Un vieux laurier perdu au fond du jardin me servait de refuge. Il était mon hâvre de paix et le confident de mes peines.
L'enveloppe épaisse de ses feuilles ne laissait filtrer ni rayon de soleil, ni paysage. Seuls, les oiseaux, les araignées et les insectes avaient gagné ses faveurs.
Quand mon âme et mon cœur étaient tristes, je me faufilais en son sein. Et là, je pouvais, sans être vue, laisser couler mes larmes.
Seul mon chat, « Poussy », connaissait ma cachette et il venait m'y retrouver. Une grande complicité s'était établie entre lui et moi. Il ressentait ma souffrance et me faisait don de ses caresses.
Je passais la main dans son doux pelage, gris et blanc et posais mon regard dans ses beaux yeux de jade. Petit à petit, je reprenais goût aux rayons dorés du soleil sur ma peau, aux parfums délicat de la rose, aux chants des oiseaux et aux souffle du vent dans les arbres.

Psychologie des mercredis en octobre 2008
Psychologie · les mercredis · 15 chapitres · 4 plumes · écrite du 1 octobre 2008 à 18h33 au 3 novembre 2008 · 577 lectures à l'époque
Les 15 chapitres, dans l'ordre
C'était souvent la voix de maman qui me sortait de mon arbre. Le repas était prêt, je courrais jusqu'à l'évier et savonnait mes mains avant de passer à table. Maman avait abandonné le combat pour me faire porter des jupes, plusieurs d'entre elles ayant fini lacérées par des branches pointues et des chutes mémorables. En jeans, j'étais libre de monter dans l'arbre ou de rester adossée à son tronc, assise dans l'humus .
Un soir, je devais alors avoir six ans, j' avais entendu la conversation de mes parents. Ce soir là, je n'arrivais pas à trouver le sommeil. J'étais descendue en faisant bien attention de ne pas faire craquer la troisième marche de l'escalier et je m'étais faufilée jusqu'à la porte de la cuisine. Je ne sais pas pourquoi je prenais tant de précautions. Il me suffisait simplement de demander un calin ou un verre d'eau.
Mais... je n'ai jamais su !
"Sauvage, indéterminée, indécise, indéfinissable" ... N'étaient-ce pas les termes qu'ils employaient à mon égard au coeur de leur dialogue murmuré ? Et moi, assise sur ma marche, j'étais là à tendre l'oreille à cette foule de questions qui leur paraissait sans réponse. "Que va-t-on faire d'elle ?" " Qui est-elle ?"
Mais qui donc étais-je censée être ?
Le cœur en peine, je remontais les escaliers pour rejoindre ma chambre.
Je m'asseyais sur mon lit en me disais : « Qui m'aime pour ce que je suis ? ».
Quand subitement, je voyais apparaître mon chat, « Poussy » qui faisait mine de miauler sur le seuil de ma fenêtre.
Son sixième sens l'avait averti que j'avais besoin de lui et de ses câlins.
J'ouvrais en faisant le moins de bruit possible. Je n'avais pas le droit de le laisser venir dans mon lit ! Mes parents disaient que ce n'était pas convenable !
Je le prenais dans mes bras et posais un baiser sur sa toison à l'odeur végétale.
Nous nous couchions l'un contre l'autre et je sentais entre mes bras une touffe de poils qui se collait tout contre moi et commençait à me bercer de son doux ronronnement.
Nous nous endormions, lui et moi, dans les bras de Morphée. Et j'étais la plus heureuse des petites filles.
Très souvent, les enfants anxieux ont besoin de poupées, de doudous, de nounours pour les rassurer.
Moi, j'avais la nécessité impérieuse de « Poussy », mon chat qui, lui, était fait de chair et d'os, de tendresse, de gentillesse et d'émotion.
A l'occasion de la Saint-Nicolas, je reçus un joli poupon rose dans une petite chaise en bois. Et pour faire plaisir à mes parents, je le mis dans ma chambre près de mon lit. Le lendemain matin, le bout de ses petits pieds dodus avaient été mordillés. C'était la façon qu'avait trouvée "Poussy" pour exprimer sa jalousie.
