les entretenir !
Quand Cécile ralentit et se positionne pour amorcer un créneau, je me retiens de rigoler. Cécile ne sait pas faire un créneau.
Vous allez voir.
Elle se retourne, un bras en appui sur le siège passager, tire un peu la langue et tourne le volant. Elle recule, recule, tournicote au hasard le volant...et vlan! dans le trottoir !
"Mouarf ! Mouarf !"
Manoeuvre dans l'autre sens, maintenant.
- Forcément, avec un pareil char d'assaut devant, on n'a plus la place de se garer, grommelle-t-elle, peuvent pas prendre des petites voitures, pour la ville !
Et c'est reparti. Maintenant, on est à un mètre du trottoir, facile.
- Bon, ça ira comme ça, on est juste devant, de toute façon, il n'y en a pas pour longtemps.
"Arrivés ? Où çà ?"
Je jette un coup d'oeil, un seul, et je hurle aussi sec :
"Non ! Au secours ! Pas là ! Je rentre pas la-dedans, moi ! je rentre pas je te dis !"
- Allez, Marcel, on y va !
- On va nulle part ! Non ! Oh ! Non-non-non ! J'irai pas !
- Ne fais pas le bébé et viens !
Je suis, contraint et forcé, tout en manifestant bruyamment mon indignation.
"Rentre si tu veux, toi, moi j'attends là!"
Mais me voilà propulsé dans une réception où une blondasse derrière un comptoir nous demande ce que l'on veut.
- J'ai rendez-vous avec le docteur Valbert à 8 heures, dit Cécile !
"Toi, peut-être, mais pas moi !"
- Il vous attend, dit la blondasse en exhibant 64 dents dans un sourire plus blanc que blanc, tenez, le voici !
- Ah ! Madame Leblanc ! Alors vous m'amenez le jeune homme en question ?
- Oui, Docteur, il est temps d'intervenir, dit Cécile la fourbe, je vous amène Monsieur qui part toujours en vadrouille je ne sais où pour en revenir avec des plaies et des bosses !
"Et alors ? Je suis un mec, moi ! Un vrai de vrai !
- Nous allons remédier à ça, c'est une intervention bénigne, et après, il se comportera comme un petit garçon bien élevé !
"Non, mais tu m'as regardé, Dugland ? De quelle intervention tu parles ?"
- Ce sera long ?
- Vous pourrez le reprendre ce soir, un peu groggy, à cause de l'anesthésie, mais en pleine forme !
- Alors je repasserai le prendre vers 18 heures. Sois sage, Marcel !
"Tu vas pas me laisser là, dis ? Ça sent mauvais, ici, je veux rentrer ! T'en vas pas, Cécile ! Au secours ! Je veux ma maman !"

