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Romantique des vendredis en décembre 2008

Romantique · les vendredis · 5 chapitres · 4 plumes · écrite du 12 décembre 2008 à 12h04 au 19 décembre 2008 à 07h12 · 639 lectures à l'époque

Mika 12 décembre 2008 à 12h04 · 1

Bientôt la Noël... Et comme chaque année je me retrouverai encore toute seule devant mon pavé de saumon décongelé. Point de joli sapin aux guirlandes étincellantes. Nulle loupiotte clignotante de milles couleurs à la fenêtre.

Dans l'imagerie populaire Noël c'est la neige, la famille réunie autour d'un copieux repas, le sapin illuminé avec les cadeaux en dessous... tout le tralala. Dans mes souvenirs à moi Noël ça a toujours été la pluie froide et grise, la famille qui s'engueule autour d'un repas qui s'achève systématiquement par des portes qui claquent. Les rancoeurs qui ressortent et se déversent sur mon enfance. Que des mauvais souvenirs. Noël n'a jamais été magique. Noël n'a toujours été qu'un sale moment à passer et à oublier ensuite. Pendant que les gens heureux s'amusaient d'autres, comme moi, patientaient et attendaient la fin de cette mascarade pour reprendre une vie "normale".
C'est pour ça que, du moment que j'ai quitté la maison de mes parents et que j'ai gagné mon indépendance, j'ai décidé de ne plus fêter Noël comme un mouton.

Donc, en cette période de préparation des festivités, je prends mon mal en patience à regarder les autres trépigner à l'idée du réveillon, et erre dans la ville que le froid a pétrifié. Partout les gens s'activent, courent, les bras chargés de sacs volumineux remplis de cadeaux. Les vitrines s'illuminent. Les platanes revêtus de leurs peaux de lumières éphémères semblent reprendre vie en cette période de mort hivernale. La fête réchauffe les esprits et les coeurs... Pas de tout le monde pourtant!

Juste un mauvais moment à passer. Bientôt les guirlandes regagneront les caves et les sapins les déchetteries. Les jouets seront rangés dans les étagères pour ceux qui ne seront pas revendus ou échangés...

En attendant je traîne misérablement dans la rue animée à la recherche d'un je ne sais quoi qui puisse me faire oublier ces Noël dont tout le monde rêve et qui moi me sont inconnus.

La nuit commence à tomber sur la ville. La pluie a tout lessivé et le macadam brille de reflets gras sous la lumière des lampadaires et des guirlandes. Sur le trottoir en face, alors que j'attends le passage au rouge du feu tricolore pour traverser, quelque chose attire mon attention. Un regard triste, mélancolique. Un père Noël fatigué agitant inlassablement une clochette devant son panier d'osier. Il demande la charité. Les passants indifférents ne le remarquent même pas dans la ferveur ambiante. Sous sa fausse barbe et son habit rouge pétant il y a un homme qui semble lui aussi loin de tout ça. Inconsciement je m'arrête et le fixe depuis mon bout de trottoir... à en oublier de traverser quand le petit bonhomme vert s'allume...

Clothilde 12 décembre 2008 à 16h04 · 2

C'est plus fort que moi, quelque chose m'empêche d'imiter tous ces indifférents qui passent leur chemin occupés sans doute aux derniers achats. N'ont-ils donc rien entendu, rien vu ?? Pas entendu le désespoir qui émane de cette clochette agitée d'une main tremblante, n'ont ils pas vu que cet homme a froid sous son costume rouge. N'ont-ils pas vu la tristesse dans ses yeux, n'ont-ils pas remarqué sa pâleur ?
L'homme croise mon regard, ses yeux, d'un bleu pervenche, sont brillants de fièvre.
Je traverse lentement, je suis hypnotisée par ce regard.
Un crissement de frein, un bruit de klaxon, un hurlement, quelque chose me bouscule. Je tombe et sombre dans l'inconscience.