Je l'appelai : " Poussy, Poussy! Où es-tu ? "
Il avait disparu.
Je me dirigeai vers le vieux laurier et pénétrai dans son épaisse frondaison. Et là sur une branche, je vis mon chat qui avait l'âme en peine et le cœur lourd.
Je m'approchai de cette boule de poils hirsute et je lui dit d'une voix douce et rassurante :
« Mon chéri, comment as-tu pu imaginer, un instant, que ce jouet de pacotille pouvait te remplacer. Jamais personne ne prendra ta place dans mon cœur.»
Rassuré, il vint se frotter contre moi et commença à ronronner.
Ma mère ne fut pas très heureuse en découvrant la vengeance du chat. Poussy fut interdit de maison pendant 4 jours. Je sortais le plus souvent possible pour le rassurer, le prendre dans mes bras et lui murmurer des mots sans sens, des onomatopées qui me venaient sans y réflechir.
Le dernier jour de la pénitence de Poussy, maman me demanda de m'habiller pour aller rendre visite à tante Martha, la demi-soeur de papa , pour les voeux de bonne année . Je n'aimais pas aller chez elle; ses biscuits étaient vieux, mous et, quand elle m'embrassait, la poudre de riz dont elle se maquillait me faisait éternuer. Elle voulait toujours que je pose les mains bien à plat sur la table, que je ne parle pas sauf si elle m'interrogeait. Quant à regarder la télé, c'était considéré comme un crime de lèse-majesté. Evidement, je devais m'habiller d'une robe et maman me coiffait avec un ou deux rubans assortis . Heureusement, le temps était doux pour la saison et je ne mis ni écharpe, ni bonnet.
Papa suggéra que puisque le temps était doux et ensoleilé , nous irions à pied chez tante Martha.Elle habitait le village voisin , à environ quatre kilomètres de notre petit village .
Le repas de midi terminé , maman s'empressa de débarrasser la table et,fait rarissime, elle laissa traîner la vaisselle sale sur l'évier.
-Tonton Gaston nous ramènera dans sa camionette dit papa.
Maman enfouit nos pantoufles dans le vieux sac à dos de papa, car il n' était pas question de salir le parquet de tante Martha,et nous chaussâmes nos bottines.
Avant le départ, je courus faire un câlin à mon chaton .Il était endormi dans ma cachette .Je le carressai en veillant à ne pas le réveiller.Il ronronna de bien être et entrouvrit à peine un oeil.J'étais rassurée d'autant plus
qu' on arrivait au terme de la punition .
Le soleil hivernal éclairait d'une belle lumière la campagne environnante.Je faisais provision d' oxygène avant d' aller respirer l' air confiné qui règnait chez tante Martha.
Pour nous rendre chez tante Martha, nous empruntions un sentier rocailleux qui coupait à travers bois et champs.
Le mois de décembre avait été pluvieux et la pluie avait creusé le sol et laissé des flaques d'eau. Nous essayions de les éviter en zigzagant pour ne pas crotter nos chaussures et pour ne pas glisser dans la boue.
Ironie du sort, pensais-je ! Aujourd'hui, le temps était doux et ensoleillé, alors que mon souhait le plus profond était que la neige recouvre la vallée d'un manteau blanc épais. Si épais que tout déplacement aurait été impossible.
Dans un dernier soubresaut, avant de mourir, les feuilles crissaient plaintivement sous nos pas. Les arbres dénudés faisaient triste mine et accentuaient mon humeur maussade et chagrine.
La maison de tante Martha était située près d'un ruisseau. Pour y accéder nous devions traverser un petit pont en bois envahi par le lierre qui dans un murmure disait : « Je m'accroche ou je meurs ».
L'intérieur de cette vieille bâtisse sentait le renfermé, le moisi et la naphtaline.
Les vêtements de tante Martha aussi étaient imprégnés de cet antimite. J'en avais des hauts le cœur.
