L'inspecteur Mirouze assis à son bureau fumait sa cigarette
et sirotait son café quand il reçut un coup de téléphone de Gino, un indic pour qui il avait un certain respect car celui ci l'avait souvent aidé dans bon nombre d'affaires.
-"allo Mirouze."
-"lui même."
-"Gino à l'appareil, il faudrait que tu viennes rapidement, je suis aux écuries du champ de course de l'hippodrome de la Cépiere a Toulouse, je ne peux pas t'en dire d'avantage au téléphone."
L'inspecteur Mirouse enquêtait depuis plusieurs mois sur une affaire de faux paris, ou paris parallèles. La société P.M.U avait diligenté une enquête au sujet de ces paris parallèles qui donnaient lieu à un véritable manque à gagner pour le P.M.U.
Mirouze arriva à l'hippodrome, et, de loin aperçu une foule amassée autour d'un box dans les écuries.
Inquiet il s'approcha du box et il reconnut de suite Gino étendu raide mort la tête fracassée par un gros fer à cheval!

Policier des mardis en septembre 2008
Policier · les mardis · 13 chapitres · 5 plumes · écrite du 2 septembre 2008 à 11h59 au 23 septembre 2008 à 20h45 · 518 lectures à l'époque
- "Bordel de merde !" S'écria-t-il en lui-même.
Gino mort, il n'avait plus aucune piste. Il s'alluma une cigarette et une vieille dame qui marmonnait depuis le début devant la cadavre s'approcha de lui.
- "Mais enfin, monsieur, vous n'avez pas honte de fumer ainsi ? Un homme est mort, je vous le rappelle."
- "Je ne vois pas le rapport !"
- "Hé bien ce n'est pas moi qui vais vous l'apprendre. Vous êtes mal élevé, monsieur !"
Et elle s'éloigna des écuries d'un pas lourd.
Deux policiers en uniforme étaient plantés devant Gino. Plus bas, penché sur le corps, un homme en blouse blanche laissait paraître un air dubitatif. L'inspecteur Mirouze s'approcha de lui.
- "Inspecteur Mirouze. Je travaille pour la société P.M.U. J'enquête sur les paris parallèles. Il s'appelle Gino."
- "Je sais, il avait ses papiers sur lui."
- "Y a-t-il eu une lutte, avant qu'on ne lui fracasse le crâne ?"
- "Non, impossible."
- "Pourquoi?"
- "Il est mort noyé."
- "Pardon ?"
- "Il est mort noyé."
- "Vous vous foutez de moi ?"
- "Pas du tout. Visiblement on lui a mis la tête dans l'eau jusqu'à ce qu'il meurt, et ensuite seulement on l'a amené ici pour lui fracasser le crâne. Je ne sais pas pourquoi les gars ont pris autant de précautions..."
- "Les gars ? Ils étaient plusieurs, à votre avis ?"
- "Il n'y a eu que dix à quinze minutes entre sa noyade et le coup de fer. Alors pour déplacer ce corps bien gras, soient ils étaient plusieurs, soit le gars qui a fait ça était très fort."
Bien, pensa-t-il sachant que la Garonne ne passe pas très loin, il se peut que ... Non. Trop de monde passe dans le coin pour voir ce fleuve surtout au mois d' Août et ses touristes qui vont avec... Peut-être qu'il y a un coin quand même peu visité où le meurtre aurait pu se réaliser.
Mais ce serait bien de savoir ...
-"Docteur ? Pouvez-vous savoir où il a été noyé ? Bien sûr je ne vous demande pas de savoir un endroit précis juste si il a été noyé dans un bac d'eau du robinet où autre ..."
- "Bien sûr mais il faut que j'aille à mon cabinet pour cela. Vous pensez qu'il aurait pu être noyé dans la Garonne ?"
- "Ce serait une hypothèse, effectivement ..."
-" Bien l'autopsie sera effectuée demain à 8 heures ... Disons que vous pourrez passer à cette adresse vers 11 heures, 11 heures et demi."Lui dit le médecin légiste en lui tenant une carte avec une adresse dessus.
Le lendemain à 11h moins 5, Mirouze était déjà devant le cabinet du médecin légiste.
ding dong !
Le médecin ouvrit la porte brusquement, tout en sueur, et dit prestement :
- "Entrez, venez voir..."