Franchesca 12 décembre 2008 à 20h09 · 3

Brusquement le Père Noël qui apparemment sonnait plutôt le glas, agite d'une main violemment sa clochette qu'il balance maintenant comme un encensoir de gauche à droite, pour écarter les badauds curieux et inquiets auprès de cette jeune fille gisant à terre, et remet son portable dans sa hotte, avec lequel il a appellé de suite le SAMU, on entend déjà la sirène qui nous annonce leur arrivée, il enlève vivement sa houppelande rouge et la pose délicatement, comme une mère bordant son enfant, sur la personne à terre ! Au sol, aucune trace de sang n'est visible ! Les médecins sortent précipitemment avec la civière du véhicule.

Pierrette 13 décembre 2008 · 4

Petit à petit, je reprends conscience dans une ambulance au gyrophare allumé et à la sirène hurlante. Je suis branchée à un appareil bizarre, j'entends le rythme de mes pulsations cardiaques. Une odeur de médicament envahit mes narines, j'ai peur !
Soudain, deux personnes habillées en blanc se penchent sur moi. Leur souffle effleure mon visage et leur main réchauffe mon bras.
Avec attention, elles me demandent si j'ai mal ?
Non je n'ai pas mal. Mais que m'est-il arrivé ?

Subitement, je me souviens : des clochettes, des sapins étoilés, des guirlandes. Et d'un père Noël fatigué aux yeux tristes, couleur pervenche. Son regard chargé d'émotion m'a troublée et j'ai traversé la rue sans faire attention. Une voiture m'a renversée
Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours eu un penchant pour les personnes tristes, malheureuses et faibles.
Un brancardier m'emmène au premier étage d'un hôpital, j'entends les portes de l'ascenseur qui s'ouvrent et se referment. J'arrive dans la chambre, une infirmière m'accueille et me dit : « Vous nous avez donné une belle frayeur¸ ma petite dame. Heureusement, plus de peur que de mal ! Dans quelques jours, les contusions et les hématomes auront disparus ». A ces mots, mon cœur palpite. On s'intéresse à moi et j'oublie ma solitude.

Je passe la fête de Noël à la clinique. Et à l'aide de béquilles, je marche dans les couloirs.
Je remarque des gens qui portent le poids de la douleur. Je prends la peine de les regarder, de les écouter et de m'intéresser à eux. J'existe !
Mon moral va mieux et je passe une bonne fête.

Clothilde 19 décembre 2008 à 07h12 · 5

Le jour de Noël, il y a beaucoup de va-et-vient dans les couloirs. Déambulent les malades valides et leurs visiteurs. Je rejoins la cafétaria où règne une joyeuse effervescence, les enfants malades et leurs parents dégustent cougnoux et chocolats chauds. De petits objets réalisés par les enfants sont exposés en un petit marché. Je m'approche d'une table où sont établés de jolis sujets en pâtes à sel : boules, étoiles, petits anges bien alignés sur une nappe brillante.
-Tu veux m' acheter quelque chose? me demande une petite fille aux grands yeux bleus brillants comme des étoiles .
-Je veux bien ce joli lutin lui dit-je en souriant .
-Je vais te dire un secret.
-Un secret, c' est secret ,tu ne peux pas le divulguer .
-Ah toi je peux le dire , promets de ne pas le répèter .
je promets.
-Et bien dans une heure le père Noêl en personne va arriver et nous apporter des cadeaux .
Je rétorque en prenand un air ébahi : mais je croyais que le vrai père noêl ne sortait que la nuit.
-Oui mais il fait une exeption rien que pour nous .
-Tu crois que moi aussi , je peux l' attendre ?
Elle me prend la main et répond ; bien sûr,et si tu as un peu peur , tu peux rester avec moi car maman viendra seulement dans deux heures car elle aide papa au restaurant .
-D' accord mais d' &bord faisons connaissance , moi je m' appelle Laura et toi?
-Louna me répond-avec son joli sourire .
Au bout d' un moment , on entend dans le couloir , résonner une clochette .Louna serre très fort sa petite main fièvreuse dans la mienne .
Le père Noêl entre . Et stupeur je reconnais le père Noêl du trottoir ,celui pour lequel j' ai failli mourir

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