Sur une nappe blanche bien amidonnée et bordée d'un galon ajouré, elle disposait le service à café, motif fleuri, de sa mère. Et déposait, au centre de la table, la vieille boite en fer blanc au couvercle décoré des portraits des princes royaux : Baudouin, Albert et Joséphine.
J'évoquais toujours une excuse quelconque pour ne pas manger de ses galettes (gaufres à petites mailles) qui étaient molles et avaient perdu toute saveur. J'avais l'impression qu'elles aussi sentaient la naphtaline.
Elle finissait par trouver mon manque d'appétit bizarre et m'en faisait le reproche.
Cette parente était austère. Elle ne me parlait jamais avec son cœur et ses tripes.
Elle n'avait d'intérêt que pour mon travail scolaire et « ma bonne éducation ».
Je ne l'aimais pas et elle me le rendait bien.
Dès que j'en avais l'occasion je m'éclipsais pour aller au potager cueillir des feuilles de choux pour les lapins ou flâner sur le pont au dessus de la rivière. Je m'appuyais contre la rambarde, puis un long moment, je regardais l'eau au reflet argenté courir à travers prés.
Je m'imaginais être un petit poisson, je suivais le ruisseau dans ses méandres et je m'en allais vers un ailleurs.
Après mon escapade, je rentrais, les cheveux défaits, un ruban de ma chevelure en moins et ma robe chiffonnée et tachée. Tante Martha me lançait un regard assassin, me montrait
une photo de mes grands parents, accrochée au mur, et me disait : « Ils ne sont pas fiers de toi ! ». Et rien qu'à son ton de voix, je savais qu'elle était très en colère.
Mais comment fallait-il que je fasse pour que l'on m'aime et que l'on soit fier de moi ?
Au moins mon chat Poussy, lui il m'aimait sans aucune condition et pour ce que j'étais !
Jamais je ne fus aussi contente que ce jour-là de rentrer à la maison. Ma chambre douillette, mes poupées et surtout mon chat me manquait. Heureusement, les visites à Tante Martha n'étaient pas fréquentes et les siennes encore moins.
Aussitôt rentrés à la maison, alors que je me précipitais vers l'escalier pour troquer ma robe par des vetements plus confortables, maman me rappela . Assise dans la cuisine, papa debout derrière elle, j'eu l'impression d'un tribunal. Papa me sourit, ce qui me rassura. Ce fut maman qui prit la parole :
-'Ma chérie, nous avons plusieurs choses à t'annoncer. La première : nous allons déménager.
-' Pourquoi? demandais-je , les yeux ronds de surprise.
-' Papa a décroché un nouveau poste . Nous déménageons en Australie.
- 'En Australie , m'écriais-je. Mais c'est loin !
-'Effectivement, me dit papa en souriant. Mais c'est une opportunité formidable pour ma carrière. Nous partirons pendantles vacances de carnaval. Et tu pourras aller dans un collège français pour continuer tes études.
-' Mais, pour combien de temps qu'on part ?
-' Pour combien de temps part-on, ma chérie, me rectifia maman. Pour au moins 5 ans.
- '5 ans ! C'est trop long ! Je ne connais personne la-bas.
Et mon chat, alors ?
Papa et maman se regardèrent.
-'Il n'est pas possible de le prendre avec, il y a trop de formalités à accomplir. Il ira chez tante Martha qui a accepté de l'heberger.
-'Elle ne l'aime pas, criais-je. Et Poussy non plus. Il n'aime que moi et moi, c'est lui que j'aime.
-'Ca suffit , cria papa en devenant rouge de colère. En voila une histoire pour un chat ! Sois contente que ta tante s'en charge sinon il aurait fallu trouver une autre solution.
-'Mais je ne veux pas partir sans lui, pleurnichais-je.
-'La discussion est terminée, tonna papa de sa voix de tenor. Va dans ta chambre. Tu redescendras quand tu seras calmée.
Et je partis en trainant les pieds, avec l'impression que le ciel venait de me tomber sur la tête.
L'idée d'abandonner Poussy devenait insupportable, je perdais l'appétit et je maigrissais à vue d'œil. Ma joie de vivre s'en allait.
