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Psychologie des mercredis en décembre 2009

Psychologie · les mercredis · 2 chapitres · 1 plumes · écrite du 2 décembre 2009 à 09h22 au 9 décembre 2009 à 22h30 · 671 lectures à l'époque

Clothilde 2 décembre 2009 à 09h22 · 1

Père et Mère se sont absentés pour la journée. Clothilde, ma préceptrice est sortie elle aussi Elle n'est pas très loin, je le sais.
Invoquant la chaleur, elle m'a intimé l'ordre d'aller me reposer dans ma chambre ajoutant qu'elle allait en faire autant !
Je sais que ce n'est pas vrai !
Aurait-elle besoin de se parfumer, se poudrer, redessiner sa bouche d'un rouge vermeil pour aller s'étendre sur son lit.
Je profite du silence dans lequel s'est emmitouflée la maison pour entrer dans la pièce que je préfère, celle où j'ai rarement le droit de pénétrer et seulement en présence de Mère.
Son boudoir, antre de tous ses secrets.
Il se trouve juste à côté de la bibliothèque.
Au cas où je croiserais quelqu'un dans le couloir et bien que je n'aie aucune envie d'y compatir j'ai emmené avec moi un livre illustré « Les malheurs de Sophie »
J'avance sur la pointe des pieds, le parquet craque en certains endroits.
Le cœur battant, consciente de commettre un sacrilège, j'ouvre doucement la porte.
Fragrances délicieuses mêlées, parfum musqué, tabac refroidi, roses.
Le silence quasi religieux est à peine troublé par le tic tac d'une vieille horloge.
Un large fauteuil est placé près de la fenêtre, un peu de lumière tente de s'infiltrer entre l'interstice des épais rideaux de velours fermés, maintenant dans la pièce une fraîcheur bienfaisante en cet été torride de juillet 1930.
Les coussins ont gardé les empreintes du corps de mère et je m'y love avec bonheur.
Sur un guéridon au côté du fume cigarettes en or et d'un cendrier, un livre est ouvert à la page soixante deux.
Je n'ai qu'à tendre la main pour m'en saisir. Mon livre d'images choît sur le parquet avec un bruit mat tandis que je commence la lecture là où mère s'est arrêtée.
Le livre « l'amant de LADY CHARTELEY ».
Je me souviens que sa parution deux ans plus tôt avait fait grand bruit.
Son auteur dont j'ignorais jusqu'à aujourd'hui le nom David Herbert Lawrence avait scandalisé les gens.
J'avais saisi çà et là des bribes de conversation entre ma mère et ses amies.
Je commence la lecture là où mère l'a abandonné.
Une femme a rejoint un homme dans une cabane. Elle se prénomme Constance.
Je les suis derrière le bosquet où ils viennent de se cacher.
Je les regarde s'étendre.
Je deviens bizarre.
Je ne reconnais pas les sensations étranges qui assaillent mon corps d'adolescente de treize ans.
Mes seins ronds que je tente de cacher derrière un corsage de dentelle se mettent soudain à me faire souffrir, ma poitrine palpite dans mon corsage trop serré.
Le rouge a envahi mes joues, je ressens au creux de mon ventre un désir inconnu, un peu douloureux. Je voudrais être cette Constance étendue sur le sol épineux, qui se cambre gémit sous le corps de cet homme. Souffre-t-elle ?
J'ai honte ! Honte et peur ! Comment vais-je apaiser le feu qui s'est allumé en moi ! Les seize coups de l'horloge annoncent l'heure du goûter.
Un chocolat et une tartine beurrée apaiseront peut-être cet appétit nouveau.
Je repose le livre tel que je l'ai trouvé.
J'espère que Mère n'éprouve pas les mêmes choses en lisant ces lignes.
Je reprends mon album, sort avec autant de discrétion que je suis entrée.
Lorsque Clothilde me rejoint au petit salon, elle ne semble pas remarquer mon trouble.
Tandis que je remarque le sien, sa chevelure défaite, le rouge de ses joues, ses eux brillant et son air confus !
Qu'est ce qui a pu la mettre dans cet état, ou plutôt qui ?

Clothilde 9 décembre 2009 à 22h30 · 2

-L' air est irrespirable aujourd' hui me dit -elle en s' affalant dans la bergère. Elle tente de se rafraîchir à l' aide de l' éventail que père a rammené de son long séjour en Chine et que mère avait trouvé hideux . Sur un ton d' innocence pimentée d' un rien d' hypocrisie, émoustillée sans doute encore par ma lecture je lui demande:
-Non ma belle ,il fait trop chaud , je n' ai pas pu dormir !puis voulant abréger le conversation ,elle ajouta:
- c' est l' heure du thé !

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