Dielorelei 2 août 2008 à 23h38 · 5

- Allons, Marcel, dit le Dr Valbert d'un ton lénifiant, sois un gentil petit chat, tu ne vas rien sentir, on va faire une petite piqûre pour te destresser, tu feras ensuite un petit somme et hop! au réveil, tous les petits soucis auront disparu !
"Non, mais écoutez-le, lui ! Ca va pas pas bien ? Une piqûre, maintenant ! Et si je te griffais, pour voir ?"
Schlaff !!!
- Oh ! Le vilain matou ! Tenez, Claire, tenez-le un instant pendant que je me désinfecte la main et que je prépare le tranquillisant, faites attention à ses griffes, de vrais petits couteaux !
"Tiens, je l'avais pas vue encore, celle-là ! Je la griffe, elle aussi ? Non, elle me regarde gentiment, et ses mains sont toutes douces quand elles me caressent, et puis elle sent bon l'eau de javel, j'adoooore...Aie ! Ouille !"
- Oh! Je ne t'ai pas fait mal ! Les autres chats ne disent rien, eux ! Allez, je te laisse tranquille un moment, le temps de te calmer.
Il m'oublie -enfin- tout en préparant je ne sais quoi dans la pièce à côté, et je reste allongé sous le regard bienveillant de Claire. Tout va bien, je suis bien, il me semble que mon coeur bat moins vite. Quand est-ce qu'on mange ? Manger... un bon petit moineau tout chaud...avec les plumes et tout...tiens, revoilà Dugland! Et qu'est-ce qu'il a encore à la main ? Allons bon, encore une piqûre ! Je lui refile un coup de patte ? Bof! non, pas la force...pourquoi il m'emmène, et elle est où, Céc....Céci....
- Bon, on y va, Claire, il dort, attachez-le, s'il vous plaît !
"Ah ! Mais j'ai bien dormi, moi ! Qu'est-ce que je fais ici, d'abord ? Et elle est où, Cécile ?"
- Alors, il est réveillé le chat-chat ? On se sent bien ? Attends, je t'ausculte avant de te rendre à ta maîtresse.
"Ah non ! Encore Dugland ! Lâche-moi ! Lâche-moi, je te dis ! T'es sourd ?"
- Bon, tout va bien ! Claire, si Madame Leblanc est arrivée, dites-lui que son Marcel l'attend !
"Ah ! Voilà Cécile ! Tu m'as manqué Cécile, t'étais où ? C'est pas bien de m'abandonner des jours et des jours comme ça !"
- Eh bien, Docteur, ça c'est bien passé ?
- Tout à fait, surveillez-le un peu ce soir, mais il est en pleine forme !
"C'est vrai, ça, Cécile ! Je suis resté des jours sans manger, moi ! On rentre à la maison ?"
- Allez, viens Marcel, tu vas te reposer à la maison ! Merci, Docteur, j'espère que tout ira bien, maintenant !
- Revenez s'il y a un problème, je suis à votre disposition.
"Bon, ça va, pas la peine d'en faire des tonnes, non plus, en tous cas, moi, j'espère pas te revoir !"
On revient chez nous. C'est bizarre, j'ai un peu mal quand je m'assois. Faut que j'en parle à Bébert.
Ah ! Ben justement, Bébert rôde devant le jardin. Je cours au devant de lui pendant que Cécile rentre la voiture.
- Tu m'as attendu longtemps, Bébert ?
- Je viens d'arriver, t'étais où ?
- Chez le véto. Il m'a fait une piqûre, même deux. Et j'ai rien dit.
- Qu'est-ce-qu'il t'a fait ?
- Je sais pas. Mais c'est drôle, j'ai mal quand je veux m'asseoir !
- Tourne-toi, a dit Bébert
Je me suis tourné.
- Alors?
- Alors il t'a castré, ton véto!
- QUOI ???
- Il a enlevé tes pomponnettes, si tu préfères !
- C'est pas vrai ! Je rêve ! Dis-moi que c'est pas vrai ! Il s'est attaqué à MES pomponnettes ?
- Eh oui ! Paraît que c'est mieux pour nous.
- Nous ?
- Ben ouais, moi aussi, on m'a castré quand j'étais tout petit, j'ai du mal à m'en souvenir, tu sais. Ça change rien, sauf qu'on est tranquille et qu'on a une espérance de vie plus longue, c'est ce qu'ils disent tous ! Eh ! Tu vas où, comme ça ?
- Dire deux mots à la Cécile, non mais ! De quel droit !
J'ai fait la tête à Cécile toute la soirée. Et le lendemain aussi. Ca avait du mal à passer, la perte de mes pompons. Je les tenais de mon père, moi !
Et elle, comme elle se sentait coupable, elle m'a donné à manger tout ce que j'aimais. Mais j'ai pas mangé. Enfin pas devant elle. J'ai mangé en douce la nuit.
Le temps a passé. J'ai oublié la rouquine. Je reste le soir à la maison, maintenant. J'évite le Tatave, on n'est pas du même monde, vous comprenez. Mais je suis resté copain avec Bébert. C'est un pote, Bébert. Et Cécile le fait même rentrer à la maison, de temps en temps, depuis qu'elle a parlé avec ses vieux qui tiennent un petit troquet.
Justement, j'entends la porte d'entrée claquer. Je cours au devant de Cécile.
"Qu'est-ce qu'on mange ?"
- Mais oui, mais oui, mon chat, attends deux minutes, je t'ai pris du steak haché, je le fais un peu tiédir et je te sers !
Une maîtresse dévouée, un pote fidèle, un jardin où les moineaux imprudents s'égarent...Elle est pas belle, la vie ?

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