Chaque fois que je le retrouvais dans le vieux laurier et que je voyais ses beaux yeux, je sanglotais. Je ne pouvais lui avouer cette ignominie. Mon chagrin me détruisait.
Une nuit, je ressentis de grandes difficultés d'expiration accompagnée de bruits sifflants et de toux irritante. J'allais mourir !
Mes parents paniqués firent appel au médecin de famille, monsieur Dubois.
Ce praticien décréta que je faisais une crise d'asthme.
Il me trouva bien maigrichonne, les traits tirés et pâlote. Il en fit la remarque à mes parents ; qui déconcertés avouèrent mon inappétence.
La puce à l'oreille, le docteur demanda de le laisser seul avec moi.
« Ta tête et ton cœur sont malades, petite. Que ce passe t-il ? »
Je restai silencieuse, alors il insista : « confie-toi, je suis ici pour t'aider ! ».
Je fondis en larme et je m'exclamai : « Mon chat ! » « Et bien quoi, ton chat ? »
Bientôt nous partons pour l'Australie et mes parents ne veulent pas l'emmener avec nous.
« Ah ! C'est donc çà la raison ».
Il mit sa main sur mon épaule et d'une voix douce et rassurante, il me dit : « Ma chérie, je vais essayer de convaincre ton père de prendre Poussy avec vous.
Spontanément, je donnai un baiser sur la joue de ce bon vieux docteur.
La crise d'asthme s'estompait et le médecin dit alors : « Repose toi Marie et ne sois plus inquiète, les choses vont s'arranger pour toi ! » Il quitta la chambre pour se rendre au salon où mes parents l'attendaient.
A peine m'avait-il quittée que je me glissai sur la pointe des pieds jusqu'à l'escalier et descendis discrètement quelques marches pour entendre la conversation.
« L'asthme et le manque d'appétit de votre fille sont dus à un choc psychologique », révéla le docteur.
« Un choc psychologique, mais elle a tout pour être heureuse », répondit ma mère surprise.
« Je me suis laissé dire que vous envisagiez de partir en Australie », rétorqua le praticien.
« Qu'a donc à voir la maladie de Marie avec notre déménagement ? » interrogea mon père.
« Marie a un chat et vous ne comptez pas l'emmener avec vous, répondit le médecin. »
« Du chantage s'exclama mon père en colère ».
« Non monsieur Duval. Votre fille est émotive et a une sensibilité à fleur de peau. A ses yeux le chat a beaucoup d'importance, je dirai même que ce gentil félin est vital pour elle », insista le médecin.
« Je ne céderai pas à ce caprice de petite fille », répondit mon père.
« Alors, vous la verrez sombrer dans l'anorexie et dans la dépression. Et je crois que ce n'est pas ce que vous souhaitez, répondit le docteur ». Un long silence s'en suivit.
Le médecin prescrivit, sans grande conviction, des médicaments anti-allergique, puis en guise d'au revoir, il souleva légèrement son chapeau et quitta la maison.
Cette gamine, qui pourtant est comblée, nous donne « du fil à retordre », fit remarquer mon père.
-'Nous devons trouver une solution. Nous ne pouvons pas la laisser tomber malade plus gravement, elle reste notre nefant, supplia maman.
-' Je n'emmenerai pas le chat, que ce soit clair une bonne fois pour toute, tempeta mon père.
-'Reflechissons, Albert, je suis sure qu'il y a moyen de contourner le problème à l'avantage de tous.
-' La solution la plus facile est aussi la plus radicale, dit la voix froide de mon père. Débarrassons-nous du chat.
Nous lui en offrirons un autre à notre retour.
J'ai du mordre dans mon poing pour ne pas hurler .
-'Non, Albert, ce n'est pas la solution. Dieu sait ce qu'elle fera si le chat disparait. Je m'oppose à cette idée.'
