Assis par terre, adossé à la pierre froide et humide de la galerie obscure, je contemple le faisceau lumineux de ma torche qui commence à clignoter.
Des heures que je tourne en rond dans ces foutues catacombes... Me suis perdu !... Et dire qu'à l'origine elles devaient me servir d'échappatoire ! L'idée me semblait pourtant bonne quand dans la rue je courrais comme un dératé pour semer la police... mais là maintenant je me dis que c'était vraiment stupide !
Tout ça pour quelques breloques que je n'aurais même pas été sûr de pouvoir refourguer au receleur....C'est la crise pour tout le monde ! J'ai voulu m'en prendre à une boutique trop grosse pour moi. Le système de sécurité a eu raison de ma petite expérience de cambriole et tout ce que j'ai réussi à faire c'est attirer les bleus qui m'ont aperçu en flag en train d'essayer de crocheter la serrure. Et la suite vous la connaissez ! Course poursuite à pieds dans les rues de Paris jusqu'à ce que l'idée fabuleuse en question me traverse l'esprit.
Je ne sais même pas quelle heure il est ! Si ça se trouve dehors il fait jour. Ou alors il fait encore nuit. Je ne sais pas... Je ne sais plus... Tout ce que je vois c'est que les piles sont en train de me lâcher et que dans quelques minutes, non content d'être perdu je vais aussi me retrouver dans le noir.
Ah c'est sûr, ils m'ont lâché les basques rapidement, mais à l'heure qu'il est ils doivent bien rigoler en attendant les renforts... S'ils ne sont pas déjà arrivés ! Ils ont du dépêcher les spécialistes des catacombes et tous leurs plans. Et puis il doit aussi y avoir les maîtres-chiens et leur foutus clebs qui plutôt que d'attraper un os -c'est pas ça qui manque ici pourtant- et de le ronger vont préférer suivre ma piste et me bouffer le cul au détour d'une galerie !
Ah ! Je les imagine bien là ! Ils doivent être tous dans la rue à l'entrée en train d'organiser ma traque devant leurs gobelets de café fumant !
Ben ça alors ! Ca sent le café jusqu'ici dis donc ! L'odeur douçâtre et familière perce l'humidité de la galerie et vient me chatouiller les narines. Je me suis sacrément enfoncé dans ces tunnels, ça ne vient donc pas de dehors... Il y a quelqu'un pas loin au fond de ces cavernes moisies qui est en train de faire un petit café ! Je redresse la tête et frétille du nez. La chaleureuse fragrance vient de la galerie à ma droite. Je me relève, frotte mes frusque pour en décoller les gravas et m'avance dans le faible faisceau clignotant de la torche.
D'ailleurs ça y est ! J'ai plus de piles ! Me voilà bien...