Mirouze entra, l'inquiétude au ventre.
"Moi qui pensais à une petite histoire de pari stupide, me voilà avec un cas de meurtre bizaroïde... et encore je ne sais pas ce qui m'attend..."
En effet, Mirouze ne pouvait pas prévoir. Il ne pouvait pas prévoir que dans le ventre de Gino on avait enfoncé un casque de Jockey.
Toque noire, était-ce un message?
Le mouton noir exécuté?
La mort pour celui qui parle aux flics?
Il devrait se renseigner sur les propriétaires qui faisaient courir sous ces couleurs.
Une image lui vint tout de suite: toque noire, casaque orange.
Autre surprise, qui n'en était pas vraiment une, Gino n'avait pas été noyé dans la Garonne. L'eau retrouvée dans son estomac et ses poumons était de l'eau potable distribuée par le réseau public.
-"Dans l'estomac, doc?"
- "Oui,il a été supplicié comme au Moyen Age. Son corps a été placé sur un chevalet plat,tête pendante placée dans un trou circulaire, ventre en l'air, bras et pieds ligotés avec des cordes. Son ou ses bourreaux ont écarté ses dents avec une paire de pinces en fer pour pouvoir verser l'eau dans sa bouche. Il a dû ressentir une terrible douleur avec la tête penchée vers le sol, l'eau encombrant sa gorge jusqu'à la suffocation.
D'autant plus que ses meurtriers ont dû interrompre la torture pour l'interroger.
Et ils ont fini par le supplice de la baignoire."
- "Supplice de la baignoire?"
- "Enfoncer peu à peu Gino dans l'eau, le ressortir pour qu'il reprenne son souffle et le replonger à nouveau jusqu'à ce que la mort survienne. Très raffiné. Vous avez affaire à des sadiques raffinés et lettrés. Ça va vous changer des voleurs de scooters!"
- "Et la toque?"
-"Nous avons affaire à de gros malades pour aller enfoncer une toque de jockey dans l'estomac de ce pauvre Gino."
-"Mirouze, pour la toque il n'a pas souffert, elle a été enfoncée après la mort par noyade, et après le coup de fer sur la tête."
-"Brrrrrr.... C'est vraiment des fous furieux dans ce milieu! J'en ai froid dans le dos... C'est vrai que cette fois ça change des affaires de scooters! Bon, en attendant, je retourne à l'hippodrome pour interroger et questionner le personnel des écuries et scruter les alentours."
Il arriva dans les écuries, devant le box il leva la tête et aperçu une plaque avec inscrit "Kaouito".
-"Quel drôle de nom pour un canasson "kaouito", mais où je suis tombé???
Il entra dans le box profitant de l'absence de "Kaouito". Il n'y avait que de la paille et un petit abreuvoir.
-"Trop petit, se dit-il, pour noyer quelqu'un!"
-"Mais enfin, Monsieur, toujours entrain de fumer, vous n'avez pas honte? Vous pourriez mettre le feu ici!"
"Encore cette vieille!" Se dit-il. "Souvent présente sur ces lieux!!!"
-"Vous avez raison chère Madame."
Il sortit écrasa sa cigarette et se retourna vers la vieille.
-"Je me présente: inspecteur Mirouze, police des jeux."
-"Ernestine Bonnepine, buvette du champs de course, je vous offre un café?"
-"Avec plaisir. " Dit Mirouze. "Je vais en profiter pour la faire parler la Bonnepine!"
Il pénetra dans la buvette où une odeur de bière, de cigarette et de crottin de cheval le saisirent à la gorge, lui amenant les larmes aux yeux. La tenancière hèla le garçon bedonnant au yeux porçins et lui cria:
- "2 cafés! C'est pour moi."
Le garçon chaloupa derrière la machine à espresso pour préparer la commande. La dame tira une chaise dont les pieds grinçèrent sur le parquet usé.
- "Vous enquêtez sur le meurtre d'hier?"
- "Connaissiez-vous la victime?"
- "Oh oui ! Un gentil garçon qui venait souvent trainer près du champs de courses. Il pariait régulièrement mais pas
gros. Le pauvre! Mourrir tué par un sabot de cheval."
L'inspecteur ne releva pas l'erreur.
- "Et venait-il seul ?"
- "Oui, en général. Il discutait bien avec l'un ou l'autre habitué."