Ces mots me réchauffèrent le coeur. Petite maman que j'aimais sans le lui avoir dit. Maman reprit la parole :
-' Je pense qu'il faut en parler avec elle , lui expliquer ce que couterait les vaccins, le transport et la quarantaine du chat . Traitons-la en adulte, pour une fois.
Papa marmonna quelque chose que je ne put entendre.
La discussion était close. A pas de loup, je retournai dans ma chambre mais ne put trouver le sommeil que dans les larmes.
Madame Duval ne trouvait pas le sommeil. Le fait que le docteur ait dit que Marie pouvait tomber dans l'anorexie la rendait anxieuse. Elle se demandait comment faire fléchir son mari ?
Chez les Duval, il fallait être psychologiquement fort et avoir du caractère.
D'ailleurs, Martha et Antoine, son mari, étaient rigides envers eux-mêmes et les autres. Il ni avait aucune place pour la sensibilité, qu'ils interprétaient¸ très souvent, comme de la sensiblerie.
Pourtant Antoine aimait Marie, sa fille unique, mais il n'arrivait pas à lui montrer, ni à lui dire. Il adoptait souvent, à son égard, une attitude revêche.
Je faisais de plus en plus de crises d'asthme et je n'avais plus que la peau sur les os.
C'était évident, j'allais mourir ; je me laissais mourir. D'ailleurs la vie sans « Poussy »
n'avait plus de sens.
Avant notre départ pour l'Australie, mes parents avaient convié l'oncle Gaston et Tante Martha à dîner. Ma mère s'était évertuée à préparer un lapin aux pruneaux qui embaumait toute la maison et un gâteau au chocolat sur lequel elle avait posé, en guirlande, de la crème fraîche. Ce plat et cette pâtisserie réveillaient les papilles et aiguisaient l'appétit. Mais moi,comme d'habitude, je n'avais pas faim.
Le repas terminé, mon père s'enfonça dans le fauteuil en velours vert du salon et prit un cigare qu'il alluma en tirant plusieurs petites bouffées. Et tante Martha, un verre de porto en main, s'assit, en face de lui, dans un autre fauteuil. Leur conversation tourna autours du voyage en Australie. Quand à ma mère en bonne maîtresse de maison, elle débarrassa la table, fit la vaisselle et rangea la cuisine.
Du coin de l'œil, oncle Gaston m'observa pendant tout le repas. Celui-ci terminé, il me demanda de l'accompagner au jardin pour profiter de la beauté du givre sur les arbres et de la floraison des perces-neige.
Pauvre oncle, il vivait dans l'ombre de sa femme. Et sous un aspect bourru, il avait une âme de poète.
Dès que nous fumes seuls et à l'abri des regards, il me dit : « Marie, je connais la cause de ton chagrin et je peux comprendre ta souffrance ! J'ai beaucoup réfléchi et j'ai pris la décision suivante : Après ton départ pour l'Australie, j'accomplirai toutes les formalités nécessaires pour que ton chat puisse te rejoindre. Il me reste une part d'héritage que j'ai reçue de mes parents et elle permettra largement de couvrir tout les frais : vaccins, voyage, mise en quarantaine, contrôle sanitaire.
Ton père sera mis devant le fait accompli et comme toujours, il tempêtera.
Mais Françoise, ta mère, à qui j'ai fais part de mon projet, m'a assuré qu'elle tiendrait tête à Albert, son mari. Elle veut que tu guérisses des ces maudites crises d'asthme et que tu reprennes du poids. Puis il ajouta avec tendresse : Surtout petite, restes toi-même ne change pas ! »
Je pouvais faire confiance, oncle Gaston était un homme intègre. Et n'ayant jamais eu d'enfant, il m'aimait comme sa fille.
Merci oncle, dis-je en laissant couler des larmes de bonheur.
Nous prenions la direction de la maison pour rentrer. Quand subitement, je lui dit : « attends moi un moment ! » Je m'éloignai et entrai dans le laurier. Mon chat s'y trouvait. Alors je le pris, dans mes bras, et l'emportai près de mon oncle. « Fais confiance à ton ange gardien et dis merci, dis-je à « Poussy ». Il miaula gentiment.

