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Policier des mardis en décembre 2008

Policier · les mardis · 2 chapitres · 2 plumes · écrite du 16 décembre 2008 à 09h40 au 23 décembre 2008 à 19h19 · 536 lectures à l'époque

Mika 16 décembre 2008 à 09h40 · 1

Assis par terre, adossé à la pierre froide et humide de la galerie obscure, je contemple le faisceau lumineux de ma torche qui commence à clignoter.
Des heures que je tourne en rond dans ces foutues catacombes... Me suis perdu !... Et dire qu'à l'origine elles devaient me servir d'échappatoire ! L'idée me semblait pourtant bonne quand dans la rue je courrais comme un dératé pour semer la police... mais là maintenant je me dis que c'était vraiment stupide !

Tout ça pour quelques breloques que je n'aurais même pas été sûr de pouvoir refourguer au receleur....C'est la crise pour tout le monde ! J'ai voulu m'en prendre à une boutique trop grosse pour moi. Le système de sécurité a eu raison de ma petite expérience de cambriole et tout ce que j'ai réussi à faire c'est attirer les bleus qui m'ont aperçu en flag en train d'essayer de crocheter la serrure. Et la suite vous la connaissez ! Course poursuite à pieds dans les rues de Paris jusqu'à ce que l'idée fabuleuse en question me traverse l'esprit.

Je ne sais même pas quelle heure il est ! Si ça se trouve dehors il fait jour. Ou alors il fait encore nuit. Je ne sais pas... Je ne sais plus... Tout ce que je vois c'est que les piles sont en train de me lâcher et que dans quelques minutes, non content d'être perdu je vais aussi me retrouver dans le noir.
Ah c'est sûr, ils m'ont lâché les basques rapidement, mais à l'heure qu'il est ils doivent bien rigoler en attendant les renforts... S'ils ne sont pas déjà arrivés ! Ils ont du dépêcher les spécialistes des catacombes et tous leurs plans. Et puis il doit aussi y avoir les maîtres-chiens et leur foutus clebs qui plutôt que d'attraper un os -c'est pas ça qui manque ici pourtant- et de le ronger vont préférer suivre ma piste et me bouffer le cul au détour d'une galerie !

Ah ! Je les imagine bien là ! Ils doivent être tous dans la rue à l'entrée en train d'organiser ma traque devant leurs gobelets de café fumant !

Ben ça alors ! Ca sent le café jusqu'ici dis donc ! L'odeur douçâtre et familière perce l'humidité de la galerie et vient me chatouiller les narines. Je me suis sacrément enfoncé dans ces tunnels, ça ne vient donc pas de dehors... Il y a quelqu'un pas loin au fond de ces cavernes moisies qui est en train de faire un petit café ! Je redresse la tête et frétille du nez. La chaleureuse fragrance vient de la galerie à ma droite. Je me relève, frotte mes frusque pour en décoller les gravas et m'avance dans le faible faisceau clignotant de la torche.

D'ailleurs ça y est ! J'ai plus de piles ! Me voilà bien...

Dielorelei 23 décembre 2008 à 19h19 · 2

Je me guide en suivant le mur. L'odeur vient de droite. Et à mesure que j'avance à tâtons, je distingue une lueur. Qui vacille. J'arrête. Je respire. Le moment est venu d'être prudent. Ne pas faire de bruit, on ne sait pas ce qui m'attend: amis ou ennemis.
"Amis" je manque éclater de rire: des amis, je n'en ai pas souvent eu dans ma vie. Et j'ai appris à me méfier de tout le monde et de toujours envisager le pire.
Et le pire, c'est sûrement ce que je vais découvrir: je suis arrivé à un embranchement de galeries, la lueur se fait plus vive. J'entends des voix, maintenant, étouffées.
Ils doivent être deux. J'avance encore un peu, le bruit est tout près, maintenant. Je mets un pieds devant l'autre avec prudence, je risque un oeil.
Je me rejette en arrière aussitôt. Pour tendre le cou une nouvelle fois.
Non mais je rêve...
Ils sont deux, comme j'avais deviné. Assis près d'un feu sommaire, un thermos de café avec eux.
Et une valise. Ouverte.
Bourrée de billets.
Je réfléchis à toute allure: c'est quoi ce bazar? Sur quoi je suis tombé?
J'essaie de comprendre ce qu'ils disent. Ils sont à cinq mètres de moi et parlent bas, et je dois tendre l'oreille.
-"Le partage se fait quand?" Demande l'un deux, barbu et de corpulence impressionnante, du moins à ce que je peux voir.
-"Quand les choses se seront un peu tassées." Répond son copain, aussi freluquet que l'autre est imposant. "On va laisser la valise au chaud sans se manifester pendant un certain temps."
-"Et c'est quoi, un certain temps?"
-"Je sais pas, moi, un mois, quelque chose comme ça!"
-"Et qui va la surveiller, cette valise, pendant ce mois?"
-"Si on la planque bien, elle se surveillera toute seule, la valise, elle ne va pas se faire la malle!"
Et de ricaner à cette plaisanterie douteuse.
-"Le tout est de trouver une cachette sûre. Aide moi à chercher, et à faire un plan pour la retrouver."

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