- "Y avait-il quelqu'un avec qui il a eu des prises de bec ?"
- "Non, inspecteur. Il y avait bien de temps en temps des mots plus vifs au moment des paris mais rien qui ne se reglait après la course autour d'un petit calva."
- "Donc, personne n'aurait pu vouloir sa mort?"
- "Je ne vois personne."
- "Je vous laisse ma carte. N'hésitez pas à m'appeler si quelque chose vous revient en mémoire." Dit-il en lui tendant sa carte de visite.
Et il quitta la buvette, heureux de pouvoir respirer l'air vif et frais.
-"beurk! quelle odeur dans ce truc."
Il s'alluma une cigarette, et de loin aperçu quelqu'un s'agiter dans les écuries. Il ce dirigea à nouveau vers le type et comprit de suite que le type etait le palefrenier des écuries.
-"Bonjour mon ami, inspecteur Mirouze!"
-"Ah! oui vous venez pour le Mouton noir."
-"Le mouton noir? Oui... ou Gino! Vous le connaissiez bien Gino???
-"Mouton noir? Bien sûr! Il etait souvent aux écuries à s'occuper de kaouito. Il le bichonait à longueur de journée! Vous connaissez l'homme qui parle à l'oreille des chevaux?"
-"Non, pourquoi?"
-"C'etait mouton noir qui parlait au chevaux, il disait que c'était indispensable pour le faire gagner, et gagner c'est tout ce qu'il avait besoin, car il était nécessaire qu'il gagne, il devait beaucoup de pognon au propriétaire de kaouito, la famille Pironi, et là-dedans c'est pas des tendres, surtout pour des histoires de fric!"
-"Pourquoi vous l'appelez mouton noir?"
-"En fait mouton noir c'est le nom du cheval, c'est lui qui a décidé de le nommer kaouito... Avec l'accord de Tonio Pironi bien sûr! Et depuis ce jour là les gars de l'hyppodrome l'appelaient mouton noir."
-"Est-ce que Gino pariait sur les chevaux?"
-"Ah! Les paris, ça c'est encore autre chose..." Dit riton avec un air plutôt embarrassé.
-"Vous savez, j'aime pas parler aux poulets, mais Mouton noir il me donnait parfois un petit billet pour garder un oeil sur son protégé. Alors, moi, je lui filais un tuyau quand je pouvais. Mais, bon, ici tout le monde parie."
Et il se remit à agiter sa fourche pour égaliser la paille du box.
Sentant qu'il ne tirerait plus rien de cet homme Mirouzze tourna les talons et monta dans sa voiture en faisant chuinter le fauteuil de cuir craquelé.
- "Reflechissons. Gino pariait, devait de l'argent et on l'a torturé. Tous les éléments me ramènent au champ de course. Et si c'était trop évident? Pourquoi l'avoir torturé et assassiné si ce sont ceux à qui il devait du fric? Gino mort, ils ne récupéreraient jamais leur dette. Pas logique. Ou alors, c'est qu'ils voulaient faire un exemple. Si on a pris le temps de le supplicier, ça a une signification. Bon sang, Gino, pourquoi t'as pas fait gaffe à tes fesses? Et qu'est-ce que tu avais de si important à me dire?
L'esprit à ses pensées, l'inspecteur Mirouze avait démarré et repris le chemin du commissariat. De la route, il jeta un oeil vers le champ de courses ; ce qu'il vit le fit bondir sur ses freins.
-"Putain! Mais c'est le Riton qui est secoué comme un prunier, ils vont le tuer ces cons! Mais qui sont ces deux types? Bordel!!!"
D'un coup de frein à main, il fit demi-tour sur les chapeaux de roues, direction l'hippodrome, il descendit de sa voiture et courut de toutes ses forces à en perdre le souffle, et quand il arriva près du corps de Riton, il s'agenouilla et sentit un léger souffle qui embuait le verre de sa montre, il prit son portable et appela les secours qui arrivèrent de suite car la clinique "Ambroise Paré" ce trouvait juste au bout du champs de courses, mais son rytme cardiaque s'amoindrissait à chaque instant, l'ambulance l'emporta et il fit signe au docteur qu'il passerait plus tard à la clinique, en attendant il était temps de savoir si quelqu'un avait vu ces deux types.
-"Je vais revenir voir à la buvette si miss Bonnepine n'aurait pas aperçu ou vu quelque chose, Mme Bonnepine il y a Riton qui vient d'être agressé sur le champ de courses vous n'auriez pas vu deux types s'enfuir?"
-"Non rien vu!"
Puis d'un geste furtif il vit le barman bedonnant qui s'éclipsait rapidement dans l'arrière salle de la buvette en ce tenant le bras droit, il ne fit qu'un bon pour enjamber le comptoir et rattrapa très rapidement le type qui était aussi souple qu'un lavabo et aussi rapide qu'un limaçon.
-"Eh! Mon gars pas si vite."
Il l'empoigna par le col et lui passa les menottes.
-"Putain! tu pues bordel!!! Tu te laves au "calandos" ou quoi? Montres moi ce que tu caches sous la manche de ton "sweet" ah! Jolie morsure, c'est un canasson? Ou c'est la Bonnepine? Ou peut être Gino qui t'aurait mordu pendant le passage à tabac? Bon maintenant nous allons rejoindre Miss Pine à la buvette et va falloir vous mettre à table tous les deux, car ce cher Riton n'est pas mort, et
tôt ou tard il parlera, ok!"
Arrivés au commissariat, Mirouze l'interrogea tout de suite :
-"Alors mon coco t'as rien à me raconter peut-être?"
-"Bon, je vais vous raconter tout..."
-"Oui bah c'est mieux pour ta gueule parce que sinon ça va chauffer!"
-"Bah voilà, Mouton Noir me devait un paquet de pognon et pas qu'à moi d'ailleurs..."
-"Oui mais ça c'est pas nouveau tu sais."
-"Attendez j'ai pas fini. J'ai surpris une fois Mouton Noir au téléphone en train de dire qu'il avait un vrai filon et que seul un pote à lui qui s'appelait Riton Michuer savait ce qu'il voulait dire par là. Alors moi, vous croyez quoi, j'ai attendu que vous soyez partis et je suis allé lui demander où il était ce filon."
-"Et c'était qui le gars avec toi?"
-"Et attendez, j'ai pas fini. Je l'ai un peu brusqué c'est vrai, mais à un moment où il allait me répondre, deux hommes nous demandèrent où était un gars appelé Riton. Il dit que c'était lui et d'un seul coup, ils se jetèrent sur lui et sur moi. Je réussis à étrangler celui qui m'en voulait mais il me mordit le bras et l'autre m'assomma avec une sorte de matraque. Je perdis à moitié connaissance et quand je repris mes esprits je vis Riton couché par terre. J'ai cru qu'il était mort alors ni une ni deux, je retournai à mon bar et je vous vis arriver."
-"Tu nous prends pour des abrutis ou quoi?"
-" Nan, je vous jure que c'est vrai. J'ai dit exactement la vérité."
-"Bon, on va voir si ce que tu dis est vrai. Appelez moi le médecin légiste qui s'est occupé du corps de Gino."
-"Bien monsieur, lui répondit un agent."
Un quart d'heure plus tard, le médecin arriva.
-"Je comprends, mais ce n'est pas ma spécialité vous savez."
-"Oui. Mais vous pouvez le faire car cela nous coûterais beaucoup de temps d'expliquer tout celà aux médecins qui ensuite devraient appeler quelqu'un qui s'y connaisse."
-"Effectivement. Je vais le faire.
Bien monsieur veuillez soulever votre manche que je puisse prendre l'empreinte des dents."
Le barman s'exécuta et le médecin prit l'empreinte des dents laissée par la personne qui l'a mordu.
-"Vous pouvez venir, Mirouze, ce sera assez rapide."
-"Bien, je vous emmène."
Arrivés à l'hôpital, ils expliquèrent très rapidement le sujet de leur visite et le médecin sortit chercher Riton dans sa chambre. En attendant, il passa une sorte de machine autour de sa bouche et fit scanner sur son ordinateur portable les empreintes des morsures sur le bras du barman.
-"Vous pouvez rappeler votre collègue qui est parti chercher monsieur Michuer."
Quand le médecin sortit le médecin s'adressa à Mirouze.
-"Je n'étais pas bien sûr mais le scanner confirme ce que je pensais. La marque des dents vient d'une personne plutôt agée et Riton n'a que la trentaine."

